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Sur la brochure ? Ouverture de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, les mouvements Minimal ou Art déco, Otobong Nkanga, Tyler Mitchell, Bilal Hamdad ou Vassily Kandinsky.

On ne va pas tourner autour du pot : ce mois d’octobre 2025 est une dinguerie en ce qui concerne les nouvelles expositions qui vont ouvrir leurs portes à Paris. Tout au long du mois, vous aurez par exemple la possibilité d’assister à la tant attendue ouverture du nouveau bâtiment de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, aux célébrations des mouvements Minimal ou Art déco, ou encore à la première rétrospective parisienne de l’œuvre organique de l’artiste nigériane Otobong Nkanga. Allez, en avant pour la révolution d’octobre des expos parisiennes !
Du 30 septembre au 10 octobre 2025, le Grand Palais prêtera ses volumes à Virgil Abloh: The Codes, première rétrospective européenne d’ampleur consacrée à l’œuvre de Virgil Abloh (1980-2021). Pensée par les Archives Virgil Abloh™, en partenariat avec Nike, cette exposition revient sur près de vingt années d’une création traversant les disciplines et les supports. Dans une version étendue de l’exposition présentée en 2022, le commissariat confié à Chloe Sultan et Mahfuz Sultan orchestre une plongée dans les archives du créateur : 20 000 pièces réunies (vêtements, sneakers, croquis, objets, prototypes, fragments de bibliothèque) pour rendre lisible ce que Virgil Abloh appelait ses “codes”. Des principes de conception qui irriguent son travail, qu’il s’agisse de mode, d’architecture, de musique ou de publicité, et qui dessinent une vision profondément collaborative et transversale du geste créatif. « Les Codes sont l’âme de l’héritage de Virgil ; ils sont au cœur des Archives. Ils racontent l’intention créative et la pratique archivistique qui ont façonné l’identité de Virgil. Ils nous guident, nous rappelant que la collectivité et l’accessibilité doivent être au cœur de nos collaborations et de nos expressions. C’est ainsi que nous perpétuons son héritage », souligne Athiththan Selvendran, directeur de la création de la Fondation Virgil Abloh et directeur de l’exploitation de Virgil Abloh Securities.
Quand ? du 30 septembre au 10 octobre 2025
Où ? Grand Palais, 17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Nouveau lieu pour une nouvelle vie. Le 25 octobre, la Fondation Cartier pour l’art contemporain frimera avec l’ouverture de son nouvel espace d’exposition de 8 500 mètres carrés crayonné par Jean Nouvel dans l’ancien Louvre des Antiquaires place du Palais-Royal. Pour fêter ça, les commissaires ont imaginé une rétrospective collective présentant 600 œuvres (tous styles confondus) d’une centaine d’artistes ayant marqué les plus de 40 ans de programmation de la Fondation, tout en y injectant une réflexion en rapport avec le lieu – le titre « Exposition Générale » fait écho aux expositions d’objets et vêtements organisées ici au XIXe siècle.
Quand ? du 25 octobre 2025 au 23 août 2026.
Où ? Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2 place du Palais-Royal, Paris 1er.
Bilal Hamdad est un illusionniste. Tour à tour formé aux Beaux-Arts de Sidi Bel Abbes et de Paris, l’artiste algérien nous fait voir trouble : est-ce de la photo ? De la peinture ? En réalité, un peu des deux. Il faut s’approcher de ses créations pour saisir la virtuosité de son coup de pinceau, la frontière ténue entre les photographies qui l’inspirent et ses toiles à l’huile en grand format ultra-réalistes représentant des paysages urbains. Pour les voir à Paris : du 17 octobre au 8 février 2026, une vingtaine de ses tableaux (dont deux inédits) figurant la capitale et la collection permanente du lieu seront exposés au Petit Palais.
Quand ? du 17 octobre 2025 au 8 février 2026.
Où ? Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris 8e.
L’art d’Otobong Nkanga provient du plus profond de son être et de la Terre. Exposée au MAM, une première pour elle à Paris, cette artiste nigériane résidant en Belgique s’est singularisée depuis une vingtaine d'années par un geste pluriartistique consistant à questionner les relations d’interdépendance entre les corps et les environnements. A travers des installations, des tapisseries, des sculptures où les corps et les milieux sont très souvent présentés « en coupe » – vous savez, comme en SVT – sont évoquées l’extraction de minerais en Afrique et toutes les valeurs et violences environnementales associées. C’est à la fois animique, organique, fort et magnifique.
