Annie Leibovitz, Andy Warhol, New York City, 1976
© Annie Leibovitz | Andy Warhol, New York City, 1976
© Annie Leibovitz

Que faire à Paris cette semaine du 5 octobre ?

Concerts, expos, films, théâtre, bars, restos : notre sélection des meilleures choses à faire cette semaine à Paris.

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Ce qu’on aime à Paris, c’est que chaque semaine, il y’a du nouveau à faire. Un bar où les cocktails coulent à flot, un petit bistrot de quartier ou une expo pour remplir sa caisse à culture. Chez Time Out, on sait que vous n’avez pas toujours le temps de vous rencarder sur les bons plans parisiens. Ça tombe bien, nous, si. Voici un petit paquet d’idées pour savoir où sortir cette semaine du 5 octobre à Paris et ainsi donner du coffre à votre vie sociale. Cadeau.

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Que faire à Paris cette semaine du 5 octobre ?

  • Art

Au cours de l’année 1826 – ou 1827 selon les sources –, l’ingénieur Nicéphore Niépce réalise depuis la fenêtre de sa maison bourguignonne Point de vue du Gras, la toute première photographie connue. Le point de départ d’une révolution technique, culturelle, artistique et mémorielle que la Bourse de Commerce célébrera à partir du 7 octobre avec l’exposition Remember Me, dont les œuvres seront directement puisées dans la collection Pinault. Forcément, la brochure de l’exposition fait rêver avec 700 chefs-d’œuvres de plus de 70 artistes sillonnant les époques, les courants et les avancées technologiques. Sur la photo de classe, on repère le surréaliste modeux Man Ray, l’expérimental Wolfgang Tillmans, la photographe de la Grande Dépression américaine (entre autres) Dorothea Lange, le prodige figurant les cultures afro-américaines Tyler Mitchell, Gustave Le Gray, le premier à shooter un chef d’Etat français avec Napoléon III, ou l’adepte de l’autoportrait et du brouillage des identités Cindy Sherman.

  • Shopping
  • Boulangeries
  • Saint-Ambroise
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

L’amitié culinaire franco-japonaise est un ouroboros qui n’en finit plus de se mordre la queue. Inspiré par la boulangerie française, Ryota Hirako a ouvert en 2018 à Fukuoka sa première boulangerie Amam Dacotan - “maison de blé” en japonais-  avant d’essaimer à Tokyo et Kyoto. Le voilà désormais installé à Paris dans une féérique échoppe de bois patiné et de fleurs séchées, faussement rustique mais vraiment charmante. Si Amam Dacotan reste une boulangerie, le pain brut reste cantonné aux seconds rôles et c’est le sandwich la star, comme ce petit croque-monsieur brioché parfaitement régalant à froid (et encore meilleur une fois réchauffé) ou ce faux burger boulanger, icône de la maison, avec un parfait pain aux graines enserrant haché de porc enjaillé d’épices, chou rouge et légumes rôtis savoureux. Côté sucré, pas de pâtisserie fine mais du trivial, financier, brioche au chocolat… Bonne pioche pour les quelques donuts mis sous les projecteurs – logique puisqu’au Japon le même groupe détient la fameuse chaîne “I’m donut ?”. La version matcha est divine, avec son beignet sulfureusement léger. Bref de la boulangerie fusionnante et aguicheuse à souhait.

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  • Art
  • Textile
  • Chaillot
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Avant d’entrer dans l’exposition “Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle” au Palais Galliera, on associe facilement la mode féminine de cette époque à une garde-robe ultra-féminine. L’exposition prend pourtant le contre-pied de cette idée reçue en s’intéressant aux appropriations du vestiaire masculin par les femmes, “un manque important dans l’histoire de la mode” que le musée de la Mode de Paris souhaitait combler avec cette exposition, présentée jusqu’au 14 février 2027. 

