Les derniers restos et bars qu’on a testés
© Aurore Nguyen
© Aurore Nguyen

Les derniers restos et bars qu’on a testés

Entre bistrots qui font parler d’eux, bars planqués derrière un rideau et tables d’auteur où tout Paris se bouscule, la rédac a sorti ses carnets de notes. Voici nos dernières critiques, les vraies, celles écrites le ventre plein.

Antoine Besse
Publicité

Nos dernières critiques restos

  • Goutte d'Or
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Au nord du métro La Chapelle, se déploie ce catalogue d’ailleurs dont Jordan Florentin voudrait qu’on ait peur. Un mélange chamarré et bordélique où se côtoient sur le même trottoir sacs d’épices tamoules, battes de cricket afghanes et, donc, assiettes yéménites. Au Royaume de Saba, le dépaysement commence dès la vaste salle évoquant la khaïma bédouine : on se déchausse pour s’accroupir dans une alcôve tendue de tapis. Ça change des tabourets en inox des coffee shops du Marais ! On mange quoi ? En plus de petites entrées orientales classiques (fattoush, mouttabal), la carte (100 % halal) s’articule autour du mandi et du madfoon, deux spécialités yéménites de viande, cuites longuement à l’étouffé dans un four hermétique (le taboon). On opte pour un mandi de poulet, soit deux cuisses hyper fondantes au bon goût de fumée sur un lit king-size de riz basmati parfumé de cumin, cannelle, citron et safran. Il s’accompagne d’un ramequin de sahawiq, une sorte de pesto de tomate, fromage et piment plus chaud qu’un 15 août à Aden. A écoper avec des morceaux de pain plat. Un plan précieux où se sustenter pour pas cher ! Avec qui ? La diaspora yéménite se retrouve ici, loin du bruit de la rue. Dans un box, une mère déjeune avec son fiston. Dans un autre, un homme prie. Ça s’interpelle en arabe tandis que la télé diffuse les mélopées en 4K d’une diva du Golfe. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme...
  • Pizza
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Un ancien de la banque qui se réoriente vers les cuisines, on connait l’histoire…   Sauf que là, Blaise Hasselweiler, 26 printemps et un air poupin, n’a mis qu’une poignée de mois avant de se lasser de la finance et d’ouvrir en solo le comptoir à pizza le plus original de Paris ! Déjà de sa pizzeria MAD, pour « Maker Artisanal Dough » ou fabriquant de pâte artisanale, ne sortent que des cartons rectangulaires (dessinés par lui). Pas de disques fumants ici mais la version épaisse dite de « Detroit », un peu comme chez Red Sauce, cuite dans un moule en alu.  La pâte ? Une merveille au blé français et levain élevé avec amour par Blaise, une sorte de focaccia sans huile, alvéolée et hyperdigeste. Le jeune pizzaïolo la garnit d’ingrédients bien castés (comté 18 mois, sauce tomate maison…) dans six recettes classiques mais joliment twistées : cacio e pepe, champignon, pepperoni. Arrivant tôt car les pâtons partent vite, on repart avec une MAD in France aux oignons confits et jambon Prince de Paris. Nous voilà à l’opposé de la pizza napolitaine, mais on est bien ! Le sucre des oignons équilibre l’aimable pointe d’acidité du levain et de la tomate, le jambon a du goût et le bord de la pizza en collerette de fromage grillé se mange comme une confiserie. Pas de trottoir, que du plaisir ! On ne peut que souhaiter que Blaise puisse s'agrandir tout en gardant cet esprit artisanal précieux, voire proposer quelques places assises pour des pizzas qui donnent envie de faire une ovation...