Quand ? du 10 octobre 2025 au 22 février 2026.
Où ? musée d’art moderne de Paris, 11 avenue du Président-Wilson, Paris 16e.
Gerhard Richter, le gars sûr de la Fondation Louis Vuitton. Après avoir pris part à plusieurs accrochages collectifs depuis sa création – dont l’inaugural –, le peintre allemand a cette fois-ci droit à sa monographie perso du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026. Cette exposition au programme gargantuesque retracera chronologiquement près de 70 ans de création et se déploiera dans toutes les salles de la Fondation. On sera plongé dans toutes ses périodes et explorations artistiques : premières années où il extrayait ses peintures depuis des photos ; réflexion autour de l’abstraction ; retour sur l’histoire allemande ; célébration du compositeur de musique concrète américain John Cage ; rejet puis rabibochage récent avec la peinture ; mais aussi explorations sculptées, dessinées et photographiées.
Quand ? du 17 octobre 2025 au 2 mars 2026.
Où ? 8 avenue du Mahatma-Gandhi - Bois de Boulogne, Paris 16e.
Alerte prodige à la MEP ! Pour sa dernière rotation de l’année, le repaire photographique du Marais accueille sur ses cimaises la première expo française consacrée à l’œuvre du photographe américain Tyler Mitchell. En 2018, celui-ci avait irisé les pupilles du public en shootant Beyoncé en couverture du Vogue US, devenant le premier photographe noir à faire la une du mag, à seulement 23 ans. Depuis, il est devenu l’une des figures majeures de la new gen photographique avec ses tirages empreints d’une grâce militante. Car avec ses photos, Tyler Mitchell célèbre les communautés afro-américaines dans un souci de réappropriation de leur histoire, de leur quotidien mais aussi de leurs rêves.
Quand ? du 15 octobre au 25 janvier 2026.
Où ? Maison européenne de la Photographie, 5-7 rue de Fourcy, Paris 4e.
Cet été, Time Out publiait une liste des plus beaux bâtiments Art déco à travers le monde à l’occasion des 100 ans de ce mouvement ayant infusé toutes les strates des arts et artisanats avec ses lignes entremêlant élégance, finesse et géométrie. Un siècle d’existence qui sera célébré à la fin de l’année le temps d’une gargantuesque exposition au… musée des Arts Déco. La brochure annonce un corpus de plus de 1 000 pièces aux contours très divers (vêtements d’Yves Saint-Laurent, bureau-bibliothèque de Pierre Chareau, broche de Raymond Templier, maquette grandeur nature de l’Orient-Express…) décryptant aussi bien les filiations, les différentes facettes du mouvement et arts investis, les influences jusqu’aux contemporanéités.
Quand ? du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026.
Où ? musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, Paris 1er.
C’est en photographiant sa femme Yoko durant leur lune de miel dans les années 70 que Nobuyoshi Araki est devenu photographe. C’est en photographiant sans censure le spectacle du quartier rouge de Tokyo, Shinjuku, dans les années 80, qu’il est devenu célèbre. Son œuvre a ensuite toujours oscillé entre une fascination pour la mort, après celle de sa femme en 1993, et l’érotisme, une pulsion qu’il aime capturer avec son Polaroid, toujours à portée de main. Le musée Guimet, qui avait dédié une expo en 2016 à ses “ligotages” (Araki est maître dans l’art du kinbaku, le bondage japonais), a récupéré au mois de mai dernier un fonds de ces Polaroid détenu par le collectionneur Stéphane André. Largement de quoi monter une expo, titrée POLARAKI, mille Polaroid, qui se tiendra du 1er octobre 2025 au 12 janvier 2026. Les photos seront présentées en “43 colonnes composées de 9 cadres disposés bord à bord et du sol au plafond”, exactement comme dans l’appartement de Stéphane André. Une scénographie qui permet une double lecture, entre l’œuvre de l’artiste et sa perspective dans le cerveau du collectionneur. Sans oublier la nôtre…
Quand ? du 1er octobre 2025 au 12 janvier 2026.
