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Musée d'Orsay
© Sophie Boegly

Que faire à Paris en janvier 2023 ?

Noël, expos, restos, festivals, spectacles : découvrez tous les inratables à faire en janvier 2023.

Écrit par
La Rédaction
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2022 à peine dans le rétro, 2023 déboule à fond la caisse avec un mois de janvier aussi chargé qu’un pilier de bar à 11h du mat’. A peine remis des fêtes, on est repartis à la pêche pour ne sélectionner que le haut du panier des choses à faire en janvier à Paris. Et pour le coup, tout le monde y devrait y trouver son compte : restos, festivals, spectacles, expos… Allez, bonne année !

Les meilleurs plans du mois de janvier 2023 à Paris

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Chaillot

A l’Astrance 2, Pascal Barbot, jadis triplé étoilé, fait ici du neuf avec de l’ancien, cette gastronomie brillante, végétale et agrumière qui montre la voie depuis l’an 2000. Maître Barbot sur son arbre perché revient le couteau de cuisine entre les dents. Comme il veut “faire rentrer la nature dans la salle”, le resto fait aussi pépinière arboricole (véridique) et le menu dej à 125 € (285€ au diner ouch !) s’ouvre sur des bouchées végétales toutes crues. Le contraire des amuse-bouches chichiteux : ici, le palais se désennuie dans l’épure maraîchère. S’ensuit un menu gambadeur, qui va un peu à hue et à dia dans le vaste pré carré du chef. A la fin, on a plaisir à retrouver la mousseline de pomme de terre et glace vanille, gimmick du chef. Et puis ça boit en grand, comme nous l’autre jour qui avons dilapidé nos étrennes dans un blanc rayonnant du grand Hervé Souhaut, parmi plein de refs de ouf. En somme, Barbot et Christophe Rohat, son associé de toujours, sont de nouveau prêts à en découdre avec les astres culinaires. 

  • Restaurants
  • Chinois

La Chine ? 9,6 millions de km² et une gastronomie plurielle, aussi diversifiée que son territoire est immense. Alors forcément, poser la question “Où bien manger chinois à Paris ?”, c’est comme demander où manger américain : ça manque de précision. Surtout que, depuis une dizaine d’années, Paris rattrape son retard en culture culinaire asiatique par rapport aux capitales comme Londres. Les chefs chinois peuvent enfin arrêter de proposer des cartes bottins de 200 plats et se concentrer sur leurs spécialités, travailler des produits frais. Alors vous voulez manger quoi ? Des dim sum comme à Canton ? Des bao délicats à la shanghaïenne ? Des soupes pimentées Sichuan-style qui vous incendient ? Du canard laqué comme à Beijing ? Dégustez donc notre sélection des meilleures tables chinoises de Paris, entre adresses bistronomisées et bouis-bouis où bâfrer pour moins de 10 balles.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Roquette
  • prix 2 sur 4

Le bail est basique : les baos en haut et en bas on boit. Planqué au sous-sol de Bao Express, tout nouveau membre de la Bao Family se trouve donc le bar The Underpool, un speakeasy séduisant, ouvert 7/7 (rare !). Assez parlé d’eau chlorée, on boit quoi ? Nicolas Lasjuilliarias, mousquetaire du shaker exfiltré du Collier de la Reine et de Déviant, a dessiné une carte futée de cocktails exotiques (beaucoup d’alcools asiatiques) mais aux recettes volontairement simples afin ne pas perdre le chaland. Ainsi, le Crystal Lotus reprend la recette du Dry Martini twistée avec du baijiu (un alcool de sorgho) et une racine de lotus qui s’avère plus gourmand que son modèle. Le détail qui tue : le serveur qui verse le shaker dans le verre à votre table. Ultime bon point : le resto de l’étage du dessus permet de mordre dans quelques paniers vapeur.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Montparnasse

