Recevez Time Out dans votre boite mail

Recherche

La Gaîté Lyrique

  • Musique
  • Arts et Métiers
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
  1. © Teddy Morellec
  2. © Teddy Morellec
  3. © Teddy Morellec
  4. © Teddy Morellec
Publicité

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Ce n’est pas vraiment dans les habitudes de Jacques Offenbach d’être associé aux arts numériques. Exception faite, désormais, du théâtre de la Gaîté dont il fut le directeur à la fin du XIXe : après dix ans de travaux, le fief du compositeur allemand s'est en effet transformé en épicentre de la vie culturelle parisienne 2.0, en 2011. Lieu culturel à la frontière de la galerie et de la salle de concerts à la programmation éclectique mais pointue, ses sept étages pluridisciplinaires propulsent les visiteurs au plus profond de l’empire numérique : arts plastiques, musique, graphisme, cinéma, mode, design et jeux vidéo « digitalisés » règnent despotiquement sur les lieux.

Ce n’est cependant pas la première fois que la Gaîté lyrique change de vocation : après avoir longuement palpité au rythme de l’opérette et des ballets russes, elle a été pillée par les nazis pendant la guerre puis métamorphosée en école de cirque au cours des 70’s, avant de se muer en parc d’attractions en 1989.

Et voilà qu’après s’être cherché pendant toutes ces années, le lieu semble avoir enfin trouvé sa voie. Pour de bon. Son architecture intérieure, décor ultramoderne signé Manuelle Gautrand bousculant audacieusement le style Belle Epoque ornemental d'origine, est d'ailleurs aussi atypique que sa programmation est éclectique, entre expositions sondant le territoire des arts numériques, concerts à la lisière de tous les genres et des générations, virées shopping, ateliers pour juniors et projections de films, mais aussi sessions de jeux vidéo rétro et pause-café au bar du plateau multimédia. Bref, le futur de la culture est ici et pas ailleurs.

Écrit par
Tania Brimson

Infos

Adresse
3 bis rue Papin
Paris
75003
Transport
Métro : Arts et Métiers, Réaumur - Sébastopol ou Strasbourg - Saint-Denis
Prix
Entrée libre. Tarifs variant en fonction des événements (expositions, concerts...)
Heures d'ouverture
Du mardi au vendredi, de 14h à 20h. Samedi et dimanche, de midi à 19h. Pour les concerts, ouverture des portes selon les dates. Brunch le week-end, de midi à 16h.
Vous êtes propriétaire de ce commerce ?
Connectez-vous et revendiquez le commerce

Programme

Aurae – Sabrina Ratté

  • 5 sur 5 étoiles
  • Arts numériques

On aurait presque envie d’enfiler une combi spatiale au moment de débuter le parcours d’Aurae, tant cette expo tient du voyage extraterrestre. Respirez un grand coup et oubliez tout ce que vous savez de notre écosystème. Sous le regard (et les mains) de l’artiste canadienne Sabrina Ratté, des figures humaines muent en cyborgs, l’organique s’amalgame avec la robotique, les motifs floraux se disloquent selon des logiques improbables et nos structures urbaines sont drapées de contours énigmatiques, que ce soit à travers des vidéos moites, des installations sculpturales monumentales ou des créations sonores ésotériques. Flippant ? Un peu. Mais planant, surtout. « C’est la première fois que j’ai à ma disposition un aussi grand espace d’exposition », s’enthousiasme Sabrina Ratté. Des moyens mis au service d’une expérience ultra-immersive. Plongé dans la pénombre, on découvre tour à tour – comme à tâtons – de grands formats d’impression où trônent plusieurs déités hybrides, une grappe de paysages idylliques et des architectures aux notes futuristes. Le tout baigné de couleurs chatoyantes que diffusent, çà et là, plusieurs vidéos. Un ravissement pour nos pupilles. Et ce n’est pas tout (oui, c’est un peu le Noël alien à la Gaîté…) : un design sonore d’orfèvre accompagne d’une musique « d’ambiance » chaque pièce – ou presque. Craquèlement d’écorce, mélodie zen, signaux électroniques bruts…  On a même droit à une cacophonie digitale avec Distributed Memories, dantesque agrégat de suppor

Shiny Gold – Nelly Ben Hayoun

  • 4 sur 5 étoiles
  • Installation

“This is not a fucking museum !” Pour fêter ses 10 piges, la Gaîté lyrique, le centre culturel du 3e résolument tourné vers le futur et les cultures post-Internet, nous invite à enchaîner les expériences immersives plus que réussies. Parmi elles, la très remarquée Aurae de Sabrina Ratté mais aussi la petite nouvelle, Shiny Gold, installation XXL imaginée par Nelly Ben Hayoun. Un sacré délire que l’artiste décrit elle-même comme un “rébus rococo” – ça nous donne quelques pistes car nous, on ne savait pas vraiment comment le décrire. Entre sol miroir, tentacules sortant de nulle part et gros organes dorés squattant l’espace, on ne voit d’abord pas bien où veut en venir Nelly Ben Hayoun. Mais en nous penchant un peu plus sur le pourquoi du comment, on réalise que l’artiste n’est pas folle, loin de là : à travers un ensemble qui se joue des échelles, elle tente de nous faire relativiser notre place dans le monde, toute petite face au Soleil, et propose de nous concentrer sur les énergies qui se connectent entre elles en réfléchissant à la fragilité de notre écosystème. Une installation aux inspirations New Age imaginée en collaboration avec des scientifiques, où l’on est accueilli par les mains géantes de Marie Curie et qui se visite pieds nus.  C’est rare que l’on vous dise ça, mais s’il y a bien une expo à faire avec des potes en soirée, c’est celle-ci ! L’ambiance, plus proche de celle d’une boîte de nuit branchée que d’une expo traditionnelle, nous encourage à nous immerger à

Kim Gordon

  • Rock et rock indé

Les décibels sont une force pour Kim Gordon, cofondatrice de Sonic Youth qui connaît l’efficacité d’être bruyante, particulièrement en tant que femme. Elle est aussi bien guitariste que plasticienne, s’appropriant des slogans au cœur de la scène arty de Los Angeles, lieu privilégié où scruter la pop culture et le consumérisme. Mais il manquait à Kim Gordon un album solo, qui ne s’est pas forcément imposé à elle avant récemment, occupée comme elle était dans de multiples collaborations. Elle l’a présenté en octobre 2019, sous le nom de No Home Record, inspirée par le nom du dernier film de la cinéaste belge Chantal Akerman. On y trouve un hymne punk hurlant sur Airbnb, ou encore tordant la colonne au capitalisme sur Get Yr Life Back. De l’essence punk pour se secouer un peu le feu intérieur en ces temps de lutte.

Publicité
Vous aimerez aussi