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15 musées intimistes

Pour lutter contre les bains de foule et les expositions blockbuster

© Pavillons de Bercy

Marre de contempler un tableau de maître avec dix têtes devant ?

Si Paris était un dieu de la mythologie, ce serait Janus, créature bicéphale. En matière de culture, la Ville Lumière possède en effet deux visages : l’un agité et parcouru chaque jour par des millions de curieux avides de chefs-d’œuvre, l’autre bien plus tranquille. Une face cachée que le public délaisse injustement alors qu’elle donne à voir, elle aussi, des petits bijoux artistiques par le biais d’institutions muséales intimistes mais méconnues.

Loin de vouloir dévaloriser les mastodontes parisiens de l’art – qui sont à visiter au moins une fois dans sa vie, si ce n’est plus ! –, nous avons souhaité mettre ici en avant ces musées inconnus. S’épanouissant discrètement dans l’ombre de leurs grands frères le Louvre, le Centre Pompidou ou le Palais de Tokyo, ils n’entendent pas rivaliser avec l’indétrônable richesse des collections de ces lieux prestigieux. Toutefois, ils méritent un engouement égal puisqu’on peut y admirer d’aussi belles créations sans se faire marcher sur les pieds.

Si vous avez donc fait le tour des musées incontournables de Paris et, qu’à présent, vous aspirez à davantage de quiétude durant vos pérégrinations culturelles, voici quinze de leurs pendants plus paisibles. Quinze adresses hors de l’effervescence touristique qui vous permettront d’échapper à la foule et aux expositions blockbuster. Et de visiter, enfin, un musée peinard.

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Le guide des musée à Paris

50 œuvres d'art incontournables à Paris

Les nocturnes des musées 

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Le guide des galeries

Peinture

Musée du Louvre > Musée du Luxembourg

Musée du Louvre > Musée du Luxembourg

Difficile, voire impossible de remplacer le Louvre, le musée le plus vaste du monde et le plus fréquenté. Sous sa pyramide de verre, il héberge en effet une collection pantagruélique, comptant notamment  l’immanquable ‘Joconde’ de Léonard De Vinci. En tout, 38 000 œuvres y sont exposées sur les 568 000 que conserve le musée (autant dire que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg !). Si aucune institution mondiale ne peut donc lutter face à un tel Goliath de l’art, toutes catégories confondues, le musée du Luxembourg parvient à donner le change dans le domaine de la peinture classique, principalement française. Devant des David, Delacroix et autres Géricault, il ne baisse pas la garde et contre en envoyant sur le ring Fragonard, Cézanne, Chagall et bientôt Fantin-Latour. Pas de victoire par KO, certes, mais une belle défense. 

Musée Marmottan-Monet > Musée de la Vie romantique

Musée Marmottan-Monet > Musée de la Vie romantique

Ancien pavillon de chasse situé à l’orée du bois de Boulogne, le musée Marmottan-Monet héberge la sélection d’œuvres de Claude Monet la plus importante au monde. C’est bien simple, de l’intérieur comme de l’extérieur, le 3M (pour les intimes fainéants) en impose sérieusement. Mais pas de quoi s’affoler pour le musée de la Vie romantique, qui possède lui aussi de beaux atouts. Et notamment un délicat jardin au fond d’une allée pavée. Les appartements de cet hôtel particulier, eux, baignent dans un autrefois embué de spleen, de néoclassicisme et de rêveries bourgeoises où vous attendent les plus belles toiles de Scheffer et les souvenirs de George Sand. Pas de doute, ce musée des plus romantiques saura très vite vous séduire.

Musée Picasso > Musée de Montmartre

Musée Picasso > Musée de Montmartre

Bien que Picasso ait expérimenté de nombreux styles, tous différents les uns des autres (cubisme, primitivisme, surréalisme, période bleue et rose, sculpture…), vous êtes repu des expositions mono-artistiques de l’Hôtel Salé ? Le musée de Montmartre est là, perché sur les pentes d’un jardin verdoyant du 18e arrondissement, qui vous tend les bras. C’est d’ailleurs l’un des rares endroits de la Butte à ne pas être pris d’assaut par des hordes de touristes, alors profitez-en ! Vous y croiserez les affiches originales de Toulouse-Lautrec et des dessins de presse corrosifs datant du XIXe. Mais également des toiles d’Auguste Renoir, Maurice Utrillo, Raoul Dufy, Suzanne Valadon… Autant de peintres ayant laissé leur trace dans cet atelier secret, le figeant dans un temps où la créativité était un don courant. 