Publicité
  • Fast-foods, snacks et sandwicheries
  • Paris
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après Meïda à Saint-Ouen et Meatpack Steakhouse à Rosny-sous-Bois, Mohamed Cheikh se décide à entrer dans Paris pour explorer la cuisine de rue. Le gagnant de Top Chef 2022 ouvre donc, aux pieds brutalistes de la fac de Tolbiac, El Cheikh, une guitoune colorée qui (sur)joue les codes algérois : tabourets en caisse plastique, tables ornées du faux vieux logo (caramel Caprice ou limonade Cigogne), calligraphie au sol. Ce Cheikh n’est pas sans provision avec une carte courte de cinq sandwichs, dont trois végé à prix tenus pensés pour les étudiants (ça commence à 4,90€ et ne dépasse pas 10€). Joie de trouver rive gauche un sandwich à la karantika, ce flan de pois chiche et cumin glissé dans une demi-baguette tartinée d’harissa, le casse-dalle popu typique des rues d’Alger et du boulevard de la Chapelle ! Pour les amateurs de protéines animales, le kefta de merguez et boeuf, roulé dans une galette avec sauce toum, menthe, concombre et persil fait carrément le boulot pour caler pour le déjeuner. On l’escorte de pommes gaufrettes à tremper dans une efficace sauce algérienne maison et d’une canette de Selecto et son inimitable deuxième bouche chimique. L'Algérie nouveau paradis de la street food ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Indien
  • 2e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Renversant le concept d’appropriation culturelle tel un disciple d’Hanuman, saint patron des lutteurs, le chef indien Manoj Sharma (Jugaad et Sharmarji) ouvre de l’inédit à Paris : un pub anglais aux accents de Delhi. Du premier, il en reprend les codes cosy : nature morte chinée à Londres, chaise à tartan et briques vermillon. L’inspiration indienne s’immisce, elle, dans la carte avec une fusion futée des classiques de gastropubs et des ingrédients pan-indiens : friture d’éperlans à tremper dans une mayo au cumin, kerala fried chicken à la coco et au curry, aguichant scotch egg dans sa panure de masala et porc haché sur un doux dahl de lentilles corail ; souple travers de porc mariné façon vindaloo (à l’ail et au vinaigre)… Nous l'avons accompagné d’oubliables frites (maison ?) aux épices alors qu’il aurait fallu sauter sur le pav, brioche aux épices pour éponger le succulent jus de viande. À faire couler avec un cocktail, une Guinness ou une ale maison pour compléter la panoplie anglo-indienne. Voilà un mariage avec un goût d'évidence qui réussit à surprendre en évitant le saugrenu. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Publicité
  • Café
  • Ménilmontant
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Avec 167 nouveaux coffee shops ouverts à Paris ces 12 derniers mois, la capitale ne frôle-t-elle pas l’embolie du latte ? Il serait pourtant judicieux de se montrer magnanime envers Joy x Beck, grand café d’angle à la façade émeraude imaginé par la pâtissière et photographe Yene Linda Lam, connue des réseaux sociaux sous son pseudo @hinalys, et son associé Varasy Veopraseuth. On y vient, d’abord, pour les gâteaux (le salé devrait arriver plus tard) dignes des meilleures pâtisseries de la capitale. On pense par exemple à ce cheesecake singulier, couvert d’un mélange de coco, sésame et cacahuètes grillées. Ici le pandan est roi, plante d’Asie du Sud-Est au goût nostalgique d’amande et de vanille, qu’on trouve dans un splendide flan marbré à la vanille ou dans une crème addictive dont on caresse une brioche feuilletée remarquable. Mais aussi dans cette boisson déjà signature des lieux, le coconut pandan cloud : une eau de coco glacée surplombée d’une crème légère au pandan et à la noix de coco. Parfait pour s’attarder dans ce joli espace à la lumière diaphane, dont les meubles en bois brutaliste et la vaisselle coquette font le charme. Les liquides bénéficient d’ailleurs d'autant de soin que le sucré, à l’image des cafés du Laos et de la Thaïlande, ou de ce thé rouge thaï glacé acidulé. Un lieu singulier et lumineux, à en redonner foi à ceux qui n’en peuvent plus du pullulement des coffee shops sans âme. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos...
