Deux expériences Airbnb exclusives signées Loïc Prigent et Bilal Hamdad à Art Basel Paris
© Gérard Schachmes
© Gérard Schachmes

Les expositions à voir en ce moment à Paris : toutes les critiques de Time Out Paris

Peinture, photo, art contemporain ou expositions événement : Time Out Paris passe au crible toutes les expos à voir en ce moment dans la capitale. Nos critiques, nos coups de cœur et nos avis tranchés pour savoir lesquelles méritent le déplacement.

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  • Art
  • Chaillot
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Non, Kerry James Marshall n’a rien à voir avec Kery James, boss de la Mafia K’1 Fry. Quoique : cette rétrospective organisée par le Musée d’Art Moderne, la première française consacrée au peintre américain, a elle aussi du flow et des revendications. 70 œuvres, dont huit inédites, retracent plus de quarante ans de travail autour d’une question : qui a vraiment le droit d’apparaître dans l’Histoire de l’art ? Chez Marshall, les figures noires reprennent ainsi le premier rôle dans une peinture occidentale qui les a longtemps invisibilisées, jusqu’à occuper toute la scène dans des toiles parfois monumentales. L’expo s’ouvre sur de grands classiques, comme « Invisible Man » (1980), inspiré de l’ouvrage du même nom de Ralph Ellison. L’approche est radicale, la gamme de pigments noirs utilisée est plus que bre-som.  Plus loin, « De Style » paraît moins politique (ce n’est pas le cas) et nous plonge dans un salon de coiffure afro, où les clients semblent nous prendre en flagrant délit d’observation. Le grand geste ? Transformer une scène quotidienne en peinture d’histoire. Car Kerry James Marshall ne peint pas seulement des personnes noires : il peint surtout leur absence dans l’histoire de l’art. Nuance, et pas des moindres. Pensé de manière chrono-thématique, le parcours avance par cycles, comme une playlist bien mixée. On passe de l’esclavage à la vie quotidienne, du mouvement des droits civiques, des Black Power aux portraits imaginaires de figures historiques, pour amorcer...
  • Art
  • Le Marais
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après sa rétrospective au musée du Luxembourg, revoilà Leonora Carrington à Paris. Et cette fois-ci, c’est chez Almine Rech, rue de Turenne, que ça se passe. L’artiste réalise ici sa toute première exposition personnelle à la galerie, qui se trouve face au casse-tête sans nom : devoir ranger cette artiste ultra-complexe dans une case. Surréaliste ? Trop réducteur. Peintre ? Pareil. Femme, peintre, Britannique, Mexicaine, écrivaine, sculptrice, alchimiste, sorcière en chef de son propre bestiaire… Leonora Carrington, c’est avant tout une multitude de couches qui expliquent toute la profondeur de son art. Alors plutôt que d’essayer de faire rentrer des ronds dans des carrés, Almine Rech, qui court du dessin à la peinture, de la sculpture aux masques et tapisseries, décide d’embrasser toutes les facettes de cette grande rêveuse. Et a surtout l’intelligence de ne pas raconter Carrington à travers un parcours limitant, à grands coups d’anecdotes biographiques. Elle préfère faire circuler les œuvres, les matières et les espèces. La grande joie de cette expo (gratuite, on vous le rappelle), c’est son aspect « écrin », ultra-confidentiel. C’est seul, dans l’intimité de ce white cube, que l’on déambule, les yeux rivés sur des œuvres qu’aucun élément de scénographie ne vient perturber, avec pour seul accompagnement le bruit de nos talons sur le sol bétonné. Un espace qui permet à des pièces comme The Lovers (1987), El Laberinto (1991) ou La Naguala (1975), et leurs cohortes de...
