Comptoir
© Boréal
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Les restos où manger seul (et kiffer)

On peut apprécier d'avoir comme seule compagnie son assiette ! La preuve en douze adresses fétiches

Antoine Besse
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Assez de cette dictature du couple, du yeux-dans-les-yeux et du réarmement démographique ! Disons-le tout net : oui, on peut bien kiffer d’un repas en tête à tête avec son assiette même (surtout ?) pendant la Saint-Valentin. Pour le prouver, on vous a sélectionné nos adresses favorites pour manger seul à Paris. On les a choisies dotées d’un comptoir pour faciliter les échanges, de salles chaleureuses à tables resserrées, ou au contraire d’un calme monastique où se dissout tranquillement l’anxiété sociale.

Car au-delà de l’avantage d’être oublié par le vendeur de roses, aller seul au resto donne l’occasion de se concentrer sur les goûts, de se lier avec l’équipe, voire de taper la discute avec les voisins… Et, qui sait, ne pas repartir seul !

Nos tables favorites où manger seul

  • Gastronomique
  • 4e arrondissement
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Il y a quelque chose de monacal dans le cérémonial proposé chez Bittikesu, la table du Québécois Jules St-Cyr. Une grande salle immaculée, articulée autour d’un long comptoir en chêne clair où prennent place les 10 convives et pas un de plus. Puis le service façon procession, deux par soir, cloches sonnées à heure fixe, pour un quinze temps à la musique bien rodée. Une liturgie contée par quatre garçons-mannequins qu’on dirait sortis d’un défilé Rick Owens. Une sobriété se met au service de la cuisine du jeune chef, dont la délicatesse réclame un recueillement d'anachorète. 

Où ? 5 rue de Crillon, Paris 4e

  • Japonais
  • 1er arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

À quelques pas de leur mini-roastery de la rue Coquillère, Yui Matsuzaki et Yuichiro Sugiyama ouvrent cette nano-échoppe 50 % cuisine inox, 50 % salle en bois et comptoir en u où se glissent, façon Tetris, 14 convives pas trop épais. La carte, aussi réduite que l’espace, propose des teishoku, une façon commune au Japon de présenter tous les mets sur un même plateau. La cheffe Maki Fujii en propose une version au poulet karaage, une au saumon grillé au miso... escorté d'une soupe miso, de riz au champignon et de petites salades. Tout s’avère fin, précis et sapide. 

Où ? 35 rue Coquillère, Paris 1er

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  • Quartier latin
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Depuis 2022, cet izakaya à la française, lancé par Stéphane Offner (ancien directeur de Juice Lab), Tony Alvarez (ex-Vin qui danse de la rue Broca) et Éric Trochon, chef du restaurant gastronomique Solstice à deux pas, redonne des couleurs culinaires à la rue Mouffetard. Dans une ambiance pas bégueule (voire tonitruante), on se poste autour de la cuisine centrale ou au bar cuivré pour avaler des petites assiettes (bientôt une rareté !) pan-asiatiques. 

Où ? 5 rue Mouffetard, Paris 5e

  • Japonais
  • 1er arrondissement
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Au cœur du Paris de la mode, un élégant comptoir à sushi à l’inspiration 80’s, orchestré par l’architecte Fanny Perrier (faïences noires et orange, plafond rétroéclairé, assises alu signées Tom Ducarouge), où celles et ceux qui ont leur rond de serviettes aux défilés des Fashion Weeks vont se sentir comme à la maison. Suivant la DA d’un « bar à vin à sushi », l’ambiance se veut détente et, pour le quartier et la spécialité, les prix de la carte élaborée par Hiroshi Fuji et Ayumi Nakaruma se montrent plutôt tenus. 

Où ? 6 rue du Marché Saint-Honoré, Paris 1er

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  • Le Marais
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Yee Haw ! Stetson vissé sur la tête, la cowgirl Marine Gora a ouvert ce saloon du Marais. La mise ? Un bouclard queer en cosplay western (minimaliste) avec fer à cheval cloué au mur, meuble de bar johnwaynien, abats-jour à franges et playlist country. Une adresse à deux coups comme un vieux Deringer : coffee shop apaisé le matin et barav exalté le soir. Accoudé au comptoir et selon l'heure, on peut mordre dans pétulant granola maison, un sausage rolls canaille ou des travers de porc et sauce buffalo maison à mouiller de de boissons homemade qui poussent plus loin la frontière du kif et de la glycémie.

Où ? 86 Rue des Archives, Paris 3e

  • Espagnol
  • Réaumur
  • prix 4 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Accoudé au grand comptoir carrelé de cette bodegua de luxe et éclairé à la bougie, on savoure en solo la cuisine espagnole gentrifiée par le chef Alexandre Giesbert : caldereta de homard, crudo de dorade, tortilla hyper-fondante... A escorter d'une belle sélection de vins ibères pour oublier l'hiver. Attention la cuenta monte vite !

Où ? 6 rue Marie-Stuart, Paris 2e

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  • Gastronomique
  • Poissonnière
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Long comptoir de marbre, bande-son 80’s au taquet, sommelier qui assure le show… Ce resto turbo hype possède une configuration assez unique à Paris qui le réserve aux couples ou aux solitaires. Le chef Léo Dauvergne y envoie des assiettes bistronomiques parfois un peu pataudes, mais c’est presque secondaire quand on peut lancer une discussion sur les ris de veau avec son voisin créateur de mode.

Où ? 43 rue des Petites-Écuries, Paris 10e.

  • Bistrot
  • Mairie du 18e
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Pas de comparse ? Pas de problème. Installez-vous au comptoir de ce frais bistrot avec une prise directe sur la cuisine où s’affairent Charles Neyers et Philippine Jaillet. Les assiettes bistronomisent à base de produits de saison, sans en faire des caisses. On fait couler avec une carte des vins d’une vingtaine de références bio en se disant que ce coin de rue du Pôle-Nord a hérité d’une adresse chaleureuse comme un câlin de husky.

Où ? 39 rue Montcalm, Paris 18e.

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  • Japonais
  • Saint-Germain-des-Prés
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

En quelques mois d’existence, cette enclave inox et marbre ouverte par Takuya Watanabe, maître sushi à l'origine de l’inoubliable Jin, a déjà remporté haut la hand le concours des meilleurs rolls de Paris. Sur le comptoir défilent des handrolls, ces makis XXL : feuille de nori craquante, grains nacrés de riz tiède, soja maison et surtout poisson de première bourre. Un voyage iodé et debout avec tout le quartier Odéon !

Où ? 71 rue de Seine, Paris 6e.

  • Japonais
  • Grenelle
  • prix 4 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Le chef Akiyoshi Yuichiro, débarqué de Fukuoka, vous fait découvrir le chakaiseki, une succession extrêmement codifiée d’assiettes qui aboutissent à la dégustation du thé au matcha préparé selon la méthode traditionnelle. Installé au comptoir boisé comme au théâtre, on assiste au cortège d’assiettes préparées par le chef aux gestes d’horloger. Un moment de grâce, un incroyable voyage immobile et silencieux inédit en France mais facturé au prix fort.

Où ? 59 rue Letellier, Paris 15e.

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