  • Fast-foods, snacks et sandwicheries
  • Canal Saint-Martin
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Pour lutter contre la crise de la pause midi, les restaurateurs futés se coulent tel le cheddar du grilled cheese dans le monde du sandwich cuisiné. Abordable, rapide et possiblement savoureux, l’exercice de l’entrepain coche toutes les cases du déjeuner désirable en 2026. Michaël Babo du bar à vins Chez Babo (en face), associé à Niels Kammermann, ancien chroniqueur food, ont donc ouvert au printemps 2026 ce Babz tout d’écru vêtu. Au comptoir (mais plus probablement sur le quai du canal Saint Martin voisin), on peut mordre dans un des quatre sandwichs à l’ardoise : à l’œuf, fromage, poulet ou roastbeef lors de notre visite. Quoi qu’il en croûte, ici tout est fait maison (notamment les sauces qui remplacent le beurre ou la mayo) et assemblé à la commande. À l’image du Chicken’z où un pain semoule de la Maison Ounissi se tartine de sauce tartare avant d’accueillir un effiloché de poulet rôti des pickles de chou et de la salade. Un sandwich bien nourrissant, pas sec sans être trop gras, qui se boulotte sans crier gare. On reviendra pour goûter le modèle Vit’oz au rôti de veau, capre et sauce tonnata (disponible les vendredi et samedi seulement). Une vraie bonne adresse du midi qui mérite de se faire une place dans ce coin hautement concurrentiel. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Publicité
  • Gastronomique
  • La Madeleine
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Et si les restaurants gastronomiques se détendaient un peu ? Ça semble le cap pris par Eskal, nouvelle table de la famille Nanaumi (après Akabeko) où le chef Alexandre Chambat, passé par l’Astrance, brille dans sa cuisine ouverte. La déco (du gris, des miroirs, du travertin) et l’arrondissement (le 8ᵉ) faisaient craindre une adresse janséniste pour cadres insup en repas d’affaires. Erreur ! Installé au comptoir, on se retrouve aux premières loges d’un réjouissant moment d’échanges à hauteur de fourneaux où le chef explique ses plats, sa philosophie, ses fournisseurs. Eskal s’impose ainsi des produits uniquement français (comme chez FIEF), une saisonnalité draconienne et une stricte politique de réduction des déchets. La contrainte devient un cadre dans lequel les assiettes développent toute leur personnalité, celle d’une cuisine pleine de vivacité et de justesse où étincellent herbes sauvages et légumes du moment. Au gré du très généreux menu à 89€ (en 5 étapes), on croise ainsi des haricots verts tout simples accompagnés d’un puissant condiment mirabelle et noix, un ceviche d’aubergine dans un « leche de tigre » au lait d’avoine ou une longe de veau fumée sur un risotto de blettes, légumes mal aimés mais résistants aux sécheresses. Le dessert du chef Nahel Mani (l’Astrance lui aussi) convoque lui le mélilot, la figue et le verjus. Bref, foncez. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme...
  • Népalais
  • Poissonnière
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Petit à petit, Paris creuse son offre des gastronomies du monde. De la Chine (ou de l’Italie), on peut (on doit) choisir de manger de la cuisine du nord ou du sud du pays. Du Népal, mince bande coincée entre le Tibet et l’Inde, on ne connaissait depuis une décennie que les momos, ces raviolis vedettes des échoppes de rue, et voilà que Jatra ose d’autres plats des hauts plateaux. À la tête de cette claire cantine garnie de masques tradi et de banquettes colorées, se trouve Shirish Bhandari, vingtenaire à la barbe fournie, qui s’est lancé dans la restauration à la suite de ses parents forgés dans le même Népal (ils possèdent les enseignes Momo House). La carte fait une large place aux recettes végé et surtout aux ingrédients de là-bas ramenés de ses voyages par le taulier, comme ces batuks (des beignets de lentilles moong) ou la farsi (un ragoût de courge à l’ail des ours népalais). Ce midi-là, on fonce sur la formule midi (20€ la totale) avec, en ouverture, une triplette de dodus momos bien garnis d’une farce aux légumes avant un réjouissant chilly chicken, du poulet mariné à l’ail et frit qui gagne ses galons grâce à une sauce au poivre de Timut (cousin de celui du Sichuan) pleine de fougue et de chaleur, servi avec des pickles et du riz aux épices. Le dessert continue d’étonner : un kheer, sorte de riz au lait indien avec, ici, du millet, du lait de coco et de la cardamome.   Bref voilà une vraie proposition dépaysante et savoureuse qui fait du bien ! Chez Time Out, tous...
