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Stéphane Jégo © Marc Obin
© Marc Obin

Stéphane Jego appelle au combat : sauvons nos restaurants et producteurs !

Par Stéphane Jégo
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Stéphane Jégo (L’Ami Jean), un chef qu'on aime beaucoup chez Time Out, vient de lancer un cri du cœur sur les réseaux sociaux. Il appelle à la mobilisation pour faire reconnaître officiellement l’état de catastrophe naturelle sanitaire. Et permettre de dédommager au mieux, au plus juste, les commerçants impactés.

TRIBUNE. Chers amis commerçants, confrères, éleveurs, producteurs, tout acteur, 

Comme vous tous, samedi à minuit, j’ai dû fermer mon restaurant, L’Ami Jean. Et je ne sais pas pour combien de temps. Ce temps-là, utilisons-le pour organiser et garantir la réouverture de nos établissements. La seule issue à cette crise économique, qui s’annonce fatale pour nombre d’entre nous : pousser le gouvernement à décréter l’état de catastrophe naturelle sanitaire afin que les assurances nous indemnisent.

Chefs, bartenders, mixologues, nous avons chacun appelé nos assureurs et chacun a reçu la même réponse. Mais rien n’est perdu car rien n’est écrit. La situation est inédite et nous nous devons de nous battre pour sauver nos établissements ! Personne ne le fera à notre place et les assureurs, qui sont fédérés, se sont, eux, déjà organisés pour échapper à la crise.

Emmanuel Macron l’a martelé : « C’est une crise sans précédent ! ». Alors, écrivons chacun et ensemble, indépendants, petites et moyennes entreprises, les lignes qui nous font défaut aujourd’hui !

Que l’individualité de chacun – via vos contacts médias et les réseaux sociaux – se mette au service du collectif. J’en appelle à une mobilisation autant historique qu’apolitique car il ne s’agit pas de prêcher pour notre paroisse. L’état de catastrophe naturelle sanitaire est notre seule issue. 

Emmanuel Macron a annoncé, lundi soir, une aide de 300 milliards d’euros pour garantir les prêts bancaires et mardi matin, Bruno Le Maire a promis 45 milliards d’euros pour les entreprises. Suis-je le seul à me demander pourquoi il n’a été mentionné à aucun moment le rôle des assurances ?

Serait-il juste que les assurances (220 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018) et leurs réassurances (234 milliards d’euros de CA en 2018) soient les seules à s’en sortir indemnes ? 

Sans à aucun moment nier « la guerre sanitaire » à laquelle nous sommes confrontés, nous nous devons de penser à demain, à nos entreprises, nos salariés et la base de notre métier : artisans, éleveurs, producteurs… Décréter l’état de catastrophe naturelle sanitaire est capital pour l’ensemble des professions.

Amis, confrères, je vous appelle au combat pour la survie de nos métiers. Comme moi et d'autres autres signataires ci-dessous, grands noms de la restauration, rejoignez le collectif ! J'invite chacun de vous à signer cette tribune avec moi. Montrons un front uni pour que le gouvernement nous entende ! 

SOURCES :

- les chiffres d’affaires des assurances et réassurances figurent sur le site de la Fédération française des assurances
- pour les réassurances, chiffres obtenus auprès de l’Association des professionnels de la réassurance en France (APREF).

Pour en savoir plus et pour signer, c'est ici

Parmi les signataires (8 500 à ce jour) : Alain Ducasse (une dizaine d'établissements dont Ducasse sur Seine); Hélène Darroze (à Paris : Joia; Marsan) ; Jean-François Piège (La Poule au Pot ; L’Epi d’or ; Le Grand Restaurant...) ; Bertrand Grébaut (SeptimeClamato) ; Grégory Marchand (FrenchieFrenchie Bar à VinsFrenchie To Go) ; Pierre Gagnaire (Gaya, Pierre Gagnaire, Piero TT, Fouquet’s…) ; Guillaume Sanchez (Ne/So et Ne/So 2) ; Alessandra Montagne (Tempero) ; Nicolas Alary et Sarah Mouchot (Holybelly 5 et Holybelly 19) ; Guillaume Gomez (le chef des cuisines du Palais de l’Elysée)...

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