Les derniers restos et bars qu’on a testés
© Aurore Nguyen
© Aurore Nguyen

Les derniers restos et bars qu’on a testés

Entre bistrots qui font parler d’eux, bars planqués derrière un rideau et tables d’auteur où tout Paris se bouscule, la rédac a sorti ses carnets de notes. Voici nos dernières critiques, les vraies, celles écrites le ventre plein.

Antoine Besse
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Nos dernières critiques restos

  • Bistrot
  • Saint-Georges
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Vif comme l’épervier en piquet, le discret Pierre-Étienne Leseute, passé par Pétrelle, ouvre déjà une deuxième adresse après son bistrot Les Collonges, lancé en 2025 de l’autre côté de la Butte Montmartre. Toujours dans la ligne vintage chic, ce Chamoiseau affiche une belle gueule d’atmosphère avec son long comptoir en marbre, son argenterie chinée et ses appliques Art déco. Depuis la cuisine, œuvre le chef Paul François, qui vole de ses propres ailes après avoir été second chez Fief, pilote une carte ancrée dans la saison, carrément bistrotière le midi (Un poulet basquaise ! Un clafouti !) et plus gastronomique le soir. Si seulement il existait un mot-valise pour décrire cette double identité…  Ce midi-là on embarque dans la formule déjeuner à 32€ (où les végétariens ne sont pas oubliés). L’envol débute avec un asiatisant chinchard en sashimi, juste roussi à la flamme, barbotant dans une eau de concombre, feuilles de shiso et un condiment tomate entame le récital. La promesse d’une belle fraîcheur se montre malheureusement atténuée par des tagliatelles de concombre un poil salées. Tout se recale avec l’aile de raie à la grenobloise où des câpres joufflus et un élégant condiment citron apportent la vivacité tandis que la sucrine grillée se charge de l’amertume. Atterrissage rafraîchissant grâce à un rare sorbet à l’hibiscus, escorté de nectarines pochées et de lait ribot. Carte des vins ramassée mais propre : loire Radicalement Gris des Vignes du Fresche (32€), Morgon Les...
  • Fast-foods, snacks et sandwicheries
  • Réaumur
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Un fritkot, kesako ? Tout simplement une friterie en flamand, soit la plus belle invention de la Belgique (avec la bière d’abbaye et Soulwax). Le chef belge le plus suivi de ce côté-ci du Quiévrain, Mallory Gabsi, vient justement d’ouvrir son fritkot en hommage à son plat pays. Avec ce 140° on n’est bien loin de sa table gastronomique du 17ᵉ  puisque cette anfractuosité jaune moutarde dans la rue des Petits Carreaux se réduit à 4 places au mini-comptoir surveillées par une photo du couple royal. Préparez-vous à avaler votre cornet en situation de mobilité (bon courage quand on vous rajoute une fricadelle !). Pourquoi 140°C ? C’est la température idéale du premier bain d’huile (comme l’avait rappelé à Mallory le chef bruxellois Christophe Hardiquest lors d’une épreuve de Top Chef en 2020). La carte explore tous les snacks frits qu’on trouve là-bas : croquette de crevette grise, saucisse de dinde épicée (la « lucifer »), nugget de poulet (« poulycroc », non ce n’est pas un Pokémon) ou la classique fricadelle avec – incroyable – une vraie saveur de viande ! La vedette dorée de la carte vissée au mur reste évidemment la frite servie en trois tailles de cornet (le moyen à 5,70€ est bien servi !) : deux cuissons, dont une à la graisse de bœuf (donc pas végé compatible), couleur de lingot, croustillante dehors, moelleuse au centre, avec un bon goût de patate. Ça passe tout seul. La dizaine de sauces -mayo maison, andalouse, algérienne- est en sus et pas donnée (1,10€ le pot). La...