Publicité
  • Fast-foods, snacks et sandwicheries
  • Strasbourg-Saint-Denis
  • prix 1 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Si on manque d’archéologues de la cuisine de rue pour identifier avec certitude le plus ancien kebab de la ville, il faut reconnaitre que le Cristal, affichant fièrement 1981 sur sa devanture, se présente comme un bon candidat. L’affaire de la famille Ayan – où le père a été employé puis patron -  continue de bien tourner, comme sa broche qui occupe une large portion de cette minuscule cambuse triangulaire des Grands Boulevards. Le père Yavuz a cédé sa place à Anil, son fiston, qui a repris le flambeau sans rien changer à la recette ou à l’organisation (il est aidé par Mehmet, un petit jeune avec 30 ans de maison). Ainsi la viande, un mélange de veau et d’agneau mariné une journée et haché sur place, est assemblée chaque matin au 1ᵉʳ étage avant d'être descendue dans la boutique via un trou dans le plafond ! À part cette originalité architecturale, on propose ici sur un kebab très classique, une sorte de mètre étalon de l’exercice, identique à ce que les clubbers allant aux soirées Jungle du Rex Club en 1986 avalaient déjà. Pas de pickles, pas de sauces cheloues juste un souple pain turc maison (ou alors, pour faire comme les anciens, une baguette du boulanger d’à côté) avec sauce blanche, harissa salade, tomate, oignon… Simple, basique et efficace. Seule concession à la modernité, Anil n’appelle pas le client « chef » ! Attention, le Cristal n’offre que deux tabourets dehors en compagnie des pigeons et c’est tout. Préparez-vous à bouloter votre  sandwich sur un banc. À...
  • Grec
  • Louvre
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Faut-il encore présenter les frères Mavrommàtis, les amphitryons parisiens de la gastronomie hellène ? Dès 1981, le trio a voulu proposer une autre cuisine grecque alors coincée entre Charybde des tavernes festives au tarama bronzant sous les spots et Scylla des mauvais gyros. Trente-cinq ans plus tard, mission accomplie ! Spanakopita, souvlaki ou moussaka ont acquis leurs lettres de noblesse. On voit bien le chemin parcouru avec Thalie, leur 5ᵉ restaurant, posé le long du jardin du Palais-Royal. La mise ? Une élégante bonbonnière, rose poudrée, draperies et miroirs, bien loin du folklore, mais surtout une splendide terrasse. Une des plus belles de Paris ! La carte élaborée par Andreas Mavrommàtis s’articule autour des petites assiettes et d’entrées (avec de très nombreuses possibilités végé) : poulpe et purée de pois chiches, aubergine confite, halloumi grillé… Que complètent quelques plats classiques (brochettes, moussaka) ou nettement moins (joue de bœuf sauce stifado ou pâte d’avoine aux champignons). À la tête de la cave on trouve -logiquement- Dyonisos Mavrommàtis qui sillonne les AOP grecques : blanc ionien Robola de Céphalonie du domaine Gentilini (52,50€) ; cyclades Hatzidakis (88€) ; thessalie du domaine Dougos (72€) Entre touristes selfisant sous les tilleuls et costumes en pause, on se lance avec la formule midi (39€). Un souple duo de croquettes d’aubergine aux pignons se met en trouple croustillant avec une boulette farcie à la menthe et l’agneau sur un suave...

Nos dernières critiques de bars

  • Bars à cocktails
  • Réaumur
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Ouvert en 2007, l’Experimental Cocktail Club est devenu une élégante institution du cocktail parisien. Un increvable pionnier qui a su libérer les shakers des palaces et qui continue, sans la ramener, à faire le plein tous les soirs de touristes comme d'habitués ! La déco ? Inchangée depuis les débuts : poutres apparentes et fauteuils bas, lustres en plexi (à la mode à l’époque) et pierres de taille dans une lumière tamisée. Le piano sert toujours de support pour les platines du DJ qui vient mixer jusqu’à 4 h les vendredis et samedis. Derrière l’étroit comptoir, s’activent avec efficacité Guillaume Béguin et son équipe au service d’une carte d’une douzaine de créations aussi équilibrées que discrètement techniques. On y trouve par exemple ce superbe Secco Verano (gin, distillat de pignons, eau de tomate, huile au basilic), un dirty martini réincarné dans une salade de tomate. Il y a aussi des verres plus accessibles à l’image de ce Fly Me To Cancun, une opulente et herbacée Margarita au mezcal, aquavit et liqueur de fenouillette. Bref, longue vie à cet ancêtre encore très verre. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à vins
