« En ne cherchant pas à sentir bon ! » : Sarah Bouasse raconte comment elle a créé l’odeur de La Caverne du Pont Neuf de JR
Éléa Jeanne Schmitter © 2026 Atelier JR | « En ne cherchant pas à sentir bon ! » : Sarah Bouasse raconte comment elle a créé l’odeur de La Caverne du Pont Neuf de JR
Éléa Jeanne Schmitter © 2026 Atelier JR

Que faire à Paris en juin 2026 ?

Expos, restos, festivals, spectacles : découvrez tous les inratables à faire en juin 2026.

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Ça y est, le mois de juin est là, avec dans sa musette le mercure qui grimpe de plus en plus, des terrasses à rallonge et un chapelet de bons plans. La truffe humide et le poil luisant, la rédac est partie fouiner aux quatre coins du Grand Paris et dans ce dossier, plus garni qu’un panier de pique-nique estival, vous trouverez : la crème des restos ou encore des festivals, des concerts, des expos et la Fête de la musique. Approchez et prenez une petite bouffée, votre juin parisien s’annonce doux et animé !

Les meilleurs plans du mois de mai 2026 à Paris

1. Fêter la musique pendant le plus long jour de l'année

Dimanche 21 juin 2026, la Fête de la Musique revient pour une 43e édition et transforme une fois encore la capitale en fête géante à ciel ouvert. Pour célébrer le jour le plus long de l’année, on a écumé les moindres recoins de Paris pour vous dénicher la stracciatella des soirées, concerts et teufs au programme. Un seul mot d’ordre : soyez curieux et explorez, les pépites ne sont jamais bien loin. Promis, ce dossier est 100 % sans reprises de Nirvana, Pixies ou Green Day. 

  • Que faire
  • Évènements & festivals

Organisée depuis juin 1977 à Paris, huit ans après les émeutes de Stonewall, la Marche des Fiertés revient en 2026 pour sa 49e édition l’après-midi du samedi 27 juin, avec un défilé dans les rues de la capitale et des fêtes un peu partout le soir. Près de 500 000 personnes sont attendues dans le cortège pour “défendre l’égalité des droits, célébrer les identités et revendiquer la visibilité des communautés LGBTQIA+”, annonce l’Inter-LGBT, en charge de l’organisation. L’horaire et le parcours n’ont pas encore été communiqués, mais l’an passé, le départ avait été donné de Palais-Royal pour une arrivée place de la Nation. Des événements seront aussi organisés en amont durant la semaine du 20 au 27 juin, conçus comme des tribunes “pour nos luttes et nos fiertés, contre les discriminations et pour l’égalité réelle”, selon l’Inter-LGBT, avec des soirées en lien avec la Fête de la Musique, une Course des Fiertés, une soirée politique et des projections militantes.

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  • Café
  • Folie-Méricourt
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Après l’Izakaya et le Deep Fried (Award de la meilleure friture en 2024), Sho Miyashita et Jérémy Mégaly portent les fonds baptismaux de leur kissaten, soit le café à la mode nippone. Le portrait du bébé ? Une élégante salle de poche couleur brou de noix sonorisée par un ampli Marantz vintage et des vinyles prog rock. La carte propose de nourrir le chaland du matin au gouter avec des pâtisseries (gâteau au chocolat ou cookie) et des sandos briochés à la pâte d’haricot rouge ou à l’œuf. Le midi, l’offre s’étoffe : tel un salaryman en pause, on harponne un convaincant sandwich au thon mayo réchauffé par une rasade de sriracha, un onigiri dodu (servi tiède) à la prune marinée, avant des fruits à la crème fouettée entre deux tranches de pain de mie. Tonis Gomis en mode barista propose la création du lieu, le rafraîchissant « Milk Pims », un café clarifié aux notes chocolatées surmonté d’une émulsion à l’orange. À noter que les cafés torréfiés par Fève percolés par une La Marzocco chromée sont vendus à des prix raisonnables pour le quartier (2,5€ l’expresso bien équilibré, 5,5€ le iced latte).

