Wani
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Les derniers restos et bars qu’on a testés

Entre bistrots qui font parler d’eux, bars planqués derrière un rideau et tables d’auteur où tout Paris se bouscule, la rédac a sorti ses carnets de notes. Voici nos dernières critiques, les vraies, celles écrites le ventre plein.

Antoine Besse
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Nos dernières critiques restos

  • Faubourg Montmartre
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
L’adresse avait été Pastore, table rigoureusement sicilienne, la voilà devenue Patsy, où le menu - signe des temps - met de l’eau dans sa Botte et assume une cuisine fusion sinon cosmopolite, au moins pan-méditerranéenne. Le nom du resto signifie benêt en argot italo-américain, mais la cuisine de Vasyl Andrusyshyn, chef russo-ukrainien élevé en Italie et passé par l’Assagio (et Pastore), se montre carrément futée avec une vraie maîtrise des textures et des sauces. La preuve avec cette formule déjeuner (à 38 €, par personne, pas donnée) apportée avec diligence par Alexandre Bongibault, ancien d’Eels et associé dans l’affaire : topinambours rôtis et noisettes torréfiées alanguis sur une sauce au gorgonzola et café ; agneau rosé végétalisé par une mojo verde des Canaries avec une purée de céleri plus satinée qu'un kimono de SCH, et un tiramisu recomposé avec une glace café et une gelée d’amaretto. Patsy n’est pas construit sur un cimetière indien mais sur une vaste cave, ce qui permet de proposer une carte de vins joufflue en ping-pong avec l’Italie : alsacien Complantation de Marcel Deiss (55 €) ; piémontais Derthona de Claudio Mariotto (62 €) ou luxueux Barolo Cascina Fontana (218 €). Le soir, la carte s’étoffe mais reste sur une proposition entrée/plat/dessert. Patsy s’avère une plaisante surprise dans la catégorie de la bistronomie voyageuse où fêter quelque chose ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à...
  • Pizza
  • Saint-Ambroise
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Dans l’une des artères les plus gastronomiques du 11e, la pizza a la cote. Tout en haut de la rue de la Folie-Méricourt trônent les fines galettes craquantes d’Ave Pizza Romana et, à l’autre bout, on trouve désormais les antithèses raisonnablement joufflues d’Acid Lactic, le side-project surprise de la Fermentation Générale qui, quelques numéros plus haut, écoule miso, pain et autres kombuchas. Le taulier Valentin Orgeas s’est associé avec le maraîcher bio Cyrille Renault, le tandem de la com David Bellion et Johan Delpuech, et le pizzaïolo Dammi Welianga pour relifter une pizzeria anonyme, couvrant comptoir et murs de contreplaqué en pin des Landes. À notre passage, il fallait jouer au pizza-bivouac pour se régaler puisqu’il n’y avait encore ni tabourets devant les mange-debout ni assiettes, à peine une fontaine à eau posée dans un coin pour ceux qui choisissent de manger leur pizza sur place, à même la boîte en carton. Depuis, les tabourets sont arrivés et la pizza, 100 % au levain naturel et blés anciens, a continué à s’affiner. Ces farines donnent à la pâte une mâche particulière, un air de « pain » et une certaine résistance intrigante qui l’éloignent de la Napolitaine ubiquiste. Sur la courte carte écrite à la main, on goûte une exquise ’nduja bien relevée, admirablement balancée par une mozzarella lactique dégotée chez Nanina, à quelques rues de là. Bel effort végétal sur la VG#3 où s’empoignent pleurotes, pesto de kale, zaatar et ricotta fumée sur une base de purée...