  • 20e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après avoir tous deux bossé au Fouquet’s, Léa et Jonathan ont exfiltré leurs idéaux progressistes dans ce confin du XXe. Car “Sor” - diminutif de “sororité” - s’affiche comme une safe place à vins naturels et en-cas végé, tous issus de productrices (femmes, donc) qui travaillent proprement. La DA de bar à vins ? Tons mauve, turquoise et vert d’eau, paisible terrasse sur rue piétonne, intérieur meublé comme l’appart d’une pote et vue sur 5m2 de forêt bellevilloise… Cet abri inclusif fait aussi centre culturel avec une prog d’expos (ateliers créatifs, yoga, concerts) où cultiver un engagement doux qui cherche à rendre le monde un peu meilleur, en commençant par l’apéro.  On mange quoi ? Dans un menu où se côtoient planche de fromages de chez Crème (18€) ou courgettes farcies (8€) on opte pour un opulent croque “non-binaire”, ni madame ni monsieur, sans jambon ni œuf, aux pain de chez Ten Belles joliment astiqué de pesto, cream cheese, comté et parmesan - servi avec pommes au four épicées (11 €). Côté vins, un blanc salivant de Bergerac bien conseillé par la patronne parmi la quinzaine de ref (dès 5€ le verre).  Avec qui ? On prend le frais entouré de bandes de copines et leurs potes alliés, qui ont envie de descendre le patriarcat et des bouteilles de blanc. Un wokisme paisible ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Publicité
  • Bars à tapas
  • Arts et Métiers
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après le succès de l’Oursin, Hippolyte et Aristide Cochin, Louis Plichet (des Enfants Perdus) et la cheffe Louise Perry gardent le cap du nom océanophile pour leur nouveau bar à l’ancienne où l’on mange bien (version 2026 d’Aux Deux Amis un peu). Avec cet Atlantic, ils abordent la rive sud de SSD, en reprenant un rade sans histoire tout en longueur, miroir et terrasse surplombant le boulevard. Le coup de génie ? Installer de véritables néons qui donnent l’impression à l’Atlantic d’avoir toujours été là ! On mange quoi ? L’idée reste de mettre un peu de cuisine dans l’apéro avec des (petites) assiettes tournées vers l’Espagne qui laissent la bouche luisante : puissant tarama d’oursin (10€) à tartiner sur des pitas au beurre de sauge (4€), grosses moules de Galice dans un curry tout en rondeur (15€), brochettes de poulet lustrées d’une sauce basquaise (12€) qui aurait mérité plus de peps. La carte des liquides mélange le faussement popu (la Jupiler à 4,5€ le demi), une quinzaine de quilles naturelles bien castées (Into the Red du Mas Foulaquier à 40€, Bambara da Casa Bianco à 45€) et des cocktails, dont un Tinto de Verano gastronomisé par rapport à sa version andalouse (vin blanc, vermouth, limonade au sureau pour 12€). Avec qui ? L’ambiance multiculturelle et polysociale de SSD ne passe pas l’invisible frontière du boulevard. Ici, on picole entre touristes américaines abonnées aux bons comptes Insta et trentenaires à moustache qui comparent leur KPI. Chez Time Out, tous les...
  • Bars à cocktails
  • 8e arrondissement
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
En place depuis 2022, la greffe du CopperBay, chouette bar à cocktail du 11ᵉ, dans le lobby du Lancaster cinq étoiles du Triangle d’Or a vraiment bien pris, prouvant que ce comptoir de l’Est monté par le trio Aurélie, Elfi et Julien parle autant aux touristes fortunés qu’aux amateurs de République. Le décor navigue toujours dans les eaux du chic international : du marbre rétroéclairé, du velours, du bois et un précieux patio végétalisé. Toute la carte se concentre sur les producteurs français et ose bousculer les habitudes timorées d’une population dorée sur tranche en exhumant des verres antiques et des ingrédients oubliés. Ainsi le Bloody Snapper (un Bloody Mary au gin) devient un cocktail végétal tout en délicatesse grâce à un distillat d’ail rose, une rare liqueur Kummel au cumin et un zeste de hot sauce. Encore plus curieux, le Stinger à la noix rassemble cognac, liqueur de menthe blanche, quinquinoix (?) et antésite (!) pour un verre mentholé qui n’a sans doute pas été servi à Paris depuis la fin de la Grande Guerre ! Un mélange d’érudition liquide et de cadre cosy qui fait oublier les prix assez raides. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !  