  • Théâtre

Le temps de cinq samedis matin répartis du 13 juin au 18 juillet, plusieurs chorégraphes et danseurs programmés dans le cadre du cycle estival du lieu donneront des cours de danse gratuits. Le tout directement sous la nef. Un cycle d’ateliers qui prend sa source dans l’atelier-performance collectif « Sources » initié par Boris Charmatz lors de la première édition du Grand Palais d’été. Et attention, parmi les professeurs de cette année, que des stars dans leur discipline, avec par exemple la reine du waacking Josépha Madoki (20 juin) ; les danseurs de breakdance Nassim Baddag et Lililan Damango (4 juillet) ; l'aventureux adepte des créations collectives Némo Flouret (13 juin) ; ou des membres des ballets du Rhin et de Lorraine (respectivement les 27 juin et 18 juillet). Des ateliers d’une durée de 2 h, entièrement gratuits et accessibles à tous les niveaux.

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  • Bistrot
  • 20e arrondissement
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Un Crocus qui éclot au printemps, c’est logique finalement, mais ça fait du bien un peu de respect des saisons dans ce monde déréglé ! Voilà donc un nouveau bistrot sur les hauteurs du 20ᵉ (attention à ne pas confondre avec son homonyme dans le 14ᵉ). La petite cuisine pas ouverte est le nouveau royaume du chef trentenaire Louis Chaulet (passé par le Divellec et le Pantagruel de Jason Gouzy) qui propose une carte ramassée autour de 3 entrées, 3 plats et 2 desserts le soir et d’un menu unique le midi, avec des « / » entre les ingrédients comme en 2009 ! On sent que le discret lascar a fait ses armes dans des adresses gastronomiques tant ses assiettes, derrière une simplicité de façade, se montrent précises et techniques. Ce midi-là, on entame avec un velouté de courgettes d’une douceur de bébé cocker où des pointes de crème aigre et des gouttes d’huile de ciboulette esquissent un frais paysage printanier. Puis l’assiette de bœuf confit (qui se mange à la cuillère) convoque la puissance d’un jus de viande et la délicatesse aérienne d’une purée d’artichaut au siphon. La petite carte des vins plutôt propre à des tarifs plus que réglo. On termine avec une efficace mousse au chocolat au sarrasin en se disant que la bistronomie a encore de beaux repas devant elle !

  • Art

Un cinéma qui renait, ça fait toujours plaisir ! Situé 22 rue Apollinaire, le Saint-Germain-des-Prés a été inauguré ce 3 juin après 18 mois de travaux. Les lecteurs les plus chenus et cinéphiles auront reconnu l’adresse du Bilboquet (ouvert en 1969) ou de l’Olympic Saint-Germain (à partir de 1979) ; les plus jeunes et branchés celle du Silencio des Prés (entre 2021 et 2024), éphémère petit frère du Silencio. Coupant avec l’idée du complexe resto-ciné qui n’a pas pris, le Saint-Germain-des-Prés redevient un cinéma « simple » avec une salle unique de 208 places et un écran de 7 m, sous la houlette d’un attelage de repreneurs : les Films du Losange, Chanel, l’entrepreneur-directeur des Cahiers du Cinéma Éric Lenoir, l’éditrice Vera Michalski-Hoffmann… La programmation a été confiée à Mathilde Lamour, venue du Balzac, et va renouer avec la vocation « art et d’essai » qui a fait la renommée de la salle (Rohmer était un habitué des lieux). L’architecte d’intérieur Fabrizio Casiraghi, qui s’est aussi chargé du restaurant italien Sant Ambroeus mitoyen, a redessiné la devanture et l’entrée dans un esprit « ligne claire » grège et bois très années 60. Le détail qui n’en est pas un ? Derrière l'écran, se love un élégant petit bar où boire un cocktail après la projection… et trinquer à la santé du cinéma !

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  • Fast-foods, snacks et sandwicheries
  • Faubourg Montmartre
  • prix 1 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Ne prenez pas la tangente, Trigo n’est pas un bar où on teste vos connaissances en cosinus mais un discret et séduisant comptoir à sandwichs tenu par Ághata Le Lay, taulière tout en sourires, accent et anecdotes. Cette native de São Paulo, ancienne de la pub, s’est donné une mission : faire connaitre les sandwichs brésiliens à Paris, ceux avalés le matin avant de partir au boulot comme ceux des plages de Rio pour se remettre d’une partie de futevôlei. Et Trigo ? Ça veut dire blé en portugais. Le cadre moderne revu par le cabinet franco-brésilien Pietra + Weiss avec long comptoir inox, carrelage blanc et dessins colorés prend le large avec l’image des baraques de plage, mais les recettes, elles, racontent bien le Brésil entre deux tranches de pain (où les diasporas italiennes, japonaises ou libanaises sont très importantes). L’aubaine de la formule midi (15€) commence avec un ramequin d’une fraîche salade de pois chiche, pickles de carotte et pousses d’épinards très agréable. Puis arrive le mastoc Bauru, classique créé à São Paulo en 1934, tout juste extrait du grill. Le pain de mie d’Union (au bout de la rue), tout bronzé, enserre une belle quantité de rosbif maison, de la tomate, du cornichon et un édredon de mozza fondue. Moelleux, replet avec un gros goût de reviens-y ! À faire couler avec un maté maison (comme dans toute l’Amérique du Sud), mais la maison propose aussi une petite seleção de vins nature. Trigo, le meilleur amigo de vos pauses déj !