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  • Coréen
  • Grenelle
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Bien plus que le quartier Saint-Anne, la Motte-Piquet-Grenelle mérite, depuis les années 90, son appellation de « Petite Corée », avec ses épiceries, ses karaokés, son festival gastronomique et ses dizaines de restaurants. C’est donc logiquement ici que le chef Jeonggil Jun (venu du Café de Mars) a ouvert fin 2025 son café/cantine où prendre un latte au misugaru (une poudre de céréales coréenne), un brunch ou un déjeuner sur le pouce. Il l’a baptisé comme la rue de sa maison d’enfance en Corée et se concentre sur les kimbaps , ces makis XXL, vedettes des pique-niques scolaires, déclinés en 9 versions à la carte. Ce midi, dans une ambiance sonore de Coréens joyeux (un bon signe), on opte pour le kimbap mystère du jour (14 €). Une dizaine de pièces larges comme un bras d’enfant, où l’algue nori peine à contenir les gros morceaux de seiche, le riz parfumé, les radis, la carotte et les pickles de concombre et la mayo pimentée. On trempe le tout dans une incendiaire sauce soja et moutarde. C’est gourmand, relevé ce qu’il faut et plein de textures. Une réussite. Les udons au tofu, accompagnées d’un ramequin de crevettes frites servies à côté, font bien envie aussi. Histoire de ne pas risquer l’hypoglycémie en plein 15e, on s’offre la star du lieu : un cheesecake au matcha vert gazon et léger comme une fleur… en attendant l’été et les aériennes glaces bingsus. Pas de doute, Ssang Bong Lo mérite carrément de se faire une place dans cette K-Town parisienne. Chez Time Out, tous les...
  • Bistrot
  • Paris et sa banlieue
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
L’Amitié Rit de l’ami Thierry Dubourg a été un bar à vin adoré de Montreuil, une ambassade du vin nature en terre séquano-dyonisienne. Le taulier parti se dorer au soleil de Toulon, un couple de locaux, habitués des lieux, a repris l’affaire : Kailey Hoyle (passée par Mokonuts et Septime) en cuisine et son époux Sébastien Le Coroller en salle. Si l’appétence vineuse est conservée intacte, le nom a été raccourci et l’intérieur complètement retapé en troquet immémorial avec suspensions en opaline, petit comptoir boisé et sol en casson. Depuis la mini-cuisine, la cheffe dégaine une formule midi (25 €) enluminée de recettes bistrotières simples et sapides : fraîche salade de courge shiatsu rôtie, bleu, trévise et poire ; pintade grillée caressée par une soyeuse polenta et un intense jus de cuisson ; rassurant riz au lait au caramel et sarrasin grillé. Le soir, la carte s’étoffe un peu ainsi que les prix (mais on reste sur une entrée, un plat, un dessert). Originalité de l’adresse, elle abandonne le droit de bouchon. Les bouteilles alignées aux murs (Mosse à 17 €, Raffut de Sylvain Bock à 23 €, Élément de Guillaume Noir à 19 €) se destinent donc à la vente à emporter. Pour accompagner ses assiettes, il faut aller piocher dans un livre de cave replet, photo de famille du vin nature français : Emmanuel Roblin (Ekto d’AB Initio à 26 €), Pierre Overnoy (rare Chardonnay 2016 à 290 €), Christian Binner (Schlossberg à 70€)… L’Amitié et sa license IV ne prenant -presque- pas de pause,...
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  • Gastronomique
  • Ile Saint-Louis
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
On n’avait pas vu un tel feu sur l’Île Saint-Louis depuis l’incendie de l’hôtel Lambert en 2013. Que les Ludoviciens se rassurent : ici, la sauvagerie de la flamme est civilisée par la cuisine exploratrice du chef Marcin Król (ex-Maison Sota) et l’accueil ouaté du sommelier Quentin Loisel (descendu du Jules Verne). La mise chantournée par Sacha Leong de Nice Project ? Pleine de prestance rétro-moderne, du plafond blanc à néons aux miroirs mouchetés et boiseries, jusqu’aux WC de galerie d’art. Et au fond, crépite un four à bois près d’un grill sur mesure, joujou ardent de ces gastro-pyromanes inspirés. L’abondant menu gastronomique du midi (85 €) aligne des plats d’avant-garde mais pas abscons, qui cultivent de belles aspérités et des accords sensibles. Ainsi défilent frissonnante tempura friable de cime di rapa et anchois à la bergamote ; oursin inédit garni de polenta tiède au raifort, à la texture de roulage de pelles ; bijoutière Saint-Jacques (parfaitement cuite) enchâssée dans une raviole et lustrée de sauce nantua ; magistral maquereau marqué au fer rouge sous une vinaigrette au verjus, herbes et gras de poulet ; athlétique pintade à la broche avec endive grillée et prodigieux ragoût d’abats propulsant le plat dans une autre dimension. Et, en duo de desserts, une île flottante à la Chartreuse et une intense crème caramel au vin de paille. Tout ça dessine une gastronomie à tête chercheuse, élémentale et actuelle — à épauler d’un saumur blanc au verre (12 €) ou de...
