
Dans le maelstrom de l’embourgeoisement de Paris, Strasbourg-Saint-Denis (SSD pour les intimes) conserve encore et toujours son âme populaire et effervescente ; son énergique métissage où s’entrechoquent épiceries indiennes, comptoirs kurdes et brasseries françaises dans une animation permanente.
Quartier de petits ateliers de la confection et de manufactures jusqu’à la fin du 20ᵉ siècle, SSD a accueilli, au fil des soubresauts de l’Histoire, des populations yiddish, turque, kurde, indienne, chinoise et sri-lankaise… À SSD, on peut passer d'une table gastronomique à un rade en marchant 200 m. Un patchwork rare auquel s’ajoutent désormais les bourgeois-bohèmes en veste d’ouvrier de créateur attirés par l'ambiance déglinguée et les prix accessibles. Voilà un quartier qui réussit – encore un peu – à imposer ses règles du jeu, celles où l’énergie et le mélange priment sur le repli et la rentabilité immédiate. Pourvu que ça dure !

