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  • Coréen
  • Louvre
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Nouvelle adresse pour ce pionnier du poulet frit coréen ! En quittant le 14ᵉ où il calmait les fringales depuis 2022, Olive Chicken conserve son nom curieux tout en se rapprochant de la concurrence coréenne (Dong Ne se trouve juste à côté) et en triplant sa surface. Le chef Dongyeon Si et son équipe se sont installés dans l’ancien Micho de Julien Sebbag (qui s’est recentré sur la Corée avec ses Cafés Shin). On y retrouve les beaux volumes, les mosaïques, les banquettes vert sapin et même quelques assiettes siglées mais avec des cassettes de k-pop en touche personnelle ! Pour la cuisine en revanche, on reste sur les fondamentaux de la maison : le poulet mariné puis frit deux fois, disponible qu’en version sans os lors de notre visite – les ailes restent à la carte –, qui arrive dans des paniers pas donnés (18€) mais bien servis. La panure reste hyper croustillante, la chair pas sèche et les sauces bien roulées, à choisir parmi quatre : gochuyang sucré-salé (notre pref), au soja, à la spicy mayo ou au piment. On accompagne ces pépites d’une fraiche salade de chou et de frites poudrées de piment. La carte des boissons explore les hits coréens à savoir des bières de là-bas, un highball au thé de yuja ou des cocktails au soju… Bref voilà un déménagement réussi ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Colombien
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Florent Ciccoli a donc lâché Jones pour laisser la place aux jeunes. En l’occurrence, le chef Juan Pablo Rojas Pineda et le sommelier Enzo Viola, déjà vus de chez Yards, et mandatés par Culinaries, le site vente de vins nature et nouveau propriétaire des murs. Ces derniers restent dans le jus brut qu’on a toujours connu – carrelages multiples, pierres grattées, gros lampadaires industriels – agrémenté désormais de quelques maillots de foot et de vinyles de hip-hop, la passion du duo. Aux fourneaux, Juan Pablo pioche largement dans sa Colombie natale, une cuisine qui commence à bien s'implanter à Paris (Comité Caribé, Finka, Shuzo) et c’est tant mieux.  Ce midi-là, on tombe à bras raccourcis sur l’affriolante formule déjeuner. D’abord, un missile anticanicule : un crudo de dorade et tagliatelles de fenouil dans une vivace eau de pastèque pimentée. Avant un demi-coquelet laqué de “belén rincon”, un sapide mélange d’ail et d'agrumes, marié à des aubergines grillées et poudrées d’une chapelure de manioc. On termine ce Paris-Medellin méridien avec une classique mais convaincante mousse au chocolat 70 % et tuile cacao. L’hydratation est assurée par une solide sélection de vins de Culinaries (dont une dizaine de références au verre) : rhône du domaine des Grandes Serres (33€), auvergne La Bohème de Patrick Bouju (60€) ou beaujolais de Nicolas Chemarin (57€). Le soir, la cuisine lâche les chevaux dans le genre bistrot voyageur : chinchard et “fake bouillabaisse”, gnocchis de maïs...
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  • Grec
  • Belleville
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le nom Eupatoria 5 fait forcément dresser l’oreille des habitants de longue date de ce bout de 20ᵉ. Ils ont à coup sûr reconnu l’adresse de l’ancienne brocante/buvette clandé où feue Eva Pritsky, coiffure platine et voix rauque, recevait au milieu des meubles en formica et des soupières vintage. Mais, en 2022 le ménage par le vide avait été fait lors de sa transformation en galerie d'art sous la direction de Leiris Javault. C’est cet esprit minimaliste que prolonge le restaurant ouvert par Hakim Lainceur, aidé par Surpriz. Étagères de bouteilles accrochées sur murs grattés, belle terrasse au pied de Notre-Dame-de-la-Croix et vaste cuisine ouverte où Basile Eidel (passé par Top Chef et qu’on avait bien aimé chez Boucan) propose des assiettes d’inspiration grecque. On se croirait dans une taverna de Petralona à Athènes ! Pour partager à l’apéritif : beignets de courgettes ; tarama maison ou tzatzíki à l’huile de sarriette à tartiner sur un bon pain au sésame… Voulant faire comme un dîner, on opte plutôt pour une assiette de gros haricots blancs impeccablement cuits et réveillés par du citron et de la poutargue avant un poulpe grillé se rafraichissant les ventouses dans une splendeur d’ajo blanco hellène (le skordalia). En dessert, une chimère franco-grecque séduisante : une crème brûlée à l’ouzo ! Les vins, faisant bizarrement l’impasse sur la Grèce, proposent un petit tour des vins propres hexagonaux à l’écart des grandes stars : rhône fruité de Sylvain Thevenet (37€),...