Où ? 6 place d'Iéna, Paris 16e.
Pour sa dernière expo de l’année, la Bourse de Commerce invite l’art minimal à se déployer dans ses espaces. Canalisé dans les années 1960, ce courant a eu l’idée de remettre en perspective la place des œuvres, tant sur la forme – leur monstration au public – que sur le fond – simple et économe en moyens. Avec une centaine d’œuvres d’une quarantaine d’artistes, Minimal couvrira tous les courants et leurs spécificités locales ayant marqué le genre à travers le monde (la première vingtaine du mouvement sera particulièrement mise en avant), avec notamment une salle dédiée à la première présentation française de l’artiste « tisseuse » Lygia Lydia Pape ; ou une autre consacrée au Mono-ha, le versant brut japonais de l’art minimal.
Quand ? du 8 octobre 2025 au 18 janvier 2026.
Où ? Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, Paris 1er.
Des millions – voire des milliards selon certaines études – de personnes ont dû, doivent ou vont devoir migrer à cause du changement climatique. C’est cette réalité que le Palais de la Porte Dorée a choisi d’analyser et de questionner dans sa prochaine exposition, qui, pour la première fois, investira tous les espaces (le Musée National de l’Histoire de l’Immigration et l'Aquarium tropical) du palais. Un sujet que les commissaires ont voulu traiter loin des fantasmes des plateaux de télévision, en s’entourant d’un panel de scientifiques, d’activistes et bien sûr d’artistes. On y verra plus de 200 œuvres (installations, photographies, infographies, témoignages…) réalisées par des artistes du monde entier et dont beaucoup sont originaires de zones directement concernées.
Quand ? du 17 octobre 2025 au 5 avril 2026.
Où ? Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e.
Née en Namibie, d’une mère française et d’un père congolais, éduquée en France, à Angoulême : dès le plus jeune âge, Maty Biayenda s’est cherchée en dessinant. Une quête qui se poursuit à travers une recherche esthétique sur la libération des corps noirs féminins, qui rythme le début de sa carrière entamée il y a cinq ans. En tant que personne trans et racisée, Maty Biayenda s’est naturellement tournée vers l’histoire des communautés queers de la nuit, mêlant sa mémoire personnelle à la mémoire collective de la scène ballroom new-yorkaise et des cabarets transformistes parisiens, dont le plus fameux, le Carrousel, créé en 1926 pour Joséphine Baker, fait l’objet de sa nouvelle exposition qui ouvre le 25 septembre au Frac Île-de-France, dans sa Project Room du Plateau. Au programme ? “Une série d’expérimentations esthétiques avec différents médiums : peintures sur toile ou bois, dessins sur papier ou imprimés sur tissus, dessin sur métal autour des figures afrodescendantes du cabaret le Carrousel.” Une expo qui raconte des histoires de liberté restées dans l’ombre, et qui fait prendre conscience du chemin parcouru jusqu’à Drag Race – et de celui qu’il reste à faire.
Quand ? jusqu’au 2 novembre 2025.
Où ? Frac, 22 rue des Alouettes, 75019 Paris
Qui étaient les Parisiens de l’Entre-Deux-Guerres ? C’est un peu la question à laquelle va tenter de répondre le musée Carnavalet avec son expo Les Gens de Paris, 1926-1936, qui utilise un matériau singulier : les recensements de population réalisés en 1926, 1931 et 1936, les premiers à être nominatifs dans la ville. De quoi décrypter les différentes vies au sein d’un quartier voire d’un immeuble, les dynamiques migratoires, les modes de vie et de consommation, les pratiques culturelles (la photo, la radio), les relations amoureuses – beaucoup de célibataires sont montés à Paris – ou l’adaptation de l’urbanisme. L’expo présente des figures connues, des anonymes via des registres bien sûr, des photos, des pièces de design ou encore un dispositif collant des visages de commerçants de ses dispositifs sur des cartes postales de l’époque.
Quand ? du 8 octobre 2025 au 8 février 2026.
Où ? musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, Paris 4e.