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  • Art
  • Champs-Elysées
  • 3 sur 5 étoiles
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Il était temps de rendre à Eva Gonzalès son nom, et, accessoirement, sa place. Après des décennies à jouer les figurantes dans l’histoire de l’impressionnisme, coincée entre Berthe Morisot et l’ombre XXL de son mentor Manet, la voici enfin la vedette de sa propre expo au Petit Palais, dans une première rétrospective française d’envergure. Et pour une artiste trop longtemps rangée dans la catégorie « à découvrir si vous voulez approfondir », cette entrée dans la prog parisienne est plutôt classe : près de 100 œuvres venues de Londres, Chicago, Denver, Brême ou encore Madrid constituent cette monographie en collaboration avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam. « Parcours d’une artiste libre » Le titre, à lui seul, résume toute sa vie : « Parcours d’une artiste libre ». Libre d’exercer dans un monde où les Beaux-Arts fermaient leurs portes aux femmes. Libre de faire de la peinture son métier, et jamais le passe-temps d’une jeune fille bien née. Libre de vouloir imposer sa peinture au Salon, plutôt que de jouer les outsiders avec le reste des Impressionnistes… Car Eva Gonzalès mérite mieux qu’un statut de victime, comme on a tendance à l’accorder à tous ces artistes mis de côté par l’Histoire de l’Art en raison de leur genre ou de leurs origines. Déjà, elle, elle n’est pas si inconnue : sa toile « Une loge aux Italiens » a vu défiler tous les visiteurs du musée d’Orsay. Pourtant, on ne connaît pas grand-chose d’elle, ni de sa vie, ni du reste de son œuvre, aussi dense soit-elle...
  • Art
  • Le Marais
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Depuis les années 1960, Daido Moriyama photographie à l’instinct, vite, sans trop se demander si ça va faire joli. À la Fondation Henri Cartier-Bresson, Lettres d’amour à la photographie fait pareil. Plutôt qu’un énième défilé de “grands clichés”, l’expo, au volume assez réduit, analyse la relation sentimentale (voire franchement obsessionnelle) de Moriyama avec son médium. Et à l’heure des images synthétiques parfaites, des filtres à tout-va et des souvenirs générés sur commande, quel rafraîchissement de voir une institution célébrer un photographe qui préfère l’image quand elle accroche, bave, tremble. Et surtout quand elle révèle toute l’humanité de celui qui l’a prise. Quatre chapitres et soixante tirages Le parcours ne tombe pas dans le piège de la visite au pas de course et de la chronologie “débuts prometteurs/période noire/consécration”. On est ici face à une vraie proposition curatoriale, qui fait un pas de côté par rapport à la rétrospective classique pour explorer de façon intimiste la fascination de Daido Moriyama pour la photographie. Organisés en quatre chapitres, les 60 tirages, documents et publications qui jalonnent la déambulation ont été soigneusement choisis pour résumer au mieux une pratique parfois difficile à saisir. Le premier chapitre, “Manifeste”, pose les bases. En 1972, le Japonais publie un livre on ne peut plus radical, Adieu photographie, dans lequel il fait le deuil de tout ce qu’il connaît sur son médium, envoyant tout péter pour que jamais...
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  • Musique
  • Salle de concert
  • Arts et Métiers
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
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Après dix mille vies (opérette, ballet russe, cirque, parc d'attractions, pillé durant l’Occupation) et dix ans de travaux, le théâtre de la Gaîté s'est transformé en 2011 en épicentre de la vie culturelle parisienne 2.0. Son architecture intérieure, décor ultra-moderne signé Manuelle Gautrand bousculant audacieusement le style Belle Epoque ornemental d'origine, est aussi atypique que sa programmation. Ses sept étages pluridisciplinaires propulsent les visiteurs au plus profond de l’ère numérique : arts plastiques, musique, graphisme, cinéma, mode, design et jeux vidéo, les arts digitalisés règnent sur les lieux.  Une nouvelle équipe depuis 2023 En 2023, une nouvelle direction a pris les commandes, l’union d’Arty Farty (Nuits sonores, European Lab), Arte France, makesense, asso qui soutient les entrepreneurs sociaux, et l’ONG Singa, qui favorise l’inclusion des nouveaux arrivants sur les territoires. Les éditions arlésiennes Actes Sud sont aussi de la partie en qualité de partenaire éditorial. Leur projet, intitulé Fabrique de l’époque, entend jeter un pont entre création et engagement. Niveau programmation, la Gaîté Lyrique vise très large, avec des débats sur le rap, des ateliers de danse, des enregistrements de podcast, des expos, un ciné-club, des masterclass… Et bien sûr de la musique et de la fête, dans sa grande salle toute couverte d’écrans de 850 places, entre battles de danse, germinaux balls de voguing, concerts et soirées électroniques de qualité puisque...