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Arts contemporains

Palais de Tokyo > Maison Rouge

Palais de Tokyo > Maison Rouge

Maison contre Palais. Comme l’indiquent leurs noms respectifs, ce n’est presque qu’une question de mètres carrés et de surface. Mais surtout de quiétude puisque la qualité des œuvres d’art contemporain exposées se révèle, elle, équivalente. Lieu branché par excellence, accueillant la création sous toutes ses formes, de son sous-sol à son plafond, le Palais de Tokyo est considéré comme le temple du genre. Par conséquent, il s’avère souvent assiégé de milliers de curieux venus du monde entier, contrairement à la Maison Rouge. Mi-galerie, mi-musée, cet autre Q.G. du genre a investi une ancienne imprimerie vers la place de la Bastille avec des expos toujours bien pensées, loin de l’effervescence du Trocadéro.

Centre Pompidou > MAC VAL

Centre Pompidou > MAC VAL

Fuir Paris pour renouer avec le calme et la sérénité ? Parfois, c’est bien la seule chose à faire pour véritablement déconnecter d’une agitation propice à la migraine. Plutôt que de passer une après-midi à slalomer entre les visiteurs à Beaubourg, référence de l’art moderne surfréquentée quelle que soit la saison, allez donc voir ailleurs, à Vitry par exemple. Symbole du dynamisme culturel d’une périphérie de plus en plus émancipée de l’emprise parisienne, le MAC VAL présente de grands noms de l’art contemporain, passés ou actuels, de Claude Lévêque à Pierre Ardouvin. Sortir du train-train muséal mérite bien un petit détour en RER C, non ?

Sculpture

Musée Rodin > Musée Zadkine

Musée Rodin > Musée Zadkine

Le « match » Rodin-Zadkine, c’est un peu la mise en regard de la puissance musculaire de l’homme avec la silhouette gracieuse, épurée, de la femme. Un corps-à-corps inégal pensez-vous ? Pas si sûr ! Car la ‘Rebecca’ en plâtre ou la ‘Stella’ en bois de noyer du sculpteur russe valent largement ‘Le Baiser’ en marbre de son homologue français. L’élégance qui se dégage des matériaux bruts modelés par Ossip Zadkine fait, qui plus est, écho à l’ancien domicile de l’artiste où est aujourd’hui établi son musée : un pavillon au charme singulier et aux salles auréolées de lumière naturelle, soigneusement dissimulé dans un luxuriant jardinet du 6e. 

Photographie

La MEP > Le BAL

La MEP > Le BAL

Si on aime la photographie, on va évidemment user ses semelles à la MEP, bien nommée Maison Européenne de la Photographie… Faux, sortez des clichés et ouvrez l’œil ! A Paris, les lieux où s’émerveiller devant des portraits et des monographies de grande ampleur ne manquent pas. Outre un nombre incalculable de galeries dédiées à cet art, il y a le fameux BAL de la place Clichy. Celui qui vous fera tourner la tête avec des rétrospectives de Man Ray, Marcel Duchamp, Kourtney Roy ou Gerard Petrus Fieret, et des expos thématiques. Que du beau monde ! Vous n’allez donc pas refuser une petite danse ?

Arts d’Ailleurs

Musée du Quai Branly > Musée Dapper

Musée du Quai Branly > Musée Dapper

Vous croyiez que pour admirer des arts premiers ou des chefs-d’œuvre primitifs vous n’aviez pas d’autre choix que de vous rendre au musée du Quai Branly, qui trempe son monumental mur végétal dans la Seine ? Ca, c’est parce que vous ne connaissiez pas encore le musée Dapper, niché à quelques encâblures du « bébé » de l’ancien président Jacques Chirac. Empruntant son nom à l’humaniste néerlandais du XVIIe siècle Olfert Dapper, le musée Dapper a même mis sous le feu des projecteurs les arts et cultures d’Afrique et des Caraïbes avant Branly puisqu’il a été créé en 1986, contre 2006 pour le « musée Chirac ».

Musée Guimet > Musée Cernuschi

Musée Guimet > Musée Cernuschi

Tapés dans un moteur de recherche, « art » + « asiatique » + « paris » donnent forcément « musée Guimet ». Si c’est le cas, changez d’outil et optez pour Time Out Paris, bien plus diversifié. Nous vous proposerons en effet, afin de varier les plaisirs, le musée Cernuschi, près du très ressourçant parc Monceau. Ce magnifique hôtel particulier de 1871 renferme environ 900 œuvres chinoises, coréennes et japonaises, déployées autour du massif mais magistral Bouddha de Meguro. Un voyage fabuleux à travers plusieurs dynasties, du XVe siècle avant J.-C. au Moyen Age, que vous ne serez pas obligé d’entreprendre au pas de course, avec des dizaines d’autres personnes derrière vous. Car, comme l’assure ce proverbe chinois : « Les gens heureux ne sont pas obligés de se presser. » 

Architecture

Cité de l'Architecture et du Patrimoine > Solo Galerie

Cité de l'Architecture et du Patrimoine > Solo Galerie

Pour parler d’architecture dans son ensemble, on conviendra tous que la Cité de l’architecture et du patrimoine, établie dans l’aile est du Palais de Chaillot depuis 2007, s’érige en passage inéluctable. Néanmoins, en ce qui concerne la découverte de nouveaux designs de construction, c’est la Solo Galerie qui fait office de base. Pour cause : cette galerie – qui aurait pu passer inaperçue parmi ses nombreuses concurrentes du Marais – met en lumière les œuvres d’architectes poursuivant une réelle démarche artistique dans leur travail. Un projet inédit rassemblant lauréats du Pritzker Prize et représentants emblématiques de la jeune garde internationale.