  • Bars à vins
  • 20e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Après avoir tous deux bossé au Fouquet’s, Léa et Jonathan ont exfiltré leurs idéaux progressistes dans ce confin du XXe. Car “Sor” - diminutif de “sororité” - s’affiche comme une safe place à vins naturels et en-cas végé, tous issus de productrices (femmes, donc) qui travaillent proprement. La DA de bar à vins ? Tons mauve, turquoise et vert d’eau, paisible terrasse sur rue piétonne, intérieur meublé comme l’appart d’une pote et vue sur 5m2 de forêt bellevilloise… Cet abri inclusif fait aussi centre culturel avec une prog d’expos (ateliers créatifs, yoga, concerts) où cultiver un engagement doux qui cherche à rendre le monde un peu meilleur, en commençant par l’apéro. Dans un menu où se côtoient planche de fromages de chez Crème (18€) ou courgettes farcies (8€) on opte pour un opulent croque “non-binaire”, ni madame ni monsieur, sans jambon ni œuf, aux pain de chez Ten Belles joliment astiqué de pesto, cream cheese, comté et parmesan - servi avec pommes au four épicées (11 €). Côté vins, un blanc salivant de Bergerac bien conseillé par la patronne parmi la quinzaine de ref (dès 5€ le verre). 

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  • Gastronomique
  • Louvre
  • prix 4 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Voilà Anne-Sophie Pic de retour à Paris avec un restaurant au sein de la fondation Cartier, attenant à son très réussi bar Utopic. Une élégante salle miroirs, grège et pivoines, traversée par une immense table de bois clair, frontalière avec une cuisine ouverte de marbre et d’inox. La mise en jette ! Bonne surprise, le menu déjeuner en 3 temps (en semaine) s’affiche à 120€, un prix plutôt accessible dans le référentiel de la cheffe. Attention, ce « discount » se fait au détriment de l’expérience arty réservée au soir (menu à 260€) où l’on vous coiffe d’un casque pour écouter un poème/recette sur les berlingots et une assiette de maigre évoque un tableau de Pollock… Ce midi-là, le menu en 4 étapes à 150€ cible l’essentiel, les goûts très lisibles d’une cuisine en ligne claire entre Japon et Provence, au risque d’oublier, parfois, la claque attendue d’une table gastronomique. Les moules chapeautant un flan nippon et nappées d’un beurre blanc au curcuma explorent l’acidulé, le maquereau caramélisé à la flamme (cuisson parfaite) emporte le sabayon matcha. Les grandes réussites ? Les mythiques berlingots et leur incroyable bouillon végétal fumé et ce graphique dessert à la figue et café d’un équilibre dément. Si vous êtes en fonds, foncez sur les accords proposés par la géniale sommelière Paz Levinson ! Le midi, la faune mêle cadres du quartier (de Cartier ?) et couples profitant de l’aubaine. Le soir, la population se fait plus chic, internationale et gastronome.

  • Art

Depuis le début des années 1980, Kerry James Marshall peint les personnes noires dans des toiles monumentales, lui qui est né en 1955 à Birmingham, Alabama, en pleine ségrégation. Pour sa première grande exposition française, « The Histories* », le Musée d'Art Moderne de Paris accroche du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027 quelque 70 œuvres, dont huit peintures inédites créées pour l'occasion, dans un parcours conçu par la Royal Academy de Londres avec le Kunsthaus de Zurich. Ses tableaux racontent l'esclavage, la ségrégation, le moment émancipateur des droits civiques, convoquent des figures de l'histoire africaine, revisitent les icônes de la peinture occidentale ou saisissent le quotidien, pique-nique et salon de coiffure, en piochant aussi bien chez les maîtres anciens que dans l'esthétique des cartes de vœux américaines. À voir absolument : « Wake » installation évolutive entamée en 2003 autour de la traite transatlantique, bateau de bois, chaînes en or et filets de pêche, que l'artiste enrichit à chaque présentation d'un médaillon au portrait d'une personne déportée.

