Les derniers restos et bars qu’on a testés
© Aurore Nguyen
© Aurore Nguyen

Les derniers restos et bars qu’on a testés

Entre bistrots qui font parler d’eux, bars planqués derrière un rideau et tables d’auteur où tout Paris se bouscule, la rédac a sorti ses carnets de notes. Voici nos dernières critiques, les vraies, celles écrites le ventre plein.

Antoine Besse
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Nos dernières critiques restos

  • Italien
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 3 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Contrairement à ce que pourrait signaler le fort accent british du sympathique serveur du jour, c’est un bout de Venise que Francesco de la Porta, photographe et vidéaste dans la mode, veut importer à Paris dans son Osteria Góto. L’évidence nous saisit à la vue du décor, qui joue avec insistance la carte de “l’auberge dans son jus” : napperons qui pendouillent des suspensions, terrazzo au sol, vaisselier chiné, chaises de bois et paille…  Le soir, la lagune s’anime, ambiance bar à vins et cicchetti – les “tapas” vénitiennes : cannolo de morue et sabayon aux olives ou poulpe caramélisé et carpaccio de tomate. Mais ce jour-là, on vient tâter de l’aguicheuse formule déjeuner, 22€ pour la totale, au programme imprimé sur un bout de papier à la gloire d’Arlequin et de la commedia dell’arte. Le premier acte tempère nos ardeurs, une pizzetta de pâte brisée plutôt tragique avec ses deux morceaux d’asperge nonchalamment posés sur une correcte sauce façon cacio e pepe – et servie avec quelques feuilles de laitue sans l’ombre d’un assaisonnement. La Cité des masques se rebiffe avec des mezze maniche –pastas en tube courts sur pattes, parfaites pour enclaver la sauce carbonara copieusement poivrée. Coup de théâtre, le guanciale a cédé la place à des cubes de seiche – osé, mais savoureux. En épilogue, la glace au pain annoncée fait du dernier acte une nouvelle péripétie : une simple crème onctueuse avec un bon goût de pain grillé, pas glacée pour une lire. Si la friandise est un peu...
  • Végétalien
  • Roquette
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Des pierres grattées, des chaises Thonet et des petites assiettes à partager… le tout entre Voltaire et Saint Ambroise. Voilà, à première vue, un bistrot comme le 11ᵉ en propose en quantité, comme le bien-aimé Servan à un jet de Salomon de là. Alors pourquoi donc s’arrêter sur ce Présent ouvert en novembre 2026 par le duo Raphael Francisco et Cheyma Bourguiba, déjà aux commandes de l’épicerie-snack Aujourd’hui-Demain à deux pas ? Eh bien parce que derrière les intitulés rassurants de la carte (ceviche, effiloché, pâté cornichon…) tout ici s’avère vegan ! Comme chez Vivide, Awards 2026 du meilleur gastro de quartier, le choix de ne pas le claironner permet d’éteindre les préjugés des dîneurs carnassiers craignant d’être carencés. Accoudé au zinc entre deux tables communes blindées, on entame avec une moelleuse polenta coiffée de champignons poêlés et de noix (9€) avant un cordon bleu bien crousti (11€) réalisé avec un filet végétal (signé Swap). Le « faux mage » manque un peu de coulant pour rivaliser avec les cadors de la spécialité, mais sinon les goûts sont là ! En dessert sans protéine animale ? Un convaincant Eton mess à l’ananas et meringue à l’aquafaba. À noter qu’une partie de la carte est disponible à partir de 17 h pour les vegapéros précoces. La carte des vins se la joue naturiste sinon bio, à tarifs raisonnables : Loire Phylactère (41€), Côtes-du-Rhône Seguret de la maison Plantevin (25€), Savoie Giant Step de Ludovic Archer (52€). Si vous vous languissiez d’une...
