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Les 11 expositions à voir (absolument) en mai 2026 à Paris

À vos agendas ! Entre artistes cultes, événement itinérant très attendu et rétrospective expé, mai à Paris s’annonce chargé côté expos. Voici les rendez-vous artistiques à ne surtout pas manquer ce mois-ci.

Écrit par
Rémi Morvan
,
Zoé Terouinard
et
Julien Lambea
Clair-obscur, à la Bourse de Commerce
Pierre Huyghe, Camata, 2024, robotique alimentée par apprentissage automatique, film autogénéré, édité en temps réel par des algorithmes d’apprentissage automatique, son, capteurs. Pinault Collection. © Adagp, Paris, 2026.
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Calder. Rêver en équilibre, à la Fondation Louis Vuitton

À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste.

Lire notre critique ici.

Quand ? jusqu'au 16 août 2026
Où ? 
8 avenue du Mahatma Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e.

Calder à la Fondation Louis Vuitton
© 2026 Calder Foundation, New York / ADAGP, Paris. Photo courtesy of Calder Foundation, New York / Art Resource, New York

 

 

Matisse 1941-1954, au Grand Palais

Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé autant de chefs-d'œuvre de cette dernière décennie de la vie de l'artiste, faisant cohabiter L'Escargot avec La Gerbe, les Acanthes ou encore Zulma, grâce notamment à des prêts d'exception qui prouvent que, même lorsque l'on croit avoir déjà tout vu de Matisse, le mec cache encore quelques secrets.

Quand ? jusqu'au 26 juillet 2026
Où ? Grand Palais, 17 avenue du Général Eisenhower, Paris 8e
Matisse 1941-1954 au Grand Palais
Service de la documentation photographique du MNAM - Centre Pompidou, MNAM-CCI Henri Matisse, "Nu bleu II", 1952

Africa Fashion, au musée du Quai Branly - Jacques Chirac 

Exposition itinérante née au Victoria and Albert Museum de Londres en 2022, Africa Fashion a depuis traversé New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal avant de poser ses valises à Paris. Un passage peut-être symbolique dans la capitale mondiale de la mode, où la création africaine peine encore à s'imposer à la hauteur de son talent. L'exposition entend y remédier en offrant un panorama généreux d'une scène bouillonnante, aussi diverse qu'inventive.

Quand ? jusqu'au 12 juillet 2026
Où ? Quai Branly - Jacques Chirac, 37 quai Branly, Paris 7e.
Africa Fashion - musée quai Branly - Jacques Chirac
© Alchemy collection, Thebe Magugu, Autumn/Winter 2021, Johannesburg, South Africa. Photography: Tatenda Chidora , Styling + Set: Chloe Andrea Welgemoed, Model: Sio

Lee Miller, au musée d’Art moderne 

Artiste presque oubliée à sa mort en 1977, Lee Miller a retrouvé une seconde vie ces dernières années : expositions au début des années 2000, biopic sorti fin 2024, et surtout le travail patient de son fils et de sa petite-fille, qui gèrent les Lee Miller Archives — 60 000 photographies et négatifs exhumés du grenier de Farley Farm, sa résidence du Sussex. C'est d'ailleurs en lien avec ces archives familiales qu'a été organisée la grande rétrospective de la Tate Britain en 2025, la plus ambitieuse jamais consacrée à l'artiste, et l'exposition photo la plus fréquentée de toute l'histoire de la Tate. Elle traverse aujourd'hui la Manche pour s'installer au Musée d'Art Moderne de Paris jusqu'au 2 août, avec quelques ajouts pour rendre compte de l'attachement de Lee Miller à la ville.

Lire notre critique ici.

Quand ? jusqu'au 2 août 2026.
Où ? musée d’Art moderne, 10 avenue du Président Wilson, Paris 16e.

“Lee Miller” au Musée d’Art Moderne de Paris
« Lee Miller dans la baignoire d'Hitler, appartement d'Hitler », 1945. Photographie de Lee Miller avec David E. Scherman © Lee Miller Archives

Nan Goldin. This Will Not End Well, au Grand Palais

Entrer dans This Will Not End Well, c'est comme signer un contrat sans lire les petites lignes. C'est prendre le risque que ça se finisse mal, mais foncer tête baissée quand même. Conçue par l'architecte Hala Wardé, la scénographie en six pavillons (chacun étant pensé pour la série qu'il abrite) promet une traversée immersive de plus de 40 ans de carrière, à travers un angle audacieux : présenter Nan Goldin comme une cinéaste, grâce à un très riche ensemble de diaporamas et de vidéos.

Lire notre critique ici.

Quand ? jusqu'au 21 juin 2026
Où ? Grand Palais, 17 avenue du Général Eisenhower, Paris 8e
Nan Goldin
Nan Goldin, Picnic on the Esplanade, Boston (1973) © Nan Goldin

Clair-obscur, à la Bourse de Commerce

Avec un titre pareil, on s'attendait à une exposition sur les héritiers du Caravage. On vous prévient : il n'en est rien. Le sujet est complexe, voire un poil ambitieux, et s'appuie sur une centaine d'œuvres (quasi toutes issues de la collection Pinault) pour tenter de créer un parcours où le visible se heurte à l'invisible. Hasard du calendrier (ou pas), l'exposition s'est ouverte au milieu de conflits géopolitiques majeurs, qui lui donnent un éclairage tout particulier. L'idée ? « Partir d'une feuille noire pour y faire jaillir la lumière et les œuvres », comme l'explique la commissaire Emma Lavigne.

