Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Quatre expos à poil(s)

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Quatre expos à poil(s)

Erotisme et nudité : les deux mamelles de l'automne ?

Par la rédaction
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A force d'aller sur YouPorn, on en oublierait presque que l'un des meilleurs endroits pour voir des gens à poil, c'est encore le musée – ou, encore mieux car gratuit, la galerie d'art. Et en ce mois de novembre, quatre expositions valent particulièrement le détour. Chez les Victoriens de 'Désirs & volupté', on tourne et retourne la femme dans tous les sens : déesse, princesse, héroïne, elle porte les oripeaux de la beauté. Heureusement, le musée d'Orsay rééquilibre la donne. 'Masculin / Masculin' épluche le corps viril et, de Gustave Moreau à Pierre et Gilles, ajoute (un peu) de poils à cette sélection. Le fétichisme amoureux d'Eugene Von Bruenchenhein, qui photographia sa femme sous toutes les coutures pendant des décennies, et les toiles troubles de John Currin, qui peint comme Fragonard des scènes qu'on dirait tirées d'un boulard, ajoutent un peu d'étrangeté à cette sélection. Et nous rappellent que la nudité, ce n'est pas toujours propre comme une vierge rousse victorienne.

Frederic Leighton, 'Grenaia, la nymphe de la rivière Dargle', c. 1880
Frederic Leighton, 'Grenaia, la nymphe de la rivière Dargle', c. 1880
Colección Pérez Simón, Mexico / © Studio Sébert Photographe

Désirs & volupté à l'époque victorienne

3 sur 5 étoiles
Art Peinture

L'ère victorienne : ses usines en brique, sa capitale rongée par le smog, sa reine qui ne sourit jamais, son puritanisme éreintant. Première puissance mondiale, le Royaume-Uni de l'intransigeante reine Victoria est indissociable de son image austère. Alors, comme pour s’extirper de cette époque à la morale corsetée, certains peintres firent preuve au contraire d'une débauche d'effets sucrés, aussi grandiloquents que les usines de la révolution industrielle étaient lugubres, au service d'un personnage central – la femme. Chaste ou aimante, venimeuse ou hiératique, objet de désir ou muse mélancolique, elle incarne la recherche d’un idéal de beauté absolu... La suite

Pierre et Gilles, 'Mercure'
Pierre et Gilles, 'Mercure'
© Pierre et Gilles / Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

Masculin / Masculin : l'homme nu dans l'art de 1800 à nos jours

3 sur 5 étoiles
Art Peinture

Vous n’avez sûrement pas loupé les affiches de l’expo ‘Masculin / Masculin’. Depuis quelques semaines, elles vous font de l’œil dans le métro, elles vous accrochent le regard au coin d’une rue. Une paire de fesses et un torse. Deux tableaux, deux corps masculins, deux périodes. Pierre & Gilles d’un côté, Jean-Baptiste Frédéric Desmarais de l’autre. Et une accroche : « L’homme nu dans l’art, de 1800 à nos jours ». La messe est dite. Et il y a de quoi éveiller pas mal de fantasmes. Autant sur le plan visuel qu’au niveau des lectures politique, morale, sociale, historique ou érotique qu’offre le sujet... La suite

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Exposition Eugene Von Bruenchenhein, galerie Christian Berst
Exposition Eugene Von Bruenchenhein, galerie Christian Berst
Courtesy galerie Christian Berst

Eugene Von Bruenchenhein, 'American Beauty'

4 sur 5 étoiles
Art Photographie

Eugene Von Bruenchenhein fut boulanger, fleuriste, épicier. Mais ce commerçant du Wisconsin était surtout persuadé d’avoir été béni des dieux : né en 1910, année du passage de la rarissime comète de Halley, il croyait dur comme fer que cette coïncidence faisait de lui un génie venu d’un autre monde. Alors, dans le secret de sa cuisine, il s’attela à bâtir une œuvre qui ne fut découverte qu’après sa mort en 1983, touchant autant à la sculpture (à partir d’os de poulets), à la peinture (hantée par les essais nucléaires de la bombe H) qu’à la photographie. La galerie Christian Berst présente aujourd’hui une quarantaine de ses clichés... La suite

