Recevez Time Out dans votre boite mail

Recherche
Simulation de l’exposition immersive « Chagall, Paris – New York », Chapitre : Retour en France et nouveaux départs,
Simulation de l’exposition immersive « Chagall, Paris – New York », Chapitre : Retour en France et nouveaux départs, © Adagp, Paris 2023, Simulation © SpetctreLab/Culturespaces

Que faire à Paris en février 2023 ?

Noël, expos, restos, festivals, spectacles : découvrez tous les inratables à faire en février 2023.

Écrit par
La Rédaction
Publicité

Janvier à peine dans le rétro, février déboule à fond la caisse avec un programme aussi chargé qu’un pilier de bar à 11h du mat’. Comme d'hab', on est repartis à la pêche pour ne sélectionner que le haut du panier des choses à faire en février à Paris. Et pour le coup, tout le monde y devrait y trouver son compte : restos, festivals, spectacles, expos… A vous de choisir !

Les meilleurs plans du mois de février 2023 à Paris

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • 4e arrondissement

Cachée dans la galerie de photographies du Centre Pompidou, une expo revient en images sur l’anticolonialisme des années 1930. Au début du parcours, on craignait une analyse très binaire du sujet, avec à gauche une partie pro-colonisation agrémentée de photos institutionnelles, et à droite une partie plus revendicatrice avec des tracts et des photos artistiques. On s’est bien trompés ! L’expo montre les 50 nuances de gris de l’engagement politique des intellectuels de l’époque. Car s’ils se positionnent bien contre les colonies, ils ne semblent pas se poser la question de l’appropriation culturelle, de l'exotisation de certaines populations ou de sa fétichisation. Bref, ils dénoncent, mais d’une façon qui ne serait certainement pas acceptable aujourd’hui. Heureusement, des textes d’Aimé Césaire et de Paulette Nardal ainsi que l’intervention des rappeurs Casey et Rocé apportent un regard plus moderne bienvenu.

  • Restaurants
  • Crêperie

On avoue, à la question « d’où vient la Chandeleur ? », on ne peut pas vraiment vous apporter de réponse. En revanche, « où manger les meilleures crêpes à Paris ? » là, on est aussi sereins qu’un dealer de cornemuses au Festival interceltique de Lorient. Car il faut reconnaître que Paris se défend côté billig, avec des adresses qui cumulent approvisionnement ultra-sérieux, recettes soignées, cidres d’artisans et déco trop cool. Et pour ceux qui ont envie de voyager un peu plus loin que Concarneau, on étend la sélection à d’autres galettes du monde, histoire d’explorer l’internationale de la crêpe.

Publicité
  • Musique
  • Musique

Il fut un temps où Etienne Daho tombait pour la France, Tonton Mitterrand la guidait et les Rita la faisaient chanter. Ce temps-là, ce sont les années 1980, et le MAD leur consacre actuellement une fastueuse rétrospective. Histoire de coller au max à l’esprit plus que festif accolé à cette décennie – Palace, Bains Douches, ça vous parle ? –, le MAD organise trois nocturnes, toutes suivies d’une soirée dans le club queer l’ŒIL, tout juste rouvert.  A chaque fois, les clés du club seront confiées à un seul collectif, avec au choix, la jamais-prise-de-tête nouba house/disco/funk de Pardonnez-Nous, avant une clôture par le collectif mi-perf mi-tech Myst. Ultime info : les déguisements made in 80’s seront de mise lors des soirées et les plus affriolants remporteront des catalogues de l’expo. Vu l’explosion modeuse de l’époque, il y a de quoi faire !