  • Musique
  • Salle de concert
  • La Villette
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Avez-vous déjà désiré quelque chose pendant plus de trente ans ? Les amateurs de Bach et Strauss, eux, oui. Pendant presque quatre décennies, ils ont attendu, en rang serré derrière Pierre Boulez, une salle parisienne digne de la musique classique, à l'acoustique soignée et à la capacité augmentée. Elle a finalement ouvert ses portes en janvier 2015, du côté de la porte de Pantin, loin des quartiers où soufflent habituellement les vents de l’orchestre. L’Orchestre de Paris comme hôte  La Philharmonie, avec sa grande salle de 2 400 places, associée à la déjà très attirante Cité de la Musique, propose une programmation faste et foisonnante menée notamment par les musiciens résidents de l’Orchestre de Paris, qui se font plaisir en invitant de prestigieux chefs étrangers comme Esa-Pekka Salonen. Le paquebot de Jean Nouvel – dont le budget faramineux a charrié foule de critiques – accueille aussi quelques dates des festivals Days Off début juillet et Jazz à la Villette à la fin du mois d’août. Et ses 1 100 mètres carrés d'espace d'exposition ont présenté des expos saluées par le public (consacrées au hip-hop, à la musique électronique et bientôt au metal), et un pôle éducatif de 1 750 mètres carrés.  Désireuse de trouver de nouveaux adeptes, la Philharmonie a fait un pas vers le grand public. Outre les noms à l'affiche – Oxmo Puccino y fête ses 50 ans avec une résidence de trois jours –, l'auditorium peut également compter sur la place centrale accordée au public : la distance...
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  • Art
  • Galeries d'art contemporain
  • Saint-Germain-des-Prés
  • 5 sur 5 étoiles
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Loft du 34
Loft du 34
Le Loft du 34, c'est la mort des "white cubes". Cet espace atypique, situé en plein coeur de Saint Germain des Prés, au fond d'une cour pavée de la rue du Dragon, ressemble en effet plus à un appartement qu'à une galerie d'art. La cuisine américaine, ouverte sur les tableaux des meilleurs street-artistes accrochés en ces lieux, témoigne d'ailleurs du passé immobilier de l'endroit.Ayant conservé le charme de ses murs en pierres et de ses poutres apparentes, le Loft du 34 a donc la chaleur d'un chez-soi plus que d'une salle d'exposition aseptisée. Une ambiance accueillante et conviviale que renforcent les oeuvres colorées que l'on peut y admirer, de même que le sourire de ses propriétaires. Sans oublier, cerise sur le gâteau, que le Loft du 34 est couplé avec un appartement (au 3e étage) où les plus grands virtuoses de la scène urbaine (Astro, Dacruz, Marko93...) s'en donnent à coeur joie sur les murs, le sol, et même le plafond !
  • Art
  • Art contemporain
  • Le Marais
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ouverte en 2018, en plein cœur du Marais, Lafayette Anticipations est l'ambitieuse entité dédiée à l’art contemporain de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette. Sorte de mini-Palais de Tokyo (2 200 m2 vs 22 000 m2), Lafayette Anticipations n’est pas un musée. Une galerie ? Plutôt un objet d’art non identifié ayant à cœur de proposer des expériences plus que des expositions. Ce qui rend l'espace unique ? Son sous-sol. Au niveau le plus bas, on trouve un atelier de 400 m2 réservé aux artistes invités. Signée du Hollandais Rem Koolhaas, la rénovation de l'immeuble de quatre étages est assez époustouflante, avec des hauteurs à donner le vertige : 20 mètres de haut pour une tour perchée au milieu de la cour d’un bâtiment classé. L’alliance du moderne et de l’ancien fonctionne. Comme des enfants dans un magasin de bonbons, on découvre les yeux écarquillés une programmation qui entremêle expositions (gratuites !) comme celles de Rachel Rose ou de Martin Margiela, installations, performances et concert avec l'aventureux festival Closer Music. Le détour idéal pour admirer vite et bien les talents qui anticipent l’art de demain.