‘Lynette & Janette’, détail, 2013
‘Lynette & Janette’, détail, 2013
© John Currin, Courtesy de la galerie Gagosian, photo by Rob McKeever

John Currin

4 sur 5 étoiles
Art Peinture

John Currin peint avec un raffinement extrême. Du sfumato au kitsch fleuri des préraphaélites en passant par un style qui rappelle les maîtres du XVIe ou du XVIIe siècle, l’Américain étale sur la toile son savoir-faire remarquable. Seulement, plutôt que d’user de sa perfection technique pour flatter notre œil, Currin a décidé de la mettre au service d’une œuvre grotesque embaumant le sexe, le désir, la frustration et le malaise. Bizarrement proportionnées, ses femmes semblent déformées, comme si leur dernière chirurgie esthétique avait un peu raté... La suite

Plus d'expos

Cindy Sherman
Cindy Sherman

Cindy Sherman

Art

La photographe fait l’objet d’une giga-rétrospective à la Fondation Louis Vuitton. Présentant plus de 300 œuvres, l’expo consacre l’artiste de 66 ans et célèbre un parcours dont la longévité force le respect. Qu’elle soit grimée en héroïne ringarde de soap opéra ou en meurtrière flippante, son discours met en lumière, avec humour, la pesante soumission des corps féminins dans le cinéma, les médias et, plus globalement, dans la société. Un univers entre trash et glamour quasi exclusivement féminin, ne comportant qu’une petite série Men, réalisée entre 2019 et 2020, où l’artiste apparaît sous des traits masculins, à la manière d’un drag king chevronné.

Joan Cornellà
Joan Cornellà

Joan Cornellà : Paris Solo Show

4 sur 5 étoiles
Art Dessin

Ames sensibles, s’abstenir. Joan Cornellà, figure de proue de la BD 2.0 - 39 piges dans les pattes et 2,9 millions de followers Insta au compteur -, débarque dans la galerie Arts Factory pour y piétiner sur quatre étages le politiquement correct. Son modus operandi ? Toujours le même : à coup de peintures ultra-colorées et de strips muets version WTF, il déploie tout son sens du gore et de la malice en mettant en scène des personnages béats et souriants. Mais au destin cruel. N’allez pas pour autant croire que le bédéiste catalan s’en amuse gratuitement. A travers l’humour darkos et l’atrocité des gags, le dessinateur satirique joue - non sans tabou - à peindre les maux contemporains : violence et armes, sexe et solitude, drogues et réseaux sociaux… Tout est extrêmement gore et hilarant, comme cette perche à selfies reconfigurée en machine à suicide. Ou cette femme qui se scinde en deux pour se créer une amie. En bref, jouissif qu’inquiétant.

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ERWIN WURM

Erwin Wurm, Photographs

4 sur 5 étoiles
Art Photographie

La Maison européenne de la photographie ? Un lieu de résidence inhabituel pour un sculpteur. Oui mais voilà. Au fil de ses divagations, l’Autrichien, qui désigne ses œuvres comme des « sculptures photographiques », expérimente divers médiums, de façon à figer dans le temps ses œuvres éphémères. Vidéo, photographie, performance, peinture et sculpture se confondent, permettant à l’artiste d’atteindre un art quasi-total. La MEP rassemble ainsi 200 images réalisées par Erwin Wurm sur les quarante dernières années, dont certaines spécialement pour l’événement. Complètement barrée, cette expo nous propose un aller simple pour un univers absurde et onirique.

© MAD

Harper’s Bazaar au MAD

5 sur 5 étoiles
Art

Le « fashion month » est terminé, mais pas question de troquer ses ensembles les plus stylés pour un jogging et une tasse de thé ! Pour prolonger cette période de strass et paillettes, le MAD s’est refait une beauté et inaugure ses galeries mode avec une expo consacrée à une institution de la presse spécialisée : Harper’s Bazaar. À travers un parcours chronologique, l’expo propose un voyage dans le temps des plus glamour.

