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Mehdi Maïzi : “Je ne peux pas dire non au PSG”

Avant la finale de la Ligue des Champions, nous avons demandé à des personnalités parisiennes de raconter leur amour pour le PSG. Episode 6 avec Mehdi Maïzi.

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
Journaliste, Time Out Paris
 Mehdi Maïzi
© Mehdi Maïzi | Mehdi Maïzi au Parc des Princes
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Il connaît toutes les rimes du rap français et tous les transferts foireux du PSG. Ça fait plus de trente ans que Mehdi Maïzi, Thierry Gilardi du journalisme rap, aujourd’hui au micro de l’émission A la Régulière sur France Inter, porte un “amour indéfectible” au club Rouge et Bleu.  Un amour né d’une saison 94-95 épique, suivie de hauts et de bas qu’il préfère voir comme des points d’étape de la réussite d’aujourd’hui. Avant de commenter la finale contre Arsenal en direct sur France Inter le 30 mai, Mehdi Maïzi témoigne dans l’épisode 6 de notre série “Âmes de Paname”.

“Mon premier souvenir, et sans doute le plus fort, remonte à la saison 94-95, j’ai 8 ans. Le PSG va en demi-finale de Ligue des Champions, après ce fameux match retour en quarts contre le Barça au Parc. C’est beaucoup de nostalgie. On avait une très belle équipe : Ginola, Weah, Raí, Valdo et Vincent Guérin, qui envoie le club en demie. Mon rapport initial est très positif : à une époque où c’était compliqué pour les clubs français en Europe, Paris surnageait. 

Mehdi Maïzi
© Mehdi MaïziMehdi Maïzi avec Warren Zaïre-Emery
“Mes souvenirs les plus émouvants sont les plus anciens”

Même si c’est assez incroyable d’avoir une équipe aussi dominante aujourd’hui, mes souvenirs les plus émouvants sont les plus anciens. Les années 2000 sont en dents de scie mais Paris restait Paris, et même quand on galérait, il y avait une excitation à chaque début de saison. Et puis il se passait des choses : la Coupe de France avec le but de Dhorasso, Ronaldinho qui débarque, Kezman qui fait flop. Le recrutement du duo Alex-Aloisio à Saint-Etienne, on se dit que c’est génial, mais ça fait flop. On a eu une phase difficile à la fin des années 2000 et c’est reparti de plus belle, j’ai adoré Laurent Blanc et voir Zlatan marcher sur la Ligue 1. Après, à la fin des années 2000, arrive le moment où le rap prend la première place dans la hiérarchie de mes passions. 

“Le match retour contre le Bayern, je l’ai regardé tout seul chez moi.”

J’ai un groupe d’amis supporters du PSG. C’est une passion qui se partage. Mon quotidien, ce sont des échanges, des pronostics, des embrouilles. C’est d’abord ça, avant ou après le match. Pendant les matchs, je suis un peu relou. J’ai un principe : je ne dis jamais non au PSG, donc si je peux avoir des places ou quand on m’invite, j’y vais. Mais la réalité, c’est que je préfère regarder les matchs au calme à la maison. Les rencontres, je veux pouvoir les regarder concentré, les commenter. Le match retour contre le Bayern, je l’ai regardé tout seul chez moi. J’ai aussi le souvenir d’un clasico entouré de potes marseillais avec une cuisante défaite du PSG 3-0. C’était terrible. Cette concentration se retrouve dans mon travail. Quand je découvre un album, je ne peux rien faire d’autre en même temps. 

“Être invité par le PSG, c’est toujours fou !”

Dans la mesure où le PSG reste associé à l’enfance, tu as besoin de contenter ton enfant intérieur. Donc pour moi, collaborer, être invité ou recevoir un maillot, c’est toujours fou. Une fois, j’ai été invité à un petit-dej à la boutique des Champs à 9h, j’y suis allé, alors que c’est à l’opposé de chez moi. Comme je te disais : je ne peux pas dire non au PSG ! J’ai eu la chance de rencontrer Pauleta deux fois, et il est extrêmement accessible. Au bout de cinq minutes, c’est comme parler de foot avec un autre passionné.

“Anelka était le joueur le plus rap du PSG”

Anelka représente bien la synthèse entre football et rap. Si Allen Iverson est celui qui a démocratisé une nouvelle attitude dans le basket, je trouve qu’Anelka l’a fait dans le foot en France. C’était le joueur le plus rap du PSG. Si je devais donner le rappeur le plus associé au PSG, en ce moment, ce serait Nono La Grinta, qui a sorti un énorme tube avant la finale de l’an dernier. SDM est aussi très souvent au Parc et je repense à la phase de Doc Gynéco dans “Viens voir le docteurqui parlait du mari d’une femme trop occupé à regarder “Weah, Ginola et ses potes du PSG”. Ça me renvoie à une époque, les années 1990, le moment où je découvre le foot, le rap – c’est la première rime qui me vient. Mais le morceau le plus passionné de l’histoire du rap français, c’est “Ultra Parisien” de Jazzy Bazz, qui est sorti au début de la période QSI, et tu perçois un amour antérieur à ça.

“Luis Enrique a changé le club mais d’autres coachs ont contribué à faire le Paris actuel.”

Je ne peux pas en vouloir aux gens qui n’étaient pas là avant. Il y a beaucoup de jeunes qui naissent avec un Paris victorieux et pour qui le football commence là. Je ne peux pas non plus en vouloir aux gens qui regardaient le foot de loin de s’improviser supporters du PSG. C’est le jeu et c’est ce que Paris cherche à devenir : le plus grand club du monde. J’arrive à faire la part des choses. C’est le sens de l’histoire.

Mehdi Maïzi
© Mehdi MaïziMehdi Maïzi au Parc des Princes

Cette époque contemporaine est folle et je la mets en parallèle avec la France qui gagne en 1998. Personne ne misait dessus. Le PSG, c’est un peu pareil, le club a été la risée d’une partie de l’Europe à cause de certains parcours européens. Alors, que Paris soit aussi dominant et enchaîne une deuxième finale, c’est complètement dingue. On le mérite, mais pour un club, c’est anormal.

Rares sont les clubs qui sont tout le temps au top. On a vu l’énergie, la sueur et le sang que ça a coûté. Et ça a été une évolution logique. On parle beaucoup de Luis Enrique – et c’est vrai, il a changé le club –, mais il arrive après d’autres coachs qui ont contribué à faire le Paris actuel.”   

Son objet fétiche en rapport avec le PSG :

J’ai pas mal de maillots. Mais mon favori reste celui de la saison 98-99, sponsor Opel, il est magnifique. Ce qui est fou, c’est que je peux encore le mettre, il me serre un peu plus mais je l’avais pris en L. J’étais fan de rap, et je portais des maillots de foot comme on portait des maillots de basket.

Une chanson à écouter avant le coup d’envoi de la finale :

J’aime bien citer le morceau “Paname” de Triptik.

Épisode 1 : Johanna Tordjman : “ Je suis une psychopathe du PSG !”

Épisode 2 : Mory Sacko : “J’ai connu les années de galère du PSG, qui me font d’autant plus apprécier ce qu’on vit aujourd’hui”

Épisode 3 : Julien Pham : “J’ai un tatouage de Raí sur le bras gauche”

Épisode 4 : Sarah Andelman “Le PSG a su capter des tendances très tôt”

Épisode 5 : Mohamed Cheikh : “Je me retrouve en plein milieu de l’anniversaire de Cruz, le fils de David Beckham”

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