  • Français
  • Paris et sa banlieue
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Elle a été agente de vignerons nature (qu’on retrouvait notamment chez Yard), distributrice des volailles familiales, autrice de BD (avec Justine Saint-Lô), Fleur Godart, plus souple qu’un gamay d’Auvergne, se lance aujourd’hui dans une carrière de restauratrice. À un jet de bouchon de son domicile audonien, elle a ouvert Fine Fleur, une lumineuse cantine d’angle/cave, largement ouverte sur la place de la Paix et de l’Amitié entre les Peuples (quel beau nom). Vivement le retour des beaux jours pour profiter de la terrasse ! En ce venteux midi hivernal, on pioche du réconfort sur la courte ardoise : un sapide bouillon de volaille (fermière !) agrémenté de pois chiches et de citron confit (6 €) avant, en plat mijoté, un mounjet, qui n’est pas une marque d’avion mais la version catalane du cassoulet, une solide assiette de haricots blancs au bon goût de lard et garnie de saucisse et de morceaux d’agneau (15 €). À noter qu’il y a toujours une offre végé ! Et comme le lieu fait aussi refuge à petit-déjeuner et goûter, on se laisse tenter par le sucré en exposition avec un moelleux gâteau à la clémentine. Sur les étagères, les bouteilles nature ascendant punk attendent le chaland (ajoutez 10 € de droit de bouchon) : cuvées militantes de la taulière comme ce Male Tears (19 €) ; Alsace Anarchiste de Kumpf & Meyer (23 €), Bourgogne Château de Béru (39,50 €)... Et le samedi, c’est poulet rôti ! Une belle parenthèse modeste, chaleureuse et sincère.
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  • Japonais
  • Saint-Michel
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Derrière Saint-Michel, se cache une intrigante porte rouge miniature. On dirait le sas d’accès d’une villa hobbit, c’est en fait celui d’un izakaya silencieux qui joue à cache-cache avec le tumulte des passants dans une ancienne cave de poutres et de pierres. À l’intérieur, s’imbriquent des comptoirs de bois clair où faire tenir tout juste une équipe de foot (sans les remplaçants).  On s’y installe façon Tetris pour un gueuleton nippon bien troussé. Bandana enroulé autour de la tête, le chef Ryota Suzuki (ancien de chez Abri) chantourne, au dej, une formule à 21€ qui jure avec les rapports qualité/prix scabreux du quartier. Après une soupe miso et un zensai (petit hors d’oeuvre de haricots verts-thon), est servi avec le sourire un plat pour appétits dimensionnés comme la porte d’entrée : assortiment de tranches de poisson cru, bar, saumon, thon, toro en degradé de couleur avec son -vrai- wasabi, ou poulet frit karaage et salade verte voire chirashi pour quelques euros de plus. En supplément dessert, on ajoute une pimpante mousse choco-yuzu sous une poire confite au whisky japonais (9 €). Le soir, à la carte, le chef passe en mode super saiyan et envoie des kamehameha: croquettes fondantes à la crème et chair de crabe (12 €), morue charbonnière au miso (19 €), sushis et sashimi sans afféteries (25-29 €)...  A boire, de sacrés sakés, chauds ou tièdes, venus des quatre coins de l’archipel: d’Akita à Gifu, en passant par Yamaguchi (9-17 € les 12cl) mais aussi quelques vins dès...
