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À vos agendas ! Entre artistes cultes, événement itinérant très attendu et rétrospectives gratuites, avril à Paris s’annonce chargé côté expos. Voici 17 rendez-vous artistiques à ne surtout pas manquer ce mois-ci.

Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne.
Quand ? jusqu'au 31 août 2026
Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er.
Lire ici notre critique de l'exposition Clair-obscur.
Ici, une peau cramée par le soleil. Là, une plage plage saturée de slip de bains moulants. Plus loin, un buffet qui ploie sous le poids du plastique et des restes. Partout, des humains. Trop d’humains, face à une planète qui souffre sous le coup du dérèglement climatique, du tourisme de masse et de la surconsommation. Roi de l’humour british, Martin Parr (1952-2025) traduit en image les discours les plus alarmistes, sans jamais tomber dans le catastrophisme. Et si l’ironie était finalement la meilleure manière de sensibiliser ?
Quand ? jusqu'au 24 mai 2026
Où ? Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, Paris 8e
Les produits de beauté coréens sont devenus incontournables. Un phénomène K-pop, K-drama et compagnie que le musée Guimet s'attache à replacer dans son contexte avec « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène », visible jusqu'au 6 juillet 2026, pour les 140 ans des relations diplomatiques franco-coréennes. Pour retracer l'évolution de ce concept, l'exposition remonte près de 300 ans en arrière, à la fin de l'époque Joseon, pour explorer les canons de beauté de l'époque — féminins surtout, masculins à la marge — immortalisés par des artistes comme Shin Yun-bok. Une introduction qui pose les bases historiques et montre comment cet idéal irrigue encore aujourd'hui des disciplines aussi diverses que la mode, le manhwa ou le webtoon. L'exposition ne lésine pas sur les pièces rares, entre les fonds du musée, l'un des plus importants d'Europe, et des trésors nationaux prêtés par des institutions coréennes. La démarche rappelle celle de l'exposition « Manga, tout un art ! », du même Guimet — et on lui prédit un succès similaire. On regrettera simplement qu'elle soit un peu moins généreuse que cette dernière, car le sujet est fascinant et aurait mérité qu'on s'y attarde davantage, malgré la belle variété de sources et de médias réunis.
Quand ? jusqu'au 6 juillet 2026.
Où ? musée Guimet, 6 place d'Iéna, Paris 16e.
Disparue en 2017, Magdalena Abakanowicz continue d’asseoir son héritage à travers les plus grandes institutions du monde. Après la Tate de Londres, c’est au Musée Bourdelle que les pièces textiles monumentales de la Polonaise trouvent leur place. Entre sculpture et tapisserie, son cœur balance. Alors plutôt que de faire un choix, l’artiste décide simplement d’allier ses deux médiums de prédilection dès la fin des années 1960 pour imaginer d’impressionnantes œuvres tridimensionnelles, rompant avec l’aspect domestique du textile. Oui, elle est une femme qui manie le fil et l’aiguille. Non, elle ne se contentera pas de rapiécer les pantalons de son mari. Avec elle, le tissu se fait aussi monumental que le métal, aussi majestueux que le marbre. Et en rassemblant près de 70 de ses œuvres, le Musée Bourdelle offre enfin un hommage français à la hauteur des ambitions de Magdalena Abramovic : démesuré.
Quand ? jusqu'au 12 avril 2026.
Où ? musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle, Paris 15e.
Lire ici notre critique de l'expo Magdalena Abakanowicz, La trame de l'existence.
Conçue par l’excellent Victoria and Albert Museum de Londres, l’exposition Africa Fashion s’exporte à Paris en 2026 après des étapes en Australie, au Canada et aux États-Unis. L’occasion de faire rayonner la scène mode du continent africain dans la capitale de la haute couture mais aussi de faire dialoguer créations contemporaines et collections historiques du musée du Quai Branly. Une confrontation entre passé et présent qui mettra en lumière une autre vision de la mode façonnée à la fois par des savoir-faire locaux et une nouvelle génération de créateurs.
Quand ? jusqu'au 12 juillet 2026
Où ? Quai Branly - Jacques Chirac, 37 quai Branly, Paris 7e.
Sans doute l’expo la plus mystique de cette sélection. Pour son quatrième solo show, l’artiste français Abdelkader Benchama, qui va bientôt démarrer une résidence à la prestigieuse Villa Albertine à New York, continue d’explorer le monde invisible à travers des dessins tracés à l’encre métaphysique.
Quand ? jusqu’au 7 mai 2026.
Où ? 30 rue Beaubourg, Paris 3e.
Avec ses toiles mélancoliques, Danielle Orchard offre une nouvelle perspective à la représentation du corps féminin. La peintre américaine saute au-dessus de Picasso et Matisse dans une série de tableaux feutrés à la profondeur fascinante.
Si l’on devait retranscrire une partition de musique en couleurs, ça donnerait sans doute une œuvre de Shirley Jaffe. La galerie Nathalie Obadia rend hommage à la fameuse coloriste américano-parisienne décédée il y a dix ans en exposant certaines de ses toiles les plus vibrantes. L'expo qui va éclairer votre printemps.
Quand ? jusqu’au 25 avril 2026.
Où ? 3 rue du Cloître Saint-Merri, Paris 4e.