Gros nom de la scène contemporaine, Fabrice Hyber s’illustre à la Fondation Cartier avec son projet La Vallée, une expo qui met en scène ses œuvres dans un cadre scolaire. Persuadé qu’on “peut apprendre des choses par les œuvres”, le plasticien illustre son propos de façon littérale et transforme le mastodonte de verre et de béton qu’est la Fondation Cartier en une école dotée d’un préau, de salles de classe et même d’espaces de motricité. Une scéno complètement inédite dans laquelle on s’émerveille, et on apprend. Poussant l’aspect pédagogique à fond, la Fondation Cartier agrémente chaque cartel d’un QR code renvoyant à des vidéos explicatives tournées par Hyber himself. Bien loin des expos contemporaines inaccessibles, La Vallée renvoie à des codes connus de tous et nous prouve que non, on n’a pas toujours besoin d’un doctorat en histoire de l’art pour capter le message d'œuvres contemporaines.

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  • 5 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Pigalle
  • prix 2 sur 4

Large comme deux bikers et pas plus profond qu’une chanson des Ramones, le Sister Midnight prouve – une fois encore – que la taille ne fait pas tout. En tout cas pour mesurer le degré de coolitude d’un bar. Car cette mini-bonbonnière bleu canard et noir laqué est devenu le meilleur des QG nocturnes de Pigalle. On adore l'atmosphère sincèrement cool, gentiment kitsch (émoji cœur pour la banquette léopard) et puissamment rock qui funambulise sur la ligne de crête entre punk chic et dandy décadent. On sirote des créations drôlement travaillées sur fond de garage déroulé par une DJ coincée sur un bout de comptoir. Ne manquez pas le week-end quand les drags débarquent dans cette boite à chaussures pour mettre un joyeux bordel. La Mano avait tort, Paris la nuit, c’est pas fini à Galle-pi. La soirée ne fait même que commencer.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Grands Boulevards
  • prix 3 sur 4

La tendance très actuelle du « c’était vieux avant » remet en lumière cette adresse canut chenue fondée en 1890 (quand Michel Drucker commençait dans la presse), tombée dans l’escarcelle du toujours fringant Alain Ducasse au début de ce siècle. En cuisine, Marie-Victorine Manoa, cheffe lyonnaise passée par noma (excusez du peu) interprète ici brillamment ses gammes gones dans une carte plus tradi qu’un concile d’évêques. Le déjeuner s’entame avec un gâteau de foie de volaille, fondante dinguerie caressée par une impeccable sauce au vin blanc. On enchaîne avec une extravagante blanquette de veau aux crosnes avec, dans la cassolette cuivrée, cervelle, ris et épaule. Un plat qui ferait s’évanouir un végétarien mais s’avère d’une justesse et d’une précision folles. On fait danser cette beauté avec un verre (7 €) de beaujolais nature de Nicolas Chemarin. Les prix se montrent plus raides que les pentes de la Croix-Rousse : en dehors du menu « travailleur » à 32 €, un déjeuner en rétronomie coûte plus de 60 € par tête.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Poisson et fruits de mer
  • 2e arrondissement
  • prix 3 sur 4

Après Sur Mer ou Clamato, c’est le très explicite Mer & Coquillage qui joue l’iode à la joie. Derrière une façade à écailles de céramique azur, voilà un classieux bistrot qui se souvient des Années folles. A la barre, le bien nommé Franck Maillot, capitaine de la brasserie La Belle Époque voisine, et le chef Mathieu Poirier. Le cambusier envoie une belle ouvrage au sourcing plus pointu que le trident de Neptune : colossal oursin de plongée des Glénan à longues langues que l’on couche sur un pain beurré aux algues ; moules sentimentales de Groix crawlant dans les eaux vertes d’un curry de Kampot ; morceau de bravoure de sole en ballotine sous une croûte de pistache, allongée sur un socle de céleri en millefeuille et émulsion de parmesan… Un missile sole-sole ! Et en dessert qui prend l’amer, clémentine corse braisée avec la peau, crumble d’amande et glace vanille-chanvre de chez Glazed, le keupon de la turbine. Dans les godets, du vin bio bien coiffé. 

