Deux expériences Airbnb exclusives signées Loïc Prigent et Bilal Hamdad à Art Basel Paris
© Gérard Schachmes
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Les expositions à voir en ce moment à Paris : toutes les critiques de Time Out Paris

Peinture, photo, art contemporain ou expositions événement : Time Out Paris passe au crible toutes les expos à voir en ce moment dans la capitale. Nos critiques, nos coups de cœur et nos avis tranchés pour savoir lesquelles méritent le déplacement.

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  • Art
  • Bel-Air
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
À l'heure où l'extrême droite tutoie les sommets, où le mot “wokisme” est dégainé plus vite qu’un brassard de contrôleur RATP sur les plateaux télé, l’exposition Aux origines, Regards croisés sur le racisme et les discriminations tombe à pic. Et quoi de plus ironique que de démonter cette mécanique au Palais de la Porte Dorée, ancien Palais des Colonies ? Repenti, celui que l’on nomme désormais musée de l’Histoire de l’immigration accueille une expo essentielle qui n'a rien du tribunal ni du cours magistral, grâce à un parcours thématique brillant autour du regard. Celui qui découpe le monde en cases, qui colle des étiquettes, et que 43 artistes de 20 nationalités prennent un malin plaisir à disséquer. Ayant bien compris qu’aujourd’hui, il ne suffit plus d’émouvoir, l'expo sort l'artillerie lourde et fait dialoguer les œuvres avec les sciences sociales. Ici, un néon d'Emeka Ogboh recrache le sinistre “Quand il y en a un, ça va…”. Là, Bouchra Khalili rend justice aux travailleurs immigrés. Plus loin, la merveilleuse Sara Sadik trolle les fantasmes sur les quartiers populaires avec plus de finesse que vingt éditos de CNews. Et entre deux œuvres tombent les chiffres. Un nom maghrébin ? Un tiers de chances en moins d'être rappelé par un employeur. Un jeune perçu comme noir ou arabe a quatre fois plus de probabilités d’être contrôlé par la police. Une agence immobilière sur deux joue les videurs ethniques. Ici, les statistiques ne sont plus des chiffres nébuleux, mais les...
  • Art
  • 15 arrondissement
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Présentée pour la première fois en 2012 à Paris, l’exposition Toutankhamon : son tombeau et ses trésors revient du 3 juillet au 6 septembre 2026 à Paris Expo - Porte de Versailles après avoir sillonné les grandes villes du monde entier et dépassé la barre des 7 millions de visiteurs, témoignant d’une fascination impérissable pour l’Égypte ancienne.  C’est particulièrement le cas en France où, il y a 14 ans, plus de 250 000 visiteurs étaient venus découvrir et revivre l’histoire d’une des plus grandes découvertes archéologiques. Le 4 novembre 1922 – au bout de cinq années de recherches et 100 ans après le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens par Champollion –, le Britannique Howard Carter trouve un tombeau scellé depuis 3300 ans, celui de Toutankhamon. Un pharaon qui a failli tomber dans l’oubli, tout comme l’incroyable trésor de plusieurs milliers d’objets miraculeusement préservés. Si la plupart sont conservés au Caire, l’exposition propose de découvrir 1 000 répliques, réalisées par des artisans égyptiens, dans les mêmes conditions que Howard Carter au sein d’une reconstitution du tombeau caché dans la vallée des Rois.  On aurait évidemment préféré voir les objets originaux en or massif et pierres précieuses, mais on se laisse prendre au jeu dans les décors d’une aventure façon Indiana Jones, qui est introduite par un docu-fiction après une mise en contexte digne des meilleurs cours d’histoire-géo. Cette version augmentée de l’expo se conclut par une expérience en...
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  • Art
  • Le Marais
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La première rétrospective consacrée par la Maison européenne de la photographie à Camille Vivier est probablement le meilleur plan pour se mettre à l’ombre cet été dans ce Paris sous canicule. Au dernier étage de l’ancien hôtel particulier, l’exposition fait dialoguer corps et objets à travers un parcours thématique qui refuse l’organisation millimétrée d’un CV pour faire parler toute une carrière.  Construite à partir d’une centaine d’œuvres allant du Polaroid au tirage XXL, la monographie mélange commandes éditoriales, séries personnelles, portraits, natures mortes et images quasi fantastiques. Elle fait surtout la part belle aux corps féminins, dans des représentations nourries par les influences multiples de Camille Vivier, qui n’hésite pas à questionner les normes de beauté et la hiérarchie des goûts. Intéressant pour une artiste qui a fait ses armes dans les magazines de mode ! Car si la photo de mode a longtemps fabriqué des silhouettes standardisées, la Française, elle, préfère les corps qui débordent du cadre. Et c’est ce qui fait tout son charme.   Une féminité au pluriel Les culturistes Sophie, Deborah ou Tjiki traversent ainsi plusieurs salles comme des héroïnes récurrentes, muses des temps modernes dont les corps deviennent une matière plastique à part entière. Les biceps sculpturaux répondent aux courbes d'un vase, les épaules massives à l'architecture d'un décor. Le muscle n'est ni performance ni provocation, mais prétexte à une poésie visuelle inédite. Sans...