Publicité
  • Bars à cocktails
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Huit ans déjà que Fréquence creuse son sillon de bar à cocktails audiophile exigeant ou plutôt de bar audiophile soignant ses cocktails, selon la priorité des fondateurs, Guillaume Quenza et Matthieu Biron. Aujourd’hui, si le duo se montre moins présent, la formule reste inchangée. Autour du chef barman Tristan Petrone, l’équipe continue d’envoyer des cocktails millimétrés (souvent peu alcoolisés), tout en retournant un vinyle de la Motown sur l’une des platines incrustées dans le comptoir. Face A, on sirote un Mehmet, long drink inspiré de l’Americano (soda nectarine, cap corse, fino sherry et amer italien), un verre équilibré entre acidulé de l’agrume et légère amertume apéritive. Face B, dégustation du Toy, où la puissance du whisky rencontre l’acidité d’un vinaigre de figue, auquel le savant dosage du vermouth et de l’amaro japonais confère un étonnant soyeux. Un vrai beau cocktail. Fréquence propose également quelques plats d’inspiration asiatique (poulet kaarage, chashu de porc snacké, tofu frit…), calories bienvenues avant de chalouper sur les mixes des DJs invités jusque tard dans la nuit en fin de semaine.  Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à cocktails
  • 5e arrondissement
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Le 1802
Le 1802
Avec plus de 1600 références ouvertes à la dégustation et 49 cuvées exclusives, le Bar 1802 – année de naissance d’Alexandre Dumas, dont la famille faisait du rhum à Saint-Domingue, mais vous le saviez – revendique le titre de plus grand bar à rhums au monde. Niché dans l’hôtel Monte Cristo, le lieu en bois sombre, plantes tropicales et azulejos invite à l’évasion cosy sans surjouer l’exotisme.  La carte signée Donovan Chouari (passé chez Bisou) et Paul-Antoine Herbet (ex Carry Nation) comprend 12 cocktails autour de l'alcool de cannes et de quatre ingrédients (café, piment, lait et citron vert pour ce 1ᵉʳ round) travaillés chacun selon des méthodes du passé, du présent ou du futur. Cueillons l’instant présent avec un très bon Citron Vert, un twist du daïquiri marie cachaça brésilienne où la bonite séchée en poudre apporte une touche d’umami binevenue. Rendez-vous, ensuite, dans le turfu pour un Lait Distillé. À la dégustation, le distillat de lait de chèvre révèle ses notes animales, renforcées par la puissance naturelle du rhum jamaïcain qui lui sert de base. L'eau-de-vie de framboise et le spray de pamplemousse viennent apporter un peu de douceur et de tranchant à ce short drink très aromatique. Aujourd’hui comme hier, le Bar 1802 reste la plus belle ambassade du rhum. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Publicité
  • Bars à vins
  • Roquette
  • prix 3 sur 4
  • 3 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Après un détour réussi par les ramens chez Toy, Solal Martin-Grondard, boss des Oeillets, revient dans sa zone de confort avec ce Selma, un barav à murs grattés et cuisine pulsée pour résidents de l’est parisien pas fâchés avec leur banquier. Dans la cuisine ouverte de cette salle brouhahante, s’active Hasan Şahin Erdal, ex-chef volant qui s’est posé dans l’affaire. Il propose des assiettes à partager en accompagnement d’une érudite sélection de bouteilles nature : Languedoc Danse de St Guy d’Antony Tortul (39€) ; Jura Là-Bas de Nicolas Jacob (100€) ; ou un litron de Fins als Kullons des Espagnols de Finca Parera (45€). Il a la chouette idée d’infuser ses souvenirs de voyages dans ses racines turques. Ça change, se montre très instagrammable (au flash et à l’argentique bien sûr), mais ça ne fait pas tout, notamment l’assaisonnement. L’assiette de légumes – 3 tranches de patates et 3 de courgettes pour 11€ – dans sa soupe réduite tarhana manque de tranchant ; le croustillant des (2) beignets de fleurs de courgettes garnis de brandade prend le dessus sur le reste (16€). Ça s’arrange avec les plats : mantis (raviolis turcs) à la ricotta (24€) sauvés par une sauce aux épinards et chanterelles et un honnête pavé de lieu jaune et orzo (servi 10 minutes après l’autre plat car « tout arrive selon l’humeur du chef et tout se partage ». Ah.). En dessert unique, le puissant sorbet choco nappé de sumac et d’huile d’olive clôt un repas bien cher pour la cuisine proposée, qui gagnerait...