  • 5 sur 5 étoiles
  • Théâtre
  • 10e arrondissement

En intitulant son one-man-show Aime-moi si tu peux, Fary semble nous lancer un défi. Pari réussi avec ce nouveau spectacle en triptyque, évoquant respectivement Paris, le voyage, et son rapport à l’amour, dans lequel le comédien dégage une véritable énergie de rock star… Dès les premières minutes du spectacle, quand Fary dépeint son fief de Strasbourg-Saint-Denis à grand renfort d’anecdotes démentes que même Serge le Mytho n’aurait pas osé inventer, on a l’impression d’être avec ce pote trop marrant qu’on ne voit décidément pas assez souvent. Et au fil des vannes, alors qu’on glisse subtilement vers l’intimité du serial choppeur ascendant trompeur, on ne peut pas s’empêcher de s’attacher. Du coup, c’est peut-être un PN (c’est le petit nom des pervers narcissiques, bande d’incultes), mais on l’aime quand même.

Publicité
  • Musique
  • Roquette

Cherchez pas, Ritmo Fatale est l’un des labels les plus intenables de l’époque. En seulement trois ans, cette entité toulousaine guidée par le DJ Kendal Mulla et son acolyte Paul Guglielmi a réussi à mater les pistes de danse européennes à coups de sorties d’italo body disco, enfant de l’amour entre italo-disco morodesque et EBM 80’s, aussi stéréoïdées qu’une analyse de Richard Virenque. Et comme on ne refuse rien à un bambin qui fête ses trois ans, Ritmo Fatale s’offre, après des passages à Toulouse et Lyon, un week-end entier d’anniv au Badaboum les 3 et 4 février. Pour occuper les decks, le duo s’entoure des ragazzi du label avec les sets d’Arabian Panther, d’Amacord, de Mouissie, de Zaatar زَعْتَر et de DJ Seinfeld, Suédois que les deux curateurs de Ritmo citent volontiers en réf’. Une nuit plus chaude qu’un 15 août à Rimini.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Chaillot

A l’Astrance 2, Pascal Barbot, jadis triplé étoilé, fait ici du neuf avec de l’ancien, cette gastronomie brillante, végétale et agrumière qui montre la voie depuis l’an 2000. Maître Barbot sur son arbre perché revient le couteau de cuisine entre les dents. Comme il veut “faire rentrer la nature dans la salle”, le resto fait aussi pépinière arboricole (véridique) et le menu dej à 125 € (285€ au diner ouch !) s’ouvre sur des bouchées végétales toutes crues. Le contraire des amuse-bouches chichiteux : ici, le palais se désennuie dans l’épure maraîchère. S’ensuit un menu gambadeur, qui va un peu à hue et à dia dans le vaste pré carré du chef. A la fin, on a plaisir à retrouver la mousseline de pomme de terre et glace vanille, gimmick du chef. Et puis ça boit en grand, comme nous l’autre jour qui avons dilapidé nos étrennes dans un blanc rayonnant du grand Hervé Souhaut, parmi plein de refs de ouf. En somme, Barbot et Christophe Rohat, son associé de toujours, sont de nouveau prêts à en découdre avec les astres culinaires. 

Publicité
  • Art
  • Bel-Air

En attendant la réouverture de ses galeries permanentes en juin, le palais de la Porte-Dorée – cette immense bâtisse Art déco englobant le musée de l'Immigration et l'Aquarium tropical – vous invite à fureter dans ses coulisses. Du 3 au 5 février, le festival L'Envers du décor vous fera découvrir installations, concerts et performances qui prendront place dans tous les recoins du bâtiment. Et bonne nouvelle : à part les concerts, tout est gratuit. Les installations disséminées un peu partout feront écho au passé pas très woke du palais, érigé à l'occasion de l'Exposition coloniale de 1931. Dans le forum, les artistes Gaëlle Bourges, Abigail Fowler et Stéphane Monteiro dialoguent avec la fresque La France et les cinq continents de Pierre-Henri Ducos de La Haille. Du côté de l’escalier nord, l’artiste équatorienne Estefanía Peñafiel Loaiza créera une œuvre… en chocolat. Une manière de pointer le rôle de cette industrie dans la colonisation. Côté son, le festival ne fait pas tapisserie et propose une belle prog : l’homme-piano Chassol, le chef du label Tigersushi Joakim ou encore l’afrofuturiste Gystère.