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  • 5 sur 5 étoiles
  • Art
  • Louvre

En ce moment, au MAD, il faut aller jusqu’au troisième étage pour découvrir la rétrospective Etienne Robial. Si son blaze ne vous dit rien, on est quasiment sûr que vous avez déjà vu son travail. Si on vous dit Canal+, le PSG, Les Inrocks, L’Équipe, vous avez les logos en tête ? Eh bien ils sont tous signés Robial ! Graphiste, éditeur, directeur artistique, prof et même collectionneur, le type possède plus de casquettes qu’un hipster du Marais ! L’expo retrace ainsi plus de cinquante ans de création en faisant dialoguer ses projets avec des pièces de sa collection, celle du MAD, des objets Bauhaus, des œuvres de Malevitch ou même du simple matériel de cuisine. Ultra ludique, le parcours propose aux visiteurs de manipuler des lettres en papier et des Lego, de feuilleter des pages de magazines ou de découvrir des catalogues d’alphabets imaginés par Robial. Avec Etienne Robial, le MAD signe, encore une fois, une expo sans faute (de frappe).

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Bistrot
  • 7e arrondissement
  • prix 2 sur 4

Pierre Marfaing a fait de ce vieux bistrot d’angle, un restaurant au charme désuet où l’ardoise propose les inspirations voyageuses du Coréen Jun Jeonggil. A la carte ? Le carpaccio de haddock aux graines de fenouil, huile de noix et cerfeuil se révèle aussi harmonieux et ensoleillé qu’une compo de Brian Wilson. Le bol de sobas froides aux petits pois, fenouil et estragon rassérène comme une promenade dans un jardin zen. En plat, le tataki de thon rouge et asperges rôties déroule tout en maîtrise voluptueuse. A la fin du set, on s’envoie sans cabrer le fameux cheesecake aux myrtilles et fromage de chèvre. De quoi chevroter d’aise ! L’heure idéale ? Samedi midi, pour un jazz lunch chéri par les connaisseurs ! Au son des guitares swing, le cocktail Champagne Buck, très Central Park, passe crème, mais vous pouvez opter pour un godet de vin naturel.

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  • Shopping
  • Boutique éphémère
  • Picpus

En 2023, la vente Paris Loves Vinyl s’installera le dimanche 29 janvier pour une dixième édition à l’espace Reuilly. Et de nouveau, le raout se la jouera maousse costaud en réunissant 70 exposants venus de toute l’Europe, avec au total plus de 100 000 disques dispatchés dans les différents bacs. Et comme d’hab, l’offre furètera dans tous les genres, les époques et les formats. L’indispensable Betino Errera de Betino's Record Shop proposera une sélection soul, hip-hop, funk et jazz capable de ressusciter Marvin Gaye, Kanaga Records régalera les fadas du reggae et les Balades Sonores viendront avec une masse de pépites de rock indé dans la musette. Outre la pêche aux galettes, cette édition de Paris Loves Vinyl sera rythmée par une ribambelle de sets assurés par des filles. On croisera Céline, cheffe des soirées Sundae, ou Myriam Stamoulis et ses pépites disco.

Dirty Lemon
  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Saint-Ambroise
  • prix 2 sur 4

Quel parcours à part ! Ruba Khoury, cheffe d’origine palestinienne qui en a sous le pied côté popote (elle est passée par Yam’Tcha, Septime et Bonhomie) a préféré ouvrir (en 2019) un bar safe et inclusif plutôt que de se fader une journée de plus la phallocratie rampante et la violence des cuisines. Loin des pianos, moins de machos ! L’origine du nom de son havre ? Une intoxication au citron (?)  d’un cocktail dans un bar lesbien ! Mais pas d’inquiétude : dans la mignonne petite salle en pierres grattées, appliques laiton, velours saumon et personnel 100 % féminin, les ingrédients sont au top.

La carte des cocktails fait virevolter les classiques comme ce Old Fashioned tellurique (bourbon infusé au shiitaké et liqueur de châtaigne, 14 €) mais va aussi titiller les créations avec par exemple un duveteux Gold Star qui mélange rhum, amaretto, fleur d’oranger et blanc d’œuf. Ces joyeuses potions convolent en justes notes avec les assiettes maboules qui déboulent du Levant et de la cuisine : halloumi pané fouetté d’une vinaigrette (11 €) ou kebab et sauce tahini (10 €) qui vous sauvera de l’hypoglycémie nocturne. Merci cheffe !

Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Charonne
  • prix 2 sur 4

Ce chaleureux restaurant s’impose comme une réconfortante halte avec une formule ciselée pour les déjeuneurs (25 € la totale). Autodidacte, venue du mime, la cheffe Bérangère Fagart affiche un parcours plus méandreux que le cours de la Sélune, petite rivière de sa Normandie natale. A l’ardoise, trois entrées, trois plats, trois desserts, avec à chaque fois une proposition végétarienne. Ce midi de fin d’automne, on ouvre avec un réconfortant satin de velouté de topinambours aux notes de café où pécher des tronçons de hareng fumé, puis une assiette où des tranches fondantes de filet mignon et de patates douces batifolent sur une purée de panais fouettés d’un gel de clémentine. Ceux qui renâclent à manger des animaux décédés piochent dans un généreux bol de riz parfumé aux amandes, épinards et courge rôtie. Un repas tout en tenue épaulé par une carte des vins évidemment nature.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Plaisance
  • prix 2 sur 4

Alerte nouveau speakeasy ! Et attention, on parle d’un rade vraiment planqué, pas d’un rideau de perles devant une arrière-salle. Pour le dénicher, suivez le guide : il faut se rendre devant l’accès livraison, sonner à Dépendance puis, comme un papillon de nuit, se diriger vers le néon (une œuvre de Jeanne Susplugas) pour pénétrer dans le bar. Pour la carte, Jérémy Blanc (venu du Burgundy) gire sur le gin, la spécialité de la maison (une trentaine d’étiquettes de l’Ecosse au Kenya patientent sur les étagères). On se laisse tenter par un Medusa au gin, shiso, shrub orange et citron vert chapeauté d’une bulle de vapeur. Un verre à l’efficace fraîcheur pour un étonnant moment dans cette uchronie où la Prohibition aurait duré jusqu'aux années 50.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à vins
  • Arts et Métiers
  • prix 2 sur 4

Dîner dans une salle de bains des années 80, ça vous dit ? Un barav exigu comme une petite lucarne mais à fort potentiel d’ambiançage, avec en présentateurs vedettes Giuseppe Craparotta et Alessandro Allegri. Le garçon envoie les hits de la cuisine italienne avec une aisance digne de Raffaella Carrà dans un télécrochet : croustillantissime artichaut à la juive comme à Rome ; atomique calamar farci à la sicilienne et puntarelle ; épatants tagliolini alla carbonara bien poivrées, terribles tagliatelles au ragoût de sanglier… À boire, Giuseppe et la sommelière Eliana Campo dégotent des canons pas courants qui régalent : blanche jacquère savoyarde vinifiée dans le Jura, champagne blanc de noir confit, et tout une squadra de pifs italiens comme ce blanc de l’île de Pantelleria.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Roquette
  • prix 2 sur 4

Associé au chef Etienne Hervé, Wolfang Staudinger défouraille le midi une impeccable formule déjeuner à 22 € où des classiques du bistrot twistent avec des vins nature. Entourés de salariés du quartier, on voit d'abord débouler dans de jolies faïences une plaisante salade de cœur d’artichaut et de tranches de filet mignon fumé maison, suivie d’une cuisse de canette nappée d’un jus puissant et alanguie sur un édredon de purée de céleri et un coussin de potiron rôti. On enrobe ce réconfort hivernal d’un verre de vouvray blanc Ammonite signé Alain Robert (mais il y a aussi un rouge ligérien Kaboulo d’Anthony Robin par exemple). Un crémeux fontainebleau lardé de pomme mandolinée conclut ce doux dej extrêmement recommandable.