  • Art

Des voitures colorées et des façades lépreuses, des commerces partout et des téléphones nulle part, Belleville en destruction et le Périphérique en construction… Paris était-ce mieux avant ? Vous allez pouvoir juger sur pièces avec cette expo à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris intitulée « C’était Paris en 1970 ». Toutes les photos mises en avant proviennent du concours éponyme lancé par la Fnac et la ville il y a 56 ans (avec Henri Cartier-Bresson et Jacques-Henri Lartigue dans le jury, la classe !). Les 2800 participants inscrits, tous amateurs, ont alors sillonné la capitale pour en faire un portrait populaire qui s’attarde autant sur les monuments célèbres que les travaux de voirie. Voilà un témoignage précieux, par son ampleur (il y a eu 100 000 photos de prises !) et sa simplicité, d’une ville en pleine mutation, s’ébrouant d’un passé ouvrier pour plonger la tête la première dans une certaine idée de la modernité, celle du tout-voiture, des tours vitrées et des autoroutes urbaines. Vu depuis le Paris opulent et bourgeois de 2026, le contraste est saisissant ! A noter qu’en marge de l’exposition, des conférences sont organisées autour de l’urbanisme.

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9. Célébrer en grand les femmes et les minorités de genre à Petit Bain

Tout est dans le titre, mais on va tout de même détailler pour enfoncer le clou : les 12 et 13 juin 2026, l’événement More Womxn On Stage revient célébrer à Petit Bain les femmes et minorités de genre. Une cinquième édition avec des concerts, mais aussi des tables rondes, un marché de créateur·ices, des masterclass ou encore de quoi se faire tatouer. Histoire que le mot d’ordre rentre bien dans la peau et le crâne.

  • Que faire
  • Vivre en Ville

Robes à la polonaise, corsets et perruques blanches : voilà le moodboard de la cinquième édition du festival de cinéma du Palais Galliera, qui fait son retour du 11 au 13 juin 2026 pour trois soirées dans la cour d’honneur du musée de la Mode. Après une programmation autour de l’exposition Temple of Love de Rick Owens l’an passé, cette édition 2026 fera écho à l’exposition La Mode du XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé (qu’on peut visiter jusqu’au 12 juillet), avec trois films dont l’intrigue se situe à la fin du XVIIIe siècle, entre Versailles, Paris et la Bretagne. Le jeudi 11 juin sera ainsi projeté Lady Oscar (1979), le classique de Jacques Demy, Vendredi 12 juin, ce sera au tour des Liaisons dangereuses (1989) de Stephen Frears, et enfin samedi 13 juin, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, Prix du meilleur scénario à Cannes en 2019.

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  • Pâtisserie

Plus boule la vie ! Quand les jours rallongent et que les vêtements raccourcissent, c’est le retour de la question : où trouver une bonne glace à Paris ? Chez Time Out, on vous file nos meilleurs plans en dessous de zéro mais toujours chauds bouillants sur la qualité. Car dans cette sélection, vous ne trouverez que des artisans glaciers qui turbinent sans arômes artificiels, graisses végétales ni colorants chelous. Du kif en boule à se mettre dans le cornet sans tarder. 

