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Musée Cognacq-Jay • Le Banquet de Cléopâtre

Giambattista Tiepolo, c. 1742-1743

© Philippe Ladet / Musée Cognacq-Jay / Roger-Viollet
Giambattista Tiepolo, 'Le Banquet de Cléopâtre', c. 1742-1743

C'est ce qui s'appelle une grosse scène de frime. Une sorte d'épisode de "Un dîner presque parfait" avant l'heure, mais avec des moyens régaliens. La maîtresse de maison ? Ni plus ni moins que Cléopâtre, décidée à impressionner son ami Marc Antoine. Pour lui en mettre plein la vue, la reine d'Egypte organise un grand banquet – un gueuleton complètement démesuré, presque orgiaque, dont elle voudrait qu'on se souvienne comme du plus fastueux jamais organisé. Les plats défilent, l'argenterie précieuse aussi. Et pour rendre la chose encore plus coûteuse, Cléopâtre va tenter de faire fondre une perle dans un gobelet de vinaigre pour en faire un breuvage. La scène que peint Tiepolo (1696-1770) représente ce moment où Cléopâtre s'apprête à laisser tomber la perle dans le vinaigre, sous les yeux de Marc Antoine et d'une cour de serviteurs.

Dans cette maquette réalisée pour séduire le roi de Pologne, Auguste III de Saxe, que Tiepolo voudrait convaincre de commander la même composition dans une version beaucoup plus grande, Cléopâtre n'est peut-être pas la seule à fanfaronner. Le grand peintre vénitien du XVIIIe siècle s'en donne lui aussi à cœur joie pour impressionner son mécène (ce qui fonctionnera, puisqu'une version de 4 mètres de large entrera effectivement par la suite dans les collections du roi avant d'être vendue à Catherine de Russie, puis à Staline – elle séjourne aujourd'hui à Melbourne) : lourd décor baroque, tartines de détails et de froufrous rococo. « Tiepolo, qui peignait hors de ses frontières, montre ici qu'il est l'un des principaux rivaux des peintres français de l'époque, comme Boucher, explique José de Los Llanos, ancien directeur du musée Cognacq-Jay. Mais ce tableau du musée Cognacq-Jay – une très belle étude préparatoire, donc – est aussi peint de façon beaucoup plus enlevée et libre que le tableau final, dans un style néo-véronais ».

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