  • Crêperie
  • Le Marais
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Vous connaissez l’effet Mandela, cette illusion collective qui nous persuade que le monsieur du Monopoly arbore un monocle ou que le logo Fruit of the Loom intègre une corne d’abondance ? Dans le même genre, on était convaincu que la double spécialité galette et huître était largement répandue, tant ce terre-mer breton semblait aller de soi. Erreur ! Il semble qu’à Paris, seuls Albane Lamotte (venue de Paris Society) et son frère Baptiste aient pensé à ce mariage de raison, consommé chez TyCoz (et son adresse sœur à Saint-Germain, le Galette Café). Postée en plein Marais, en face du joli square Léopold-Achille, cette « ancienne maison » (dans la langue de Tri Yann) porte beau : façade chaulée, salle lumineuse et – surtout – pas de biniou en fond sonore. L’offre bivalve se montre assez ramassée (Cancale n°3 ; Bélon ou Kys de Carnac en n°5 ou n°3), mais sur la billig, en revanche, il y a masse de choix avec 17 recettes aux ingrédients bien choisis (andouille et farine artisanales, fromages de la maison Bordier…). On opte pour une formule mollusque et sarrasin. Les Kys n°5, accompagnées de morceaux de galettes à tartiner de beurre aux algues, font le plein d’iode. La classique complète (au jambon blanc artisanal mais aux tranches un peu fines), avec sa pâte, se montre croustillante et au bon goût de sarrasin, donne envie de lancer un fest-noz. À faire couler avec un cidre nature Coat-Albret (20,50 € la bouteille !). On se termine avec une crêpe nappée d’un convaincant Nutella...
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  • Bistrot
  • Roquette
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Patine, c’est l’ancien Café Mirabelle où s’affairait Marion Goettlé, repris par Julien Chevallier (ex Parcelles) en cuisine et Emma Rajaud, en salle. Le duo l’a transformé en un bistrot épuré – briques à vif, opaline et chaises Baumann – bercé par du Nougaro qui s’échappe d’enceintes vintage. Faisant mentir son nom, cette jeune adresse (l’ouverture date de fin décembre) ne patine pas du tout, au contraire : la trajectoire bistrotière s’avère carrément maîtrisée par le chef, qui nous conduit, bras à la portière, vers ses assiettes très personnelles, redonnant un peu de jus à une bistronomie parfois galvaudée. Dans le menu du soir à 50 €, on se régale ainsi d’un terre-mer de tagliatelles d’encornet envoûtées par de fines tranches d’oreille de cochon, avant un polychrome de lieu jaune nacré, coques, petite carotte et chou pointu sur un sapide sabayon, puis un classique (mais rare) soufflé au chocolat. Dans la carte des vins s’ébroue une belle sélection nature : Alsace Matin Fou de Christophe Lindenlaub (35 €) ; muscadet de Jean-Baptiste Hardy (58 €), Ardèche d’Hervé Souhaut (50 €)… avec une belle offre au verre. Et le midi, la formule entrée-plat à 22 € apparaît comme la bonne affaire du quartier. Bref, inutile de freiner notre enthousiasme, Patine ne badine pas avec le bon. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !  
  • Gastronomique
  • Necker
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Dans la lignée d’Épopée ou de Fugue, voilà un nouvel exemple où des cuisiniers d’origines asiatiques s’emparent de la gastronomie hexagonale. Ébène a éclos à l’hiver 2025, porté par la cheffe coréenne Jihyun Kim et, en salle, Simon Plantrou, natif de Dieppe. Le couple, passé chez Alain Passard, a fait table rase d’un ancien bar vineux pour offrir, à ce bout du 15e (et, lors de notre passage, à Olivier Roellinger sorti d’un TGV malouin), une salle blanche et épurée sur laquelle s’ouvre une vaste cuisine. Le menu du soir en six temps (96 €) est au diapason de l’ambiance, maîtrisé, généreux – oh les poireaux vinaigrette et anguille fumée en plantureux amuse-bouche – mais parfois un peu sage. On y croise de très belles assiettes ancrées dans la saison, comme cette splendeur maritime de langoustine au feu sur une embeurrée de chou et une bisque aux coques ; ce puissant canard rôti rosé (présenté à table avant le service dans la tradition des grandes tables), son jus satanique et ses croquantes tranches de chou-fleur micrométriques ; ou cette canaille mousse de foie de volaille. D’autres étapes gagneraient cependant à plus de témérité, comme dans cette Saint-Jacques crue dans une très (trop) discrète crème de pignon. La carte des vins fait la part belle aux vins propres : Chablis de Dominique Laurent (57 €), Ventoux du domaine Alloïs (39 €), mythique Silex du domaine Didier Dagueneau (215 €)… Loin du barouf bistrotier de l’est parisien, Ébène déploie un hommage délicat à la...

