Deux expériences Airbnb exclusives signées Loïc Prigent et Bilal Hamdad à Art Basel Paris
© Gérard Schachmes
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Les expositions à voir en ce moment à Paris : toutes les critiques de Time Out Paris

Peinture, photo, art contemporain ou expositions événement : Time Out Paris passe au crible toutes les expos à voir en ce moment dans la capitale. Nos critiques, nos coups de cœur et nos avis tranchés pour savoir lesquelles méritent le déplacement.

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  • Art
  • Champs-Elysées
  • 4 sur 5 étoiles
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Pour cette première grande monographie française consacrée à Leandro Erlich, le Grand Palais aligne 14 installations monumentales, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Peuplé de nuages en vitrine, d’escaliers sans fin et de fenêtres volantes, le parcours, intégré à la programmation du Grand Palais d’Été, est pensé comme une succession d’épreuves ludiques que l’on découvre dans la légèreté et dans les rires. Et pour avoir bourlingué à travers pas mal de galeries, on vous assure que c’est assez rare pour être souligné. Le Grand Palais, qui trône habituellement si fièrement sur sa belle avenue, devient une machine à dérégler les certitudes. Ici, on ne regarde pas l’art : on se vautre dedans, on y trébuche avec élégance, et on se met à douter de la gravité – et de notre pouvoir d’attraction. Bâtiment, star incontestée du casting, résume bien l’affaire. Nous voilà en train de grimper une façade haussmannienne posée à l’horizontale, comme si la capitale tout entière avait glissé sur une peau de banane. Plus loin, les bassins illusionnistes transforment les visiteurs en nageurs de surface, penchés au-dessus d’un vide sec avec la même perplexité que face à une notice IKEA. C’est drôle, spectaculaire, immédiatement lisible. Et ça a ses limites. L’expo assume une forme de clarté presque trop parfaite, où chaque illusion est démontée en même temps qu’elle est montrée. C’est propre, fluide, ça fait des super photos Instagram. Mais qu’est-ce qui résiste, une fois notre...
  • Art
  • Champs-Elysées
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
En France, son nom évoque plus un mot de passe wi-fi qu’un grand artiste. En Hongrie, Károly Ferenczy est pourtant une star dans sa catégorie, considéré comme le père de la modernité picturale nationale. Cette première rétrospective française a donc quelque chose de l’ordre du rattrapage historique. Le parcours, dense sans être indigeste, déroule près de 140 œuvres racontant les métamorphoses d’un peintre qui a tout testé, sans jamais se laisser enfermer. Naturaliste, symboliste, impressionniste ? Ferenczy est tout ça à la fois, et plus encore. Il change de peau sans changer d’obsession : saisir la lumière et ce qu’elle révèle des êtres. Et quelle lumière ! Avec Ferenczy, le soleil n’éclaire pas les tableaux : il leur donne vie. Les paysages de Nagybánya, les scènes de baignade, les autoportraits ou les portraits familiaux dégagent tous cette même chaleur intimiste, cette même délicatesse teintée d’une lumière plus vibrante que celle d’Hopper, moins menaçante que chez ses potes flamands, avec des accents presque mystiques. Mais la vraie surprise réside dans ses nus tardifs. Il y a du Caillebotte, il y a du Vallotton chez Ferenczy, qui peint les corps comme il peint les paysages, avec la même attention aux tressaillements de la lumière, avec la même fragilité des instants. Les silhouettes pâles, féminines comme masculines, émergent de fonds colorés, presque monochromes, grâce à un trait d’une grande précision. Ce sens de la ligne contraste délicieusement avec la nonchalance...
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  • 7e arrondissement
  • 4 sur 5 étoiles
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Versace est l’un des noms les plus célèbres de la mode. Mais les plus jeunes et les non-initiés connaissent encore mal les origines du style flamboyant, immédiatement reconnaissable, de son fondateur, désormais entré dans la pop culture. C’est ce que l’on constate en visitant Gianni Versace Retrospective, présentée à partir du 5 juin au musée Maillol, à Paris, après plusieurs étapes européennes depuis 2017. Repensée avec des prêts inédits, l’exposition explore notamment le lien entre Gianni Versace et la capitale, où il présenta ses collections Atelier Versace dès 1990. Avec près de 450 pièces – silhouettes, accessoires, croquis, objets, photos et vidéos –, cette première grande rétrospective française depuis 1986 embrasse large. Parfois trop, au risque de noyer certaines pièces dans l’abondance. Pas toujours assez, aussi, pour les plus férus de mode en quête de détails techniques. Plutôt qu’un parcours chronologique, l’exposition choisit une scénographie inspirée des podiums, organisée autour de grands thèmes : création, inspirations, collections clés, personnalités habillées par Versace. Un parti pris défendable, souvent spectaculaire, mais foisonnant, parfois au bord de la saturation. On conseillera donc au visiteur curieux de se munir de l’audioguide, gratuit, non parce que le parcours serait illisible sans lui, mais parce qu’il ajoute une strate d’explications, aide à mieux comprendre certains choix et, surtout, à ralentir face aux pièces. C’est là que l’exposition...
