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Notre classement des 10 meilleures séries TV comiques

C'est bon de rire parfois

Tout comme il y eut la tragédie grecque, la comedia dell'arte italienne, le théâtre classique français, il existe désormais la sitcom anglo-saxonne. Loin d'être un art mineur, ce genre à part entière a connu son âge d'or entre les années 1980 et aujourd'hui, où il continue de vivre une effervescence créatrice. Si le drame et la tragédie paraissent parfois plus nobles aux yeux de la critique, la comédie a toujours fait partie de la panoplie des grands artistes, au théâtre comme au cinéma. Ce n'est pas un hasard si beaucoup de penseurs, de philosophes, d'écrivains, ont comparé la vie même à une comédie plutôt qu'à une tragédie, car si la première contient son lot de drames, la seconde fait plus rarement rire. Desproges défendait quant à lui l'art si difficile de l'humoriste en disant : « Mais elle est immense, la prétention de faire rire ! » C'est donc très sérieusement qu'il nous a paru nécessaire d'opérer une sélection dans les meilleures séries TV comiques, à la fois pour rendre hommage au genre, et pour confectionner un petit guide pratique à l'usage des curieux qui n'ont plus rien à télécharger.

Comme tout classement, le nôtre est totalement subjectif. Amputé de certains classiques, partial, voire partisan, il ne contentera pas tout le monde. Certains lecteurs esquisseront une moue à la vue de plusieurs titres inconnus de lui et il est vrai que 'Party Down', 'Arrested Development', 'Curb Your Enthusiasm' ou 'It's Always Sunny In Philadelphia' ne sont pas très connues sous nos latitudes. Mais l'intérêt d'un tel dossier n'est-il pas également de faire découvrir de nouveaux territoires à explorer plutôt que de ressasser ce que d'autres ont déjà dit cent fois ? D'autres séries auraient donc eu leur place ici, telles que 'Spin City', 'Scrubs' (surtout pour les premières saisons), 'That 70's Show', 'Flight Of The Conchords', 'Modern Family', 'Community', 'How I Met Your Mother', et quelques autres. Pourtant, les dix qui sont citées ci-dessous possèdent toutes quelque chose en plus, une originalité saillante, des interprètes surdoués, une écriture aux petits oignons, une sombre insolence, un regard presque sociologique sur le quotidien, un sens de l'absurde. A bien y réfléchir, ce sont vraiment les dix meilleures, objectivement.

'Seinfeld' (1/10)

Si certains trouvaient à redire à la position numéro un de 'Seinfeld' dans ce classement, soyons clairs : 'Seinfeld' concentre en neuf saisons tout ce qu'il est possible de faire en humour, avec un génie inégalé. Toutes les séries sans exception lui doivent quelque chose et toutes lui ont piqué à un moment ou à un autre une idée, une vanne, une intrigue. 'Seinfeld' est tout simplement la matrice, le big bang, les tables de la loi de l'humour à la télévision. Aux Etats-Unis, le show a connu un succès que l'on ne soupçonne pas en France (où seules Canal + et Canal Jimmy sur le câble ont diffusé la série), jusqu'à atteindre pour son dernier épisode l'audience monstrueuse de 76 millions de spectateurs ! Un score qui place 'Seinfeld' en troisième position des plus grandes audiences pour un dernier épisode dans l'histoire de la télévision américaine, derrière 'M.A.S.H.' et 'Cheers'. D'autres chiffres ? En 2002, la série a été nommée meilleur programme télé de tous les temps par le magazine TV Guide (plus de 2 millions de lecteurs toutes les semaines quand même) et en 2013 la Writers Guild Of America, puissant syndicat des scénaristes aux Etats-Unis, a décrété qu'il s'agissait de la seconde série la mieux écrite après 'Les Sopranos'. Tout simplement.

Mais si la série créée par Larry David et Jerry Seinfeld s'impose comme un chef-d'œuvre indépassable dans son genre, c'est d'abord parce que son concept, le fameux « show about nothing », est révolutionnaire – il sera d'ailleurs repris par 'Friends' et bien d'autres. Quand la série est programmée pour la première fois sur NBC en 1989, une telle idée n'avait jamais germé auparavant dans la tête d'un scénariste. Il faut dire que les deux créateurs, Larry David, futur auteur et acteur de 'Curb Your Enthusiasm', et Jerry Seinfeld, qui donne son nom à l'émission, ont la vis comica dans le sang. Grâce à un sens aigu de l'observation, ils se servent de leur quotidien, des gens qu'ils connaissent, de leurs expériences personnelles, pour en faire la matière des histoires qu'ils racontent, en laissant aller leur imagination à partir de situations banales. Ainsi, sortir pour chercher une soupe au boui-boui du coin peut se transformer en épisode mythique, tout comme un stylo offert par politesse devient l'origine d'une succession de malentendus. Au réalisme de certains passages s'opposent d'autres plus fantaisistes, où un détail absurde vient gripper la mécanique de la vie quotidienne, à l'image du distributeur de Pez qui provoque une série de rebondissements ou du décor d'émission télé que Kramer découvre à la poubelle et qu'il installe chez lui, devenant du coup l'hôte perpétuel d'une émission fictive. 