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© Culturespaces / Nuit de Chine

Monet, Renoir… Chagall. Voyages en Méditerranée

4 sur 5 étoiles
Art

Atelier des Lumières, saison 3. Après une giga-rétrospective des œuvres de Van Gogh, l’établissement nous ressert du cultissime avec une nouvelle expo 2.0. Jusqu’au 31 décembre, plusieurs monstres sacrés de l’art se retrouvent sous le feu des (140) projecteurs (laser) pour une création à la fois sonore et visuelle. Leurs p’tits noms ? Buvez une gorgée d’eau et cramponnez-vous : Monet, Renoir, Chagall, Bonnard, Matisse, Signac, Derain et Dufy apparaissent tour à tour sur les écrans, autour d’un thème commun, « les voyages en Méditerranée ».

© Aurelien Mole

Ulla von Brandenburg

5 sur 5 étoiles
Art Art contemporain

On entre dans l’exposition d’Ulla von Brandenburg comme dans la focale d’un immense appareil coloré ; c’est le début d’une caressante traversée. Scénographe de formation et passionnée de théâtre, l’artiste allemande fait le pari d’assouplir l’architecture bétonnée du Palais de Tokyo pour y installer son monde de tentures et sa petite communauté de poupées. Pari réussi. Chaque samedi à partir de 14h, l’installation et les poupées qui l’habitent prend vie, animée par cinq performeurs. Pendant tout un après-midi, ils s’emparent des objets et instruments qui jonchent le parquet pour initier des moments de danse, de chant et de déambulation sous le regard fasciné du public.

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Jean-Philippe Humbert © Pierre et Gilles

Pierre et Gilles - La Fabrique des idoles

5 sur 5 étoiles
Art Photographie

Quel meilleur endroit pour leur rendre hommage que la Philharmonie de Paris ? Le spot de la Villette réunit pour l’occasion 110 œuvres acidulées, articulées dans un parcours chronologique. Ponctuée de deux installations immersives – La Chambre de Sylvie et L’Autel de la musique –, cette première monographie sur le thème de la musique met en scène des clips vidéo et des pochettes d’album avec une playlist pour rythmer la déambulation. A l’image du duo, l’expo est ludique et électrique, et explore chacun des pans de leur travail, de leurs inspirations chrétiennes et mythologiques à leur humour et leur goût prononcé pour la pop.

Marche et démarche, une histoire de la chaussure au MAD

4 sur 5 étoiles
Art Textile

En cette période de soldes, il y a sûrement une paire de pompes à -70 % qui vous a fait craquer. Mais savez-vous qu’en plus de mettre en valeur vos fringues, la chaussure raconte une histoire vieille de plusieurs siècles ? Pour conjuguer amour du style et de l’Histoire, rendez-vous au MAD qui poursuit sa programmation axée sur le rapport au corps et à la mode à travers cette expo consacrée à la chaussure. Petit plus de l’expo ? On peut essayer certaines pièces en fin de parcours ! De quoi prolonger un peu la Paris Fashion Week…

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© Ursula Schulz-Dornburg

Ursula Schulz-Dornburg : Zone grise / The Land in Between

4 sur 5 étoiles
Art Photographie

Qu’on se le dise : la saison culturelle ne sera pas des plus fun en ce début d’année. Entre les 50 nuances de noir de Soulages au Louvre et à Beaubourg et les œuvres ultra-profondes de Boltanski au Centre Pompidou, c’est tout naturellement que la photographe allemande Ursula Schulz-Dornburg trouve sa place, à l’occasion d’une rétrospective organisée par la MEP. Noir et blanc, guerres et no-go zones, pas moins de 250 œuvres nous plongent dans l’univers critique et architectural de l’artiste.

Christian Boltanski, faire son temps

4 sur 5 étoiles
Art Art contemporain

Rares sont les artistes qui peuvent se payer le luxe d’organiser eux-mêmes leur rétrospective au Centre Pompidou. Et trente-cinq ans après sa première expo dédiée à Beaubourg, c’est Christian Boltanski himself qui invite les amateurs d’art contemporain à (re)découvrir son travail à travers 50 œuvres sélectionnées par le plasticien parisien de 75 ans. Sous le commissariat de Bernard Blistène – oui, oui, le directeur de Pompidou –, le plus gros centre d’art contemporain de la capitale met les petits plats dans les grands pour clôturer la décennie.

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