En 1825, Jacques-Louis David mourait en exil, à Bruxelles. 200 ans plus tard, à partir du 15 octobre 2025, le Louvre (qui possède la plus vaste collection d'œuvres du peintre néoclassique au monde) lui rend hommage à travers une rétrospective inédite, réunissant une centaine de prêts exceptionnels. Une exposition qui promet de mettre en avant la puissance expressive inégalée de sa peinture, mais aussi d’offrir à chaque visiteur une véritable traversée historique de la France au tournant du XVIIIe. Car l’art de David est habité par son époque, et dépeint la plupart des événements majeurs de la Révolution et du premier Empire, du Serment du Jeu de Paume au Sacre de Napoléon. Avant d’être nommé premier peintre de l’Empereur, sous Napoléon 1er, Jacques-Louis David fût un fervent révolutionnaire, allant jusqu’à occuper d’éminents postes politiques pendant la Terreur. Si bien qu’il échappe de justesse à la guillotine après la chute de Robespierre. L’une de ses toiles les plus célèbres, Marat assassiné, témoigne de cet engagement sincère, et devient aussitôt un emblème révolutionnaire. L’oeuvre originale, qui appartient aujourd’hui aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, sera à admirer dans cette exposition historique, aux côtés de toiles tout aussi emblématiques à l'image de Bonaparte franchissant les Alpes au Grand Saint-Bernard ou des Sabines.
Où ? Musée du Louvre, Paris 1er.
Quand ? Du 15 octobre 2025 au 26 janvier 2026.
Du disco à Kandinsky, la Philharmonie nous fait une belle transition dans son mix 2025. Après avoir remisé ses boules à facettes, la salle, en collab avec le Centre Pompidou, consacrera, du 14 octobre 2025 au 1er février 2026, une exposition sur le rapport du peintre Vassily Kandinsky à la musique. Pionnier de l’abstraction de la période moderne – son Aquarelle sans titre (anti)datée de 1910 serait la première du genre –, Kandinsky a toujours eu une relation très spéciale avec la musique, lui qui était doté de la fascinante capacité de voir les sons en couleurs. Une liaison si viscérale avec la musique qu’il tentera, tout au long de sa vie, de la mêler avec sa propre pratique artistique dans une ambitieuse synthèse des arts, explorant notamment la notion de « son pur ». Pour la mettre en cimaises et en son, la Philharmonie présentera une centaine de tableaux et dessins, dont une tripotée venant de Beaubourg, mais également des partitions, des photos avec ses BFF musicaux, sa collection de disques ou des gravures de chants populaires. Enfin, un parcours immersif au casque tentera de créer un « jeu subtil de correspondances entre musique, formes et couleurs ». Ou comment tenter de figurer le grand amour du roi de l’abstrait.
Quand ? du 14 octobre 2025 au 1er février 2026.
Où ? Philharmonie, 211 avenue Jean-Jaurès, Paris 19e.
Jusqu'au 24 janvier 2026, la Maison du Japon consacrera une rétrospective à l’œuvre d’Isao Takahata, connu pour avoir fondé le Studio Ghibli avec Hayao Miyazaki et Toshio Suzuki, et réalisé Le Tombeau des lucioles. Sur un format chronologique et à l’aide de dessins originaux, de storyboards, de vidéos, de celluloïds ou encore de décors, le commissaire d’exposition, conscrit du Studio Ghibli Kazuyoshi Tanaka, a cherché à retracer une carrière qui épouse les épopées les plus mythiques du cinéma d’animation japonais. De ses débuts dans le culte studio Tōei Dōga à la création du Studio Ghibli en 1985, en passant par les années 1970 où il façonnera les séries télé Heidi (1974), Marco (1976), Isao Takahata a profondément marqué et influencé le cinéma d’animation. Une carrière durant laquelle il n’a cessé d’explorer son art en l’entremêlant à l’histoire japonaise, tant sur les thématiques abordées (les bombardements américains dans Le Tombeau des lucioles) que sur la forme (Takahata a étudié les anciens rouleaux peints japonais et cherché à aquareller le dessin numérique). Bonus : un cycle de ses différents films et séries aura lieu du 21 au 31 octobre.
Quand ? Du 15 octobre 2025 au 24 janvier 2026
Où ? 101 bis Quai Jacques Chirac, Paris 15e
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