Autre originalité, Larry David et Jerry Seinfeld s'interdisent tout moralisme et tout sentimentalisme, une règle de conduire résumée par leur motto : "No learning, no hugging." Cette absence de jugement moral leur permet d'aborder des sujets sensibles de façon clinique ou avec dérision. La masturbation, par exemple, est abordée dans l'épisode "The Contest", où chacun des quatre personnages principaux doit se retenir le plus longtemps possible. Ainsi la série ne se refuse rien, allant jusqu'à mettre au chômage l'un des meilleurs personnages, George Costanza, pendant plusieurs saisons ! Chauve, myope, petit, chômeur et enrobé, George apporte d'ailleurs une dimension plus sombre à 'Seinfeld', même s'il reste l'un des éléments comiques les plus efficaces du show. Plus important que tout, la série transpire la bonne humeur et les comédiens semblent prendre un pied monumental à jouer ensemble. Il n'est pas rare de voir Jerry Seinfeld, acteur assez neutre (un peu comme Tintin était une feuille blanche où chaque lecteur pouvait transposer les traits qu'il voulait) sourire ouvertement à une de ses propres répliques ou rire devant la performance d'un de ses camarades, une chose impensable dans la plupart des sitcoms.

La légèreté qui parcourt la série lui confère au final un état de grâce, une audace insensée qui naît de l'envie des auteurs de se fendre la poire, eux, d'abord. Comment expliquer sinon une idée aussi farfelue que faire jouer à Larry David les aboiements d'un chien qu'on ne voit jamais et dont Jerry Seinfeld a la garde ? Comment expliquer le gag où Jerry ne supporte pas les mains trop masculines de sa copine, mains que l'on aperçoit sur des gros plans à mourir de rire, car elles appartiennent clairement à une armoire à glace? Au fil des saisons, une grande complicité s'installe entre le spectateur et les personnages, et les auteurs ont vite compris tout ce qu'ils pouvaient tirer de cette relation. 'Seinfeld' fait donc partie des premiers programmes à avoir su se mettre en abîme, au point de faire rejouer à George et Jerry la création (avortée, cette fois) de la série dans laquelle ils jouent pour de vrai. Plus fort encore, les auteurs se sont amusés à créer des doubles inversés de Jerry, George, Kramer et Newman, dans un épisode où Elaine se fait une nouvelle bande d'amis. De même, quand Seinfeld habite dans l'appartement de Kramer durant quelques jours, il se met soudain à parler, agir et gesticuler comme ce dernier. Série totale donc, sans complaisance, micro-humanité boursouflée de pathologies, de mensonges et de petitesse, pourtant si touchante et parfois géniale, 'Seinfeld' déclenche le rire éternel. 

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'Malcolm in the Middle' (2/10)

Un petit garçon danse sur place de façon ridicule en chantant « pou pi, pou pi, pou pi pou » : si cette image ne provoque pas chez vous un fou rire nostalgique, c'est que vous ne connaissez pas 'Malcolm', cette série qui a fait les beaux jours de M6. C'est d'ailleurs grâce à ses nombreuses diffusions sur la sixième chaîne, puis Paris Première, que 'Malcolm' est devenue une série culte en France pour plusieurs générations de spectateurs. L'excellente qualité de la version doublée en français a aussi beaucoup contribué à son succès, un vrai contraste par rapport à une grande partie des séries américaines qui sont doublées avec les pieds. Ici, les voix d'illustres inconnus, travailleurs de l'ombre auxquels nous rendons hommage, apportent une vraie personnalité aux comédiens. L'exubérance du père, la bêtise crasse de Reese, la candeur de Dewey, le génie anxiogène de Malcolm, l'asthme de Stevie leur doivent tous une bonne part de leur humour. Ainsi les blagues mal traduites ou les censures malvenues sont-elles compensées par l'ingéniosité de ces interprètes français, allez tiens, on les cite : Brice Ournac (Malcolm), Christophe et Yann Peyroux (Dewey), Romain Douilly et Donald Reignoux (Reese), ou encore Jean-Louis Faure (Hal).