  • Sénégalais
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Il ne fait pas bon se réincarner en poulet tant ces pauvres gallinacés se retrouvent à la carte, frits ou grillés, de toutes les enseignes de street food du moment. Après Haikara qui le prépare à la japonaise, Buck façon US ou Dong Ne comme en Corée, voilà DKR qui arrive pour le Sénégal. On retrouve dans l’enseigne l’économie de voyelle qui prévalait chez BMK (ce sont les mêmes patrons, Abdoulaye et Fousseyni Djikine). À part pour un plat végé, la carte reste donc 100 % poulet (et hallal) dans des recettes panafricaines (Caraïbes comprises) : classique poulet yassa, revisite africaine du tasty crousty avec une sauce au bissap ; lointaine cousine de la salade César à la banane plantain, mayonnaise épicée et sauce chien. En cette journée caniculaire (mais le restaurant possède l’air conditionné), on opte d’abord pour une rafraîchissante salade pikliz, un mélange acidulé de carottes, oignons et chou blanc râpés bien relevé, avant un Abidjan Grilled Chicken, soit un demi (petit) poulet grillé, hâlé comme un retraité niçois. Impressionnant quand il débarque alangui sur son futon de mafé (on peut choisir aussi une rare sauce widjila malienne à la datte et tomate proposée par Diadié Diombana), mais finalement on le dégomme sans effort ! À faire couler avec un bissap maison à défaut d’une Flag puisque la maison fait l’impasse sur l’alcool. En bref, voilà une convaincante tentative de passer par la rue pour faire entrer les cuisines afrodescendantes dans nos habitudes.

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  • Dans nos Assiettes

Contre le gastro-nationalisme du repli sur soi, Marine Mandrila et Louis Martin défendent la nourriture comme un aliment essentiel de l’insertion, du partage et de l’émancipation. Pour le prouver ils ont fondé en 2015 Refugee Food, une association qui aide les exilé(e)s fuyant leur pays à s’intégrer en France par la cuisine et la restauration depuis 2015. Du 16 au 24 juin, leur Refugee Food Festival, qui permet de soutenir l’asso, revient pour une 11ᵉ édition toujours plus solidaire sous le double marrainage de l'autrice et réalisatrice Aïssa Maïga et la cheffe Manon Fleury. Dans 12 villes de France, des chef(fe)s installé(e)s accueillent des cuisiniers en exil pour jeter des passerelles gourmandes et préparer des repas exceptionnels. Cette année à Paris, on verra par exemple Priscilla Trâm de Tram 130 imaginer un dîner franco-vietnamo-iranien avec la cuisinière Parisa Shirvani. Juliette Barry, ancienne sous-cheffe de Datil, préparera un déjeuner franco-syrio-éthiopien aux côtés de Haitham Karajay et Werqnesh Casay à Petit Bain pendant la journée Welcome, et au restaurant Delano Café, le chef Paolo Minelli et Chantal Cherry emmenera la Méditerranée vers Haïti… Bref, régalade en mondovision à prévoir ! 

  • Art

Né en 1946 et disparu tragiquement en 1997, Gianni Versace a fait de la marque éponyme l'un des noms les plus connus de l'industrie de la mode grâce à ses créations baroques et glamour et un certain sens de la provocation teinté d'appréciation pour l'art et la culture. Une exposition rétrospective (la première en France depuis 1986) va permettre de redécouvrir le travail du fondateur. Quelque 450 pièces sont réunies pour l'occasion : silhouettes originales, accessoires, croquis, objets décoratifs, photographies, vidéos et interviews.

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  • Dans nos Assiettes

On avait assisté en 2022 au sacre de la plus grande nappe du monde avec 2,56 km de Saint-Denis à Saint-Ouen par les quais de Seine (performance validée par un inspecteur Guinness Book avec son veston à écusson). Cette année, Yvan Loiseau, artiste dionysien et organisateur de l'événement de la Plus grande table du monde, remet le couvert le 13 juin mais lâche l’affaire sur les records mais pas sur la convivialité. Il sera donc question d’un banquet cool dans le cadre bucolique mais assez réduit du Jardin éphémère au cœur des puces de Saint-Ouen, en partenariat avec le marché Paul Bert-Serpette, les habitants de la résidence René Rioux (de l’autre côté de la rue Jules Vallès) ainsi que les restaurants le Café Jaune et O’Durum. Au menu, du partage (participez en venant avec votre plat !), des bonnes ondes et de la musique assurée par une batucada et le mix de Deejay Barr.