  • Shopping
  • Brocante
  • Paris et sa banlieue

Un peu de chine nippone, ça vous botte ? Oh le beau jeu de mots géopolitique pour annoncer la tenue d’un bel événement ! Après une première édition l’an dernier, la Cité fertile, en collab avec ZOOM Japon et Espace Japon, organise une nouvelle brocante XXL les samedi 11 et dimanche 12 février. Avec toujours un seul et unique exposant. Son nom ? Koji Fukushima, un ancien cycliste devenu « le meilleur brocanteur de Paris », dixit la Cité. Pendant deux jours, vous pourrez dégoter des kimonos, des uniformes scolaires nippons, des plaques publicitaires vintage ou des céramiques. Également au menu ? Des objets de déco, des moules en bois pour faire des wagashi (des pâtisseries traditionnelles) et des magazines rétro.

Publicité
  • Shopping
  • Fripes et vintage
  • Le Marais

Adeptes de la seconde main, vous allez accueillir cet événement à bras ouverts. Samedi 11 et dimanche 12 février, le Carreau du Temple abrite la nouvelle édition du Salon du vintage, l’événement itinérant de la boutique du même nom. Et comme lors de la précédente cuvée, l’accent sera mis sur le design. Ce qui signifie que sur la centaine d’exposants, la majorité proposera des pièces de design, couvrant tous les styles et écoles des années 1950-1990. Qui sait, vous dégoterez peut-être des banquettes Togo, des enfilades Knoll, des chaises Eames ou bien des lampadaires Josef Hurka. A côté, les visiteurs trouveront les secteurs classiques déjà présents lors des précédentes éditions du Salon du vintage. Comprenez : des nippes un peu chicos, de vieilles affiches, des jouets, des voitures de collection, des vinyles ou de la vaisselle. 

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Montparnasse

Gros nom de la scène contemporaine, Fabrice Hyber s’illustre à la Fondation Cartier avec son projet La Vallée, une expo qui met en scène ses œuvres dans un cadre scolaire. Persuadé qu’on “peut apprendre des choses par les œuvres”, le plasticien illustre son propos de façon littérale et transforme le mastodonte de verre et de béton qu’est la Fondation Cartier en une école dotée d’un préau, de salles de classe et même d’espaces de motricité. Une scéno complètement inédite dans laquelle on s’émerveille, et on apprend. Poussant l’aspect pédagogique à fond, la Fondation Cartier agrémente chaque cartel d’un QR code renvoyant à des vidéos explicatives tournées par Hyber himself. Bien loin des expos contemporaines inaccessibles, La Vallée renvoie à des codes connus de tous et nous prouve que non, on n’a pas toujours besoin d’un doctorat en histoire de l’art pour capter le message d'œuvres contemporaines.

Publicité
  • Théâtre
  • Batignolles

Résidente du Jamel Comedy Club, chroniqueuse rock’n’roll au timbre rocailleux sur France Inter et alter ego déjanté de Blanche Gardin, Doully est devenue l’une des voix (et quelle voix !) les plus retentissantes de la scène stand-up. Elle nous avait séduits avec son premier spectacle, Admettons, racontant son entrée dans la comédie après une vie rythmée par le drame et les excès, et prouve avec Hier j’arrête qu’elle n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin vers le succès. Dans cette nouvelle version, revisitée et améliorée, de son one-woman-show, Doully évoque encore son passé de junkie et son rapport décomplexé (sans être moins douloureux) à l’addiction, avec une résilience de sage couplée à un humour – littéralement – à toute épreuve. Haut les cœurs !