  • Folie-Méricourt
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
À un numéro de son Trâm 130, Time Out Paris Award de la meilleure table fusion en 2025, Priscilla Trâm double la mise avec ce mignon local bois, mosaïque et inox où l'on compte plus de places au comptoir qu’à table. D’avantage bar que bistrot (d’ailleurs son enseigne détourne les carottes de tabac), Trâmette compte bien s’occuper de vos courtes pauses midi et de vos apéros à rallonge. Pour ces derniers, la cheffe propose des assiettes en grand écart entre France et Asie : crêpe croustillante bánh xèo à l’agneau confit (14€) ; tomate infusée dans un dashi (10€) ; crème brûlée au matcha (9€)… À faire couler avec une petite sélection de vin voyageuse et nature (11ᵉ oblige) : macération Tance Els Ulls de Cartoixà popular (32€) ; Beaujolais de Remy Dufaitre (54€), côte du Rhône Il fait soif de Maxime-François Laurent (39€). Au déjeuner, l’offre se fait plus cantinière avec toujours le souci du goût juste comme dans cette superbe tomate farcie, en fait plutôt une polpette de poitrine de porc et champignon noir habillée d’une tomate et nappée d’une intense sauce du même fruit (14€). Le riz était un peu cuit mais la salade shiso, basilic thaï et pickles de carotte a tout rattrapé. Trâmette se lance aussi dans la course des sandwichs de cuisinier : son « green village » où deux buns enserrent concombre, fromage frais et champignon poêlés s’avère une belle arme anti-canicule (9€). Bref une chouette adresse un peu inclassable mais accessible qu’on aimerait avoir en bas de chez soi !...
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  • Mexicain
  • Charonne
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Habanero, chipotle, jalapeño, chile de arbol… Ce ne sont pas les featurings du dernier album de Peso Pluma mais des piments importés du Mexique parmi la douzaine de variétés que José Oviedo (passé par El Nopal) dégaine dans sa néo-taqueria. Un arsenal de capsicum planqué derrière le comptoir de l’ancien Mokoloco désormais aztéquisé en Locomal, du nom du “comal”, cette plancha précolombienne en terre cuite où l’on cuit les tortillas dans le centre-sud du pays de Pancho Villa.  A l’heure du goûter ou de l'apéro (17h-19h), on peut déjà s’envoyer derrière la cartouchière une tostada croustillante peuplée de mole, de poulpe, d’avocat et coiffée d’une tranche de plantureuse tomate (14€), un gros calibre de taco de maïs garni de boeuf grillé, de fromage, d’oignon, de coriandre et de pommes paille, bon à s’en sucer les coudes (9 €) et un trio de sauces maisons plus ou moins incandescentes à dipper de totopos, ces chips de maïs triangulaires (10 €). A l’heure du dîner (après 19h), le menu s’étoffe de plats servis à l’assiette : aguachile, sorte de ceviche mexicain, ici de maquereau sublimé de trois piments (17 €) ou un mole rouge au poisson (27 €), cette sauce dense et épicée aux mille variations régionales qui fait l’objet de recherches anthropologico-culinaires par le chef. Et en dessert, on reviendra pour goûter le “pan de elote”, un corn cake aux fruits rouges et à la chantilly.  Para beber ? Des vinos naturales (10,50 € le verre quand même…), une michelada (8,50 €) ou quelques...
