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10 films à voir pour célébrer Paris

Notre sélection des meilleurs films pour redécouvrir la capitale : volume 2 (1968-2015)

1/ 'Baisers volés' (1968) de François Truffaut

Troisième volet des aventures sentimentales d’Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) après ‘Les Quatre Cents Coups’ (1959) et le court métrage ‘Antoine et Colette’ (1962), ‘Baisers volés’ s’inspire librement d’un roman de Balzac (‘Le Lys dans la vallée’) pour nous conter les hésitations amoureuses d’Antoine, au cœur tiraillé entre deux femmes : la jeune et jolie Christine Darbon (Claude Jade) et la femme de son patron, Fabienne Tabard (Delphine Seyrig). Surtout, le film nous permet de traverser le Paris de 1968, des quartiers populaires du 18e (entre la rue de Steinkerque, où réside Antoine, et la rue Caulaincourt) et 19e arrondissements (en particulier l’avenue de Laumière), jusqu’aux quartiers plus cossus de l’avenue Trudaine (9e), d’Ecole militaire (7e) – dans l’appartement de l’acteur Michael Lonsdale, prêté pour l’occasion – jusqu’au 16e, dans la boutique de chaussures de luxe où travaille Antoine Doinel.

Vidéo • Le Paris sous-terrain du réseau pneumatique dans ‘Baisers volés’

2/ 'Out 1 : Noli me tangere' (1971) de Jacques Rivette et Suzanne Schiffmann

Continuons donc sur notre lancée, toujours en compagnie de Jean-Pierre Léaud, de la Nouvelle Vague et d’Honoré de Balzac (l’auteur des ‘Scènes de la vie parisienne’ semblant ici convenir idéalement à notre propos, le film s’inspirant de ‘L’Histoire des Treize’), avec ce film-monument du regretté Jacques Rivette et Suzanne Schiffman, tourné à travers Paris en 1970. Rivette qui, de ‘Paris nous appartient’ (1960) à ‘Va savoir’ (2001) a magnifiquement su filmer les toits de la capitale, établit avec ‘Out 1’ un formidable récit polyphonique, qui nous fait redécouvrir un Paris d’époque, entre terrasses de café (où l’on fume énormément), salles de répétition, boutiques ou appartements, et nous permet, entre autres, de revoir les différentes portes de Paris, lors d’une chasse à l’homme aux airs de balade aléatoire. Lire la critique complète.

Vidéo • Jean-Pierre Léaud sillonne la rue Tiquetonne dans ‘Out 1 : Noli me tangere’

3/ 'Le Dernier Tango à Paris' (1972) de Bernardo Bertolucci

Film maudit (et pourtant le plus célèbre, sans doute) de Bernardo Bertolucci, ‘Le Dernier Tango à Paris’ reste particulièrement en mémoire pour ses scènes de disputes ou d’errance sur le pont reliant les stations Bir-Hakeim et Passy – sur lequel on aura, d’ailleurs, bientôt l’occasion de revenir – suivant le trajet du métro aérien jusqu’à l’appartement du 1 rue de l’Alboni, dans le 16e arrondissement, où Marlon Brando et Maria Schneider vivent leur étrange et intense passion sexuelle. Toutefois, le film permet aussi de retrouver un hôtel de luxe (le Tivoli Etoile) ou la salle Wagram (tous deux dans le 17e arrondissement), ainsi que les gares de Lyon et Montparnasse, ou le canal Saint-Martin. Et non, non, on ne fera pas de blague sur cette odieuse plaquette de beurre.

Vidéo • Marlon Brando et Maria Schneider, du pont Bir-Hakeim à la salle Wagram

4/ 'Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain' (2001) de Jean-Pierre Jeunet

Petit saut dans le temps pour arriver jusqu’aux années zéro, où Paris semble à nouveau connaître un profond regain d’intérêt comme lieu de tournage ; ce qu’on peut en partie attribuer à l’immense succès populaire du personnage incarné par Audrey Tautou. Toutefois, le paradoxe est ici sans doute que le Paris figuré par le film de Jean-Pierre Jeunet se plaît surtout à évoquer le passé mythique d’un de ses lieux les plus touristiques : Montmartre et sa butte, son Sacré-Cœur, le cinéma Studio 28 ou sa brasserie Les Deux Moulins (au 15 rue Lepic). Cependant, n’oublions pas que le film nous promène également dans l’ancienne station de métro Porte des Lilas Cinéma, sur le pont du canal Saint-Martin (à nouveau lui) ou dans les gares du Nord et de l’Est. Un Paris de rêve ou de carte postale, certes, mais encore habité – dans tous les sens du terme…

Vidéo • Amélie Poulain, entre le Studio 28 et le canal Saint-Martin

5/ 'Le Petit Lieutenant' (2004) de Xavier Beauvois

Film coup de poing de Xavier Beauvois, ‘Le Petit Lieutenant’ offre un véritable tour de l’Est parisien – avant de s’envoler, pour une traque finale, vers la Côté d’Azur. Débutant devant Notre-Dame, le long métrage nous entraîne bientôt vers Bastille avant de nous proposer un bon tour des berges de la Seine : du quai de Valmy (10e), à ceux de la Rapée ou de Bercy (12e). Enfin, c’est surtout à travers le 20e arrondissement que le film met en scène une puissante filature, passant par la rue des Pyrénées à l’avenue du Père Lachaise ou la place Gambetta. Un quartier où il fait d'habitude bon flâner, ici traversé d’une rare tension.

