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Musée du Louvre • La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne

Léonard de Vinci, c. 1503-1519

/ © Musée du Louvre
Léonard de Vinci, 'La Vierge à l'enfant avec Sainte-Anne'

Eh bien non, on ne vous parlera pas de 'La Joconde' dans cette sélection des cinquante œuvres incontournables de Paris. Non pas que la signorina au sourire ambigu ait soudainement perdu la place de choix qu'elle occupe depuis des lustres parmi les chefs-d'œuvre de la capitale. Mais bien au contraire, parce que l'attention démesurée que les visiteurs du Louvre portent aux beaux yeux de Mona aurait tendance à occulter d'autres peintures de Léonard De Vinci présentes dans les collections, et pourtant tout aussi extraordinaires.

A sa mort en 1519, le maître florentin laisse notamment derrière lui un tableau inachevé, scène biblique à la composition ambitieuse. Taraudé par sa vision, il passe les vingt dernières années de sa vie à perfectionner cette 'Vierge à l'Enfant avec sainte Anne', faisant longuement mariner des recherches formelles, qu'il épice de croquis et d'études (en 2012, le Louvre consacrait d'ailleurs une exposition au processus créatif et aux documents témoignant de l'évolution de ce minutieux chantier). En résulte une construction très complexe, à la charpente pyramidale, dans laquelle on voit l'Enfant Jésus en compagnie de maman (Marie, à gauche) et de mamie (Anne, au centre) : trois générations grandeur nature de la Sainte Famille, entourées d'un paysage aux accents fantastiques, caractéristique de l'art de De Vinci.

Dynamiques, les corps se croisent dans un même élan : la Vierge tend les bras vers son fils qui, lui, tend les bras vers l'agneau, incarnation du sacrifice christique à venir – comme s'il s'agissait là de retarder, quelques instants au moins, la destinée qui précipitera Jésus vers le gouffre symbolique représenté au premier plan. Variation magnétique et surprenante sur le thème de la Vierge à l'Enfant, 'Sainte Anne' a été restaurée en 2012 ; une restauration très contestée par certains conservateurs, qui jugent excessif le nettoyage du vernis. Au cours du lifting, le visage de sainte Anne aurait, paraît-il, perdu une once de douceur et d'onctuosité... Mais quand bien même le bistouri aurait excédé de zèle, il faut bien admettre que, du haut de ses 500 ans, madame reste admirablement conservée.

• A découvrir également au Louvre :

  'Une odalisque' de Jean-Auguste-Dominique Ingres

'Les Trois Grâces' de Lucas Cranach

'Tête d'idole aux bras croisés' (Grèce antique)

  'Le Radeau de la Méduse' de Théodore Géricault

  'Le Scribe accroupi' (Egypte antique)

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