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  • Dans nos Assiettes

« Je ne peux pas dire qui rachète, ça porte la poisse, mais c’est une belle histoire qui se trame », lâche Inaki Aizpitarte, revenu de vacances. La revente de son Chateaubriand, le mythique bistrot qu’il a repris en 2006 et où il a écrit les plus belles pages de la bistronomie parisienne, a eu des ratés, mais cette fois c’est la bonne : il rend les clés en décembre 2026. En attendant et jusqu’au dernier jour, le Chateaubriand continue de briller. D’abord, le chef basque va reprendre les résidences de complices et d’amis lancées en décembre dernier. On a pu ainsi goûter des quatre-mains d’anthologie avec Alexandre Gautier, Yves Camdeborde ou le regretté Bertrand Grebaut. Voilà que se profilent ceux avec Raquel Carena du Baratin (le 4/10) ; Valentin Raffali du Bus Palladium ; Hanne Grunewald, la sommelière historique du lieu, ou de Kris Yenbamroong du Night+Market à Los Angeles…  Ensuite pour son dernier trimestre le Châteaubriand se mue désormais en bistrot ! En parallèle du menu dégustation, le chef Leonardo Righini et son équipe vont aussi proposer des plats à l’ardoise, plus simples et abordables comme un steak sauce mitraillette et pommes dauphine à fourchetter au comptoir, mais aussi des propositions issues du menu (un tocino de cielo direct, quelqu’un ?). Bref vous n’avez plus d’excuse pour ne pas dire adieu à la table parisienne la plus marquante des 20 dernières années !

8. Voir le retour sur scène de Céline Dion

Sept ans - sans compter son passage à la cérémonie d'ouverture des JO - après son dernier concert parisien, Céline Dion est (enfin!) de retour sous nos lattitudes avec 16 dates à la Plenitude Arena, prévues entre le 12 septembre et le 17 octobre prochains. Un comeback pour lequel plus de neuf millions de personnes ont tenté leur chance afin d'obtenir des billets. Le ballet peut commencer.

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  • Goutte d'Or
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Au nord du métro La Chapelle, se déploie ce catalogue d’ailleurs dont Jordan Florentin voudrait qu’on ait peur. Un mélange chamarré et bordélique où se côtoient sur le même trottoir sacs d’épices tamoules, battes de cricket afghanes et, donc, assiettes yéménites. Au Royaume de Saba, le dépaysement commence dès la vaste salle évoquant la khaïma bédouine : on se déchausse pour s’accroupir dans une alcôve tendue de tapis. Ça change des tabourets en inox des coffee shops du Marais ! En plus de petites entrées orientales classiques (fattoush, mouttabal), la carte (100 % halal) s’articule autour du mandi et du madfoon, deux spécialités yéménites de viande, cuites longuement à l’étouffé dans un four hermétique (le taboon). On opte pour un mandi de poulet, soit deux cuisses hyper fondantes au bon goût de fumée sur un lit king-size de riz basmati parfumé de cumin, cannelle, citron et safran. Il s’accompagne d’un ramequin de sahawiq, une sorte de pesto de tomate, fromage et piment plus chaud qu’un 15 août à Aden. A écoper avec des morceaux de pain plat. Un plan précieux où se sustenter pour pas cher ! La diaspora yéménite se retrouve ici, loin du bruit de la rue. Dans un box, une mère déjeune avec son fiston. Dans un autre, un homme prie. Ça s’interpelle en arabe tandis que la télé diffuse les mélopées en 4K d’une diva du Golfe.

  • Art

A l’heure où une photo d’un terrain de foot au milieu des décombres de Gaza a été discrètement retirée d’une exposition par la mairie de Deauville – un geste désavoué par la justice –, l’IMA a pris le parti de ne cesser de parler de la Palestine. Un an après sa rétrospective Trésors sauvés de Gaza, l’Institut du monde arabe présente jusqu'au 1er novembre l’expo La Palestine photographiée par Joss Dray, une photographe française dont l’œuvre et le parcours épousent depuis quarante ans le quotidien et les luttes du peuple palestinien. Présentée dans la bibliothèque nommée d’après la diplomate palestinienne Leila Shahid (décédée en février 2026), cette expo donne à voir 65 photos, dont une partie jamais montrée, de Joss Dray. Des tirages pris lors de reportages – le dernier a été missionné par l’IMA – dans les territoires palestiniens, les camps de réfugiés ou dans les espaces investis par la diaspora entre les années 1987 et 2001. Deux balises qui correspondent aux débuts des deux Intifadas, entrecoupées par les accords de paix signés au milieu des années 1990.