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  • Français
  • Saint-Georges
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après les Bains et avant le Palace, une autre légende parisienne des nuits boomeuses tente un come-back. C’est Chapitre Six (Hana, La Folie Barbizon) qui conduit ce nouveau Bus Palladium devenu hôtel 5 étoiles. Si vous étiez un habitué, apprêtez-vous à ne rien reconnaitre après la rénovation néo-70's signée Studio KO. Le restaurant occupe maintenant le rez-de-chaussée et le club passe au sous-sol. Des parois en béton brut délimitent plusieurs espaces. Là, un bar central en miroirs et onyx, ici un petit jardin d'hiver cerclé de banquettes en velours cerise qui se reflète dans un immense verre bleu nuit. Un disc-jockey chenu s’occupe de la BO funk et pop vintage devant un mur de vinyles chinés. Beau ? Oui ! Rock ? Pas tant. La courte carte est signée par l’ex-enfant terrible de Marseille, Valentin Raffali (Livingston), qui signe ici une première collaboration parisienne avant – sans doute – de voguer pour son adresse à lui. On y retrouve ses obsessions : collisions hardies (tête de veau à la thaï, truite et bouillon de rhubarbe), flamme omniprésente et saisonnalité stricte… à des prix format Elvis 1977. On entame avec une assiette d’asperges blanches fumées (22€), lustrées d’un jus de volaille (non annoncé… tant pis pour les végétariens !) où d’inattendues maras de bois dealent du bon acide. Puis arrivent les « trois belles langoustines », qui sont en fait quatre (48€), juste saisies et emmitouflées d’une puissante sauce XO, charnue et umamiesque. Une assiette réussie,...
  • Thaïlandais
  • Charonne
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après Naam à Belleville, Anne Coppin et son compagnon Franck de Visme ont mis à feu une deuxième adresse parisienne où poursuivre leur exploration minutieuse de la cuisine thaïlandaise. Le cadre ? Une élégante salle safran et cresson, ornée de portraits royaux, débouchant sur une cuisine ouverte où officie Anne. Le nom signifie feu en thaï et les pots en terre cuite remplis de braises, le barbecue traditionnel des rues de Bangkok, occupent une place centrale dans le menu. Décidément après Calcifer, Paris ravive la flamme de la cuisine de brasier ! En érudite de la cuisine du Siam, la cheffe propose un bel éventail de plats rarement proposés chez nous, dont l’origine régionale est dûment notée (Trang, Satun, Udon Thani…) où se mêlent grill, salade, curry et cela peut dérouter quand on n’y connaît rien. Vivement que le menu découverte annoncé soit mis en place ! On entame joyeusement avec une étonnante crêpe sautée garnie de moules, hyper crousti, à tremper dans une siracha maison. Ensuite, on se jette dans la braise avec une honnête échine de porc marinée et grillée accompagnée d’une pâte de piment et de poudre de grillon (un peu gadget). L’assiette de choux croquants passés au barbecue et nimbés de fumée convainc nettement plus ! Mais le plat le plus emballant ne sortait pas des flammes : le curry massaman au bœuf confit d’influences persanes offre un trip aux épices d’une amplitude rare. L’hydratation est assurée par une courte carte de vin nature comme le...
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  • Arts et Métiers
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La flamme est-elle l’avenir du gastronome ? On pourrait le croire en observant le départ de feu à l'œuvre dans les cuisines parisiennes. Après Ardent, Leven ou Cypsèle, c’est aussi la saison des braises chez Calcifer, nom pokémonesque du démon de feu dans Le Château ambulant de Miyazaki. L’allure ? Un barbeuk de ville dandy à deux ambiances, entre diner US et brasserie viennoise, avec beau sol mosaïqué, table pour banquet et box pour confidences. Le maître de salle Antoine Rollin (ex-Hémicycle) prodigue un accueil de velours tandis que le chef italien Gaetano Carpinelli (vu chez Passerini) manie le tison avec brio. Au menu, le doigté grilladin rencontre l’art saucier pour envoyer une cuisine brutaliste à la basque mais subtile comme de la belle gastronomie. L’artichaut grilloté est mis en beauté par un curry d’orange phénoménal ; les langoustines de prime fraîcheur, à peine caressées par la flamme, sont touchées par la grâce d’un beurre noisette au citron vert ; et le maquereau grillé entier fait une salutation au soleil, épaulé par une plantureuse sauce à l’oseille et des pommes paille. En bonus, on opte pour un exceptionnel cochinillo (cochon de lait) de Burgos marqué au fer dans un jus des grands soirs, à éventer d’une simple salade vinaigrette (80 € pour deux). Et en dessert, sapide sorbet citron et tarta de queso comme à Saint-Sébastien. Si la nourriture met déjà en combustion les appétits ignifugés, la carte des vins sait aussi de quoi elle parle (dès 8 € le verre),...