Nos dernières critiques de bars

  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Autrefois, l’adresse abritait le Sherry Butt, repaire des amateurs de whisky sous toutes ses formes. Après quelques mois de fermeture et de réglages, place à Memento, né de l’association entre deux vétérans du Moonshiner – l’Italien Matteo Grotti et l’Argentin Joaquin Malki - et Marco Duce, proprio de la cave à vins voisine, Magnum. La salle tout en longueur et pierres apparentes a troqué les lumière chiches et l’ambiance très feutrée de son ancienne vie contre plus de couleurs, une longue banquette veloutée et une atmosphère moins guindée. Le menu propose d’une dizaine de cocktails voyageurs, avec une partie modérément alcoolisée pensée pour l’apéritif. Justement, l’on débute par un effervescent Saint Paul, inspiré de la version argentine de l’Americano. Ici, le drink mêle harmonieusement l’amertume herbacée – avec une pointe de menthol – des deux Fernet Branca à la douceur du mix de vermouths et de la liqueur d’orange. Une réussite. Registre différent, mais tout aussi réjouissant, pour le mexicain Mariposa Monarca, un cocktail puissant, à base de bourbon « fatwashé » au mole mexicain maison. Un sirop d’agave infusé aux épices vient apporter du contraste en titillant le bout de la langue, tandis que l’ajout de tagète mexicaine procure le réconfort de notes d’estragon légèrement anisées. Memento se souvient qu’il possède une vraie cuisine et, comme Superfine, propose une consistante carte de solides. Elle navigue entre grignotage (olives, pain brioché avec anchois) et...
  • Bars à vins
  • Le Marais
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le Marché des Enfants Rouges, l’un des foodcourts parisiens qui cartonne sans faiblir depuis des années, continue d’évoluer. Dans l’un des rares emplacements couverts (et chauffés !), le DJ-producteur/viticulteur grec Nikolaos Symeonidis vient d’installer ce Kissa, enclave minimaliste de pierres grattées, poutres métalliques et guéridons en marbre. Le nom japonais (« café ») ne doit pas vous tromper : voilà un bar à vin 100 % nature qui propose une sélection pointue et internationale : l’électrique Eskalation Potential d’Habibi Wine (le domaine -allemand !- du patron), cabernet hongrois de Kolonia 52, Voï du grec Jason Ligas… Depuis la cuisine (pas ouverte !), la cheffe Daniela Jaber concocte des petites assiettes entre influences gréco-turques (börek aux épinards, feuilles de vigne), classiques de barav (un mont-d’or chaud à attaquer avec une pita) ou inventions bien vues comme cet œuf mayo twisté en houmous (émulsion d’œuf et vinaigre et citron, un peu de mayo, jaune cru) qui se tartine à plusieurs sans effort. Le tout baigné dans une bande-son érudite, piochée par Nikolaos dans sa collection de vinyles (même si, lors de notre visite, la présence de l’ex-footballeur Raí a poussé le patron à mettre le pressing sur les pépites bossa). Une adresse à la DA forte qui mérite sa place dans les itinéraires des affamés de Fashion Weeks ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel...