  • Que faire
  • Évènements & festivals

La BD érotique a longtemps été une affaire d'hommes : les albums glissés tout en haut de la bibliothèque, les classiques cités avec un sourire en coin, les fantasmes encrés par les mêmes mains et les corps cadrés depuis le même œil dans le viseur. Rangée du côté de Milo Manara ou Guido Crepax, la BD érotique est en train de changer de peau. Et c'est tout l'objet du premier Salon de la BD érotique, qui prendra ses quartiers à La Bellevilloise le dimanche 28 juin 2026. De 14h à 20h, plus d'une vingtaine d'artistes, auteurs et illustrateurs français et internationaux viendront faire frissonner les planches, entre stands, rencontres, dédicaces et masterclasses ouvertes au public. Dans le casting annoncé : Maïa Mazaurette, Petites Luxures, Benoît Feroumont, Luigi Critone, Ariane Burgelin, Marie Casaÿs, et quelques autres crayons bien décidés à sortir l'érotisme de ses vieux réflexes. Car derrière les courbes et les bulles, c'est tout un genre qui se redessine. Plus féminin, plus manga, plus connecté, plus attentif aux corps, aux identités, aux fantasmes et aux zones grises du désir. Moins naphtaline, plus époque. Au programme, le salon ira fouiller là où ça gratte : représentation des corps, humour et sexualité, esthétique BDSM pop, désir féminin, récits intimes et nouveaux imaginaires graphiques. De quoi rappeler qu'en bande dessinée aussi, l'érotisme n'est pas seulement une affaire de peau nue, mais de regard, de trait et de liberté.

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  • Musique

Le festival militant gambadera de nouveau sur l’Hippodrome de Longchamp du 26 au 28 juin, avec une prog brassant les générations, les genres et les niveaux de notoriété. Par exemple, côté rap, on croisera autant les grosses têtes locales Josman, Orelsan, Guy2Bezbar et Vald – dans son supersonique format électronique, bras à la portière sur la file de gauche, avec Vladimir Cauchemar et Todiefor – que les plus jeunes noms Jolagreen23, Ino Casablanca, 2L et Eve La Marka, toutes deux vues dans la dernière saison de « Nouvelle École ». Les adeptes des fréquences électroniques trouveront également leur compte avec la venue des stars Nina Kraviz, Amélie Lens, I Hate Models ou de l’habituée des très estimés raouts Raw Roüge. Le reste de la brochure laisse voir d’autres noms intrigants comme Iliona, Naïka et sa pop hybridée de sonorités du monde entier, ou l’explosif duo afro-électro-rock franco-congolais Tshegue. Solidays, 28e du nom, en piste !

  • Dans nos Assiettes

Le saviez-vous ? Au Japon le 8 porte chance car s'écrivant « 八 » en kanji, il symbolise l’ouverture et la prospérité. Pour fêter ses 8 ans d’installation à Paris, la boutique Kama-Asa d’ustensiles de cuisines artisanaux a donc mis les petits plats dans les grands avec une fête 100% nipponne en plein quartier Latin qui s’étale sur une semaine (du 15 au 20 juin). Lundi et mardi vous pourrez acheter les divins pains au levain de Shinya Inagaki, sans avoir à faire la queue à sa boutique Shinya Pain de Montmartre ! Mercredi et jeudi vont être les jours de distribution gratuite d’onigiri (deux par personne seulement) respectivement façonnés par Yuichiro Akiyoshi (Chakaiseki Akiyoshi) puis Masayochi Haraguchi et Masayochi Hanada (les cuisiniers volants de Dango). Vendredi vous pourrez remplir votre cabas de kabu et autres légumes japonais haut de gamme, venus de la ferme Yasai qui fournit les étoilés de Paris. Enfin la fête se clôt le samedi avec une impressionnante démonstration de préparation de mochis où la pâte de riz est martelée dans un chaudron (et oui ça débouche sur une dégustation !). L’entreprise Kama-Asa a été fondée en 1908 à Tōkyō et fabriquait d’abord des marmites de fonte, les kamas (d’où le nom). Aujourd’hui la maison, toujours détenue par la famille Kumazawa, compte 3 boutiques à Tōkyō, une à New-York et depuis 2018, une à Paris.

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19. S'ambiancer au concert de Kaytranada à l'Accor Arena

En 2026, encore plus de Kaytranada à Paris ! Après un doublé de dates sold out – et un after au Wanderlust – l’an dernier, le producteur haïtiano-canadien a annoncé son retour à l’Accor Arena avec une date le 16 juin. Il y présentera « Ain’t No Damn Way ! », sorti l’été dernier, son quatrième album encore gorgé de sa sève électronique RnB 8.0. Et en plus, il a annoncé que sa première partie serait assurée par la tonitruante adepte de l’amapiano Uncle Waffles.