  • Indien
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Pendant un siècle, ce coin de la rue Léon Frot s'appelait chez Mélac, institution aveyronnaise fondée quand le quartier Charonne était encore le territoire des Apaches. Une histoire vineuse plus longue qu’un fil d’aligot dont les traces demeurent visibles sur les murs (la treille en façade, le tonneau...). Désormais, l’endroit s'orne de photos de stars du cricket et de panneaux en sanscrit façon café de Mumbai : Bacchus s’est réincarné en Gourou, cantine euro-indienne lancée par les potes Valentin Bauer (cofondateur des pizzerias Tripletta) et le chef Adrien Bouchaud (52 faubourg Saint-Denis), qui ont bourlingué ensemble dans le Bharat. Sur la carte densément peuplée, on retrouve des classiques du pays de Gandhi bien tournés, à prix onzièmistes et adaptés au palais facilement inflammable de la clientèle parisienne. La paire de samoussas frits minutes est enceinte de légumes rôtis à tremper dans un chutney mangue (6€) ; le lubrique cheese naan fumant dégorge son fromage liquide (fun fact, il fut inventé à Paname en 1976, 3,50 €) ; et les currys sont au nombre de sept (14-19 €), dont un efficace murgh korma au poulet grillé dans une sauce onctueuse au curcuma, amandes et pistaches, à compléter de riz pilaf aux épices et cajous. La maison roule ses propres boules de glaces en dessert (curcuma, cajou, cardamome, coco… 3 €) et envoie aussi des gulab jamun, beignets à la rose et au citron vert (6 €).  De sérieux sirops faits sur place (citron vert, menthe, tamarin… 3€) font...
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  • Algérien
  • Butte-aux-Cailles
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La joyeuse et intemporelle convivialité de cette adresse peut faire penser qu’elle a été construite en même temps que la Butte-aux-Cailles. Pourtant Abderrahmane Taibi, dit Mamane, n’a posé couscoussière et fûts de bière ici qu’en 2010. Durant 20 ans, il était installé au 23 ! Qu’importe l’adresse, Chez Mamane demeure une adresse mythique qui rayonne bien au-delà du 13ᵉ et peut même pousser certains ressortissants du 11ᵉ à prendre la 5. Vingt ans plus tard, le paternel coule – à 87 ans, il le mérite ! – une retraite paisible en Algérie tandis que, dans la fratrie Taibi, Fawzie reprend en solo les rênes de la boutique. Pratiquement rien n’a changé. On y retrouve cette ambiance en métal précieux où se mélangent générations et nationalités accoudées au comptoir ou attablées collées-serrées (toujours sans réservation !). Des fresques de street-art continuent d’orner les murs : Miss Tic, Sarcé ou les élèves d’Estienne au bout de la rue. La carte reste arrimée au fondamental de la maison : le couscous et rien d’autre. La recette paternelle déclinée en six versions (nature, poulet, mouton, agneau, merguez, royal…) reste maîtrisée avec une semoule (à volonté) très aérienne et un bouillon dégraissé (à volonté aussi) hyper savoureux où patientent carotte, navet et pois chiche. Les brochettes d'agneau et de bœuf bien cuite font parfaitement le boulot. On fait couler avec un verre de Boulaouane (4€). Mamane reste Mamane ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés...