Pour ceux qui l'ignorent, Malcolm est un surdoué qui fait sa scolarité dans une classe de petits génies surnommés les « têtes d'ampoule » par leurs camarades moins brillants. C'est à travers ses yeux – au point qu'il s'adresse parfois directement au spectateur en regardant la caméra – que nous découvrons le quotidien d'une famille délirante, où quatre garçons font la vie dure à des parents pas très équilibrés non plus. Outre ce point de vue subjectif, 'Malcolm' se démarque de ses concurrents par une tonalité doux-dingue très différente de celles auxquelles les sitcoms à l'ancienne nous avaient habitués. Fondées sur le comique de situation (d'où le nom de « sitcom », pour situation comedy) et les punchlines, les séries des années 1980 et 1990 ressemblent par bien des aspects à du théâtre de boulevard filmé, en dépit de toutes leurs qualités d'écriture. Avec 'Malcolm', on a enfin l'impression d'assister à une œuvre qui a été réfléchie d'un point de vue télévisuel. La réalisation épouse donc totalement l'esprit du scénario, à coups de points de vue subjectifs, d'ellipses radicales, de bruitages abusifs, d'idées loufoques. Comme celle où Dewey entend une peluche Orby, sorte d'éléphant bleu flippant, lui parler à travers la télévision, ou quand Hal se prend de passion pour un rouleau compresseur, l'un des meilleurs épisodes de la série. Au final, cette folie latente teintée d'absurde fait qu'on s'attache vite aux personnages, qu'ils soient stupides (Reese), surdoués (Malcolm), dingues (Hal) ou beaucoup trop mignons (Dewey).

Pour qui : ceux qui aiment l'humour absurde, ceux qui sont aussi anxieux que Malcolm, ceux qui veulent voir Bryan Cranston avant 'Breaking Bad'.

Nombre de saisons : 7.

Le détail qui tue : le grand frère de Malcolm, Francis, passe la plupart de la série séparé du reste de la famille. En séjour à l'école militaire ou dans une ferme, il permet en réalité à la série de sortir du cocon familial et de varier les situations. Si Francis paraît un peu moins drôle que ses frères, il participe toutefois à l'un des plus grands moments de la série, dans l'épisode 12 de la saison 4. Chef-d'œuvre absolu de non-sens comique, cet épisode intitulé "Tolérance zéro" voit Francis être harcelé par un jeune Allemand qui joue du piano pour accompagner chacun de ses mouvements... Extrait plus bas.

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'Friends' (3/10)

Dès ses premières notes, le générique de 'Friends' déclenche un réflexe pavlovien chez toute une génération, réminiscence d'après-midis entiers passés en pyjama à végéter devant un flot continu d'épisodes, un paquet de gâteaux à portée de main. « Chouette, un épisode de 'Friends' ! » Car la série se visionne et se revisionne à l'infini, elle s'apprend par cœur et fait partie du décor pour un bon nombre de gens. En dix saisons de très bonne qualité, 'Friends' a réussi son pari : faire de Ross, Rachel, Monica, Chandler, Phoebe et Joey des amis des téléspectateurs. La force du show, c'est d'avoir repris le concept de 'Seinfeld' (« a show about nothing ») en lui administrant une bonne dose de romance. Amitiés, amours, quotidien banal, 'Friends' ressemble davantage à la vraie vie que toutes les séries avant elles, mais la fantasme aussi beaucoup, la rend par bien des aspects idéale. Certains commentateurs ont vite interprété le succès de la série comme le symbole d'une génération qui privilégie les relations amicales aux amoureuses, plus fluctuantes et versatiles, et il est indéniable que la famille artificielle créée par les auteurs avec ces six amis a fait rêver plus d'un spectateur. Qui, à la suite de Chandler, Joey, Rachel et les autres, n'a pas rêvé en effet de s'installer en coloc avec ses meilleurs amis, ou de trouver des amis pour le faire ? Mieux encore : deux colocs, en face l'une de l'autre, sorte d'utopie idéale pour tous les jeunes adultes des années 1990.

Si la série de David Crane et Marta Kauffman révèle des trésors d'écriture et d'imagination, c'est d'abord l'alchimie entre les comédiens qui va engendrer la réussite planétaire du show. Les acteurs David Schwimmer et Matthew Perry vont notamment apporter à leurs personnages, l'un une fantaisie touchante, l'autre une quantité astronomique de vannes, Perry étant d'ailleurs réputé pour ses impros et ses blagues permanentes durant les tournages. Avec un tel casting sans aucune fausse note, les premiers reproches adressés à la série, qui serait une simple réplique de 'Seinfeld', vont vite disparaître au profit d'un concert de louanges. Contrairement à 'Seinfeld', dont les personnages sont soit neutres (Jerry), soit très caricaturaux (Kramer), ceux de 'Friends' poussent la force d'identification à son paroxysme. Force, mais également faiblesse par contrecoup, car les personnages deviennent au bout d'un moment prévisibles, si bien qu'une vanne de Chandler peut presque se deviner à l'avance. La forme désormais datée de la sitcom, avec rires préenregistrés, contribue à ce côté mécanique du rire, sans pour autant ruiner les effets comiques, toujours aussi pertinents. Et puis soyons clairs : 'How I Met Your Mother' a beau essayer très fort, elle ne remplacera jamais 'Friends'.

Pour qui : ceux qui aiment les bandes de potes et regarder la télé en pyjama.