  • Café
  • Roquette
  • prix 4 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Il y a les amateurs de café et il y a Pierre de Chantérac. Le Rafael Nadal des baristas passé par Terres de Café a tout gagné (5 fois champion de France, champion du monde d’Ibrik en 2023, habilité à noter les cafés de spécialités par la Coffee Quality Institute) et il a décidé d’ouvrir au printemps 2026 son propre coffee shop à deux pas de la place Voltaire. Dans cet antre gris et bois, doté d’une jolie terrasse, les crus de cafés, sélectionnés avec un soin maniaque et rarement croisés ailleurs, changent chaque semaine. Ici c’est le goût avant tout. Lors de notre passage, on pouvait ainsi siroter au filtre (8€) un geisha lavé colombien ou un expresso (5€ le double) de SL28, torréfiés par le MOF de Tribute dans la Drôme. Il propose aussi des créations maison inédites à Paris comme ce Fredo, un café froid turbiné, une sorte de velours floral à la miraculeuse texture lactée (bien qu’il n’y en ait pas la moindre goutte dedans). Mais la spécialité du lieu reste l’ibrik, plus connu chez nous comme le « café turc » (même s’il se retrouve des Balkans au Maghreb). Pierre de Chantérac l’a complètement réinventé : il le fait couler sur une bille en inox pour concentrer les arômes puis dans une tasse en cône tronqué qu’il a lui-même dessinée. On choisit un des cafés d’exception qui patientent dans la vitrine réfrigérée : va pour un geisha lavé du Pérou qui développe des notes d’agrumes avant de se décaler vers la fleur… à 13€ la tasse (mais ça peut monter à 20€) ! Bref, chez Tactile,...
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  • Japonais
  • Bastille
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après avoir traîné son tablier dans divers pop-up à travers le monde, le chef anglais George Black a ramené la soupe à la maison. On veut parler du ramen, le bol de bouillon garni de nouilles dont ce nomade culinaire a appris l’art subtil au Japon, avant de se sédentariser rue Saint-Nicolas où il s’est offert ce joujou brutaliste à murs grattés et béton nu en lieu et place de l’ancien Dersou.Au menu minimal ? Trois recettes puristes : le végé au dashi de champi et miso ; le shio (salé) et le shōyu (sauce soja) au bouillon alchimique, frais et cristallin à base d’anguille, de poulet et de jus de yuzu, lesté de soba maison et d’une raviole de porc barboteuse, d’un œuf mariné, de tranches de porc rôti, de blanc de poulet juteux et d’herbes fraîches. Un petit bijou de potage à prolonger de mini-sides : une pimpante saladette de cœur de canard au binchotan, chicorée castelfranco et vinaigrette sésame/agrumes (10 €) ; un poulet frit très tchatcheur, maquillé de mayo et de paillettes d’algue nori (12 €) ; et en dessert, un riz au lait plus grand-maternel qu’une boîte de sablés remplie de matériel de couture (8 €).  La profondeur de cave est assurée par les allocs de l’associé du chef, Solal Martin-Grondard, boss du barav Les Oeillets (verres 8€, quilles dès 35€). Bref, une adresse qui a tout compris, un Toy satori en somme. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bistrot
  • Picpus
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Cette ancienne ambassade landaise du foie gras et du cassoulet où officiait depuis 1973 Alain Dutournier (et qui n’est toujours pas le club BDSM de François Bayrou) n’en finit pas de bouger. Sous la houlette du patron de la Belle Équipe, Sarah Chougnet-Strudel (Regain à Marseille) l’avait relancée fin 2024, mais la voilà repartie vers d’autres aventures. Et, après plusieurs remplacements infructueux, c’est finalement Vincent Quinton, cuisinier rompu aux classiques notamment avec les frères Pourcel ou au Bistrot de Paris, qui reprend les fourneaux avec brio. Dans la salle modernisée à la marge, il propose des assiettes bistrotières plus méditerranéennes que gasconnes, électrisées d’Asie ou d’une sauce au cordeau. Ainsi en entrée, le tartare de veau et d’algue nori se retrouve nimbé d’une redoutable mayonnaise au hareng fumé et l’impeccable ris de veau, d’un succulent jus de viande au shiso. Puis le vol-au-vent débordant de tagliatelles de seiche se mire dans une bisque d’étrilles avec laquelle on veut bien emménager. On clôt avec le dessert régional de l’étape, le Trou gascon, un délicat sorbet pomme-persil réchauffé d’un pruneau macéré à l'armagnac. À noter que la formule midi à 30€ la totale s’impose comme une sacrée bonne affaire dans le coin. Voilà une table qui prouve – encore une fois – qu’il n’y a pas besoin d’être dans les quartiers à la mode pour régaler son monde !    Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant...