  • Bistrot
  • Buttes-Chaumont
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ah que ça fait du bien un peu de stabilité dans ce monde de fou. Quedubon fut une des dernières affaires de Gilles Bénard, bistrologue émérite et rocailleux (Chez Ramulaud, zinc mythique du 11ᵉ, c’était lui), désormais en retraite. L’adresse à un jet de ris des Buttes-Chaumont a été reprise en 2018 par Marc-Antoine Surand, ancien de l’événementiel, qui a décidé d’en garder le nom, la déco rustique (ardoise géante de vins, tables lourdes comme une holstein, chaises Baumann) ainsi que la ligne canaille et carnassière. Le chef Oliver Clarke (passé par la Régalade du 14e) se charge de cuisiner avec une précision d’horloger et un entrain d’Ultra des abats, morceaux devenus trop rares dans les assiettes parisiennes (à part peut-être au Bistrot Paul Bert). Ce soir-là, on fit un sort à une cervelle de veau satinée se mirant dans un beurre citronné et un pastrami de langue micrométrique (premier prix au Championnat d’Europe des produits tripiers en 2024 !) subtilement fumé et relevé d’un relish aux câpres avec qui on pourrait partir en voyage de noces avant un démoniaque cordon bleu de rognon doré comme lingot et une joue de bœuf cuite 14 h adossée à un édredon de purée et une beauté de jus au vin et à la moelle. Grâce à la faconde du volubile taulier, on extrait une impeccable bouteille des Foulards Rouges (48€) parmi les dizaines de références nature inscrites au mur (Jean-Pierre Robinot, domaine du Sot de L'Ange, Jeremy Bricka…). Et comme il reste un peu de place pour un...
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  • Japonais
  • 7e arrondissement
  • prix 4 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Derrière cette sobre vitrine fumée se cache l’une des tables les plus pointues de la Rive Gauche. C’est ici que Masayoshi Hanada, passé par Sushi B, a ouvert son resto tout droit sorti de Blade Runner 2049 : un cube anthracite où un rai de lumière découpe l’imposant comptoir en hinoki massif (le cyprès japonais). S’en dégage une atmosphère rituelle, renforcée par l’accueil chuchoté et l’interdiction de prendre photos et vidéos !Il faut attendre l’arrivée du chef pour que la tension retombe. Monsieur Hanada, doux et souriant, est à mille lieues nautiques des maîtres sushis impassibles qui jouent la carte de la distance avec les convives. Lui, au contraire, répond humblement aux remarques de la dizaine de chanceux, tous ravis de découvrir ce menu omakase loin d’être à la portée de tous les salarymen (350€). Au programme de cette longue chorégraphie, des poissons d’exception, à commencer par les entrées : électrique sashimi de maigre, shiso vert, sauce soja et wasabi ; joue de raie en soupe de poisson… Le moment qui nous accroche le plus, c’est ce chawanmushi (flan salé japonais), d’une finesse folle, coiffé de caviar osciètre et relevé par une émulsion d’œuf. La suite ? Un défilé de nigiris maturés selon l’animal, si justes qu’ils viennent concurrencer ceux d’Hakuba tout en haut de la pyramide : encornet du jour, langoustine, thon rouge de Saint-Jean-de-Luz, sériole fumée et maturée deux semaines… Le repas se conclut par un maki de thon rouge mi-gras et gras, accompagné de...
  • Turc
  • Jaurès
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après Gemüse, qui tient le cap du kebap à la berlinoise dans le 18e depuis 2018, Noé Lazare se lève et marche vers le 19e avec Mersin. Une drôle de salle toute en longueur et à double entrée - pratique pour échapper à une filature -, plafond en aggloméré et sol en casson postée en face de la halle Secrétan, qui pousse plus loin l'exploration de la cuisine turque. Derrière le comptoir carrelé, on découvre en effet une nouveauté à côté de la broche rasée de près par le kebabier : un grand poêlon format sombrero dans lequel mijotent des morceaux de bœuf épicé. Ils sont glissés avec de l'oignon au sumac et de la tomate dans un pain lavash, mouillé au jus de viande pour devenir un tantuni. Cette spécialité de la street food anatolienne, inventée dans la ville de Mersin (tout s'explique), s'avère un délice hyper juteux et parfumé, avec plus de mâche que dans un kebab. Que les amoureux de la broche se rassurent : on retrouve aussi le kebab en qualité Gemüse, un sandwich au mix de veau et de dinde bien grillé, très frais, presque bucolique grâce au mélange herbeux d'aneth et de menthe, d'oignons et de chou mariné. À noter qu'il se décline en trois versions végé (aux légumes, au halloumi ou au çiğ köfte). On l'avale avec de convaincantes frites maison aux épices et morceaux de carottes. Pour l'hydratation ? Une bière turque Efes, aussi rafraîchissante que génératrice de calembours de qualité, ou un tonic maison à la griotte. À noter que Mersin propose aussi une douzaine de mezze...