  • Restaurants
  • Chinois

La Chine ? 9,6 millions de km² et une gastronomie plurielle, aussi diversifiée que son territoire est immense. Alors forcément, poser la question “Où bien manger chinois à Paris ?”, c’est comme demander où manger américain : ça manque de précision. Surtout que, depuis une dizaine d’années, Paris rattrape son retard en culture culinaire asiatique par rapport aux capitales comme Londres. Les chefs chinois peuvent enfin arrêter de proposer des cartes bottins de 200 plats et se concentrer sur leurs spécialités, travailler des produits frais. Alors vous voulez manger quoi ? Des dim sum comme à Canton ? Des bao délicats à la shanghaïenne ? Des soupes pimentées Sichuan-style qui vous incendient ? Du canard laqué comme à Beijing ? Dégustez donc notre sélection des meilleures tables chinoises de Paris, entre adresses bistronomisées et bouis-bouis où bâfrer pour moins de 10 balles.

Publicité
  • Théâtre
  • Gare du Nord

Rien ne semble être interdit sur la scène de Sans Tambour, où les comédiens jouent (dans tous les sens du terme) avec la frénésie et l’inventivité de jeunes enfants dans une cour de récré. Dans un gros bordel organisé, au milieu des éboulis du décor et des cœurs des personnages, musiciens et acteurs anatomisent la rupture amoureuse et ses douloureuses séquelles. Fragmentaire et volontairement chaotique, la pièce enchaîne les scènes d’amour et de querelle, de destruction et de reconstruction, explore les déboires de la solitude comme ceux de la vie à deux, tout en revisitant brillamment le mythe de Tristan et Iseult. En contrepoint, la musique romantique et lyrique interprétée en live raconte elle aussi les variations possibles autour de nos histoires d’amour. Un véritable coup de tonnerre dans le ciel serein du théâtre contemporain – et un gros coup de foudre.

  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Louvre

En ce moment, au MAD, il faut aller jusqu’au troisième étage pour découvrir la rétrospective Etienne Robial. Si son blaze ne vous dit rien, on est quasiment sûr que vous avez déjà vu son travail. Si on vous dit Canal+, le PSG, Les Inrocks, L’Équipe, vous avez les logos en tête ? Eh bien ils sont tous signés Robial ! Graphiste, éditeur, directeur artistique, prof et même collectionneur, le type possède plus de casquettes qu’un hipster du Marais ! L’expo retrace ainsi plus de cinquante ans de création en faisant dialoguer ses projets avec des pièces de sa collection, celle du MAD, des objets Bauhaus, des œuvres de Malevitch ou même du simple matériel de cuisine. Ultra ludique, le parcours propose aux visiteurs de manipuler des lettres en papier et des Lego, de feuilleter des pages de magazines ou de découvrir des catalogues d’alphabets imaginés par Robial. Avec Etienne Robial, le MAD signe, encore une fois, une expo sans faute (de frappe).

Publicité
  • Musique
  • Abbesses

Les vrais savent : les fêtes du Camion Bazar sont un monde à part. Grandiloquentes mais jamais prises de tête, les sauteries des plus célèbres copilotes de l’électronique française ont marqué au drift rouge les clubs hexagonaux. Jamais à court d’idées pour révolutionner la bamboche à la cool, Romain Play et Benedetta entament 2023 avec un projet tout neuf intitulé Alteration. Entre trip sous substances et retour à la nature post-Burning Man, ils ont concocté un live électronique trance psyché foisonnant avec lumières et VJing (imaginés par Vincent Mathieu, Marc Armand et Armand Béraud) façon rave éveillée. L’hallu commencera le 9 février à la Machine du Moulin Rouge.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Roquette
  • prix 2 sur 4

Le bail est basique : les baos en haut et en bas on boit. Planqué au sous-sol de Bao Express, tout nouveau membre de la Bao Family se trouve donc le bar The Underpool, un speakeasy séduisant, ouvert 7/7 (rare !). Assez parlé d’eau chlorée, on boit quoi ? Nicolas Lasjuilliarias, mousquetaire du shaker exfiltré du Collier de la Reine et de Déviant, a dessiné une carte futée de cocktails exotiques (beaucoup d’alcools asiatiques) mais aux recettes volontairement simples afin ne pas perdre le chaland. Ainsi, le Crystal Lotus reprend la recette du Dry Martini twistée avec du baijiu (un alcool de sorgho) et une racine de lotus qui s’avère plus gourmand que son modèle. Le détail qui tue : le serveur qui verse le shaker dans le verre à votre table. Ultime bon point : le resto de l’étage du dessus permet de mordre dans quelques paniers vapeur.