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  • Bars à vins
  • 19e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Soif, l’agence vino-musicale qui aime autant trinquer que danser, se sédentarise à un jet de bouchon des Buttes Chaumont. La team de Céline Maguet et Vincent Ribault a l’habitude de poser des tireuses à vin et des gros sons en festival mais sait aussi fixer des étagères, gratter des murs et décoller du lino. Sous celui de ce local, ils ont découvert un sol de carrelage brisé qui leur rappelle les marnes bleues, ces roches typiques du vignoble du Jura. N’en jetez plus, leur bar à vin a trouvé son nom !Sous les passe-câbles à nu du plafond, fusent des godets à prix modiques extraits par les taulières Heloïse Arnault et Sabah Borg de neuf robinets chromés fixés au mur: riesling alsacien de Clément Goepp, beaujo’ primeur de Nicolas Chemarin, grenache catalan du domaine Riberach, sylvaner de JM Dreyer (5-6€ le verre)... Contre un droit de bouchon de 10€, on peut aussi vider sur place, par exemple, toute la panoplie de La Paonnerie, le domaine ligérien de Marie Carroget ou les dingueries rhodaniennes d’Etienne Seignovert (dès 20€ la bouteille).  Côté solides, on se pourlèche des inspirations végétales aux sauces enjouées de la cuisinière Vittoria Durand (passée chez Gargouille): pimpants rouleaux de crudités dans un saté dûment cacahuété (8 €) ; kiffants brocolis croquants dépravés au tahini et granola salé (8 €) ; adorables gnocchi miniatures dans un fameux jus réduit de champi (14 €) ; avant une très habitable île flottante au mélilot en dessert (7 €). Autant de qualités qui...
  • Bars à cocktails
  • Bastille
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Les fans de Morrissey avaient vécu la fermeture du Motel comme la fin d’une époque. Sur les vestiges du mythique bar rock indé, Delphine Laguerre (Kern) en cuisine, Étienne Gatti et Vincent Pinceloup (Monsieur Antoine) ont ouvert Superfine. Après un lifting complet, le lieu a gagné en propreté, en élégance et en volume. Présenté comme un dive bar (un « bouge » en argot US), le Superfine apparaît plutôt comme un diner propret. Posté au comptoir circulaire « historique » désormais paré d’inox, on découvre la carte d’une douzaine de cocktails très variés (quatre sans alcool) conçue avec Raphaël Blanc (ex-Midi Minuit) selon les moments de la journée. On débute en main course avec le Not A Bloody Mary. Servi dans une coupette, le cocktail translucide est une réussite. Les notes fumées du mezcal s’accordent avec l’ananas, tandis que la légère salinité du céleri et le piment de la harissa à boulotter à côté donnent du relief à l’ensemble. Même satisfaction avec le White Forest Martini, qui emmène le classique Dry Martini vers des territoires inexplorés où la coco et le végétal (sapin, huile d’estragon) dialoguent en harmonie. La cuisine d’inspiration street food US n'est pas là pour faire de la figuration. Le Super Dog, avec sa saucisse de volaille, étonne son monde grâce un habile relish au curcuma. Et on se régale d'une Puff Pizza, inspirée de la pizza fritta napolitaine, bien joufflue, avec de la crème de ricotta, du beurre de harissa et du fromage provolone. Que des...
