Non, la gastronomie taïwanaise ne se limite pas au bubble tea, ce thé aux perles de tapioca. Extrêmement riche, son patrimoine culinaire est le témoin d'une Histoire complexe, puisant ses influences dans les très nombreuses ethnies venues peupler l'île. A commencer par les aborigènes préexistants à la colonisation chinoise, proches des population indonésiennes ou malaises : Amis, Bunun, Kavalan (comme le whisky, oui !), Puyuma... A cela s'ajoutent depuis quatre siècles les plats d'immigrés Chinois Han (ethnie Hoklo ou Hakka), débarqués des provinces du sud-est de la Chine (notamment celle, voisine, du Fujian) et la période d’occupation de l’île par les Japonais (1895-1945).
1949 marque un autre tournant décisif. Lorsque le parti nationaliste Kuomintang fuit la Chine continentale, perdant la guerre face aux communistes (qui s'empressent de proclamer le République Populaire de Chine), c'est à Taïwan qu'il se réfugie, continuant à se proclamer seul gouvernement légitime de Chine (République de Chine ou Chine nationaliste). Conséquence directe, des chefs de toutes les provinces de Chine continentale se retrouvent alors rassemblés sur cette petite île. Ce qui explique qu'on peut aujourd'hui savourer à Taïwan les meilleurs plats traditionnels de régions réputées : Guangdong, Jiangxi, Chaoshan, Shanghai, Hunan, Sichuan, ou Beijing !
Jusqu'ici c'était à Taïwan qu'il fallait se rendre pour goûter ces délices. A Paris, il n'y avait guère que Zenzoo, puis 37 m2 comme coolosses ambassadeurs de l'île-nation. Mais depuis l'ouverture démocratique de 2016, qui voit Tsai Ing-wen (candidate du DPP, principal parti d’opposition), devenir la première femme présidente de l’île, les échanges interculturels s'intensifient. Signes qui ne trompent pas, une kyrielle de nouveaux restos s'implantent à Paname. Après la vague levantine, découvrez la prochaine grosse tendance culinaire !
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