Vidéo • Bande-annonce du ‘Petit Lieutenant’ de Xavier Beauvois

6/ 'Mesrine : L’Instinct de mort' / 'L’Ennemi public numéro 1' (2007) de Jean-François Richet

Découvrir le 18e arrondissement en compagnie de Jacques Mesrine... Tentant, n’est-ce pas ? C’est en tout cas l’un des aspects, assez passionnants, du double film de Jean-François Richet consacré au célèbre terroriste, interprété par un Vincent Cassel au sommet de la nervosité. De la Goutte d’Or (rue Stephenson) à la porte de Clignancourt où s’achève brutalement la trajectoire de l’ennemi public numéro un, en passant par la rue Belliard (parallèle aux Maréchaux), la rue d’Aubervilliers (à l’Est de l’arrondissement), celle du Mont-Cenis ou le boulevard Ornano (à l’Ouest), le long métrage de Richet vous propose également un petit tour dans le 19e, vers le métro Stalingrad et le boulevard de la Villette. Un véritable quadrillage des quartiers populaires du Nord de Paris… avant qu’ils ne deviennent les hauts-lieux du hipsterisme qu’on connaît désormais.

Vidéo • Jacques Mesrine (Vincent Cassel) finit mal porte de Clignancourt

7/ 'Inception' (2010) de Christopher Nolan

Net changement d’ambiance ici, où l’on quitte le Paris le plus bordélique et vivant du Nord, pour des quartiers beaucoup plus calmes (et touristiques) des 15e et 16e arrondissements. Surtout, c’est ici qu’on retrouve le fameux pont de Bir-Hakeim, déjà immortalisé par ‘Le Dernier Tango à Paris’ – on vous avait bien prévenu qu’on y reviendrait ! Mais c’est surtout la rue Bouchut (près du métro Sèvres-Lecourbe), qui reste dans les mémoires des spectateurs du film de Christopher Nolan, où Leonardo DiCaprio et Ellen Page voient tout simplement Paris… se plier sur lui-même ! Comme quoi, il y a aussi de belles balades à faire dans le 15e !

Vidéo • Leonardo DiCaprio et Ellen Page plient la rue Bouchut et se retrouvent sur le pont Bir-Hakeim

8/ 'Rengaine' (2012) de Rachid Djaïdani

Retour dans les 18e et 19e arrondissements de Paris (les mêmes que pour Mesrine) avec cette délicieuse variation de Rachid Djaïdani autour de 'Roméo et Juliette', entre les communautés africaine et maghrébine. Rue des Martyrs, boulevard de Rochechouart, en passant par la Goutte d’Or et le Sacré-Cœur : le 18e est clairement ici à l’honneur, avec quelques détours par Aubervilliers et le boulevard de la Villette. Toutefois, les tribulations pleines d’audace des jeunes héros du film les amènent également à travers le 11e (notamment au bar Aux Trois Passages) et en plein centre de Paris, vers la rue Rambuteau ou l’église Saint-Eustache. Comme quoi la capitale peut nous réserver de belles bouffées d’air frais… Au cinéma, s’entend. Lire la critique complète.

Vidéo • Bande–annonce de ‘Rengaine’ de Rachid Djaïdani

9/ 'Holy Motors' (2012) de Leos Carax

Si le dernier long métrage de Leos Carax commence dans les Yvelines (devant l’impressionnante villa Paul Poiret construite par Robert Mallet-Stevens à Mézy-sur-Seine), le fascinant ‘Holy Motors’ nous conduit également à l’intérieur de l’église Saint-Merri pour un mémorable interlude musical, dans les sous-sols du 13e arrondissement pour une scène de double meurtre, à travers les quais de la Seine et, surtout, à l’intérieur de la Samaritaine en ruine, avec une incroyable séquence musicale (featuring Kylie Minogue) en écho aux ‘Amants du Pont-Neuf’. Une Samaritaine comme on ne l’a jamais vue et comme on ne la verra sans doute à nouveau jamais, pour l’un des meilleurs films français des dernières années, sans le moindre doute. Lire la critique complète.

Vidéo • Kylie Minogue et Denis Lavant dans la Samaritaine en ruine de ‘Holy Motors’

10/ 'L’Ombre des femmes' (2015) de Philippe Garrel

S’il y a un cinéaste qui a su magnifier comme personne la vétusté poétique des appartements parisiens (et des chambres à coucher), c’est bien Philippe Garrel. Alors que son précédent film, ‘La Jalousie’, se déroulait dans le sud du 16e arrondissement, son dernier – et très beau – long métrage ‘L’Ombre des femmes’ ressemble quant à lui à une étude du 10e, depuis l’appartement où son couple de héros, réalisateurs de documentaires fauchés, malmènent leur vie de couple, jusqu’aux cafés des rues adjacentes, dans le coin du boulevard Saint-Martin et du métro Bonne-Nouvelle. Paris, éternelle capitale des amours ; y compris de ceux qui se cassent la gueule… Lire la critique complète.

Vidéo • Bande-annonce de ‘L’Ombre des femmes’ de Philippe Garrel

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Commentaires

2 comments
Emmanuel Chirache
Emmanuel Chirache

Belle liste, même si j'aurais viré Inception pour mettre tous les Rohmer parisiens ou bien Drôle de frimousse.

zazie t
zazie t

Ouaouu belle sélection, ça donne envie de découvrir ou de revoir (sauf peut être Amelie Poulain.)