  • Cinéma

Voilà que s’annonce EatFilm, un festival de documentaire autour de la table lancé par la ressortissante russe Katerina Drozdova, fondatrice d’une école de cuisine et du Eat Film de Moscou en 2018, avec comme ambassadrice pour cette première édition française, la cheffe Manon Fleury. Au menu, dix films rares traitant différentes facettes du fait social total de la nourriture humaine, suivis de tables rondes ou de discussions avec les réalisatrices. Cela va de la plongée en apnée dans une brigade d’un restaurant gastronomique avec Menus-Plaisirs-Les Troisgros (2023) de Frederick Wiseman à la longue lutte des paysans indiens contre le gouvernement de Narendra Modi dans Inde, les paysans sèment la révolution (2024) de Nishtah Jain en passant par le poignant Festins imaginaires (2014) d’Anne Georget sur les carnets de recettes écrits dans les camps du XXᵉ siècle. De la poésie, de l’émotion et surtout beaucoup d’humanité. À noter qu’à part le vendredi 12 juin pour une séance en plein air au Jardin des Traverses du poétique l’Almanach d’Agatha (2025) d’Amalie Atkins, le festival se déroule dans la salle flambant neuve du Ciney, un lieu multicarte à la fois cinéma, bar, restaurant, épicerie, scène… D’ailleurs, profitant des cuisines présentes, Eatfilm propose des résidences de chef(fe)s en résonance avec un film projeté un peu plus tôt.

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  • Art
  • 16e arrondissement
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

À sculpteur monumental, rétrospective monumentale ! Alexander Calder n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne à la hauteur de son influence depuis les années 80. Un manque comblé aujourd’hui par la Fondation Louis Vuitton, de façon magistrale. Couvrant un demi-siècle de création, des années 1920 aux années 1970, l’expo s’appuie sur plus de 300 pièces, allant des petits jouets sculpturaux aux mobiles XXL qui ont fait la réputation de l’artiste.

  • Japonais
  • Plaisance
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Comme le montrent Faaï ou Fugue, nul besoin d’être natif du pays de la gastronomie qu’on cuisine pour régaler son monde. L’essentiel ? Travailler avec respect et sincérité. Exactement la ligne de ce Ramen Wang où un couple de ressortissants chinois, Wei Jun Wang en cuisine et son épouse Shu Yan en salle, a plongé la tête la première dans le bouillon nippon. Dans les bols, ça ne rigole pas avec un respect scrupuleux des ingrédients japonais (bouillon maison agrémenté de kombu, piment itō togarashi, œuf coulant mariné au soja) pour une palanquée de recettes : au porc, au bœuf braisé, au poulet, au canard ou vegan (mais seulement le mardi…). On opte pour un opulent tsukemen (23€) où l’on jette d'épaisses tranches de roulé de porc et de poulet roussies au chalumeau et de fines nouilles dans un sapide bouillon au porc, plus épais qu’un dossier d’instruction d’un ancien président, où surnagent de généreuses lamelles de bambou fermenté. C’est parfumé (notamment iodé par de la poudre de bonite), réconfortant et copieux… Vous ne trouverez pas mieux dans l’arrondissement ! Attention, pour commander à emporter, il faut se rendre au comptoir idoine au 7 rue Ernest Cresson.

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23. Danser à l’air libre

Tout le monde dehors les mains en l’air ! Après plusieurs mois d’hibernation, ce long week-end de Pâques signe le début des entrechats en extérieur avec la réouverture de plusieurs lieux bien connus. Alors que le jardin des Traverses est ouvert depuis le 21 mars, se sont dévoilés lors du week-end de Pâques les fermes festives Prairie du Canal et Jardin21 ; le club subpériphérique Kilomètre 25 ; le plus alternatif Sample ; ou la péniche itinérante du Canal Barboteur.