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  • Que faire
  • Vivre en Ville

Ça fait un sacré bail – disons huit ou neuf vagues épidémiques – qu’on ne l’a pas vu égayer les artères du Sud parisien. Après deux années de relâche forcée, la mairie du 13e arrondissement a annoncé le retour du défilé du nouvel an chinois. Date annoncée du come-back ? Le dimanche 29 janvier 2023. Plus ancien défilé de la capitale – ses origines remontent aux années 1980 –, la parade empruntera dès midi un parcours reliant les avenues de Choisy, d’Ivry et la porte de Choisy. Difficile de prévoir le nombre de participants, mais les éditions pré-Covid pouvaient réunir jusqu’à 200 000 personnes ! En revanche, ce qui est sûr, c’est que le défilé célébrera le passage à l’année du Lapin d’eau à coups de danses de dragons, de lampions et autres percussions. Bon retour et bonne année !

  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à cocktails
  • Sentier
  • prix 2 sur 4

Bamboo a démarré sa vie de bar à cocktails avec quelques bâtons dans les roues : un nom qu’on peut facilement confondre avec le Bambou, un lieu sans intérêt posté à 300 mètres de là et une ouverture (sans licence IV !) en octobre 2020. Résultat ? Le taulier propose ainsi des créations originales à base de xérès, comme ce rétro Mono mélange de pedro ximenez, Byrrh, vermouth et thé noir – des recettes peu alcoolisées histoire de se donner bonne conscience pour le Dry January. Celles et ceux qui tournent le dos et lèvent le coude à cette tendance peuvent aussi trouver des verres plus charpentés (mais équilibrés) comme le Saugeons le Monde, un sour bien amer au gin infusé à la sauge, manzanilla, citron et aquafaba. Le coût ? Modéré avec des verres à partir de 10 €. Autant dire que Bamboo tient le bon bout.

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  • 5 sur 5 étoiles
  • Théâtre
  • 10e arrondissement

En intitulant son one-man-show Aime-moi si tu peux, Fary semble nous lancer un défi. Pari réussi avec ce nouveau spectacle en triptyque, évoquant respectivement Paris, le voyage, et son rapport à l’amour, dans lequel le comédien dégage une véritable énergie de rock star… Dès les premières minutes du spectacle, quand Fary dépeint son fief de Strasbourg-Saint-Denis à grand renfort d’anecdotes démentes que même Serge le Mytho n’aurait pas osé inventer, on a l’impression d’être avec ce pote trop marrant qu’on ne voit décidément pas assez souvent. Et au fil des vannes, alors qu’on glisse subtilement vers l’intimité du serial choppeur ascendant trompeur, on ne peut pas s’empêcher de s’attacher. Du coup, c’est peut-être un PN (c’est le petit nom des pervers narcissiques, bande d’incultes), mais on l’aime quand même.

  • Théâtre
  • Roquette

Vous pensez que l’opéra classique est trop vieillot pour vous ? Vous avez un peu peur de vous faire chier pendant trois heures ? C’est bien naturel. Mais ce sera loin d’être le cas avec cette sulfureuse version de Carmen réalisée par le metteur en scène espagnol Calixto Bieito. Costumes affriolants, voitures sur scène, débauche de bamboche et d’ivresse joyeuse… La scène de l’Opéra Bastille se transforme en un immense et burlesque lupanar complètement délirant. Et si la partition originale de Bizet était déjà un vrai hymne à la joie et à la liberté, cette mise en scène permet de la faire entrer résolument dans la modernité, dépoussiérant le chef-d'œuvre à grand renfort d’allusions à l’actualité et de clins d’œil à une contemporanéité effarouchée. De quoi vous réconcilier avec l’opéra.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • Ménilmontant
  • prix 2 sur 4

Ce qu'on trouve chez Fripon ? Une formule magique (28 € entrée-plat-dessert) qui prouve que Paris reste la Ville Lumière quand il s’agit de faire briller l’ordinaire. A la manœuvre, le très adroit Luis Andrade (ex-Clown Bar) fricote des indétrônables du bistrot, rhabille ses classiques tel un Jacquemus à Microplane. L’autre midi, il nous a servi une primesautière salade de lentilles anoblie de morceaux d’anguille fumée sous un pompon de crème siphonnée à la noisette ; puis une sa(li)vante poitrine de porc entrelardée de trompettes-de-la-mort, tellement crousti qu’elle aurait pu faire Sciences Peau, avec purée de carottes aux pickles de moutarde et jus de viande… Quarante-cinq minutes de volupté au coin de la rue, conclues par un dessert chenapan : une coupe de glace vanille et crumble espiègle caché sous du chocolat chaud. Pour pousser, des glouglous nature. Le soir, ça monte en gamme, à la carte ou dans le menu dégustation à 75 €.