  • Bars à cocktails
  • Louvre
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
La haute gastronomie est-elle soluble dans un shaker ? À cette question, Anne-Sophie Pic répond brillamment avec Utopic, son premier bar à cocktails. Situé au sein de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, il joue la carte de la lumière avec de grandes baies vitrées, des tons crème et du bois clair avec vue imprenable sur le Louvre. Derrière le comptoir, Maël Jego (Little Red Door) propose 22 cocktails, dont six sans alcool, conçus par Anne-Sophie Pic et le responsable mixologue du groupe, Mike Kassabian. Cette carte XXL s’articule autour de créations, parfois inspirées par des plats emblématiques de la cheffe, et de variations de classiques éprouvés. Ainsi, l’Idylle navigue entre Kir Royal et Champagne Cocktail, où une liqueur de reine-des-prés et de vanille est allongée au champagne dans une élégante effervescence. Plus fou, le Sacrilège fait dialoguer olives de Nyons et chartreuse. Comme une évidence ! L’offre de nourriture, particulièrement étoffée (17 propositions) et soignée pour un bar, reprend quelques classiques de la cheffe comme le cromesqui mentholé d’escargot ou Croq’ Utopic, composé de jambon blanc truffé, Mornay au comté et vanille fumée. Bref voilà un bar déjà en forme olympic.Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Publicité
  • Bars à cocktails
  • Le Marais
  • prix 3 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Arrivés mi-2024 aux manettes du Little Red Door, Hugo Gallou et Hyacinthe Lescoët du Cambridge Public House ont désormais bien pris leurs marques dans cette institution charnière du cocktail parisien. La nouvelle déco dans les tons rouille, cuivre et bois quitte l’ambiance crépusculaire d’avant (et ce n’est pas plus mal), mais la population reste très largement anglo-saxonne, le bar étant toujours conseillé dans les guides d’outre-Atlantique. Bref la nouvelle vie de la LRD ressemble beaucoup à la précédente : un bar feutré pour amateurs de cocktails très pointus. La carte arbustive égrène des techniques d’agriculture durable et leur traduction dans les verres (même si parfois on voit mal le rapport). Ainsi le Circulaire mélange de vodka infusée au riz noir, un saké infusé au Beaufort, un cordial de sake kasu (la lie du saké) pour un résultat umami et tellurique étonnant ; ou encore le Precision (eau-de-vie, vinaigre de verjus infusé à la fraise, vermouth infusé à la gentiane) s’avère un twist très réussi du white negroni avec des notes vineuses. La Petite Porte Rouge reste un grand bar ! Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
  • Bars à cocktails
  • Pigalle
  • prix 2 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé
Toujours aussi queer, toujours aussi cool. Cette boîte à chaussures turquoise et noire a réussi l’impossible : faire perdurer en 2026 l’esprit bohème et sulfureux de Pigalle, quartier qui partout ailleurs s’embourgeoise comme jamais. Sans pasticher, ni forcer le trait, Joseph Boley et Jen Riley (passée par la Candelaria), désormais en alternance dans leur bar en Angleterre, ont su trouver le barycentre du bath entre claque laqué et couloir rock. Sans oublier les cocktails bien sûr ! Depuis 2018, les verres aux noms de chansons, s’ils ne sont pas les plus complexes de Paris, font partie intégrante de l’expérience Sister. La carte isole les déjà classiques du lieu comme le I Wanna Be Your (Salty) Dog (gin, Aperol, cordial de pamplemousse), amer et puissant, des créations saisonnières à l’image de ce Bette Davis Eyes au pisco aromatisé au chocolat blanc, St-Germain et crémant. Ne manquez pas le week-end quand les drags jouent des coudes et du khôl pour mettre un joyeux bordel. La Mano Negra avait tort, Paris la nuit, c’est pas fini à Galle-pi. La soirée ne fait même que commencer. Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !
Recommandé
    À la une
      Publicité