Nombre de saisons : 10.

Le détail qui tue : Parmi les épisodes de 'Friends', "The One With The Jellyfish" fait partie des plus fameux. Pendant un séjour à la plage, Monica se fait piquer par une méduse. Joey propose alors d'appliquer une méthode qu'il a vue à la télévision, qui consiste à uriner sur la plaie. La suite est un grand moment de la série, avec cette réplique mythique : « If I had to, I'd pee on anyone of you. »

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'It's Always Sunny In Philadelphia' (4/10)

Voici probablement la série la plus féroce de toutes, la moins politiquement correcte et la plus irrévérencieuse. Dès le pilote tourné pour trois francs en caméscope numérique dégueulasse, les créateurs attaquaient fort en présentant un personnage qui annonce à son ami, de passage pour demander du sucre, qu'il est atteint du cancer. Après une courte conversation, l'ami repart en disant : « je peux quand même avoir le sucre ? ». Le ton est donné : humour noir, sujets sérieux tournés en dérision, amis sans pitié les uns avec les autres. Toute la série tient là, dans sa façon de n'accepter aucun compromis, aucun tabou, aucune censure, ce qui explique qu'elle soit diffusée sur la chaîne du câble FX. Petite sœur de la Fox, FX est désormais presque aussi réputée que HBO pour la qualité de ses séries (on peut citer 'The Shield' et 'Louie'), et 'It's Always Sunny In Philadelphia' y est pour beaucoup. Car si le show n'est pas très connu en France, où l'on préfère l'humour de sitcom à la 'Friends' et 'How I Met Your Mother', voire les séries geeks telles que 'Community' et 'Big Bang Theory', 'It's Always Sunny' fête aux Etats-Unis sa neuvième saison et son centième épisode sera diffusé le 9 octobre 2013.

En soi, le concept de la série, comme son titre d'ailleurs, ne dit rien sur son contenu : il s'agit d'une bande d'amis qui achètent un bar et le gèrent ensemble. En réalité, le bar sert uniquement de décor parmi d'autres et on ne voit quasiment jamais le « gang » travailler, sauf cas exceptionnel. Si 'Sunny' parvient autant à faire rire, c'est grâce à ses protagonistes ignobles, qui possèdent des personnalités bien distinctes mais toujours pathétiques : Mac est l'homme fort (ou presque), le macho fan d'arts martiaux et de films d'action, celui qui veut « défendre » la bande et s'assurer qu'ils sont en sécurité. Comme tout macho, il a quelques problèmes avec son homosexualité refoulée. Charlie représente le simplet, l'analphabète qui vit comme un semi-clochard et rêve d'écrire des comédies musicales. Dennis, lui, est un séducteur narcissique et manipulateur, certain d'être le plus beau et le plus intelligent. Sa sœur Dee est le bouc émissaire de tous les autres, une actrice ratée et une célibataire éternelle qui subit leurs quolibets permanents. Enfin, Frank (joué par Danny DeVito) est le père de Dennis et Dee, un escroc prêt à tous les coups pendables pour se faire un peu d'argent, même sur le dos de ses enfants, qu'il manipule dès que possible.

Filmée à deux caméras, la série repose beaucoup sur l'entente parfaite et l'improvisation entre les comédiens, qui ne s'interdisent aucune excentricité. Ce n'est pas un hasard si les seconds rôles apportent eux aussi un relief incroyable à la série, que ce soit Rickety Cricket, un ancien prêtre amoureux de Dee qui devient SDF, ou les frères McPoyles, des consanguins dégénérés toujours en conflit avec le gang. Malgré leur bêtise, leur cruauté et leur égoïsme, on s'éprend vite de ces personnages, lesquels réveillent les parts les plus sombres nichées dans les replis de notre conscience. Racisme, inceste, mégalomanie, intolérance, mesquinerie, mensonge, indifférence, nous sommes tous liés à eux par nos bassesses quotidiennes, nos pensées les plus secrètes et honteuses, que nous exorcisons en regardant la série. Avec 'It's Always Sunny In Philadelphia', la vertu cathartique du rire apparaît dans sa plus pure expression et, pour reprendre une expression de Pacôme Thiellement, celui-ci devient substitut à la guerre.

Sur cent épisodes, beaucoup sont devenus mythiques, difficile de savoir par où commencer. Un site américain a fait le travail en recensant les 25 meilleurs, un classement plutôt bien fait, alors n'hésitez pas à piocher parmi eux.

Pour qui : ceux qui pensent qu'on peut rire de tout et que le rire est amoral.

Nombre de saisons : 9, une dixième est programmée.

Le détail qui tue :
La série a été créée et produite par Rob McElhenney, Glenn Howerton et Charlie Day, acteurs interprétant Mac, Dennis et Charlie. Las d'attendre que l'industrie hollywoodienne leur propose des rôles intéressants, les trois amis ont décidé d'écrire eux-mêmes une série comique pour avoir une totale liberté de contrôle. Résultat, neuf saisons et un nombre de fans grandissant.