Nos dernières critiques de bars

  • Bars à vins
  • Folie-Méricourt
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après Géosmine, sa table gastronomique, Maxime Bouttier continue d’explorer la rue de la Folie-Méricourt et les noms de molécule avec cet Éthanol, ouvert au printemps 2026 dans une ancienne cordonnerie. L’idée ? Un comptoir à apéro/bar à vins dans les tons rouille, béton et bois sombre où il fait bon prolonger la soirée comme savent si bien le faire les Espagnols. Les petites assiettes à picorer – que l’on a peut-être enterrées un peu vite – se déploient en majesté sur la carte : charcuterie ibérique (chorizo de bellota, cecina de bœuf…) ; poissons atlantiques (thon séché de Barbate, anchois de Cantabrie…) ; fromages français (venus de Chez Virginie). Ce soir-là, installé sur le trottoir, on veut tâter de la cuisine du chef, donc on harponne des artichauts poivrade et shizo posés sur un ajo blanco à la noisette (16€). Frais comme un plongeon au large des Asturies ! Puis on s’improvise un plat principal avec une assiette d’haricots verts et un (petit) ris de veau laqué comme un meuble chinois sur un miroir d’un puissant jus de viande. C’est bon mais à 34€ l’ensemble, ça pique. Il aurait sans doute mieux valu explorer deux assiettes différentes et rester dans l’esprit apéritif. On conclut avec une convaincante crème caramel, métamorphosée par du safran. La carte des vins se montre étonnamment vaste, vu la taille du bouclard, avec des prix plutôt raides qui s’étalent de 52€ pour un Chenin de Mosse à 2500€ pour l’Échezeaux Grand Cru de la Romanée-Conti (on a vu aussi un...
  • Bars à vins
  • Ménilmontant
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après s'être imposés avec leur coffee shop Grave sur une des artères les plus caféinées du Marais, voilà que Romain Détriché et Nicolas Papadato tentent de se faire une place avec un bar dans la rue Sorbier, épicentre des apéros du 20e. La mise de leur Bordel ? Une salle brute format boîte à chaussures avec six places au comptoir et des enceintes vintage qui crachent des BPM. L'atout évident de l'adresse reste bien l'immense terrasse où lutter à coups de verre de vin bio et de petites assiettes (mais oui) contre la litanie des canicules. On repère ainsi sur la courte carte à tarifs tenus : un Fié Gris d'Antoine et Philippe Delaunay, un beaujolais bio de Fabien Forest (28€), l'Arbois En Paradis de Jérôme Arnoux (46€), un coteaux bourguignons Sextant de Julien Altaber (49€)... ou sinon des bières craft en bouteille. Autre atout : la cheffe (et associée) Emma Chaperon qui, en solitaire derrière le comptoir, envoie des assiettes simples et bien troussées : crudo de dorade réveillé par de l'abricot, efficaces œufs mayo saupoudrés de poudre d'olive et surtout des glaces de champion, sésame noir ultra velouté ou splendide fraise et poivre de Timut. À noter que Bordel démarre dès le matin avec des cafés et des cookies maison. Après Pipa, la rue Sorbier confirme sa mue vineuse ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
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  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
C’est peu dire que l’ouverture, en 2023, du premier projet parisien porté par Rémy Savage (Abstract bistrot) et les jumeaux Sara et Hadrien Moudoulaud (ex Little Red Door et Le Syndicat) a fait parler. Grand comme un mouchoir de poche (16 m2, à peine une dizaine de places), Bar Nouveau, avec sa déco à la Hector Guimard, rend hommage à l’Art nouveau des années 1900 : encadrements de miroirs façon pampre, élégantes suspensions en forme d’arum (ou de chanterelle) et murs azuréens se reflètent dans le miroir « piqué » au plafond. Derrière le comptoir en U et en marbre, Sara Leonor shake une carte délicate de sept cocktails, chaleureusement servis en salle par Sullivan Carle, sur une B.O. 100 % française (tiens Amour à la plage de Niagara). Un avant-goût des vacances, justement, avec le Bellini. Ici, ce classique vénitien à la pêche se pare d’atours floraux, entre violette et jasmin, auxquels une rhubarbe effervescente confère du « peps ». Très réussi. Place, ensuite, à l’une des créations de l’établissement : le Ramos. Composé de vodka, liqueur de fleur de sureau, et yaourt vanillé, ce cocktail onctueux aurait déjà pu constituer un bon drink, s’il n’avait pas, en plus, des notes de whisky tourbé prenant le contrepied de la gourmandise augurée par la recette. De ce contraste naît la véritable réussite de ce cocktail sans pareil, à la hype internationale justifiée. Bar Nouveau possède un sous-sol, désormais réservé à une séance de dégustation premium de six cocktails, uniquement...