Publicité
  • Art
  • Art

En célébrant deux maîtres de l’onirisme, l’Atelier des Lumières nous embarque direct au pays des rêves sans passer par la case somnifère. Et le tout en musique, s’il vous plaît ! Comme d’hab, l’Atelier des Lumières nous offre deux expos-spectacles pour le prix d’un. Consacré à Marc Chagall, le premier show signé Gianfranco Iannuzzi nous fait voyager de Paris à New York au rythme de sonorités classiques, klezmer et jazz. Débarqué à Paname en 1910, le peintre originaire de Biélorussie s’intègre dans l’avant-garde parisienne avec autant de facilité que le pied de Cendrillon dans sa savate de vair. Chagall s’exile une seconde fois, dans les années 1940, aux Etats-Unis, et se fait le témoin des grands changements du XXe siècle. Fauvisme, cubisme, expressionnisme…  Last but not least, une deuxième partie d’une dizaine de minutes sera dédiée au rapport entre le peintre Paul Klee et la musique.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Grands Boulevards
  • prix 3 sur 4

La tendance très actuelle du « c’était vieux avant » remet en lumière cette adresse canut chenue fondée en 1890 (quand Michel Drucker commençait dans la presse), tombée dans l’escarcelle du toujours fringant Alain Ducasse au début de ce siècle. En cuisine, Marie-Victorine Manoa, cheffe lyonnaise passée par noma (excusez du peu) interprète ici brillamment ses gammes gones dans une carte plus tradi qu’un concile d’évêques. Le déjeuner s’entame avec un gâteau de foie de volaille, fondante dinguerie caressée par une impeccable sauce au vin blanc. On enchaîne avec une extravagante blanquette de veau aux crosnes avec, dans la cassolette cuivrée, cervelle, ris et épaule. Un plat qui ferait s’évanouir un végétarien mais s’avère d’une justesse et d’une précision folles. On fait danser cette beauté avec un verre (7 €) de beaujolais nature de Nicolas Chemarin. Les prix se montrent plus raides que les pentes de la Croix-Rousse : en dehors du menu « travailleur » à 32 €, un déjeuner en rétronomie coûte plus de 60 € par tête.

Publicité
  • Musique
  • 13e arrondissement

Alors eux, ce sont de vrais glandeurs. En 2019, les Anglais de The Cool Greenhouse déboulaient comme des météorites dans le circuit rock indé avec un album typé The Fall, entre gimmicks guitare-clavier obsédants, une voix quasi contée et paroles loufoques. Ils ont ensuite disparu, laissant leurs compatriotes (Black Midi, Black Country New Road ou encore Squid) occuper le terrain du post-post-punk. Heureusement, le quintet est ressorti de son lit avec l’album Sod’s Toastie fin 2022, neuf titres polis dans leur style si caractéristique beaux à chialer. On vous conseille de ne pas les rater lors de leur concert à Petit Bain, imaginez qu’ils décident d’hiberner à nouveau.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Poisson et fruits de mer
  • 2e arrondissement
  • prix 3 sur 4

Après Sur Mer ou Clamato, c’est le très explicite Mer & Coquillage qui joue l’iode à la joie. Derrière une façade à écailles de céramique azur, voilà un classieux bistrot qui se souvient des Années folles. A la barre, le bien nommé Franck Maillot, capitaine de la brasserie La Belle Époque voisine, et le chef Mathieu Poirier. Le cambusier envoie une belle ouvrage au sourcing plus pointu que le trident de Neptune : colossal oursin de plongée des Glénan à longues langues que l’on couche sur un pain beurré aux algues ; moules sentimentales de Groix crawlant dans les eaux vertes d’un curry de Kampot ; morceau de bravoure de sole en ballotine sous une croûte de pistache, allongée sur un socle de céleri en millefeuille et émulsion de parmesan… Un missile sole-sole ! Et en dessert qui prend l’amer, clémentine corse braisée avec la peau, crumble d’amande et glace vanille-chanvre de chez Glazed, le keupon de la turbine. Dans les godets, du vin bio bien coiffé. 