Quand ? jusqu'au 30 mai 2026
Où ? galerie Clémentine de la Ferronnière, 51, rue Saint-Louis-en-l’Île, Paris 4e
Cette série d’Amy Friend confère à la magie. Fin 2025, l’artiste canadienne a publié le livre Firelight aux éditions italiennes L’Artiere. Il célébrait sa série « Dare Alla Luce », faite de clichés obtenus grâce à un processus technique extrêmement singulier. La base de tout, ce sont des photos datant des années 1920-1940 qu’Amy Friend a trouvées dans des albums de famille, en ligne ou en brocante. Elle les a ensuite perforées de petits trous, mises à contre-jour avant de les shooter à nouveau. Le développement donne des tirages baignés d’halos de lumière, à l’ambiance aussi magique, mirifique qu’évanescente ; une quinzaine d’entre eux seront exposés à la galerie In Camera jusqu’au 23 mai, courez-y.
Quand ? jusqu’au 23 mai 2026
Où ? galerie In Camera, 21 rue Las Cases, Paris 7e
La musique de jeu vidéo est une forme d’art injustement sous-estimée. Pour s’en convaincre, il suffira de visiter à partir du 2 avril prochain l’exposition Video Games & Music, qui racontera la façon dont les musiciens ont accompagné l’ascension de ce qui est devenu la première industrie culturelle mondiale. Des limitations techniques des débuts à l’intégration du son dans la mécanique du jeu en passant par des BO cultes devenues de véritables madeleines de Proust, attendez-vous à une véritable odyssée vidéoludique pas seulement réservée aux hardcore gamers.
Quand ? du 2 avril au 1er novembre 2026
Où ? Philharmonie de Paris, 211 avenue Jean Jaurès, Paris 19e
Dans le cadre de la résidence griffée Leica « Instants », l’artiste biélorusse Alexandra Catiere s’est retrouvée à habiter pendant plusieurs mois au Château Palmer. Un séjour pendant lequel l’artiste a souhaité rendre hommage à ce lieu, fief d’une des plus antiques étiquettes (bleue nuit) des vins bordelais, avec une focale précise : raconter son histoire tricentenaire avec des prises réalisées à la chambre photographique en s’intéressant, non pas aux vignes, mais aux à-côtés de celles-ci. Présentés à la galerie Leica du 3 avril au 20 juin, les tirages gélatino-argentiques en noir et blanc donnent l’impression de pièces d’archives intemporelles, entre graffitis datant de la Seconde Guerre mondiale, pièces d’argenterie ou anciens livres.
Quand ? Du 3 avril au 20 juin 2026
Où ? galerie Leica, 26 rue Boissy d’Anglas, Paris 8e
Artiste, muse et mannequin dont la trajectoire exceptionnelle fut le sujet d’un biopic sorti en salles en 2024, Lee Miller fera l’objet d’une grande rétrospective au printemps 2026 au musée d’Art moderne. Organisée en collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute de Chicago, l’expo retracera toute l’ampleur et la diversité de son œuvre en tant que photographe : mode, paysage ou portraits mais aussi reportages de guerre dans les années 40. Une traversée artistique et biographique qui fera voyager le visiteur par le biais de clichés pris dans une vie en constant mouvement.
Quand ? du 10 avril au 2 août 2026.
Où ? musée d’Art moderne, 10 avenue du Président Wilson, Paris 16e.
Ce n’est pas Joan, mais Federico. La Loo & Lou Gallery offre sa première monographie à l’Espagnol, né en 1991, qui brouille les pistes entre textile et pigment. L’artiste présente des toiles construites minutieusement, comme un vêtement, enchevêtrant et superposant strates de peinture et couches d’imaginaire.
Quand ? jusqu’au 30 avril 2026.
Où ? 20 rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris 3e.
Pour marquer le centenaire de son arrivée en France et les 50 ans de sa disparition, la Fondation Louis Vuitton dédie une grande exposition à Alexander Calder à partir du 15 avril 2026. Annoncée comme l’une des plus importantes lui ayant jamais été consacrée, cette rétrospective promet d’aborder toutes les dimensions de son art en regroupant près de 300 œuvres : les fameux mobiles et stabiles qui devraient égayer l’architecture conçue par Frank Gehry, mais aussi des portraits réalisés à partir de fil de fer, des figures en bois sculpté, peintures, dessins et bijoux.
Quand ? du 15 avril au 16 août 2026
Où ? Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e
Si vous aimez les peintures un peu étranges (voire flippantes), François Malingrëy présente à la galerie Paris-B son univers théâtral peuplé d’hommes et femmes torse nu (et des bébés aussi) qui vous regardent bizarrement. Une vibe réalisme flamand mais en version surréaliste.
Quand ? jusqu’au 11 avril 2026.
Où ? 62 rue de Turbigo, 75003 Paris.
Il y a 90 ans, le Front populaire – cette coalition antifasciste formée de la SFIO, du PCF et du Parti radical – remportait les élections législatives, préludes à l’instauration – poussée par des grèves monstres – de cardinales réformes sociales encore à l’œuvre aujourd’hui. Avec, au choix, les conventions collectives, la semaine de travail de 40 h ou les deux premières semaines de congés payés, nouvelles sources de plaisir et d’enthousiasme, et devenues l’objet de nombreuses séries photographiques. Jusqu’au 4 juillet, la galerie Les Amies Rouges exposera une partie des tirages shootés à l’époque par Pierre Jamet, membre de la chorale de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires. Sur le tract ? Des photos argentiques en noir et blanc pleines de soleil, de rires et d’espoir.
Quand ? jusqu’au 4 juillet 2026
Où ? 10 rue Domat, 75005, Paris
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