  • Art
  • Le Marais
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Il aura fallu que Kendrick Lamar reproduise certains de ses tableaux sur la scène du Lollapalooza Paris 2023 pour que le nom de Henry Taylor traverse enfin l’Atlantique. Trois ans plus tard, le musée Picasso offre sa première rétrospective française à un peintre qui n’a jamais caché son admiration pour le plus célèbre des cubistes. Une consécration européenne beaucoup trop tardive qui s’inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des grands artistes afro-américains. Rappelez-vous : on a vu Faith Ringgold s’épanouir sur les mêmes cimaises, ou David Hammons squatter la Bourse de Commerce. Aujourd’hui, c’est à Henry Taylor d’écrire l'un des chapitres les plus passionnants de la (re)découverte de ce corpus par le public français.  La centaine d'œuvres déployée sur deux étages navigue entre peintures d'histoire, installations énigmatiques, chroniques sociales et récits intimes. Violences policières, mémoire afro-américaine, inégalités raciales… Tout est là, mais jamais sous forme de slogan. Henry Taylor préfère raconter plutôt que démontrer. Une méthode devenue presque subversive à une époque où tout le monde semble vouloir transformer l'art en tribune – ou la tribune en art. Car Henry Taylor ne peint pas l’Amérique. Il peint les gens qui la traversent. Pour l’occasion, le Californien déploie une collection immense, allant des premiers essais sur des paquets de clopes aux portraits XXL dans lesquels Martin Luther King, Jay-Z, le voisin qui organise le barbeuc du...
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  • Art
  • Champs-Elysées
  • 4 sur 5 étoiles
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Pour cette première grande monographie française consacrée à Leandro Erlich, le Grand Palais aligne 14 installations monumentales, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Peuplé de nuages en vitrine, d’escaliers sans fin et de fenêtres volantes, le parcours, intégré à la programmation du Grand Palais d’Été, est pensé comme une succession d’épreuves ludiques que l’on découvre dans la légèreté et dans les rires. Et pour avoir bourlingué à travers pas mal de galeries, on vous assure que c’est assez rare pour être souligné. Le Grand Palais, qui trône habituellement si fièrement sur sa belle avenue, devient une machine à dérégler les certitudes. Ici, on ne regarde pas l’art : on se vautre dedans, on y trébuche avec élégance, et on se met à douter de la gravité – et de notre pouvoir d’attraction. Bâtiment, star incontestée du casting, résume bien l’affaire. Nous voilà en train de grimper une façade haussmannienne posée à l’horizontale, comme si la capitale tout entière avait glissé sur une peau de banane. Plus loin, les bassins illusionnistes transforment les visiteurs en nageurs de surface, penchés au-dessus d’un vide sec avec la même perplexité que face à une notice IKEA. C’est drôle, spectaculaire, immédiatement lisible. Et ça a ses limites. L’expo assume une forme de clarté presque trop parfaite, où chaque illusion est démontée en même temps qu’elle est montrée. C’est propre, fluide, ça fait des super photos Instagram. Mais qu’est-ce qui résiste, une fois notre...
  • Art
  • Champs-Elysées
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
En France, son nom évoque plus un mot de passe wi-fi qu’un grand artiste. En Hongrie, Károly Ferenczy est pourtant une star dans sa catégorie, considéré comme le père de la modernité picturale nationale. Cette première rétrospective française a donc quelque chose de l’ordre du rattrapage historique. Le parcours, dense sans être indigeste, déroule près de 140 œuvres racontant les métamorphoses d’un peintre qui a tout testé, sans jamais se laisser enfermer. Naturaliste, symboliste, impressionniste ? Ferenczy est tout ça à la fois, et plus encore. Il change de peau sans changer d’obsession : saisir la lumière et ce qu’elle révèle des êtres. Et quelle lumière ! Avec Ferenczy, le soleil n’éclaire pas les tableaux : il leur donne vie. Les paysages de Nagybánya, les scènes de baignade, les autoportraits ou les portraits familiaux dégagent tous cette même chaleur intimiste, cette même délicatesse teintée d’une lumière plus vibrante que celle d’Hopper, moins menaçante que chez ses potes flamands, avec des accents presque mystiques. Mais la vraie surprise réside dans ses nus tardifs. Il y a du Caillebotte, il y a du Vallotton chez Ferenczy, qui peint les corps comme il peint les paysages, avec la même attention aux tressaillements de la lumière, avec la même fragilité des instants. Les silhouettes pâles, féminines comme masculines, émergent de fonds colorés, presque monochromes, grâce à un trait d’une grande précision. Ce sens de la ligne contraste délicieusement avec la nonchalance...