  • Bars à cocktails
  • 19e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Depuis son ouverture (en juin 2017 déjà), Combat continue à dominer sans forcer le game de la mixologie bellevilloise. Même s’il y a désormais une petite concurrence (Kissproof) et que la cheffe pugiliste, Margot Lecarpentier, se fait plus rare derrière le comptoir en inox, l’équipe en charge du petit bar brut à plafond végétalisé continue d’envoyer des verres qui calment des gosiers plus en pente que la rue.  A la carte, on retrouve des créations toujours futées et affutées, comme ce réussi Bou Rou, inspiré du classique Boulevardier (un negroni, mais au bourbon). Ici, ce cocktail composé de whisky japonais, amer à l’artichaut et vermouth rouge regarde vers l’Orient, avec l’ajout de sauce soja pour le soyeux et du tamarin pour adoucir l’amertume de la recette originelle. D’un continent l’autre, avec le Combat Margarita, l’un des incontournables du lieu. Composé, ici, de tequila, camomille, saké, dry curaçao, citron vert et CBD, le drink prend le parti de faire briller d’autres ingrédients, comme les notes d’orange du dry curaçao, plutôt que la seule agave. Le saké nigori apporte de la texture, tout en rééquilibrant l’acidité du citron vert et l’huile de CBD s’accorde parfaitement à la bande son 100% dub ce soir-là. Mention spéciale pour l’offre cocktails sans alcool, auxquels Margot fut l’une des premières à accorder de la considération. Maline proposition d’accord cocktail Impecâpre à la gentiane / assiette d’artichauts et noisettes pour une autre idée du végétal. Tout...
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  • Bars à cocktails
  • Saint-Ambroise
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ruba Khoury, cheffe d’origine palestinienne qui en a sous le pied côté popote (elle est passée par Yam’Tcha ou Septime ) a ouvert, en 2019, son bar safe et inclusif au drôle de nom. Mais au fait, pourquoi Dirty Lemon ? Réponse : en souvenir d’une intoxication au citron (?) dans un bar lesbien. Mais pas d’inquiétude, dans la mignonne petite salle en pierres grattées, aux couleurs pastel, et ouverte sur la rue grâce à sa vitrine rétractable, les ingrédients sont au top ! Pour preuve, la cheffe vient de remporter l’édition 2026 de Top Chef Middle East. Dans une ambiance conviviale, entre habituées du quartier et touristes attirés par la récente notoriété internationale de la proprio, on commande un La Divorcée, cocktail à base de rhum brun, amaro, clémentine et bitter fenugrec. Bien équilibré et facile à boire, les notes d’agrume dominent, avec la pointe de fenugrec en fin de bouche pour apporter de la longueur. Profil différent pour The Morning After (eau-de-vie grecque à la coriandre infusée au yaourt grec, cordial de « pico de gallo » - un mix mexicain de tomates, oignons et piments-, citron vert, bitter céleri). Un drink sapide, inspiré du Bloody Mary, au céleri présent et dont le sel sur le verre agit comme un exhausteur de goût. A accompagner d’olives parfumées ou d’un généreux pain au levain et son beurre au dattes légèrement sucré. Bons points supplémentaires pour la cuisine ouverte jusqu’à 1h du matin et la formule brunch du week-end autour de spécialités de la...