Nos dernières critiques de bars

  • Bars à vins
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Vous prendrez quoi pour accompagner votre verre de vin ? Un bol de pop-corn et un court-métrage ! Bienvenue au Out Of The Blue, premier bar à films de Paris (voire d’Europe) lancé en 2025 par la réalisatrice Chloé Bourgès (filleule d’Antoinette Fouque, une des créatrices du MLF) juste à côté du Café Content. Pas vraiment un concept au sens rentable du terme plutôt un projet aussi inclassable et indépendant que le film éponyme de Dennis Hopper. Le cadre de la minuscule enclave a été soigné et moquetté par studio Etttore : lumière violette, coin cuisine en guise de comptoir, plafond miroir et étagères remplies de DVD pointus édités par Potemkine (nos Criterion à nous), des beaux livres sur le cinéma ou des numéros de la revue arty féministe Gaze (la rédac est à côté). La carte des vins nature est à peine plus longue que la liste des réalisatrices oscarisées : un blanc, un rouge, un « blouge » et une bulle, venant du Clot de l’Origine dans le Roussillon. Le néon rouge « cinéma » au-dessus de l’escalier qui descend indique assez clairement que la suite se déroule au sous-sol. Un antre bleu nuit, un canapé Pierre Paulin face à un grand écran où on peut visionner (gratuitement) un court-métrage (en boucle entre 18 h et 22 h) tout en sirotant son vin et grignotant son assiette de fromage (8€) pour un moment rare au cœur de l’image. La programmation change tous les mois et brasse large : Herzog, Lynch, Triet, Chaplin, Panahi… Et le dimanche, c’est long-métrage surprise. Bref voilà...
  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Candelaria
Candelaria
En 2011 (déjà !), Carina Soto Velasquez et Josh Fontaine, tous deux passés par l’Expérimental Cocktail Club, ouvraient, avec Candelaria, l’un des établissements les plus marquants de la scène mixo parisienne. Le concept ? Une micro-taqueria derrière laquelle se dissimulait un bar à cocktails top niveau revendiquant un fort tropisme pour l’agave (tequila, mezcal…). Quinze ans après, l’équipe a étoffé ses adresses avec le Mary Celeste voisin, et, plus récemment, La Renaissance. Alors quoi de neuf dans ce bar, pionnier du speakeasisme parisien ? Le scénario n’a pas changé : se frayer un chemin parmi les amateurs de tacos, pousser la porte aveugle au fond et débarquer dans l’agréable salle en pierres grattées, à la pénombre savamment entretenue par un éclairage tout bougie. Derrière le comptoir, la cheffe bartender, Louise Lai, propose une carte des cocktails faisant sa révolution tous les 2-3 mois. On débute avec un Testa Rossa, long drink carmin à base de rhum haïtien, vin blanc, bitter, épices. Les notes caractéristiques de fruits exotiques mûrs du rhum dominent, avant de laisser place à une douce saveur évoquant l’amande. L’effervescence du drink donne du peps à l’ensemble, pour un résultat très convaincant. Tandis que l’ambiance monte crescendo au fil de la soirée, quittons les Caraïbes pour le Mexique, avec le El Dorado (tequila reposado, piloncillo, maïs, chataigne). Un milk punch clarifié plaisant et facile à boire, entre douceur céréalière du maïs, et un côté presque...