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'The Office' (5/10)

Sans aucun doute, David Brent est le personnage le plus pathétique de l'histoire de la télévision. Créé et incarné par le fantastique Ricky Gervais (le rôle lui vaudra d'ailleurs la récompense du meilleur acteur dans une série comique télévisée), ce manager d'une petite filiale d'une entreprise de papeterie représente le col blanc, l'employé de bureau avec un milligramme de pouvoir, dans toute sa splendeur. Imbu de lui-même, perclus de préjugés, persuadé d'être un bon boss proche de ses ouailles, drôle et ouvert, il symbolise en réalité la « banalité de la bêtise », pour détourner un concept d'Hannah Arendt, une forme évoluée de la stupidité. En prétendant lutter contre le racisme ou la misogynie, David Brent véhicule au contraire les pires stéréotypes sur le sujet. Sa volonté d'apparaître « cool » et détendu vis-à-vis du racisme, par exemple, le pousse à venir voir le seul métis de l'entreprise pour lui dire que son acteur préféré est « Monsieur Sidney Poitier ». S'il agit ainsi, c'est parce que David Brent vit dans un monde qui évolue plus vite que lui, qu'il ne comprend pas et au sein duquel il ne trouve pas sa place.

Ce néant social dans lequel le personnage se situe provoque chez le spectateur un malaise profond, qui peut rendre la série particulièrement glauque pour certains observateurs. Avec une art inégalé du regard-caméra (la série est tournée comme un documentaire), des fins de phrase à la tonalité descendante et des mimiques embarrassantes, Ricky Gervais fait de David Brent un être aussi touchant que grotesque, comme une scorie d'un vieux monde qui vit ses derniers soubresauts. L'entreprise de papeterie elle-même connaît les heurts de la mondialisation, puisqu'on y parle de restructuration et de licenciements, et que le bureau (« the office ») cristallise finalement toutes les enjeux de la société capitaliste : compétitions humaine, amoureuse, professionnelle... Très vite, cet open space se transforme en un atroce pénitencier qui vérifie l'adage « L'enfer, c'est les autres ». Si la série tourne essentiellement autour du tragi-comique David Brent, d'autres protagonistes lui donnent un aspect soit burlesque (l'abominable Gareth), soit plus empathique (Tim, seul personnage auquel le spectateur peut vraiment s'identifier), sans qu'aucun ne puisse voler la vedette au bureau tout puissant, cet espace où se joue tous les jours une comédie humaine pathétique.

La courte durée des épisodes et des saisons rend l'intrigue plutôt intense, de même que le principe des entretiens individuels face à la caméra brise la monotonie. Très libre, la mise en scène joue sur les silences, les détails, les zooms ou le second plan, une méthode qui laisse une grande liberté d'expression aux acteurs, qui jouent un rôle déterminant dans la réussite de la série. Adaptée plus tard aux Etats-Unis avec Steve Carrell dans le rôle principal, 'The Office' connaîtra là-bas un succès encore plus grand tout au long de ses neuf saisons. La version anglaise reste toutefois supérieure à sa cousine américaine, car elle n'est pas seulement une excellente sitcom, mais aussi une œuvre dérangeante et novatrice, où le rire laisse parfois un arrière-goût de tristesse et un spleen durable.

Pour qui :
ceux qui aiment l'humour noir et qui pensent que là où il y a de la gêne, il y a du plaisir.

Nombre de saisons : 2 + deux épisodes de Noël.

Le détail qui tue : une série avec pour générique la mythique chanson "Handbags and Gladrags" de Chris Farlowe et Mike d'Abo (réarrangée pour l'occasion) ne peut que se révéler une série de bon goût.

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'Curb Your Enthusiasm' (6/10)

Quand le co-créateur et scénariste principal de la mythique série 'Seinfeld', Larry David, se lance dans le projet d'une nouvelle sitcom dont l'histoire repose essentiellement sur lui, le pari est immense. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le comédien choisira le titre 'Curb Your Enthusiasm', qu'on pourrait traduire par « calme ta joie », une façon de modérer l'attente énorme des spectateurs. Programmée sur HBO à partir d'octobre 2000, la série va vite trouver son public et devenir culte, tout en se démarquant largement de 'Seinfeld'. Il faut dire que les temps ont changé et que la sitcom à l'ancienne commence à prendre un coup de vieux, en dépit de la réussite de 'How I Met Your Mother', par exemple. Avec Ricky Gervais, qui s'apprête alors à lancer son 'The Office' en Angleterre, Larry David fait partie de ceux qui vont dynamiter le genre en le rendant plus dynamique, spontané, intelligent. Tout d'abord, il reprend le concept d'autofiction déjà présent dans 'Seinfeld', avec un personnage principal qui joue son propre rôle à l'écran. Puis il place l'improvisation au centre de la série, ce qui donne un aspect très décontracté, quasi documentaire, à l'ensemble. C'est aussi pour ça que la série peut sembler très bavarde au premier abord, un peu dans la veine des films de Woody Allen et plus largement d'un humour juif teinté d'autodérision et de fatalisme. Enfin, l'action ne se situe pas dans des décors, mais dans de véritables rues, de vraies maisons, d'authentiques paysages.