  • Arts et Métiers
  • prix 3 sur 4
  • 5 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Après Ardent, Leven ou Cypsèle, c’est aussi la saison des braises chez Calcifer, nom pokémonesque du démon de feu dans Le Château ambulant de Miyazaki. L’allure ? Un barbeuk de ville dandy à deux ambiances, entre diner US et brasserie viennoise. Le maître de salle Antoine Rollin (ex-Hémicycle) prodigue un accueil de velours tandis que le chef italien Gaetano Carpinelli (vu chez Passerini) manie le tison avec brio. Au menu, le doigté grilladin rencontre l’art saucier pour envoyer une cuisine brutaliste à la basque mais subtile comme de la belle gastronomie. L’artichaut grilloté est mis en beauté par un curry d’orange phénoménal ; et le maquereau grillé entier fait une salutation au soleil, épaulé par une plantureuse sauce à l’oseille et des pommes paille. En bonus, on opte pour un exceptionnel cochinillo (cochon de lait) de Burgos marqué au fer dans un jus des grands soirs, à éventer d’une simple salade vinaigrette (80 € pour deux). Et en dessert, sapide sorbet citron et tarta de queso comme à Saint-Sébastien. Si la nourriture met déjà en combustion les appétits ignifugés, la carte des vins sait aussi de quoi elle parle. Bref, un resto qui grille de mille feux.

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  • Art

Né dans la rue, la rage et la pauvreté, le street art (comme le hip-hop) garde une relation compliquée voire toxique avec les institutions. Graffeurs, taggeurs, affichistes, peintres ou pochoiristes restent souvent tiraillés entre la nécessité de s’alimenter plusieurs fois par jour et la réticence à vendre son âme au capitalisme. Le street art reste-t-il ce qu’il est, une fois sorti de la rue ? Beyond The Streets, expo itinérante lancée en 2018 par le collectionneur et réalisateur américain Roger Gastman, ose une approche nouvelle : faire de l’exposition un espace à part, une expérience particulière entre le macadam et les cimaises. Dans plus de 3000 m² de la Grande Halle de la Villette, vont se multiplier les installations immersives (au moins 30 !) : rame de métro new-yorkais à taille réelle, faux magasin de réparation proposé par Barry McGee, collection de bombes de peinture, « cosmic cavern » chaotique et fluo signée Kenny Scharf, reconstitution de Ticaret, la mythique boutique du hip-hop de Stalingrad (fermée en 1998), salles conçues par des artistes (Shepard Fairey, JR…)… Faites chauffer les instas ! Avec 100 noms au générique, la curation brasse toutes les générations, depuis les pionniers comme Gérard Zlotykamien, Martha Cooper ou Futura 2000 jusqu’aux petits jeunes comme Ozzie Juarez ou Julien Marmar, au milieu d’une palanquée de stars bien installées comme Invader, Fafi, JonOne, Fátima de Juan ou Philip Andelman. À noter que l’épouse de ce dernier, Sarah Andelman (créatrice du mythique magasin colette des années 2000), se charge de la boutique de l’expo qui devrait aligner les pièces désirables d’artistes français.

  • Que faire
  • Évènements & festivals

Revoilà la vasque ! Comme annoncé par Emmanuel Macron en janvier de l’année dernière, ce symbole aérien des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 retrouve sa place chaque année « de la fête de la musique [21 juin] à la fête du sport [14 septembre], jusqu’aux Jeux de Los Angeles [en 2028] ». L’occasion d’admirer – de nouveau – cet élégant ballon argenté et sa flamme d’eau et de lumière, conçus par le designer Mathieu Lehanneur, s’envoler du jardin des Tuileries à plus de 60 m de haut, du coucher du soleil jusqu’à 2 heures du matin. Si vous voulez creuser encore un peu plus le sillon mémoriel de 2024, vous pouvez aussi vous rendre rue de La Chapelle pour admirer les statues dorées des femmes illustres puis pousser jusqu’au Prisme à Bobigny pour y voir les « agitos », symboles en virgules des Jeux paralympiques, orner la façade.

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  • Végétalien
  • Roquette
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Des pierres grattées, des chaises Thonet et des petites assiettes à partager… le tout entre Voltaire et Saint Ambroise. Voilà, à première vue, un bistrot comme le 11ᵉ en propose en quantité, comme le bien-aimé Servan à un jet de Salomon de là. Alors pourquoi donc s’arrêter sur ce Présent ouvert en novembre 2026 par le duo Raphael Francisco et Cheyma Bourguiba, déjà aux commandes de l’épicerie-snack Aujourd’hui-Demain à deux pas ? Eh bien parce que derrière les intitulés rassurants de la carte (ceviche, effiloché, pâté cornichon…) tout ici s’avère vegan ! Accoudé au zinc entre deux tables communes blindées, on entame avec une moelleuse polenta coiffée de champignons poêlés et de noix (9€) avant un cordon bleu bien crousti (11€) réalisé avec un filet végétal (signé Swap). À noter qu’une partie de la carte est disponible à partir de 17 h pour les vegapéros précoces. La carte des vins se la joue naturiste sinon bio, à tarifs raisonnables. Si vous vous languissiez d’une adresse avec grandes tablées, prix mini et petites assiettes végan, Présent conjugue habilement les trois !