  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après s’être un temps cherché entre mixologie ambitieuse et bistrote japonisante, Mesures trace désormais son sillon de bar à cocktails audiophile, doublé d’un authentique comptoir à saké. Depuis son ouverture en 2023, le cadre n’a pas changé : une salle épurée, avec de grandes baies vitrées, au mobilier en bois sombre. Près du bar, la hifi-fi 100% analogique joue son lot de vinyle : jazz classique ou nippon en début de soirée, puis funk-soul-discoïde au fil de la soirée pour faire monter la température (rajoutez une résidence post punk/electro un vendredi par mois). La carte, signée du boss Guillaume Castaignet venu du Très Particulier se révèle particulièrement riche. La section cocktails mixe les signatures intemporelles de la Maison, un choix de classiques, et - nouveauté ! -  des cocktails au saké influencés par la saisonnalité. On se laisse tenter par un The Bridge, à base de saké au jasmin. Un verre délicat et floral, où les notes de jasmin laissent, dans un second temps, place à l’alliance heureuse de la mandarine et du cacao, auquel l’ail noir apporte une étonnante longueur. Même réussite avec le Haitian Fight Song, signature mêlant harmonieusement les notes oxydatives du Savagnin aux clairin haïtien et whisky japonais. Banane et beurre noisette apportent une touche gourmande sublimée par l’essence d’estragon et le cacao.  Hormis les cocktails, Mesures propose, désormais, près d’une vingtaine de sakés à la dégustation sous trois formats : verre / carafe /...
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  • Bars à cocktails
  • Saint-Georges
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Depuis 2013, Dirty Dick a mis Pigalle sur la carte mondiale du Tiki. Mais, au fait, c’est quoi le Tiki ? Un style de bar, né au milieu des années 1930 à Los Angeles qui surjoue l’exotisme des îles paradisiaques comme passeport pour l’évasion, à l’aide de cocktails mariant rhums et ingrédients tropicaux. L’établissement, qui a emprunté son nom à l’ancien bar à hôtesses dans lequel il s’est lové, ne déroge pas aux lois du genre : mobilier en rotin, totems polynésiens, et grande fresque kitsch d’une pin-up devant un coucher de soleil. La bande son, à l’avenant, mixe deux mesures de surf rock pour une mesure de mambo, avec un trait d’Exotica. Aux shakers, le solide Scotty Schuder - présent depuis l’ouverture ! -, Matteo Bragutti et leur équipe confectionnent des potions aussi colorées que leurs chemises. La carte navigue entre créations fidèles à l’esprit Tiki et grands classiques de la spécialité. A l’image de ce Maï Taï, réalisé dans les règles de l’art, où les rhums, la liqueur d’orange amère et le jus de citron vert se font caressants grâce aux notes d’amandes torréfiées du sirop d’orgeat maison. Ceux qui croient aux forces de l’esprit oseront le Zombie. Servi dans un grand Tiki mug, ce cocktail tout feu tout flamme dissimule sa véritable puissance arhumatique à grand renforts d’ingrédients secrets pour un résultat étonnamment fruité, avec des notes de cannelle. Attention : plus de 2 verres de ce breuvage et vous serez bons pour la chorégraphie de Thriller dans le fumoir...
  • Bars à cocktails
  • Saint-Ambroise
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Gros changement d’identité pour ce bar à cocktails intimiste du 11ᵉ. Dans la déco d’abord où les murs noirs et les lumières chiches ont été remplacés par du vert bouteille et davantage de lumens. Plus subtilement, l’Antoine de l’enseigne ne désigne plus Antoine Delafoy, joué par Claude Rich dans les Tontons Flingueurs (la référence commençait à dater), mais Antoine Parmentier, le pharmacien agronome qui a donné son nom au hachis et à l’avenue sur laquelle donne la terrasse du bar. Surfant sur cette vague apothicaire, le nouveau duo de tauliers, Julie Martin (passée par Amaro) et Vincent Goettle, remplaçant Vincent Pinceloup parti pour Superfine, propose une carte comme une prescription médicale, écriture difficilement lisible et noms latins inclus ! Parmi la dizaine de créations fûtées, on y pioche cette Cuvée 404 mixant calvados, oloroso, fino, feuille de curry et fenugrec qui reproduit les notes oxydatives et de sous-bois d’un vin d’Arbois ou le Solanum lycopersicum (mezcal, liqueur de piment, jus de tomate maison et bière) frais et hot à la fois. Monsieur Antoine propose aussi quelques solides qui vont au-delà de la sempiternelle planche : fondant poireaux à la vinaigrette bien citronnée ; gravlax et betterave ; courge rôtie parsemée de miettes de lard… Voilà un bar de quartier qui pourrait bien se faire un prénom dans la compétition très disputée des apéros du 11ᵉ.   Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant...