Ces simples modifications vont en réalité bouleverser la perception du spectateur, qui assiste en direct à la vie de Larry David dans ce qu'elle a de plus banal. Car la grande force de 'Curb Your Enthusiasm', c'est de mettre en lumière toutes les infimes lois sociales non dites qui organisent notre quotidien pour le pire et pour le meilleur. Avec son œil de faucon, le comédien et scénariste ne laisse aucun détail prouvant l'absurdité de notre condition humaine échapper à sa vigilance, que ce soit la courtoisie avec laquelle on présente ses excuses (ne faites pas ça la bouche pleine) ou les règles de bienséance qui président à la réception d'un dîner. Parce qu'il remet toujours en cause la pertinence de ces règles, Larry David se retrouve au final dans des situations insensées, mais hilarantes. A cet égard, le premier épisode préfigure déjà le style Larry David, où l'on peut disserter pendant de longues minutes sur une chose aussi bénigne que le pli d'un pantalon qui fait croire à une érection. A côté de ça, une nuit entière ne suffirait pas à raconter les meilleurs passages de la série, à évoquer la manie qu'a Larry de dessiner des moustaches d'Hitler un peu partout, sa hantise du principe des pourboires, sa façon de scruter le regard des gens pour savoir s'ils mentent... Un exemple vaut mieux qu'un long discours, alors on vous invite à regarder ce montage de scènes où Larry rencontre un enfant vraiment très efféminé (attention, c'est perturbant).

Pour qui : tous ceux qui aiment se plaindre, et qui sont exaspérés par les contraintes absurdes de la vie en société.

Nombre de saisons : 8. Une neuvième pourrait voir le jour.

Le détail qui tue : Larry David ne cesse d'inviter de prestigieux guests dans la série, comme les acteurs de 'Seinfeld', mais aussi Ricky Gervais, David Schwimmer (de 'Friends'), le basketteur Shaquille O'Neal, Ben Stiller, Martin Scorsese, Dustin Hoffman... Atteint de la maladie de Parkinson, Michael J. Fox fait quant à lui une apparition toute en autodérision, puisque Larry essaye de savoir si ses hochements de tête sont des mouvements d'humeur en forme de reproche ou de simples tics dus à Parkinson. Pour finir, Michael J. Fox tend un coca à Larry en tremblant, ce qui provoque l'explosion du liquide à son ouverture. Trempé, Larry hurle et se tourne vers l'acteur : « Tu l'as fait exprès ?! »

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'Spaced' (7/10)

Avant de réaliser le génial 'Scott Pilgrim' ou le récent 'Dernier Pub avant la fin du monde', Edgar Wright a créé en 1999 la série culte 'Spaced', dans laquelle il a entamé sa collaboration avec les acteurs Simon Pegg et Nick Frost. En deux minuscules saisons d'à peine sept épisodes chacune, le cinéaste a ouvert la voie à une nouvelle manière de concevoir l'humour à la télévision, un chemin qu'une autre série britannique, 'The Office', va emprunter pour révolutionner définitivement le genre. En germe, il y a dans 'Spaced' tous les ingrédients qui constitueront ensuite le cinéma d'Edgar Wright : les allusions geek ('Star Wars', les comics, la SF, les jeux vidéo...), des acteurs référents (Simon Pegg et Nick Frost, mais pas seulement), une mise en scène survoltée, où la caméra bouge vite, les idées originales fusent et les parodies stylistiques sont légion. Enfin, il faut ajouter à tout cela un humour autant visuel que fondé sur les punchlines, qui s'inscrit dans la lignée de la dérision anglaise, sans pour autant verser dans l'humour noir féroce d'un Ricky Gervais, par exemple. Dans 'Spaced', les situations se révèlent toujours légères, même si on parle d'une rupture amoureuse, d'un chien dognappé ou d'un licenciement. Un univers qui est encore celui de l'adolescence, avec son oisiveté, ses rêveries et son refus des responsabilités. La tristesse, la mort, la violence, sont réduits à des jeux d'enfants, comme dans la séquence mythique où Pegg et Frost jouent au paintball et recréent une scène de film de guerre. Moins grand public que d'autres séries comiques, 'Spaced' mérite qu'on s'y attarde pour son atmosphère « bricolée », ses références permanentes, et la liberté d'écriture visuelle que l'équipe de tournage déploie durant ces quatorze épisodes de bonne humeur garantie.

Pour qui : Les geeks y trouveront sans doute là leur série absolue, mais les non-geeks se régaleront tout autant.