  • 4 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Japonais
  • Poissonnière
  • prix 1 sur 4

La spécialité d’Aki, la patronne passée du tourisme à la popote : le curry nippon, plus doux que la recette indienne. Elle le décline en version légumes, poulet, bœuf ou, notre choix ce midi-là, poulpe. Dans une belle faïence arrive une solide portion de moelleux tronçons de céphalopode (cuisson impec) s’ébrouant d’une épaisse sauce aux épices. Un modeste et revigorant délice accompagné de pickles de laitue et de choux qui rallume notre chaudière intérieure. La formule totale du midi à prix pré-inflation (19 €) avec thé à volonté comprend aussi une assiette de puissantes aubergines marinées dans un mélange maison saké, soja et sésame et, en dessert, une caresse de mochi façonné par la patronne au mascarpone et mangue. Pas besoin de notice : Ika est plus qu’OK.

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  • 4 sur 5 étoiles
  • Bars
  • Bars à vins
  • Sentier
  • prix 3 sur 4

Le Hoxton, hôtel le plus protéiforme de Paname, n’en finit pas de démultiplier ses espaces de restauration. Après le Rivié, le Jacques' Bar et le Claude, voici Planche, confidentiel salon-bibliothèque à comptoir de zinc qui a troqué ses volumes de la Pléiade contre des verticales de vin nat’Le marlou fourbit une playlist 100 % plaisirs coupables qui fait la nique à l’électro pointue : Gilbert Montagné, Jean-Jacques Goldman, Elton John… Idéale pour accompagner ses pifs hédonistes à prix hoxtoniens (forcément) comme ce macabeu des côtes catalanes ou un vif chardo de l’Auxerrois. Dans les petites assiettes, la bodega barcelonaise rencontre le bistrot parigot : efficaces œufs mayo aux œufs de poisson, patatas bravas ou joli toast strié de sardines mais en manque d’acide. On est loin du barav plan-planche.

  • 3 sur 5 étoiles
  • Restaurants
  • Français
  • République
  • prix 3 sur 4

Entre tricot et fricot, Camille Andrieux et Eric Fontanini n’ont pas su choisir ! C’est ainsi qu’est né ce tailleur/cantine, mélange étonnant de « restaurant qui a sa marque de fringues et marque de fringues qui a son propre restaurant ». Cela donne un élégant spot sur deux étages, avec, au RDC, un comptoir où jouer des coudes, quelques tables posées ici et là et des quilles nature en quatre couleurs. Et au +1, des fringues unisexes de la marque Habile pensées par Camille, avec un penchant pour le bleu de travail destiné au cadre du tertiaire. En cuisine, ça brode des assiettes efficaces aux cuissons justes, à l’image de ce pâté en croûte chiraquien à la volaille, foie gras de canard, céleri et noisettes. A noter aussi, les p’tits dej aux produits sourcés. Un dernier conseil : mieux vaut faire ses emplettes avec toute sa tête, histoire de ne pas finir le PEL taillé comme une mannequin – vestes à 245 €, salopettes à 235 €… !

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  • Restaurants
  • Coréen
  • 1er arrondissement
  • prix 2 sur 4

Séoul is le new cool. Dong Né, qui propose déjà une adresse orientée soupe et nouille dans le 15e, ouvre ce troquet à poulet frit à deux pas de la bibli Richelieu. Le décor a été clairement caréné pour Insta : tables en baril, petites assiettes en plastique et décors d’une rue coréenne avec fausse cabine téléphonique, dazibao et façades en trompe-l’œil.