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  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Candelaria
Candelaria
En 2011 (déjà !), Carina Soto Velasquez et Josh Fontaine, tous deux passés par l’Expérimental Cocktail Club, ouvraient, avec Candelaria, l’un des établissements les plus marquants de la scène mixo parisienne. Le concept ? Une micro-taqueria derrière laquelle se dissimulait un bar à cocktails top niveau revendiquant un fort tropisme pour l’agave (tequila, mezcal…). Quinze ans après, l’équipe a étoffé ses adresses avec le Mary Celeste voisin, et, plus récemment, La Renaissance. Alors quoi de neuf dans ce bar, pionnier du speakeasisme parisien ? Le scénario n’a pas changé : se frayer un chemin parmi les amateurs de tacos, pousser la porte aveugle au fond et débarquer dans l’agréable salle en pierres grattées, à la pénombre savamment entretenue par un éclairage tout bougie. Derrière le comptoir, la cheffe bartender, Louise Lai, propose une carte des cocktails faisant sa révolution tous les 2-3 mois. On débute avec un Testa Rossa, long drink carmin à base de rhum haïtien, vin blanc, bitter, épices. Les notes caractéristiques de fruits exotiques mûrs du rhum dominent, avant de laisser place à une douce saveur évoquant l’amande. L’effervescence du drink donne du peps à l’ensemble, pour un résultat très convaincant. Tandis que l’ambiance monte crescendo au fil de la soirée, quittons les Caraïbes pour le Mexique, avec le El Dorado (tequila reposado, piloncillo, maïs, chataigne). Un milk punch clarifié plaisant et facile à boire, entre douceur céréalière du maïs, et un côté presque...
  • Bars à cocktails
  • 16e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Cravan Paris 16
Cravan Paris 16
A la fameuse question « Qu’est-ce que l’audace ? ». Franck Audoux, ancien du Chateaubriand canal historique, a répondu en 2018 : ouvrir un minuscule bar à cocktails au fin fond du 16e (avant de se dire qu’ouvrir un immense bar à cocktail dans le 6e marchait aussi !) En 2026, Cravan, en hommage au poète et boxeur éponyme, reste vaillant. Le charme du lieu continue d’opérer à fond, avec ses faïences Art déco, ses chaises Thonet, et ses peintures sous verre de 1911. Le comptoir ne peut pas accueillir plus de deux personnes ? Peu importe,  même attablé en salle, on peut discuter avec l’équipe derrière le bar sans élever la voix ! Alternative de luxe : Cravan dispose d’une charmante terrasse pouvant accueillir une vingtaine d’hôtes de passage. La carte offre une version miniature du menu proposé à Cravan St Germain, plus deux ou trois exclus. Révisons nos classiques de la maison avec le Yellow. Un cocktail modèle d’équilibre, entre l’amertume aux saveurs caractéristiques de la gentiane, la sucrosité végétale de la Chartreuse jaune et l’acidulé du citron. Deuxième round avec un Troca (uniquement dispo dans le 16e actuellement), une recette apéritive « dans l’esprit d’un Americano », selon Lucas Davoine – meilleur apprenti de France barman 2025 - et Maxime Vidal, aux shakers ce soir-là. Une boisson apéritive convaincante, entre vinosité du vermouth, effervescence de l’eau gazeuse, et coup de fouet de l’agrume. A accompagner, idéalement, d’une gilda (olive/anchois/piment...
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