  • Art
  • Graffiti
  • Jaurès
  • 4 sur 5 étoiles
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Tout est dans le titre. C’est bien dans un espace « au-delà des rues » que Roger Gastman, collectionneur, auteur et marchand d’art américain de 49 ans, a voulu présenter son énorme expo itinérante qui, après Londres, Los Angeles ou Shanghai, vient réjouir les amateurs de street art à Paris. Plus de 3500 m² sous la Grande Halle de la Villette garnis d’installations immersives façon décors de ciné pour présenter une centaine de grands noms de ce mouvement né de la rue, la rage et le dénuement. Si vous êtes un fan, vous allez vous régaler avec une sacrée collection de légendes – tous au moins quinquagénaires maintenant – comme Futura 2000, JonOne, Fab 5 Freddy, Taki 183, Shepard Fairey, Fafi ou Invader, qui ont créé des œuvres spécifiquement pour l’expo. Les vitrines débordent d’objets mythiques (coupure de presse des années 70, cahier de brouillon de Bode, photos James Prigoff, matos des Beastie Boys, incroyables tenues de Dapper Dan…). Les installations hypercolorées (le magasin de marionnettes de Phil Insect, la Cosmic Cavern fluo de Kenny Scharf, la chenille canapé d’André) vont ravir les enfants. C’est sans doute la grande qualité de cette expo : réunir les générations autour d’un art accessible et permettre aux parents rangés des retournements de rames, de raconter à leur descendance comment ils ont acheté une bombe de peinture chez Ticaret en 1992. Si vous êtes néophyte de la culture hip-hop, en revanche vous ne ressortirez pas de là beaucoup plus avancé sur l’art de...
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  • Art
  • 16e arrondissement
  • 5 sur 5 étoiles
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À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste. Face à l’immense Rouge triomphant dans le hall d’entrée, l’évidence saute aux yeux : il n’y avait pas meilleur lieu pour accueillir l'œuvre de Calder. On passe assez vite les premières salles, témoins de ses balbutiements dans la peinture – intéressant, pas passionnant –, puis le fil (de fer) nous conduit vers ce qui deviendra son domaine de prédilection, la sculpture. L’invention de son “Cirque Calder” dès les années 1920 atteste de sa créativité, mais surtout de son avant-gardisme. Ménagerie bricolée de bouts de ficelle et d’imagination pure, l’ensemble présente tout à la fois un artiste, un ingénieur, un clown et un démiurge. Tout est déjà là, du goût du déséquilibre au désir de réhabilitation de matériaux pauvres en passant par l’étude des ombres et cette fameuse obsession du geste, qui fait basculer sa sculpture du côté de la performance.  Le cirque laisse ensuite place à l’abstraction. Après le choc Mondrian, Alexander Calder lâche les figures pour mieux attraper l’invisible. Les mobiles entrent en scène, et avec...