Au menu, en revanche, on se place sur du plus vrai que nature. Les gamelles d’ailes de poulet juteuses (12 € les six) s’envolent en flux tendu depuis le petit comptoir. Version crispy nature à la panure bien croustillante, yangyeom nappées d’une sauce sucrée gentiment hot (notre pref), snow onion coiffées d’oignons émincés et d’une coquine mayo ou un ramequin de sauce soja caramélisée maison. On s’en met plein les doigts, on pioche à droite à gauche, bref, c’est vraiment un repas à la coréenne, avec chicken mais sans chichis.

Par rapport à Olive Chicken, notre mètre étalon du nugget, on regrette quand même la possibilité d’avoir des morceaux sans os… Les pépites s’accompagnent de riz blanc, de frites ou de brochettes de tteokbokki (pâte de riz à la sauce pimentée) et d’une bière Cass de là-bas. La Corée du Sud s’impose décidément comme l’autre pays de la street food et Dong Né en est une réconfortante ambassade !

Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque fois, comme n'importe quel client !

  • Théâtre
  • Arts et Métiers

Pour monter ce spectacle, Edouard Baer a commencé par jeter une bouteille à la Seine en invitant Parisiens et Parisiennes à monter avec lui sur scène… Chic idée que de réunir ainsi petits et grands aux innombrables (et parfois relatifs) talents, pour des micro-shows de quelques minutes, dont le comédien et auteur se fait l’hilarant maestro. Ainsi, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin où se joue Le Journal de Paris, les soirées passent et ne se ressemblent pas. Forcément, il y a à boire et à manger dans les différentes prestations offertes (avec beaucoup de courage et de générosité) par les apprentis showmen qui ont accepté de se prêter au jeu… Certains font des vannes, d’autres de la magie, chantent, dansent, bident… Mais avec Edouard Baer en MC tutélaire, le moindre dérapage est parfaitement contrôlé, et tout faux pas vient nourrir de lunaires et admirables improvisations. Ici, c’est Paris, et c’est sacrément golri.

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  • Paris et sa banlieue
  • prix 2 sur 4

Vieux loups de chez Poiscailles, Guillaume Gréaud et Simon Turmel se sont maqués avec Yannick Costa pour donner vie à cette nano-poissonnerie montreuilloise à la devanture jaune Guy Cotten. Sur les étals ? Des poissons français, de saison, pêchés à la ligne ou au filet par de petits navires principalement bretons. Alanguis sur la glace ce jour-là : du bar entier quiberonnais ultra-frais, du calamar de petit chalut , de la seiche morgate ou encore des poulpes du Guilvinec. Maïence et longueur de temps aboutissent à quelques beaux plats cuisinés comme cette aguichante brandade de merlu aux oignons caramélisés. Et enfin, ici, il y a de quoi assurer en boîtes : sardines au piment d’Espelette bio de Jean de Luz, tartare d’algues bio de la conserverie de l’île de Groix, anchois à l’huile de Maison Roque…

  • 4 sur 5 étoiles
  • Art
  • Chaillot

Et si Yves Saint-Laurent était l’ultimate gold digger ? Pour célébrer les 60 ans de la première collection de la griffe YSL et les 5 ans du musée parisien du même nom, l’ancien fief de la maison – devenu lieu d’expo – présente GOLD. Les ors d’Yves Saint Laurent. Alors que les expositions mode sont souvent l’occasion de faire des rétrospectives, le musée Yves Saint Laurent tire son épingle (lol) du jeu et propose une expo thématique avec des choix qui ne semblent jamais capillotractés ni manquer de conviction. C’est simple : toutes les pièces présentées alimentent une période, un discours, une inspiration et illustrent la carrière de celui qui était finalement plus artiste qu’artisan. A travers une quarantaine de créations, on se rend compte que l’or fait office de fil rouge dans les collections de ce génie de la sape. S’il y a une expo à visiter avant de choisir ses tenues pour briller sur le dancefloor le 31, c’est celle-ci.

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