Nombre de saisons : 2.

La punchline du premier épisode qui met dans le bain : Tim et Daisy font semblant d'être en couple afin d'obtenir la location d'un appartement réservé à ceux-ci. Lors d'un apéro avec Marsha la logeuse et leur voisin Brian, ce dernier leur demande depuis quand ils sortent ensemble. La réponse a bien été rôdée par le couple, qui lance en chœur : « cinq ans, huit mois, trois jours ». Mais Marsha remarque que c'est la réponse qu'ils lui ont donnée « il y a deux jours ». Tim explique alors qu'ils n'ont pas choisi la même date anniversaire : pour Daisy, c'est la date du premier baiser, pour lui, c'est celle du premier rapport sexuel. « C'est l'anniversaire de qui aujourd'hui ? » demande Marsha. « Daisy » annonce tranquillement Tim. Et Brian d'enchaîner cette phrase merveilleuse : « So you had sex, before you kissed. »

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'Arrested Development' (8/10)

En trois saisons à peine (plus une quatrième tardive réalisée sous la pression des fans), 'Arrested Development' s'est imposée comme l'une des meilleures séries humoristiques, un modèle de finesse d'écriture et une pépinière d'acteurs brillants, sans pour autant rencontrer un succès populaire durable. Loin des sitcoms de facture classique, la série propose à la fois un univers original en matière de réalisation - inspiré de 'The Office' et son aspect documentariste, qui autorise des zooms improbables, une voix off et des plans dynamiques où la caméra se cache, cherche l'action au second plan, etc. - et une galerie de personnages pléthorique. Là où beaucoup de scénaristes auraient peiné à rendre intéressante une telle quantité de personnages, ceux de 'Arrested Development' les présente en un seul épisode (le plus laborieux, mais nécessaire), avant de les rendre tous sans exception totalement géniaux au fil de l'histoire.

Celle-ci raconte la vie de Michael Bluth, qui doit gérer l'entreprise de son père emprisonné pour un nombre de fraudes incalculable et maintenir la famille soudée pendant cette incarcération, une tâche qui va s'avérer impossible. C'est donc la famille qui est au cœur de l'intrigue, mais une famille lâche, égoïste, pathétique, véritable anthologie de tous les défauts et toutes les tares imaginables. A chaque épisode, une série de questionnements éthiques surgit (peut-on coucher avec la copine de son frère, peut-on tomber amoureux de sa cousine...) face auxquels les protagonistes cherchent à accomplir « la chose juste » (« the right thing »), avec pour règle suprême de toujours privilégier la famille. Au final, ce code se révèle une pure hypocrisie qui entraîne chacun dans les pires décisions en termes de morale, ce que la série elle-même met symboliquement en exergue dans un épisode où Michael parle à son fils George-Michael, interprété par le fabuleux Michael Cera, future icône de la comédie indépendante. Ce dernier lui confie « c'est si compliqué de savoir quel est le bon choix à faire » et son père réplique « je sais,  ce n'est pas comme si une liste de règles se trouvait juste au-dessus de nos têtes », tandis que pour une certaine raison, une grue est en train d'élever une statue des dix commandements juste au-dessus d'eux.

Ainsi 'Arrested Development' se moque-t-elle en permanence du moralisme familial des séries américaines, à travers une densité de situations comiques et de gags plutôt rare à un tel niveau. La caméra bouge, les vannes fusent et les événements hilarants s'enchaînent dans une logique remarquable. Tel événement comique servira par exemple très souvent à amener un autre gag à un futur moment de l'épisode, voire de la série, qui est remplie d'autoréférences délectables : le syndrome du « never nude » dont est affligé Tobias Fünke, le mari de Lindsay Bluth, soit une incapacité pathologique à se montrer nu, ce qui l'oblige à porter un atroce short en jean sous ses vêtements ; l'homosexualité refoulée de ce même Tobias, transparaissant derrière chacune de ses paroles ou de ses actes ; les tours de magie navrants de GOB, frère et rival jaloux de Michael ; les sentiments incestueux qui tourmentent George-Michael en pleine adolescence, amoureux de sa cousine Maeby et désireux d'y échapper autant que d'y céder ; les problèmes œdipiens du troisième frère, Buster (un cerveau d'enfant dans un corps d'adulte), avec sa mère ; ou encore les cruelles manipulations de cette mère, Lucille, ne cessant de jouer avec les jalousies des uns et des autres pour mieux régner sur la famille. Tout ou presque est absurde, rien n'est gratuit, et le show retombe toujours sur ses pieds.

Pour qui : ceux qui pensent qu'ils ont la famille la plus dingue jamais vue.

Nombre de saisons : 3 + 1 réalisée sept ans plus tard et diffusée sur Netflix, une plate-forme de streaming payante sur le web.