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  • Bars à cocktails
  • 16e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Cravan Paris 16
Cravan Paris 16
A la fameuse question « Qu’est-ce que l’audace ? ». Franck Audoux, ancien du Chateaubriand canal historique, a répondu en 2018 : ouvrir un minuscule bar à cocktails au fin fond du 16e (avant de se dire qu’ouvrir un immense bar à cocktail dans le 6e marchait aussi !) En 2026, Cravan, en hommage au poète et boxeur éponyme, reste vaillant. Le charme du lieu continue d’opérer à fond, avec ses faïences Art déco, ses chaises Thonet, et ses peintures sous verre de 1911. Le comptoir ne peut pas accueillir plus de deux personnes ? Peu importe,  même attablé en salle, on peut discuter avec l’équipe derrière le bar sans élever la voix ! Alternative de luxe : Cravan dispose d’une charmante terrasse pouvant accueillir une vingtaine d’hôtes de passage. La carte offre une version miniature du menu proposé à Cravan St Germain, plus deux ou trois exclus. Révisons nos classiques de la maison avec le Yellow. Un cocktail modèle d’équilibre, entre l’amertume aux saveurs caractéristiques de la gentiane, la sucrosité végétale de la Chartreuse jaune et l’acidulé du citron. Deuxième round avec un Troca (uniquement dispo dans le 16e actuellement), une recette apéritive « dans l’esprit d’un Americano », selon Lucas Davoine – meilleur apprenti de France barman 2025 - et Maxime Vidal, aux shakers ce soir-là. Une boisson apéritive convaincante, entre vinosité du vermouth, effervescence de l’eau gazeuse, et coup de fouet de l’agrume. A accompagner, idéalement, d’une gilda (olive/anchois/piment...
  • Bars à cocktails
  • Saint-Michel
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Avec sa devanture tout bois, entre relais de trappeur et cabane à sucre, le Castor Club détonne toujours en plein quartier Saint-Michel. Depuis son ouverture en 2012, le cadre n’a pas changé – ou si peu (seul le sous-sol, jadis réservé aux soirées du week-end, est désormais fermé). Tout en longueur, avec son comptoir bordé de velours et ses murs boisés, l’établissement cultive une ambiance cosy plus Twin Peaks que Jeremiah Johnson. Quant au fidèle castor empaillé, celui-ci, flegmatique, trône toujours à l’entrée du bar. Côté cocktail, Thomas Codsi – le taulier – et Louis Bonnevie délivrent une carte partagée entre signatures intemporelles et créations du moment aux influences classiques. La soirée débute avec un Humo-Ja, aux saveurs de tequila bien présentes. La recette propose un bon équilibre entre l’acidulé du citron vert, le doux-amer de l’aperitivo et le fumé légèrement pimenté du chipotle. L’effervescence du champagne apporte une touche rafraîchissante, tout en renforçant la dimension apéritive du drink. Dans un registre radicalement différent, le Corazon de Alcachofa, convainc lui aussi. Mezcal et Cynar confèrent une note végétale, la Chartreuse jaune, un peu de rondeur et le sherry, une discrète complexité oxydative. Le passage en fût vient apporter un certain « fondu » à l’ensemble. En résumé, le Castor Club reste une valeur sûre de cette Rive gauche, finalement assez peu prodigue en authentiques bars à cocktails surtout ouverts après 2h. Chez Time Out, tous les...
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  • Goutte d'Or
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La porte de la Chapelle, autrefois no man’s land anxiogène, se paye une transformation en profondeur qui ferait passer le dernier lifting de Kris Jenner pour un simple coup de peigne. Le bitume cède la place à des jardinières exubérantes et des statues dorées de femmes célèbres, les immeubles poussent comme des champignons et, côté nourriture, en attendant l’ouverture imminente du Central Chapelle, les anciens entrepôts ferroviaires se coiffent désormais d’un étonnant rooftop : Plantation. Voilà un toit-terrasse plus grand que haut, mais qui compense son modeste 2ᵉ étage d’altitude par une vue hyper dégagée sur le Sacré-Cœur et un grand pan de ciel à se mettre dans la rétine (merci les voies ferrées qui repoussent les vis-à-vis). Comme son nom l’indique, Plantation, ouvert en juillet 2025 par Lucie Basch (de Too Good To Go) et Sidney Delourme, fait surtout pousser des trucs sur 7000 m² de potager bio et de serres qui, sous la surveillance de la jardinière Marguerite Labouré, fournissent, dit-on, des restaurants (comme le Plénitude). On y trouve aussi un vaste bar, une modeste splendeur plein soleil où apéroter loin de la foule. Ça sirote une blonde brassée par Paname (4,5€), un rosé Pépin ou un basil Smash (11€) bercé par le bruit des trains (quand il n’y a pas un DJ sous la serre). Bonne surprise, Ludovic Sauvajot qui signe le menu ose, sans la ramener, le 100 % vegan.  Des assiettes gourmandes et sapides à défaut d’être complètement de saison : moelleux trio de baos...