Publicité
  • 3 sur 5 étoiles
  • Art
  • Châtelet

En pleine Fashion Week, la griffe au célèbre monogramme retrace plus d’un siècle d’innovation, des malles Transformers – devenant tour à tour des dressings ou des bureaux – aux modèles intemporels revus par les plus gros blazes de la mode – Azzedine Alaïa, Vivienne Westwood ou Karl Lagerfeld. Si Yves Saint-Laurent faisait des clins d'œil à ses œuvres préférées dans ses défilés, Louis Vuitton charge carrément les plasticiens d’imaginer les modèles de ses collections :  carrés de soie signés Sol LeWitt, sacs tagués Stephen Sprouse, collection conçue par Takashi Murakami et (trop) nombreuses collaborations avec le roi du kitsch Jeff Koons. Un parti pris ultra innovant qui place LV en pionnier, faisant de ses accessoires de vraies œuvres d’art. Malheureusement, si l’idée de revenir sur le rapport entre la griffe et le monde de l’art était vraiment intéressante, l’expo donne le sentiment d’être immergé dans une pub géante, avec des médiateurs sapés comme le staff d’un défilé. Dommage.

Publicité
  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Charonne
  • prix 2 sur 4

Ce chaleureux restaurant s’impose comme une réconfortante halte avec une formule ciselée pour les déjeuneurs (25 € la totale). Autodidacte, venue du mime, la cheffe Bérangère Fagart affiche un parcours plus méandreux que le cours de la Sélune, petite rivière de sa Normandie natale. A l’ardoise, trois entrées, trois plats, trois desserts, avec à chaque fois une proposition végétarienne. Ce midi de fin d’automne, on ouvre avec un réconfortant satin de velouté de topinambours aux notes de café où pécher des tronçons de hareng fumé, puis une assiette où des tranches fondantes de filet mignon et de patates douces batifolent sur une purée de panais fouettés d’un gel de clémentine. Ceux qui renâclent à manger des animaux décédés piochent dans un généreux bol de riz parfumé aux amandes, épinards et courge rôtie. Un repas tout en tenue épaulé par une carte des vins évidemment nature.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Plaisance
  • prix 2 sur 4

Alerte nouveau speakeasy ! Et attention, on parle d’un rade vraiment planqué, pas d’un rideau de perles devant une arrière-salle. Pour le dénicher, suivez le guide : il faut se rendre devant l’accès livraison, sonner à Dépendance puis, comme un papillon de nuit, se diriger vers le néon (une œuvre de Jeanne Susplugas) pour pénétrer dans le bar. Pour la carte, Jérémy Blanc (venu du Burgundy) gire sur le gin, la spécialité de la maison (une trentaine d’étiquettes de l’Ecosse au Kenya patientent sur les étagères). On se laisse tenter par un Medusa au gin, shiso, shrub orange et citron vert chapeauté d’une bulle de vapeur. Un verre à l’efficace fraîcheur pour un étonnant moment dans cette uchronie où la Prohibition aurait duré jusqu'aux années 50.

Publicité
  • Musique
  • Canal Saint-Martin

Affranchi du Villejuif Underground, l’Australien Nathan Roche continue de marquer la scène rock indé française. Repêché par Born Bad Records, il a sorti à l’automne son nouvel album A Break Away et le présentera le 7 février au Point Ephémère. Sa patte unique, sorte de pop claudicante à la Jonathan Richman, réussit son coup. C'est toujours un peu branlant, ça titube dans la brume mais trouve toujours la lumière. Laissez-vous guider !