  • Bars à vins
  • Roquette
  • prix 2 sur 4
  • 4 sur 5 étoiles
  • Recommandé

Vous prendrez quoi pour accompagner votre verre de vin ? Un bol de pop-corn et un court-métrage ! Bienvenue au Out Of The Blue, premier bar à films de Paris (voire d’Europe) lancé en 2025 par la réalisatrice Chloé Bourgès (filleule d’Antoinette Fouque, une des créatrices du MLF) juste à côté du Café Content. Pas vraiment un concept au sens rentable du terme plutôt un projet aussi inclassable et indépendant que le film éponyme de Dennis Hopper. Le cadre de la minuscule enclave a été soigné et moquetté par studio Etttore. La carte des vins nature est à peine plus longue que la liste des réalisatrices oscarisées : un blanc, un rouge, un « blouge » et une bulle. Le néon rouge « cinéma » au-dessus de l’escalier qui descend indique assez clairement que la suite se déroule au sous-sol. Un antre bleu nuit, un canapé Pierre Paulin face à un grand écran où on peut visionner (gratuitement) un court-métrage (en boucle entre 18 h et 22 h) tout en sirotant son vin et grignotant son assiette de fromage (8€) pour un moment rare au cœur de l’image. La programmation change tous les mois et brasse large : Herzog, Lynch, Triet, Chaplin, Panahi… Et le dimanche, c’est long-métrage surprise. Bref voilà une parenthèse hors norme et un peu folle qu’on ne peut qu’aimer !

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Existe-t-il quelque chose de plus agréable que de bien manger à Paris ? Oui : bien manger en terrasse à Paris ! Selon un théorème qu’on n’explique pas, les assiettes ont toujours meilleur goût quand on les déguste avec une paire de lunettes de soleil sur le nez, des glaçons dans les verres et qu’on ne peut pas lire l’heure à cause des reflets. Dans cette sélection, on a réuni les terrasses parisiennes les plus agréables de nos restaurants favoris, des parenthèses où se poser pour se régaler, à la fraîche, décontractés des papilles. 

30. Réentendre des concerts au Café de Paris

Nouvelle majorité au Café de Paris ! Après plusieurs mois de flou programmatique, voilà que l’interlope micro-salle du 145 rue Oberkampf se dote d’un nouveau duo de prog venu du 9b. À partir du mois de mai, la salle de bal du fond de 300 places et ses faux airs de Black Lodge lynchienne – ah ces miroirs, ces peintures et ce plafond rétro-éclairée de rouge ascendant verrière – accueillera à nouveau des cabarets, des concerts et des DJ sets. Si la prog est en cours de finalisation, on peut vous filer une exclu : tous les artistes auront le loisir d’entendre leur musique amplifiée par un système-son flambant neuf assemblé par Farï, dont le créateur n’est autre que Victor Williaert, le fondateur de Tweak Soundsystem. Bonne chance pour ce nouveau mandat.

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  • Art
  • Champs-Elysées
  • 5 sur 5 étoiles
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Que se passe-t-il quand on frôle la mort ? La prudence ou bien l'audace ? Plutôt la deuxième option dans le cas d'Henri Matisse qui, après avoir subi une opération traumatisante, remet son destin dans les mains du dessin. "Mais genre, vraiment," comme diraient certains. De ce que l'artiste qualifiera de "deuxième vie" jaillit une période prolifique, plus libre, plus insolente aussi. Au Grand Palais, le parcours en 300 œuvres, presque plus thématique que chronologique, suit cette mue, des dessins sériels de Thèmes et variations aux derniers Intérieurs de Vence, en passant par sa maîtrise de la gouache et ses papiers découpés. Jamais une exposition n'avait rassemblé autant de chefs-d'œuvre de cette dernière décennie de la vie de l'artiste, faisant cohabiter L'Escargot avec La Gerbe, les Acanthes ou encore Zulma, grâce notamment à des prêts d'exception qui prouvent que, même lorsque l'on croit avoir déjà tout vu de Matisse, le mec cache encore quelques secrets.

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