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À vos agendas ! Entre artistes cultes, événement itinérant très attendu et rétrospective expé, mai à Paris s’annonce chargé côté expos. Voici les rendez-vous artistiques à ne surtout pas manquer ce mois-ci.

À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste.
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Quand ? jusqu'au 16 août 2026
Où ? 8 avenue du Mahatma Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e.
Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé autant de chefs-d'œuvre de cette dernière décennie de la vie de l'artiste, faisant cohabiter L'Escargot avec La Gerbe, les Acanthes ou encore Zulma, grâce notamment à des prêts d'exception qui prouvent que, même lorsque l'on croit avoir déjà tout vu de Matisse, le mec cache encore quelques secrets.
Exposition itinérante née au Victoria and Albert Museum de Londres en 2022, Africa Fashion a depuis traversé New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal avant de poser ses valises à Paris. Un passage peut-être symbolique dans la capitale mondiale de la mode, où la création africaine peine encore à s'imposer à la hauteur de son talent. L'exposition entend y remédier en offrant un panorama généreux d'une scène bouillonnante, aussi diverse qu'inventive.
Artiste presque oubliée à sa mort en 1977, Lee Miller a retrouvé une seconde vie ces dernières années : expositions au début des années 2000, biopic sorti fin 2024, et surtout le travail patient de son fils et de sa petite-fille, qui gèrent les Lee Miller Archives — 60 000 photographies et négatifs exhumés du grenier de Farley Farm, sa résidence du Sussex. C'est d'ailleurs en lien avec ces archives familiales qu'a été organisée la grande rétrospective de la Tate Britain en 2025, la plus ambitieuse jamais consacrée à l'artiste, et l'exposition photo la plus fréquentée de toute l'histoire de la Tate. Elle traverse aujourd'hui la Manche pour s'installer au Musée d'Art Moderne de Paris jusqu'au 2 août, avec quelques ajouts pour rendre compte de l'attachement de Lee Miller à la ville.
Quand ? jusqu'au 2 août 2026.
Où ? musée d’Art moderne, 10 avenue du Président Wilson, Paris 16e.
Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne.
Les produits de beauté coréens sont devenus incontournables. Un phénomène K-pop, K-drama et compagnie que le musée Guimet s'attache à replacer dans son contexte avec « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène », visible jusqu'au 6 juillet 2026, pour les 140 ans des relations diplomatiques franco-coréennes.
Quand ? jusqu'au 6 juillet 2026.
Où ? musée Guimet, 6 place d'Iéna, Paris 16e.
Il y a 90 ans, le Front populaire – cette coalition antifasciste formée de la SFIO, du PCF et du Parti radical – remportait les élections législatives, préludes à l’instauration – poussée par des grèves monstres – de cardinales réformes sociales encore à l’œuvre aujourd’hui. Avec, au choix, les conventions collectives, la semaine de travail de 40 h ou les deux premières semaines de congés payés, nouvelles sources de plaisir et d’enthousiasme, et devenues l’objet de nombreuses séries photographiques. Jusqu’au 4 juillet, la galerie Les Amies Rouges exposera une partie des tirages shootés à l’époque par Pierre Jamet, membre de la chorale de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires. Sur le tract ? Des photos argentiques en noir et blanc pleines de soleil, de rires et d’espoir.
Quand ? jusqu’au 4 juillet 2026
Où ? 10 rue Domat, 75005, Paris
Cette série d’Amy Friend confère à la magie. Fin 2025, l’artiste canadienne a publié le livre Firelight aux éditions italiennes L’Artiere. Il célébrait sa série « Dare Alla Luce », faite de clichés obtenus grâce à un processus technique extrêmement singulier. La base de tout, ce sont des photos datant des années 1920-1940 qu’Amy Friend a trouvées dans des albums de famille, en ligne ou en brocante. Elle les a ensuite perforées de petits trous, mises à contre-jour avant de les shooter à nouveau. Le développement donne des tirages baignés d’halos de lumière, à l’ambiance aussi magique, mirifique qu’évanescente ; une quinzaine d’entre eux sont exposés à la galerie In Camera jusqu’au 23 mai, courez-y.
Quand ? jusqu’au 23 mai 2026
Où ? galerie In Camera, 21 rue Las Cases, Paris 7e
Dans le cadre de la résidence griffée Leica « Instants », l’artiste biélorusse Alexandra Catiere s’est retrouvée à habiter pendant plusieurs mois au Château Palmer. Un séjour pendant lequel l’artiste a souhaité rendre hommage à ce lieu, fief d’une des plus antiques étiquettes (bleue nuit) des vins bordelais, avec une focale précise : raconter son histoire tricentenaire avec des prises réalisées à la chambre photographique en s’intéressant, non pas aux vignes, mais aux à-côtés de celles-ci. Présentés à la galerie Leica jusqu'au 20 juin, les tirages gélatino-argentiques en noir et blanc donnent l’impression de pièces d’archives intemporelles, entre graffitis datant de la Seconde Guerre mondiale, pièces d’argenterie ou anciens livres.
Quand ? jusqu'au 20 juin 2026
Où ? galerie Leica, 26 rue Boissy d’Anglas, Paris 8e
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