  • Bars à cocktails
  • Arts et Métiers
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ça kiffe les cuivres briqués, les guitares pétulantes et les voix de velours, par ici ? Alors vous avez forcément écouté la webradio La Patate Douce qui a commencé à émettre ses bonnes vibrations disco-funk-soul durant le confinement. En septembre 2025, Jules Effantin, son créateur et accessoirement frère de la cofondatrice de Mamiche, a ouvert la version en dur dans le Marais. Une belle salle de coin en pierres grattées et bois ciré avec mobilier chiné 70s, matériel hifi vintage et une méga terrasse bordant la très calme rue Borda. En écoutant la playlist groovy de la radio - ça serait dommage de se priver -, on peut siroter des bières pas ruineuses pour le quartier (4€) ou des cocktails (14€) efficaces tirés d’une courte carte comme ce Nocturne 305 (pisco, vermouth, citron et absinthe) joliment acide ou un douceâtre Vicky Velvet (bitter, liqueur de sureau, orgeat, verjus et soda), voire picorer des petites assiettes (3 filets d’anchois pour 6€, 2 gildas au poulpe à 5€). L’adresse et la bande-son aboutissent sans surprise à une ambiance plus proche d’un apéro au Cap Ferré que de celle d’un aftershow de rock ferreux. À partir de 21 h, les copains DJ du taulier (Sam Karlson, Babar…) viennent s’installer aux platines pour des mix qui font pousser les tables et des ailes aux danseurs. Et, vous êtes en gueule de bois le lendemain, la Patate Douce c’est aussi un petit coffee shop juste à côté (avec des douceurs made in Mamiche). Purée comme c’est malin ! Chez Time Out, tous...
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  • Bars à cocktails
  • Poissonnière
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Toujours planqué derrière une devanture estampillée Yün depuis son ouverture en 2023, le Wax monté par le duo Oswald Itzicsohn et Pierre Halpern continue de se positionner comme le fier représentant de la famille des bars audiophiles qui envoient des basses. On se trouve ici clairement dans un bar festif plutôt que dans un cocon feutré à cocktails. En entrant dans la petite salle minimaliste (murs gris béton, chaises Piretti), impossible de ne pas remarquer les deux enceintes monstrueuses sorties des ateliers Palladium Audio (le son de Bambino, c'est eux) flanquant les platines vinyles, Pioneer CDJ et la table de mixage qui va bien. S'y installent une palanquée de collectifs plus ou moins techno invités par les tauliers avec la ferme intention de faire danser les foules. En face, derrière le comptoir, Héloïse Stackowiak et Melody Walter s'occupent de mitrailler des cocktails tirés d'une petite carte où se mêlent classiques à peine twistés (Negroni à la figue, Paloma fumée au mezcal) et quelques créations, comme ce chaud 909 au rhum, bourbon, amaro, ananas et piment rouge. Le Wax reste un excellent tremplin pour se chauffer avant une nuit blanche ou pour une session de sage clubbing finissant à 2h. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à tapas
  • République
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Régulièrement ressurgit chez l'observateur des zincs, cette lancinante question : pourquoi ce bar marche plutôt qu'un autre ? On se l'était déjà posée devant le succès incompréhensible de la Perle au tournant du millénaire, puis pour Chez Jeannette un peu plus tard et voilà qu'en 2026 l'Oursin la fait éclore comme le printemps, les jonquilles. Remplaçant Les Voisins, une adresse sans histoire de cette calme rue du 10e, ce bar est devenu en quelques mois le rendez-vous modeux où il faut être vu et avoir bu. New-Yorkais sapés venus chercher leur shoot de "vraypahri", salariés des galeries alentour et curieux désirant respirer l'époque, tous se piquent (lol) d'apéroter à l'Oursin. Ne soyez pas dupe de ce faux air de rade pompidolien avec miroirs fumés, néon et opaline, ici les tables s'arrachent plus vite qu'une place de concert de Rosalía. Pas de résa ? Pas d'espoir hors d'un bout de comptoir ! Aux manettes, on ne trouve même pas une équipe de chevronnés de la limonade mais une bande de vingtainaires plutôt débutants : Hippolyte et Aristide Cochin, Louis Plichet (des Enfants Perdus) et la cheffe autodidacte Louise Perry. Celle-ci propose une carte de recettes d'un peu partout (qui arrivent dans leur plat alu pour faire popotte popu) : très protéinées tsukune (boulettes de poulet grillées) à tremper dans un jaune d'œuf, escalope milanaise balaise, ou un panier de pommes allumettes bien crousti… Toute cette hype vous donne soif ? Piochez une bouteille nature à la courte carte...