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  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 3 sur 4
  • 3 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Si vous trouvez que le Marais ressemble de plus en plus à un plateau géant pour influenceurs Insta, ce Rojo risque de ne pas vous rassurer ! Ouvert au printemps 2025 par la discrète Yunyun Gui, qui possède déjà le Sevenly Heart à deux pas, ce bar / comptoir à tapas, dont l’enseigne est un œuf, envoie du lourd côté plumage : une succession théâtrale de tabliers de cheminées, d’urnes de jardin, de bougeoirs et d’appliques à pampilles qui ferait passer un antiquaire du marché Paul Bert pour un amateur d’épure. Mais ça marche, et une population largement anglophone fait la queue devant la porte encadrée de deux colonnes en marbre, autant pour avoir une table que pour se prendre en photo… La carte des cocktails décline l’œuf en jeux de mots plutôt qu’en ingrédient, comme ce Eggs-boyfriend (tequila, St-Germain, verjus et petit-lait) gentiment amer. L’Egg-cellent, au cognac, yuzu, tamarin et blanc d’œuf, offre d’agréables notes veloutées d’agrumes. À noter que pour avoir le garnish du verre (un cure-dent avec du porc séché), il faut rajouter 1 € à un tarif déjà costaud (17,50 €). Pour accompagner les liquides, On peut piocher dans une carte d’une dizaine de tapas mondialisées (burrata, poulet karaage, piments de Padron…) pour accompagner les liquides, comme cette triade œuf brouillé, mariné et vapeur, plus gadget et que donnée (19€). Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à cocktails
  • Réaumur
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après Bar Nouveau, Rémy Savage continue de tracer sa route singulière dans le paysage du cocktail parisien, un voyage qui passe autant par une créativité débridée que par une solide culture artistique. Cette fois, installé rue Saint-Sauveur, non loin de De Vie, il convoque l’art abstrait dans sa cérémonie mixologique. Soit en langage Savage : travailler les formes les plus élémentaires des ingrédients et donner la priorité au ressenti plutôt qu’aux figures connues. Il décide donc d’exclure de sa carte (presque) tous les alcools du commerce et de distiller lui-même des ingrédients pour concentrer juste le goût voulu. Pour l’instant, le gros du travail se fait à l’Abstract de Lyon, mais bientôt, le laboratoire aux murs dichroïques de sa petite adresse parisienne va aussi produire ses spiritueux maison. Le bar en lui-même est tout petit, prévu plutôt pour siroter au comptoir qu’assis aux rares tables (mis à part le pico-salon orange du fond). Sur le beau menu en plastique, que des intitulés familiers des brasseries (mauresque, citron pressé…) qui, évidemment, réservent des surprises. Le galopin de « picon bière » à prix ouvrier (4 €) cache une délicate décoction effervescente de fruit de la passion dans du Picon (du vrai !), tandis que l’expresso martini — totalement translucide ! — est le résultat d’une triple extraction à froid (notamment dans de l’eau de coco) de café. Tous les marqueurs s’y retrouvent (sauf la couleur !), une réussite. Autre verre ovni dont on voudrait...
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  • Bars à cocktails
  • Réaumur
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le projet multiforme De Vie, porté par le duo Alex Francis et Barney O’Kane (ancien du Little Red Door), prend enfin sa forme définitive : celle d’un lieu triple restaurant/bar/caviste, posté dans le très cocktailophile quartier de Montorgueil (non loin de Dealer, du Golden Promise, de l’Abstract, de l’Experimental). Alors qu’au rez-de-chaussée le Comptoir, ouvert depuis mars 2025, propose un pairing entre assiettes et spiritueux, au sous-sol le Bar accueille désormais les clients désireux de seulement siroter un cocktail. Un plafond voûté, un grand miroir et une vaste table marbrée rouge : la décoration fait dans le minimalisme de bon aloi. Les huit créations se couchent sur une petite carte format ticket de caisse, mais il ne faut pas s’y tromper : derrière cette épure de façade se cache un travail de maboule dans les cocktails. Chez De Vie, ça distille, ça macère, ça infuse. Comme dans ce Poivron, verre ensoleillé qui mélange spiritueux maison au poivron grillé, liqueur de fleur de sureau et soda aux herbes, ou cet umamiesque et puissant Betterave, à l’esprit de betterave maison, eau-de-vie de prunelle et vermouth. Selon ce qui est servi en cuisine ou l’inspi des équipes, la carte change tous les jours ! Ce Bar De Vie s’impose comme une tête de pont de ces nouveaux comptoirs artisanaux qui révolutionnent tranquillement le monde du cocktail ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme...