  • Art
  • Chaillot
  • 5 sur 5 étoiles
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Artiste presque oubliée à sa mort en 1977, Lee Miller a retrouvé une seconde vie ces dernières années : expositions au début des années 2000, biopic sorti fin 2024, et surtout le travail patient de son fils et de sa petite-fille, qui gèrent les Lee Miller Archives — 60 000 photographies et négatifs exhumés du grenier de Farley Farm, sa résidence du Sussex. C'est d'ailleurs en lien avec ces archives familiales qu'a été organisée la grande rétrospective de la Tate Britain en 2025, la plus ambitieuse jamais consacrée à l'artiste, et l'exposition photo la plus fréquentée de toute l'histoire de la Tate. Elle traverse aujourd'hui la Manche pour s'installer au Musée d'Art Moderne de Paris jusqu'au 2 août, avec quelques ajouts pour rendre compte de l'attachement de Lee Miller à la ville. Dès l'entrée, un grand visuel mural la montre en pleine séance photo devant le parvis du MAM. Long mais sans temps mort, le parcours (environ 250 tirages, extraits multimédia et publications d'époque) retrace une vie commencée devant l'objectif, comme mannequin pour les grands magazines américains, avant que Lee Miller ne prenne elle-même la caméra en main pour ne plus jamais la lâcher. Plutôt qu'une hagiographie, l'exposition permet avant tout de prendre la mesure du talent de Lee Miller à travers un choix d'images saisissantes et richement expliquées. Initiée à la photographie par son père puis par Man Ray (qui contribuera aussi à son invisibilisation), elle découvre avec lui la solarisation et...
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  • Champs-Elysées
  • 5 sur 5 étoiles
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_*]:min-w-0 gap-3"> Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé autant de chefs-d'œuvre de cette dernière décennie de la vie de l'artiste, faisant cohabiter L'Escargot avec La Gerbe, les Acanthes ou encore Zulma, grâce notamment à des prêts d'exception qui prouvent que, même lorsque l'on croit avoir déjà tout vu de Matisse, le mec cache encore quelques secrets. _*]:min-w-0 gap-3"> En se concentrant sur les treize dernières années de la vie de Matisse, l'exposition raconte l'histoire du deuil heureux de la peinture à l'huile, mais aussi d'une renaissance, survenue à l'âge de 72 ans. Cloué au lit, Matisse invente un espace sans gravité, un jardin intérieur couché sur le papier. Côté scéno', c'est très beau. On lui promettait le noir à jamais, lui s'est tourné vers la couleur. Éclatante, vibrante, elle est systématiquement magnifiée par un éclairage qui...
  • Art
  • 7e arrondissement
  • 5 sur 5 étoiles
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Exposition itinérante née au Victoria and Albert Museum de Londres en 2022, Africa Fashion a depuis traversé New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal avant de poser ses valises à Paris. Un passage peut-être symbolique dans la capitale mondiale de la mode, où la création africaine peine encore à s'imposer à la hauteur de son talent. L'exposition entend y remédier en offrant un panorama généreux d'une scène bouillonnante, aussi diverse qu'inventive. C'est bien la sensation que donne cette exposition-fleuve, triple en quelque sorte. L'exposition originale du V&A retrace l'émergence de la mode africaine depuis les indépendances des années 1950 jusqu'aux propositions les plus actuelles. Elle s'enrichit, grâce aux collections du musée du quai Branly, d'un regard chronologique sur la photographie africaine et son rapport au vêtement, ainsi que d'une section finale consacrée aux traditions textiles du continent. Des ajouts qui renforcent la profondeur d'un sujet loin d'être superficiel, tout comme la façon de le traiter. L'attention au détail se manifeste jusque dans la conception des mannequins, plus incarnés qu'à l'accoutumée, mais aussi dans la production d'interviews vidéo et d'un shooting photo signé par le styliste Ib Kamara. Plus qu'un panorama des créations africaines, l'exposition donne à saisir l'étendue et l'importance de la mode sur le continent et invite, au passage, à repenser notre propre rapport au vêtement : autant qu'ailleurs, sinon plus, le textile y...
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  • Les Halles
  • 4 sur 5 étoiles
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Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne. Immédiatement, notre regard est happé par la magnifique rotonde et l'immense écran qui l'habite, diffusant en boucle le film Camata de Pierre Huyghe. Tourné dans le désert d'Atacama, au Chili, il met en scène une sorte d'archéologie funéraire 2.0, où des robots s'affairent autour d'un squelette. Le ton est donné : ici, on ne va pas beaucoup se marrer. Plus que le contraste caravagesque, les thèmes véritables se dévoilent : la disparition, l'absence, la mort. Des peintures et des dessins du surréaliste Yves Tanguy (qu'on se réjouit de voir enfin présenté dans une institution d'envergure) aux travaux d'Alina Szapocznikow, le parcours déroule une procession d'œuvres où le corps n'est jamais très rassuré d'être là. Fragmenté, spectral, parfois carrément en pièces détachées, il hante les salles comme une mauvaise conscience esthétique. De Bruce Nauman à Robert Gober, l'humain...
  • Art
  • Chaillot
  • 4 sur 5 étoiles
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