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  • Dans nos Assiettes

Depuis 2010, Rimpei Yoshikawa régale Tokyo depuis son petit bistrot Pignon (baptisé en hommage à François Pignon du Dîner de cons !). Bonne nouvelle pour les Parisiens, plus besoin de rallier Shibuya pour goûter la cuisine de ce chef francophile et globe-trotter. Il a en effet été invité par Bertrand Auboyneau à tenir la cuisine de sa Cave Paul Bert du 6 au 17 octobre. Au menu, des petites assiettes qui s’inspirent autant de l’Hexagone que des voyages de Rimpei, avec toujours le Japon en ligne de mire, comme dans ces tagliatelles maison aux cèpes et au dashi, ce burger de merguez maison ou un ceviche de poulpe au bouillon de bonite… A faire couler avec la superbe sélection de vins nature piochés sur les étagères. Attention, la Cave Paul Bert offre bien moins de place que le célèbre bistrot voisin, arrivez tôt car pas de résa possible.

  • Art

À l’occasion des 20 ans de la sortie du film Marie-Antoinette, tourné entre ses murs, le château de Versailles proposera du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027 une exposition retraçant son tournage, conçue en collaboration avec la réalisatrice. Dépliée au Petit Trianon, l’expo présentera les costumes originaux de Milena Canonero – primée aux Oscars 2007 –, les storyboards, les photos ainsi que des reconstitutions de décors et lieux de tournage in situ. Avec cette expo, le château de Versailles célèbre un biopic qui a marqué l’imaginaire populaire au mitan des années 2000. Le film raconte le parcours intime de la dernière reine de France, jouée par Kirsten Dunst, entre l’adaptation d’une enfant de 14 ans au huis clos versaillais et son émancipation du carcan. Davantage que son historicité très relative, c’est l’esthétique flamboyante du film qui a imprimé, avec ses couleurs pastel et cette BO très rock qui fait défiler Siouxsie And The Banshees, Gang Of Four, The Cure ou Aphex Twin.

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  • Bars à tapas
  • Arts et Métiers
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Après le succès de l’Oursin, Hippolyte et Aristide Cochin, Louis Plichet (des Enfants Perdus) et la cheffe Louise Perry gardent le cap du nom océanophile pour leur nouveau bar à l’ancienne où l’on mange bien (version 2026 d’Aux Deux Amis un peu). Avec cet Atlantic, ils abordent la rive sud de SSD, en reprenant un rade sans histoire tout en longueur, miroir et terrasse surplombant le boulevard. Le coup de génie ? Installer de véritables néons qui donnent l’impression à l’Atlantic d’avoir toujours été là ! L’idée reste de mettre un peu de cuisine dans l’apéro avec des (petites) assiettes tournées vers l’Espagne qui laissent la bouche luisante : puissant tarama d’oursin (10€) à tartiner sur des pitas au beurre de sauge (4€), grosses moules de Galice dans un curry tout en rondeur (15€), brochettes de poulet lustrées d’une sauce basquaise (12€) qui aurait mérité plus de peps. La carte des liquides mélange le faussement popu (la Jupiler à 4,5€ le demi), une quinzaine de quilles naturelles bien castées (Into the Red du Mas Foulaquier à 40€, Bambara da Casa Bianco à 45€) et des cocktails, dont un Tinto de Verano gastronomisé par rapport à sa version andalouse (vin blanc, vermouth, limonade au sureau pour 12€). L’ambiance multiculturelle et polysociale de SSD ne passe pas l’invisible frontière du boulevard. Ici, on picole entre touristes américaines abonnées aux bons comptes Insta et trentenaires à moustache qui comparent leur KPI.

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