Histoire

Thermes de Cluny > Musée Carnavalet

Thermes de Cluny > Musée Carnavalet

Si Paris était un lobe temporal – zone du cerveau attribuée à la mémoire –, les Thermes de Cluny seraient l’hémisphère droit et le musée Carnavalet l’hémisphère gauche. Ces deux lieux sont en effet les garants immuables de l’histoire parisienne, de l’ère gallo-romaine à la Révolution française, en passant par le Moyen Age. Seule différence : le premier s’avère généralement bondé de gens désireux de voir en chair et en tapisserie ‘La Dame à la Licorne’. Tandis que le second permet d’agréables déambulations dans des couloirs quasi-déserts. A nous, visiteurs, de choisir ce que l’on préfère.

Musée de l’Homme > Musée de l’Histoire et de l’Immigration

Musée de l’Homme > Musée de l’Histoire et de l’Immigration

A mille lieues d’être concurrents, ces deux musées se complètent à merveille dans leur façon de voir le monde et l’humanité. Récemment ré-ouvert après six années de travaux, le Nouveau musée de l’Homme nous aide à comprendre qui nous sommes et comment nous avons évolué au cours des siècles grâce à un parcours ludique et savamment organisé. Le musée de l’Histoire de l’immigration – initialement bâti, ironie du sort, à la gloire de la colonisation dans les années 1930 – offre, lui, un hommage pédagogique et pertinent aux peuples étrangers venus s’installer en France. Une initiative louable en vue de sensibiliser la population face au repli identitaire qui menace. En somme, deux musées d’utilité publique à ne pas négliger. 

Musée d'Histoire Naturelle > Musée de la Chasse et de la Nature

Musée d'Histoire Naturelle > Musée de la Chasse et de la Nature

Explorer la Grande Galerie de l’Evolution du muséum national d’Histoire naturelle, c’est un peu comme suivre le cortège animalier allant embarquer sur l’arche de Noé : fascinant, grandiose, intimidant… mais fourmillant de monde. Alors, si on veut zieuter un bestiaire empaillé sans avoir à jouer des coudes pour apercevoir un petit lémurien, rendez-vous au musée de la Chasse et de la Nature, dans le Marais. Un cabinet de curiosités où vous croiserez hiboux naturalisés et renard empaillé se prélassant sur un fauteuil Louis XVI. Et ce sans presque personne pour vous déranger dans votre safari singulier : au poil !

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Juniors

Cité des Sciences et de l'Industrie > Musée des Arts forains

Cité des Sciences et de l'Industrie > Musée des Arts forains

C’est bien connu : les enfants (de 0 à 100 ans) apprennent mieux en s’amusant, et donc en expérimentant. Cela tombe à pic : la pratique s’inscrit comme la devise de ces deux musées susnommés. Ceux-ci abordant pourtant des sujets distincts : la science pour l’un, les manèges et les arts forains pour l’autre. Malheureusement, les bambins n’ont également qu’une dose de patience limitée. Du coup, si vous voulez éviter que votre chère petite tête blonde pique une crise parce qu’il doit attendre son tour pour tester les installations interactives de la Cité des Sciences, emmenez-le au musée des Arts forains de Bercy. Il pourra faire un tour de carrousel dans le Salon de Venise ou s’improviser garçon de café dès que l’envie lui prendra puisque la seule queue, ici, est celle du piano qui joue inlassablement ‘Le Crime de l’Orient-Express’. La féerie sans préavis, en somme.     

Musée Grévin > Musée des Automates

Musée Grévin > Musée des Automates

L’attraction qu'exerce sur nous le musée Grévin demeure un mystère. Toutes ces statues de cire à l’effigie de stars sont pourtant d’un kitsch inouï mais qu’importe : on adore ça et on est même prêt à payer 20 € l’entrée ! Seulement voilà, on est loin d’être les seuls dans ce cas et, pour une photo avec Zizou ou Angelina Jolie, il va falloir laisser passer les quinze personnes devant nous qui espèrent la même chose. Ainsi, quitte à voir des individus plongés dans le formol de l’immortalité, autant se rendre au musée des Automates (et accessoirement de la Magie). Les fakirs, oracles et autres machineries spirites qui y sont présentés ont, qui plus est, le mérite de s’actionner, elles !

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