Lire notre critique ici.

Quand ? jusqu'au 31 août 2026 
Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er.
Clair-obscur, à la Bourse de Commerce
James Lee Byars, Byars Is Elephant, 1997, corde, tissu doré, dimensions variables. Pinault Collection.

K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène, au musée Guimet

Les produits de beauté coréens sont devenus incontournables. Un phénomène K-pop, K-drama et compagnie que le musée Guimet s'attache à replacer dans son contexte avec « K-Beauty. Beauté coréenne, histoire d'un phénomène », visible jusqu'au 6 juillet 2026, pour les 140 ans des relations diplomatiques franco-coréennes.

Lire notre critique ici.

Quand ? jusqu'au 6 juillet 2026.
Où ? musée Guimet, 6 place d'Iéna, Paris 16e.

K Beauty Musée Guimet
Magazine Femme volume 1-3 - ©The Modern Bibliography Review Society.

 

Martin Parr - Small World, à la galerie Clémentine de la Ferronnière 

Martin Parr est éternel. Décédé en décembre dernier, le culte photographe britannique continue en effet à plus que jamais occuper les cimaises parisiennes. Alors que son exposition Global Warning fait chauffer les tourniquets du Jeu de Paume, une rétrospective parallèle se déploie jusqu'au 30 mai dans la galerie Clémentine de la Ferronnière. Le tout en accès libre. Elle aussi préparée en collaboration directe avec l’artiste, cette expo célébrera la série Small World – qui occupe également une section au Jeu de Paume –, initialement éditée en 1995 avant d’être constamment mise à jour par Martin Parr. Lequel a concentré son regard acide et sa focale – avec flashs et contrastes poussés à fond de rigueur – sur les phénomènes de consommation et plus précisément son pan touristique. Ou comment shooter l’absurde de ces comportements humains aussi convulsifs et codifiés qu'infiniment décalqués.

Quand ? jusqu'au 30 mai 2026
Où ? galerie Clémentine de la Ferronnière, 51, rue Saint-Louis-en-l’Île, Paris 4e
À partir de demain, une expo gratuite à Paris pour (re)découvrir l’univers acide de Martin Parr
© Martin Parr

36 Y’a d’la joie ! Photographies de Pierre Jamet, à la galerie Les Amies Rouges

Il y a 90 ans, le Front populaire – cette coalition antifasciste formée de la SFIO, du PCF et du Parti radical – remportait les élections législatives, préludes à l’instauration – poussée par des grèves monstres – de cardinales réformes sociales encore à l’œuvre aujourd’hui. Avec, au choix, les conventions collectives, la semaine de travail de 40 h ou les deux premières semaines de congés payés, nouvelles sources de plaisir et d’enthousiasme, et devenues l’objet de nombreuses séries photographiques. Jusqu’au 4 juillet, la galerie Les Amies Rouges exposera une partie des tirages shootés à l’époque par Pierre Jamet, membre de la chorale de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires. Sur le tract ? Des photos argentiques en noir et blanc pleines de soleil, de rires et d’espoir.

Quand ? jusqu’au 4 juillet 2026
Où ? 10 rue Domat, 75005, Paris

Front Populaire - Pierre Jamet
© Pierre Jamet

Amy Friend « Firelight », à la galerie In Camera

Cette série d’Amy Friend confère à la magie. Fin 2025, l’artiste canadienne a publié le livre Firelight aux éditions italiennes L’Artiere. Il célébrait sa série « Dare Alla Luce », faite de clichés obtenus grâce à un processus technique extrêmement singulier. La base de tout, ce sont des photos datant des années 1920-1940 qu’Amy Friend a trouvées dans des albums de famille, en ligne ou en brocante. Elle les a ensuite perforées de petits trous, mises à contre-jour avant de les shooter à nouveau. Le développement donne des tirages baignés d’halos de lumière, à l’ambiance aussi magique, mirifique qu’évanescente ; une quinzaine d’entre eux sont exposés à la galerie In Camera jusqu’au 23 mai, courez-y.

Quand ? jusqu’au 23 mai 2026
Où ? galerie In Camera, 21 rue Las Cases, Paris 7e

Amy Friend
© Amy Friend

Alexandra Catiere « Tout en ce lieu me survivra », à la galerie Leica

Dans le cadre de la résidence griffée Leica « Instants », l’artiste biélorusse Alexandra Catiere s’est retrouvée à habiter pendant plusieurs mois au Château Palmer. Un séjour pendant lequel l’artiste a souhaité rendre hommage à ce lieu, fief d’une des plus antiques étiquettes (bleue nuit) des vins bordelais, avec une focale précise : raconter son histoire tricentenaire avec des prises réalisées à la chambre photographique en s’intéressant, non pas aux vignes, mais aux à-côtés de celles-ci. Présentés à la galerie Leica jusqu'au 20 juin, les tirages gélatino-argentiques en noir et blanc donnent l’impression de pièces d’archives intemporelles, entre graffitis datant de la Seconde Guerre mondiale, pièces d’argenterie ou anciens livres.

Quand ? jusqu'au 20 juin 2026
Où ? galerie Leica, 26 rue Boissy d’Anglas, Paris 8e

Alexandra Catiere
© Alexandra Catiere
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