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  • Art
  • 7e arrondissement
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Versace est l’un des noms les plus célèbres de la mode. Mais les plus jeunes et les non-initiés connaissent encore mal les origines du style flamboyant, immédiatement reconnaissable, de son fondateur, désormais entré dans la pop culture. C’est ce que l’on constate en visitant Gianni Versace Retrospective, présentée à partir du 5 juin au musée Maillol, à Paris, après plusieurs étapes européennes depuis 2017. Repensée avec des prêts inédits, l’exposition explore notamment le lien entre Gianni Versace et la capitale, où il présenta ses collections Atelier Versace dès 1990. Avec près de 450 pièces – silhouettes, accessoires, croquis, objets, photos et vidéos –, cette première grande rétrospective française depuis 1986 embrasse large. Parfois trop, au risque de noyer certaines pièces dans l’abondance. Pas toujours assez, aussi, pour les plus férus de mode en quête de détails techniques. Plutôt qu’un parcours chronologique, l’exposition choisit une scénographie inspirée des podiums, organisée autour de grands thèmes : création, inspirations, collections clés, personnalités habillées par Versace. Un parti pris défendable, souvent spectaculaire, mais foisonnant, parfois au bord de la saturation. On conseillera donc au visiteur curieux de se munir de l’audioguide, gratuit, non parce que le parcours serait illisible sans lui, mais parce qu’il ajoute une strate d’explications, aide à mieux comprendre certains choix et, surtout, à ralentir face aux pièces. C’est là que l’exposition...
  • Art
  • Graffiti
  • Jaurès
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Tout est dans le titre. C’est bien dans un espace « au-delà des rues » que Roger Gastman, collectionneur, auteur et marchand d’art américain de 49 ans, a voulu présenter son énorme expo itinérante qui, après Londres, Los Angeles ou Shanghai, vient réjouir les amateurs de street art à Paris. Plus de 3500 m² sous la Grande Halle de la Villette garnis d’installations immersives façon décors de ciné pour présenter une centaine de grands noms de ce mouvement né de la rue, la rage et le dénuement. Si vous êtes un fan, vous allez vous régaler avec une sacrée collection de légendes – tous au moins quinquagénaires maintenant – comme Futura 2000, JonOne, Fab 5 Freddy, Taki 183, Shepard Fairey, Fafi ou Invader, qui ont créé des œuvres spécifiquement pour l’expo. Les vitrines débordent d’objets mythiques (coupure de presse des années 70, cahier de brouillon de Bode, photos James Prigoff, matos des Beastie Boys, incroyables tenues de Dapper Dan…). Les installations hypercolorées (le magasin de marionnettes de Phil Insect, la Cosmic Cavern fluo de Kenny Scharf, la chenille canapé d’André) vont ravir les enfants. C’est sans doute la grande qualité de cette expo : réunir les générations autour d’un art accessible et permettre aux parents rangés des retournements de rames, de raconter à leur descendance comment ils ont acheté une bombe de peinture chez Ticaret en 1992. Si vous êtes néophyte de la culture hip-hop, en revanche vous ne ressortirez pas de là beaucoup plus avancé sur l’art de...
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  • Art
  • 16e arrondissement
  • 5 sur 5 étoiles
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À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste. Face à l’immense Rouge triomphant dans le hall d’entrée, l’évidence saute aux yeux : il n’y avait pas meilleur lieu pour accueillir l'œuvre de Calder. On passe assez vite les premières salles, témoins de ses balbutiements dans la peinture – intéressant, pas passionnant –, puis le fil (de fer) nous conduit vers ce qui deviendra son domaine de prédilection, la sculpture. L’invention de son “Cirque Calder” dès les années 1920 atteste de sa créativité, mais surtout de son avant-gardisme. Ménagerie bricolée de bouts de ficelle et d’imagination pure, l’ensemble présente tout à la fois un artiste, un ingénieur, un clown et un démiurge. Tout est déjà là, du goût du déséquilibre au désir de réhabilitation de matériaux pauvres en passant par l’étude des ombres et cette fameuse obsession du geste, qui fait basculer sa sculpture du côté de la performance.  Le cirque laisse ensuite place à l’abstraction. Après le choc Mondrian, Alexander Calder lâche les figures pour mieux attraper l’invisible. Les mobiles entrent en scène, et avec...
  • Art
  • Les Halles
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne. Immédiatement, notre regard est happé par la magnifique rotonde et l'immense écran qui l'habite, diffusant en boucle le film Camata de Pierre Huyghe. Tourné dans le désert d'Atacama, au Chili, il met en scène une sorte d'archéologie funéraire 2.0, où des robots s'affairent autour d'un squelette. Le ton est donné : ici, on ne va pas beaucoup se marrer. Plus que le contraste caravagesque, les thèmes véritables se dévoilent : la disparition, l'absence, la mort. Des peintures et des dessins du surréaliste Yves Tanguy (qu'on se réjouit de voir enfin présenté dans une institution d'envergure) aux travaux d'Alina Szapocznikow, le parcours déroule une procession d'œuvres où le corps n'est jamais très rassuré d'être là. Fragmenté, spectral, parfois carrément en pièces détachées, il hante les salles comme une mauvaise conscience esthétique. De Bruce Nauman à Robert Gober, l'humain...
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