Le détail qui tue : Le casting, parfait. De Michael Cera à Jason Bateman, les plus connus, en passant par Will Arnett dans le rôle de GOB, David Cross dans celui de Tobias, Jessica Walter pour Lucille ou encore Tony Hale avec Buster.

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'Louie' (9/10)

Louis CK est probablement l'un des deux ou trois comiques les plus drôles en activité sur la planète. Après une première tentative de série intitulée 'Lucky Louie' lancée en 2006 puis rapidement avortée, le succès de ses deux fabuleux spectacles 'Shameless' et 'Chewed Up' lui ont permis de relancer en 2009 une nouvelle sitcom sur FX, excellente chaîne du câble américain. A la manière de la série 'Seinfeld', le comédien part de son propre personnage pour développer des histoires réalistes qui partent en vrille, régulièrement entrecoupées par des extraits de ses stand-up au Comedy Cellar, un club new-yorkais réputé.

Si les deux méthodes sont complémentaires (les sujets se recoupent parfois ou rebondissent les uns sur les autres), elles contrastent en revanche beaucoup dans la forme, puisque les séquences de stand-up sont immédiatement hilarantes, efficaces, percutantes et portées par le charisme de l'acteur et de sa grosse voix, alors que les séquences plus traditionnelles développent les intrigues avec plus de profondeur, voire une certaine solennité qui suscite un rire moins franc. Louis CK élabore ainsi des longs passages sérieux qui en réalité préparent le terrain pour un gag subtil, idiot ou dérangeant, comme lorsque la sœur de Louie est enceinte jusqu'au cou et qu'elle se tord de douleur, prête à accoucher alors qu'elle dort chez lui. Après de longues minutes presque angoissantes de panique, de doutes et d'entraide avec ses voisins, la sœur accouche bien à l'hôpital, mais d'un long pet salvateur.

Globalement, Louie raconte l'histoire d'un homme de 42 ans, divorcé, père de deux petites filles, qui cherche à reconstruire sa vie sociale. En vain. Immanquablement, chacune de ses « dates » (les célèbres rendez-vous galants à l'américaine) échoue en deux minutes chrono pour une raison stupide et inattendue. Outre les relations avec les femmes, Louis CK ne s'interdit aucun sujet et franchit allégrement les limites du politiquement correct. C'est pour ça qu'on l'aime : il parle avec une franchise désarmante de sexe, de racisme, de religion, d'homosexualité, de ses enfants, des adultes qu'il rencontre. Comme souvent chez les comiques américains, les mots sont crus, l'humeur méchante et le rire si honteux qu'il en devient puissamment libérateur.

Pour qui : ceux qui pensent qu'on peut rire de tout.

Nombre de saisons : 3 (en cours).

Le détail qu'on aime : les interventions du génial Ricky Gervais en médecin farceur, qui passe son temps à faire croire à Louie qu'il est gravement malade. « Tes analyses sanguines montrent que tu as peut-être... (suspense) un cas de gros-porc-roux-ite. Non, tu as le sida, mais ne t'inquiète pas, le cancer va tuer le sida avant. »

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'Party Down' (10/10)

Série plutôt confidentielle et malheureusement arrêtée faute d'audience après la saison 2, 'Party Down' dégage un charme et une intelligence rares qui font qu'on regrette amèrement son absence. En effet, le concept presque minimaliste de la série est compensé par une ingéniosité scénaristique qui s'affirme au fil des épisodes. Si les premiers se contentent de présenter les personnages, des acteurs losers qui arrondissent leurs fins de mois en bossant pour une entreprise de traiteurs, il est rapidement évident que les auteurs ont plus d'une corde à leur arc, capables de faire juste sourire, carrément rire, ou de maintenir un suspense amoureux tout au long des vingt épisodes qui composent les deux saisons.

Car 'Party Down' est également une comédie romantique, une histoire d'amour à rebondissements entre le cool et flegmatique Henry (Adam Scott) et la jolie Casey (jouée par la délicieuse Lizzy Caplan). Côté humour, le rôle le plus hilarant est sans conteste celui de Ron Donald, dévolu au sosie de John Travolta, aka Ken Marino. Doté d'un pénis de porn star (s01e05) et d'un don pour se mettre dans des situations humiliantes, Ron ne rêve que d'ouvrir une chaîne de restaurants Soup 'R Crackers mais s'enfonce en réalité dans la mouise dès qu'il peut, pour notre plus grand plaisir pervers. Il faut le voir en train de se décomposer à chaque fois qu'il se retrouve victime d'un quiproquo, juste capable de répéter « No, no, no, no ». Les autres rôles, presque à égalité de traitement, sont tout aussi bien écrits, de quoi s'attacher à eux en quelques minutes à peine.

Pour qui : ceux qui veulent voir une série quasi inconnue et pourtant fine, étonnante et drôle.

Nombre de saisons : 2.

Meilleur personnage : Ron Donald, joué par l'excellent Ken Marino et son faux air de Travolta, le team leader à la fois pathétique et touchant.

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