  • Bars à vins
  • 12e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Nettement plus bon plan que biplan, le Baron Rouge escorte le quartier d’Aligre, ses brocanteurs, ses artistes et ses arsouilles depuis 1991. Le plan de vol de ces as de l’apéro s’inscrit sur une palanquée d’ardoises derrière le bar : une cinquantaine de références, majoritairement bio, parfois nature, déclinées au verre, au pichet ou à la bouteille, à des tarifs très corrects, comme ce saumur Poil de Lièvre de Clauzel Bobinet (6 € – 42 €) ou le Potron-Minet de Benjamin Boissier (4,50 € – 31 €). Entre le plafond lie-de-vin et le sol en vieux carrelage, le décor a un tout petit peu évolué avec les années : le mur de tonneaux s’est réduit à cinq représentants (pour repartir avec son litron de Morgon à la maison), des jus de fruits sont apparus sur les étagères … Mais heureusement, l’atmosphère bon enfant du Baron, elle, n’a pas bougé d’un pouce : un joyeux mélange des genres et des générations qui trinquent, picorent des planches de fromages et rigolent autour des tables en caisses de bouteilles. On est bien loin des baravs trop snobs ou trop geeks qui pullulent en ville, et ça fait du bien ! Il faut y faire une escale le dimanche à la fin du marché pour attaquer en piquet une assiette d’huitres avec un verre de muscadet. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !  
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  • Réaumur
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Des fois, on n’a pas envie de cocktails de chimiste, de bières avec du houblon célèbre ou de vins « punk » à 60 balles la bouteille. Juste un bar où vider des pintes avec sa bande en écoutant du bon son. Mira exauce exactement ce souhait ! Situé dans la très shakerophile rue Saint-Sauveur (Expérimental, De Vie…), le Mira a été ouvert en avril 2025 par Emilien Blanc, Mel Bessaa et Elias Ribout, trois potes vingtenaires, bourlingueurs natifs de Nancy et débutants dans la limonade. Ils aiment bien la musique et la fête, leur vaste bar reflète ce retour aux fondamentaux. Des murs grattés, pas de tables pour libérer de la place, des banquettes métalliques et quelques lampes tubulaires… Pas besoin de plus ! Seul investissement conséquent : la demi-douzaine d’enceintes en plexi Palladium Audio qui délivrent un son cristallin. Derrière les platines, les collectifs tournent à haute fréquence (107 DJ ont défilé depuis l’ouverture !) mais toujours dans une dominante house et minimale. Ajoutez à ça des tarifs amicaux — pinte 7 €, cocktail 11 € — et vous avez l’explication du succès du Mira, plein comme un œuf de grappes de trentenaires fêtant des anniversaires tous les soirs. Les tauliers annoncent une cuisine et un speakeasy en sous-sol pour bientôt. Miraculeux ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 3 sur 4
  • 3 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le « bar américain » représentait, au tout début du XXe siècle, ces lieux exotiques, importés d’outre Atlantique, disposant d’un comptoir où s’accoudaient ceux qui voulaient boire debout (alors qu’en France, jusque-là, on se mettait des timbales assis comme des personnes civilisées). Le « américain » a rapidement été éliminé pour ne garder que bar jusqu’à cet American Bar ouvert en 2025. Reprenant l’ancien hôtel Sinner, le groupe Experimental (Grand Pigalle, Experimental Cocktail Club) en pleine veine nostalgique, a voulu un lieu ancré dans des États-Unis fantasmés entre Beat Generation et Mad Men. Le bar, décoré par Tristan Auer, surplombant la nef du restaurant, joue l’épure. De grands canapés en cuir chocolat, des rideaux grèges et un comptoir anguleux en pierre sombre. Le portrait fuligineux d’un faux Jack Kerouac nous surveille alors qu’on explore la carte. Elle se divise en deux. D’un côté, les créations comme ce convaincant Mysterious Stranger au cognac, bénédictine et fino au cacao qui lui apporte sa souplesse ou un subtil et frais Fusion (pisco, umeshu, rhubarbe). De l’autre, on trouve des hommages à des cocktails new-yorkais du début des années 2000 comme le Benton’s Old Fashioned (servi au Please Don’t Tell en 2008), pionnier des expérimentations avec le fat wash avec un bourbon infusé au bacon. Rien à dire, les verres sont bons et les prix restent dans la moyenne des bars de 4 étoiles (autour de 18 €) mais la BO funkoïde un peu trop forte, déroulée par un DJ...
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