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  • Bars à vins
  • 20e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Du pied à la vigne il n'y aurait qu'un pas… Après Delicatessen, voilà donc une autre cordonnerie ressemelée en bar à vins dont le patronyme très premier degré rend un hommage clair à son ancienne vie artisanale. Le couple Nora Hauber et Jonathan Schweizer (Café des Deux Gares) n'a pas forcé son talent de décorateur : devanture en lettrage 70s intacte, murs grattés, pub Topy, mobilier bistrot dispersé dans la salle et envoyez la chausse. Derrière le petit comptoir en bois sculpté, Nora pioche dans ses racines allemandes (mais pas seulement) pour régaler les apéroteurs : éclatante salade betterave-orange dans une vinaigrette au raifort, dodus knödel au comté escortés de chou fermenté, obatzda (préparation au fromage bavaroise) à tartiner, mais aussi, en plus sudiste, assiette d'anchois à l'huile ou œuf mayo à l'aïoli. Pour l'hydratation, une proposition naturaliste qui en a sous le pied : ardéchois Pic-Cul des Agrions (7 € le verre), côtes du Jura des Pieds sur Terre (63 €), loire Tout Seul Les Deux de Simon Rouillard (34 €)... À noter que La Cordonnerie sert aussi dès le matin des cafés signés Trinci et des cookies pour un petit-déjeuner cosy en terrasse sur la petite rue piétonne. La Cordonnerie, un lieu bien dans ses pompes ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à bières
  • Ménilmontant
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ménilmontant, haut lieu des apéros à rallonge, et la hype de la bière artisanale auraient dû aller ensemble comme reggaeton et sudation. Et pourtant, par un mystère étrange, on ne compte qu’une unique microbrasserie sur le boulevard : Balthazar, créée en 2017 par Florian Namias, ancien ingénieur du son devenu ingénieux du malt. Il a investi ses économies et un ancien bazar pour y poser cuves et comptoir. Côté déco de ce vaste bar à bières, ça ne va pas chercher beaucoup plus loin (avec quand même du papier peint en pages de BD et une façade peinte par Da Cruz). Balthazar compte plutôt sur la chaleureuse atmosphère apportée par les habitués et sa maxi terrasse. Les becs délivrent une demi-douzaine de bières dans toutes les teintes, brassées sur place : efficace blonde de soif « Menilmuche » (6,50 € la pinte), gouleyante New England India Pale Ale « Grand Chevalin » pas trop houblonnée (8,50 €), mais aussi, pour les amateurs de fruit : sour à la framboise ou blanche aux agrumes… À noter que Balthazar n’oublie pas les abstèmes avec une IPA à 0 % et un kombucha maison. Et dans un louable effort du tout maison, on éponge avec de très correctes et rustiques pizzas carrées Margherita, patates-mozza, saucisse (entre 5 et 7 € la part) qu’on attend en compagnie d’un sablier au lieu de ces horribles buzzers. Rajoutez à ça des soirées quiz et des karaokés et vous avez là un excellent QG houblonné. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en...
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