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  • Art
  • Art contemporain
  • Paris et sa banlieue
  • 4 sur 5 étoiles
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Au numéro 61 de la rue Lécuyer, à Aubervilliers, juste en face d'une casse automobile, on passe devant un petit bâtiment carrelé de bleu et blanc, un poil abîmé par le temps. Difficile d'imaginer qu'à l'intérieur de cet ancien laboratoire pharmaceutique se trouve l'une des plus importantes collections privées d'art optique et cinétique au monde. C'est pourtant là qu'est installée la Fondation Cherqui, avec ses quelque 5 000 œuvres d'art accumulées au fil des ans par Jean Cherqui, depuis sa première acquisition d'une pièce de Carmelo Arden-Quin (figure majeure de l'abstraction géométrique en Amérique latine) en 1977.  Si les œuvres y fleurissent et s'y épanouissent depuis plus de vingt piges, voilà à peine un an que le lieu est ouvert au public, chaque mercredi et dimanche, sur réservation. Sur place, c'est Mathias Chetrit, le petit-fils du collectionneur, qui nous ouvre la porte de ce drôle de monde de Nar(t)nia 2.0 (3615 mauvais jeu de mots), nous faisant basculer d'une rue quasi déserte, hantée par des Peugeot défoncées, à un labyrinthe d'œuvres qui s'amusent, chacune à leur manière, à déjouer la perception du spectateur. Les monolithes de néon du designer italien Ettore Sottsass y côtoient les trompe-l’œil du maître du genre Julio Le Parc, ainsi qu’une installation immersive de Thomas Canto. Au rez-de-chaussée, les visiteurs sont d'abord accueillis dans le “Vitamin bar”, une installation futuriste éclairée au néon par différentes œuvres, dont celle de Mathias Chetrit...
  • Art
  • Résidences d'artistes
  • Paris et sa banlieue
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Dans la galaxie des friches et assimilés, voici celle au cadre le plus irréel, quasi science-fictionnel. Imaginez un peu : d'un côté, les iconiques tours Nuages imaginées par Emile Aillaud à la fin des années 1970. De l'autre, les gratte-ciel de la Société Générale qui se dressent. Et au milieu de tout ça, dans ce no man's land urbanistique, la troisième mouture du collectif Wonder : le Zénith. Après avoir poussé ses premiers cris dans une usine de piles à Saint-Ouen et grandi à Bagnolet, le Wonder a depuis février pris ses quartiers dans cet ancien immeuble de bureaux situé à Nanterre. Inoccupé depuis au moins cinq ans, ce bâtiment circulaire offre avec ses 2 700 mètres carrés répartis sur trois niveaux un sacré terrain de jeu pour la soixantaine de résidents, et presque autant de spécialités artistiques. Réunis en pôles, on y retrouve autant des peintres que des ingénieurs du son qui profitent de studios mobiles construits dans le sous-sol par le menuisier maison, le salon de tatouage Arnica, un pôle couture avec un métier à tisser, des pôles bois et métal ou encore de la risographie. Sans oublier la webradio Viziradio, sorte de mémoire du lieu qui continue de suivre et documenter le quotidien et les évolutions du collectif. Avec, en guise de liant, « un fonctionnement jamais loin du modèle coopératif avec une mutualisation des biens et des savoirs » comme nous le confie la militante Célia Richard, la coordinatrice du lieu. Un lieu qui a l'allure d’une bulle artistique...
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