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Roquette
  • prix 2 sur 4

Associé au chef Etienne Hervé, Wolfang Staudinger défouraille le midi une impeccable formule déjeuner à 22 € où des classiques du bistrot twistent avec des vins nature. Entourés de salariés du quartier, on voit d'abord débouler dans de jolies faïences une plaisante salade de cœur d’artichaut et de tranches de filet mignon fumé maison, suivie d’une cuisse de canette nappée d’un jus puissant et alanguie sur un édredon de purée de céleri et un coussin de potiron rôti. On enrobe ce réconfort hivernal d’un verre de vouvray blanc Ammonite signé Alain Robert (mais il y a aussi un rouge ligérien Kaboulo d’Anthony Robin par exemple). Un crémeux fontainebleau lardé de pomme mandolinée conclut ce doux dej extrêmement recommandable.

Publicité
  • Théâtre
  • Roquette

Vous pensez que l’opéra classique est trop vieillot pour vous ? Vous avez un peu peur de vous faire chier pendant trois heures ? C’est bien naturel. Mais ce sera loin d’être le cas avec cette sulfureuse version de Carmen réalisée par le metteur en scène espagnol Calixto Bieito. Costumes affriolants, voitures sur scène, débauche de bamboche et d’ivresse joyeuse… La scène de l’Opéra Bastille se transforme en un immense et burlesque lupanar complètement délirant. Et si la partition originale de Bizet était déjà un vrai hymne à la joie et à la liberté, cette mise en scène permet de la faire entrer résolument dans la modernité, dépoussiérant le chef-d'œuvre à grand renfort d’allusions à l’actualité et de clins d’œil à une contemporanéité effarouchée. De quoi vous réconcilier avec l’opéra.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Bistrot
  • 7e arrondissement
  • prix 2 sur 4

Pierre Marfaing a fait de ce vieux bistrot d’angle, un restaurant au charme désuet où l’ardoise propose les inspirations voyageuses du Coréen Jun Jeonggil. A la carte ? Le carpaccio de haddock aux graines de fenouil, huile de noix et cerfeuil se révèle aussi harmonieux et ensoleillé qu’une compo de Brian Wilson. Le bol de sobas froides aux petits pois, fenouil et estragon rassérène comme une promenade dans un jardin zen. En plat, le tataki de thon rouge et asperges rôties déroule tout en maîtrise voluptueuse. A la fin du set, on s’envoie sans cabrer le fameux cheesecake aux myrtilles et fromage de chèvre. De quoi chevroter d’aise ! L’heure idéale ? Samedi midi, pour un jazz lunch chéri par les connaisseurs ! Au son des guitares swing, le cocktail Champagne Buck, très Central Park, passe crème, mais vous pouvez opter pour un godet de vin naturel.

Publicité
  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à vins
  • Arts et Métiers
  • prix 2 sur 4

Dîner dans une salle de bains des années 80, ça vous dit ? Un barav exigu comme une petite lucarne mais à fort potentiel d’ambiançage, avec en présentateurs vedettes Giuseppe Craparotta et Alessandro Allegri. Le garçon envoie les hits de la cuisine italienne avec une aisance digne de Raffaella Carrà dans un télécrochet : croustillantissime artichaut à la juive comme à Rome ; atomique calamar farci à la sicilienne et puntarelle ; épatants tagliolini alla carbonara bien poivrées, terribles tagliatelles au ragoût de sanglier… À boire, Giuseppe et la sommelière Eliana Campo dégotent des canons pas courants qui régalent : blanche jacquère savoyarde vinifiée dans le Jura, champagne blanc de noir confit, et tout une squadra de pifs italiens comme ce blanc de l’île de Pantelleria.

Recommandé
    Vous aimerez aussi
      Publicité